Une cloche tinte - Page 1 - test Ode Pellissier Une cloche tinte La nuit a ses secrets Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-35607-453-9 Dépôt légal : Février 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 1 Cet automne là, je décidai de passer mes vacances en Bretagne. Je les mérite, travaillant comme un forcené comme avocat, spécialisé dans la défense des enfants mineurs dans un bureau au centre de Marseille et la tache est rude. Cela fait plusieurs mois que je ramène des dossiers à mon domicile après ma journée déjà bien remplie et bosse dessus la bonne moitié de mes nuits. Aussi, c’est avec plaisir que j’ai vu arriver le dernier jour de boulot. Un « au revoir » aux collègues. – Au revoir Daniel, tache de trouver une belle sirène, me disent mes collègues Je leurs tourne le dos sans répondre à leurs plaisanteries, dévale les escaliers vers la liberté. Je rentre chez moi aussitôt. J’ai un bel appartement près de notre célèbre Canebière, au cinquième étage. Il est très ensoleillé, hélas, un peu trop l’été. Je range les derniers vêtements dans mes valises, je dîne légèrement et je me couche aussitôt. Le dring atroce de mon radio réveil me fait sursauter dans mon lit. Je me lève, le soleil aussi ! 7 J’avale un café brûlant et je vais me prendre une douche bien fraîche. Je m’observe un instant dans ma glace un peu embuée. Quarante et un an ! Je me porte bien, ni gros, ni maigre. Mes cheveux châtains, hélas … raides tombent mollement autour de mon visage. Mes yeux sont noisettes. J’ai un peu le nez busqué. Un petit air de Napoléon Bonaparte….disent mes amies… Je suis un vieux divorcé et oui, déjà cinq ans que je vis seul, enfin presque. Je n’ai pas encore trouvé l’âme sœur, celle avec qui j’aimerai passer toute le reste de ma vie. Vais-je rester vieux garçon ? Je suis encore, je le crois… jeune ! C’est ce que je réponds à mes potes… marieurs ! Après m’être observé pour essayer de me rassurer un peu. Je me sens réconforté… Je m’habille, ferme toutes les fenêtres et verrouille ma porte. Je passe chez ma concierge à qui j’avais annoncé mon départ et lui demande de retirer le courrier encombrant de ma boite aux lettres. Retrouve avec plaisir ma petite voiture, elle n’est pas toute neuve mais j’y tiens énormément… Me voilà en route ! Je laisse une ville, dorée par l’automne qui s’installe sous un soleil montant. Après quelques heures à rouler, je m’arrête pour boire tranquillement un café puis, je reprendrai la route vers l’Océan, je n’en suis plus très loin. Allez encore un peu de courage ! J’arrive enfin sur le sol breton. Il est vrai que j’ai découvert en lisant mon arbre généalogique, que mes ancêtres, les plus anciens, étaient Bretons. 8 Ce pays est tellement beau, il y a une luminosité qu’il n’y a nul par ailleurs. La côte est une véritable merveille, les plages sont immenses et le sable est blond comme les cheveux des anges. Je visite plusieurs villages après Saint Malo. Puis, je file vers la pointe de la Bretagne. J’espère trouver une maison en location, dans un environnement qui me plaise. Ce n’est qu’au bout de deux heures de recherches, que je réussis à avoir une adresse par une agence. Je vais enfin me reposer après de longs mois passés à travailler dur… dur… Je traverse cette jolie petite ville. Les villageois et les touristes se promènent le long des quais. L’air est si doux, une odeur d’iode et de feuilles séchées flotte dans l’air. La maison est située à cinq minutes du centre, je l’aperçois au loin. Le jardinet est entouré d’une barrière blanche et les volets sont d’un bleu océan. Je découvre une gentille maisonnette entourée d’hortensias roses et mauves. La propriétaire de ce petit paradis est une charmante vieille dame au doux prénom d’Anne. (Bretagne oblige… « Anne » !) Elle me fait visiter l’intérieur. Un petit salon où tous les sièges et le grand canapé sont recouverts de cretonne fleurie. Le mobilier est simple mais tout me plait énormément. Au fond de la pièce, une cheminée où déjà un bon feu réchauffe l’atmosphère. – J’ai pensé que cela vous ferez plaisir de trouver la maison chaude, les soirées sont un peu plus fraîches maintenant. Je l’en remercie vivement. Elle me conseille sur les sites à visiter dans les environs. 