Tabarly - Page 1 - test Queffélec Yann ta b a r ly TABARLY DU MÊME AUTEUR ROMANS Le Charme noir, Gallimard, 1983. Les Noces barbares, Gallimard, 1985. Prix Goncourt. La Femme sous l’horizon, Julliard, 1988. Le Maître des chimères, Julliard, 1990. Prends garde au loup, Julliard, 1992. Disparue dans la nuit, Grasset, 1994. Noir animal, Bartillat, 1995. Et la force d’aimer, Grasset, 1996. Happy Birthday Sara, Grasset, 1998. Osmose, Laffont, 2000. Boris après l’amour, Fayard, 2002. Vert cruel, Bartillat, 2003. Moi et Toi, Fayard, 2004. Les Affamés, Fayard, 2004. Ma première femme, Fayard, 2005. La Dégustation, Fayard, 2005. Mineure, Michel Lafon, 2006. L’Amante, Fayard, 2006. L’amour est fou, Fayard, 2006. Le Plus Heureux des hommes, Fayard, 2007. Passions criminelles, avec Mireille Dumas, Fayard, 2008. ESSAIS Béla Bartók, biographie, Mazarine, 1981 ; Stock, 1993. Tendre est la mer, La Martinière, 2006. JEUNESSE Le Poisson qui renifle, Nathan, 1994. Le Pingouin mégalomane, Nathan, 1994. BEAUX LIVRES Le Soleil se lève à l’ouest, photographies de Jean-Marc Durou, Laffont, 1994. Horizons, photographies de Philip Plisson, Chêne, 1996. Toi l’horizon, Cercle d’art, 1999. Idoles, peintures de Jeanne Champion, Cercle d’art, 2002. La Mer, photographies de Philip Plisson, La Martinière, 2002. YANN QUEFFÉLEC TABARLY Un livre présenté par Joseph Vebret. www.editionsarchipel.com Si vous souhaitez recevoir notre catalogue et être tenu au courant de nos publications, envoyez vos nom et adresse, en citant ce livre, aux Éditions de l’Archipel, 34, rue des Bourdonnais 75001 Paris. Et, pour le Canada, à Édipresse Inc., 945, avenue Beaumont, Montréal, Québec, H3N 1W3. ISBN 978-2-8098-0034-0 Copyright © L’Archipel et Librairie Arthème Fayard, 2008. À Jacqueline Tabarly À Marie Tabarly À Gérard Petitpas À Erwan Quéméré Aux gens de mer Combien de lunes et soleils Tombant de neuves galaxies Ont mis le cap sur d’autres terres Et d’autres ciels perdus depuis Que tant de nuits en des nuits mortes Et tant de jours se sont suivis, Et que face à des milles d’eau Je tends des mains inconsolées José Gers Le 6 juillet 1992, à Brest, j’ai rencontré Éric Tabarly pour la dernière fois. Il était sur Pen Duick Premier, moi sur Baba Yaga, un First 456, mon voilier de l’époque. Nous nous appelions par nos prénoms. C’est donc naturellement que je l’appelle Éric dans cet ouvrage écrit à sa mémoire. Y. Q. Quelque chose lui arriva… Éric Tabarly, né vainqueur en 1931. En 64, il remporte l’Ostar, la Transatlantique anglaise en solitaire ; en 67, l’intouchable Fastnet ; en 69, il est le marin le plus rapide au monde avec son poulpe d’aluminium à voiles, le trimaran Pen Duick IV ; la même année, il traverse l’ouragan Brenda, un souffle cyclonique fort de cent nœuds ; en 69, il est premier de l’arc transpacifique en solitaire, trente mille milles de San Francisco à Tokyo, avec dix jours d’avance sur le second ; en 76, il danse le tamouré, chasse le mouton, prend du bon temps ; en 76, il regagne l’Ostar à la barbe d’Alain Colas, son émule ombrageux ; en 76, il rencontre Jacqueline, une Martiniquaise idyllique, la femme de sa vie. 13 Tabarly Il l’épouse en 84, ils ont un enfant, Marie. L’amour humain est aussi la marque du bon baroudeur. Après ça, la belle vie que la vie d’Éric Tabarly sur les bords de l’Odet, à Gouesnac’h, face au grand océan. Du marin chanceux, Homère écrit qu’il est l’hôte occasionnel d’un dieu aux distractions duquel il doit suppléer, méritant ainsi le génie qui l’emmène au large – au large des heures terrestres, éphémères enjeux des cadrans solaires. Le 13 juin 1998, en mer d’Irlande, à bord du premier Pen Duick, peu après minuit, quelque chose lui arriva… Voilà dix ans qu’il n’est plus. Oublié, l’enfant chéri des mers, en 2008 ? Disparu du cœur des vivants ? Refermé ce livre de bord où la gloire a brillé ? La postérité, qui souffre bien souvent d’éclipses, a fait d’Éric Tabarly son péché mignon. Plus il est loin, plus il est là : plus il nous manque. Dire que les Grecs ont pu juger que toute humanité n’était que l’ombre d’un rêve. Il est des ombres et des rêves qui vous collent à la peau longtemps après s’être dispersés, comme la nuit dans la nuit ou l’eau dans l’océan. Bon anniversaire, Éric, au-delà des bougies terrestres. Conjuguons à l’imparfait, puisque vivre est 14
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