9 Une grande plage de sable est à trois kilomètres d’ici ainsi que de très belles falaises. Malgré le soir qui tombe, je m’y précipite aussitôt. C’est grandiose ! Une plage à perte de vue s’offre à mes yeux émerveillés. Elle est surmontée des fameuses falaises. C’est fabuleux ! Le charme de ce département m’avait ensorcelé lors d’un voyage d’affaire au printemps passé. Je m’étais promis d’y revenir et d’y passer mes prochaines vacances afin de visiter cette région merveilleuse. Je respire à plein poumon, l’air est parfumé par l’odeur des algues et de l’iode. Le silence des lieux est coupé par le bruit des vagues se déchirant sur les rochers plus loin. Je reste là pendant plus d’une heure m’enivrant de tous ces parfums marins. Les mouettes criaillent dans le ciel qui s’assombrit. Le vent les porte telles des feuilles mortes. Ils me semblent qu’elles s’en amusent. Je rentre enfin dans ma petite demeure et j’en découvre toute la douceur. Je me décide à vider mes valises. Je pars faire quelques courses afin de préparer mes repas quand je n’aurai pas envie d’aller au restaurant. J’espère que les magasins sont encore ouverts. Les achats faits, je rentre, heureux mais fourbu. Je casse la croûte en vitesse. Une toilette vite faite et au lit ! La mer me prend dans ses bras……. 10 2 Je me réveille en pleine forme, quelque calme ! Je me prépare un petit déjeuner consistant et pars à pieds au village. Je flâne le long des petites rues. Les habitants sont accueillants, gentils, un peu sauvages, il me semble… Certaines vieilles personnes m’interrogent sur Marseille, la « Capitale du Soleil ». Ils remarquent tout de suite ma plaque d’immatriculation avec mon beau treize. Cette ville les fascine, ils me posent mille questions et j’y réponds très volontiers. Je sens que mon séjour va être passionnant ! Passer mes journées soit à la plage, soit en ballade non sans parler des gueuletons à venir… Après mon premier bain dans l’eau, disons, assez fraîche, je reste sur la plage afin de profiter du soleil encore chaud en cette arrière saison. Il est près de quatorze heures, je n’ai pas vu le temps passé. Je déjeune dans un petit restaurant typique face à la mer. Le personnel m’accueille gentiment, malgré l’heure tardive. Au menu du jour : Moules, frites et le tout arrosé d’une petit rosé très frais. 11 L’après midi, je m’installe confortablement dans mon petit cottage et fais une bonne sieste à l’ombre d’un arbuste qui embaume. Je suis tout de même fatigué… A mon réveil, je mets mes vêtements en ordre dans les tiroirs de la commode qui sentent bon la lavande. Je me fais couler un bain très chaud et parfumé et m’y prélasse près d’une heure. Au dîner, je me contente de quelques fruits… j’ai déjeuné très tard. Au crépuscule, c’est avec une grand plaisir que je pars en voiture me promener le long de la côte. Je prends une petite route qui mène aux falaises, enfin, je l’espère… J’ai eu raison car je me retrouve assez vite aux dessus de celles-ci. Je m’assois sur un rocher plat. Le soleil à l’horizon va disparaître dans une gerbe de feu. Je reste là sans bouger en le regardant se coucher. La nuit arrive et m’entoure. Je vois tout en bas, l’eau noire éclaboussée de taches blanches qu’éclaire la lune. Je suis là à l’écouter gronder comme une tigresse en colère. Je suis seul, les touristes sont déjà partis. Un calme délicieux pénètre en moi. Je reste là rêvant. Les étoiles au ciel commencent à apparaître. Une dernière lueur rouge couvre l’horizon. Le soleil me dit au revoir. Que c’est beau ! Même les oiseaux se taisent pour ne pas déranger cette paix. Environ une heure après, je me redresse, les fesses glacées et engourdies. Cette pierre est vraiment froide ! 12 Dans la nuit éclaboussée par la lune arrive le tintement d’une cloche, elle semble sonner bien loin d’ici. Peut-être l’église du village ? Je rentre heureux par tant de beauté et de sérénité. Me prépare un thé parfumé que je déguste savoureusement devant la cheminée. Un feu y pète joyeusement. Je vais au jardin pour admirer la lune blanche et fais au Pierrot qui sourit tristement sur sa face, un clin d’œil complice. Quand je regarde ainsi la lune, je me dis, qu’il doit y avoir peu de gens qui l’ont remarqué… Quoi ? Le Pierrot… Regardez ! Je me glisse dans mon lit froid, brrr… Une cloche tinte au loin, peut-être est-elle dans mon rêve et je sombre dans un sommeil paisible……. Ding ! Ding ! Ding ! 13 3 Le lendemain matin, Monsieur le soleil qui perce sous mes volets, me réveille. Je saute de mon lit, chauffe mon café, trempe quelques biscuits que ma gentille propriétaire a posé sur la table. Je file au village, là il y a un marché typiquement breton installé sur la petite place. Il y sera une fois par semaine. J’achète des coquillages, salade, œufs et des fruits. Je passe chez le boulanger. L’odeur de son pain parfume toute la petite rue. Pour un si petit bourg, il y a beaucoup de monde, certainement les gens des environs et encore quelques touristes. Je rentre et prépare mon repas. Je m’installe au jardin sur la petite terrasse ensoleillée. La salade craque sous mes dents et je me régale avec les huîtres et crevettes. Je mords le pain à pleines dents. Quel appétit d’ogre ! Après… sur une chaise longue à l’ombre de mon arbre, comme Saint Louis…je fais un somme bien mérité. Lorsque je me réveille, le soleil se couche… lui… J’avais vraiment besoin de ce repos, ne rien faire cela fatigue… aussi… 14
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