Béatrice, agent double malgré elle - Page 1 - test Alain CHARRET Béatrice Agent double malgré elle Éditions Éditeur Indépendant 75008 Paris - 2007 3 Le Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droits. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS). Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2° et 3° alinéas, d’une part que des copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (Article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. © Éditions Éditeur Indépendant – 2007 ISBN : 978-2-35335-154-1 Dépôt légal : Décembre 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Remerciements Cet ouvrage n'aurait jamais vu le jour sans les précieux conseils d'Emilie Deny et d'Eric Denécé. L'épisode antiguais n'existerait pas sans Véronique et Micky qui ont su nous faire partager leur amour pour cette charmante île des Caraïbes. 7 Toute ressemblance avec des personnes ou des faits existants ou ayant existé ne serait que le fruit d'une surprenante coïncidence. 9 Chapitre premier Henri Boutin était atterré. Enfermé dans son bureau au quatrième étage de l’immeuble qui abritait sa société d’import export, il se remémorait les événements qui s’étaient succédés ces trois derniers jours. Tout d’abord son entrevue, dans les salons du Ritz, avec le représentant d’un cabinet genevois. Ce dernier lui avait indiqué que le groupe dont il représentait les intérêts aimerait recourir à ses services. Henri Boutin s’était montré flatté par l’intérêt que semblait lui porter cette mystérieuse entité qui avait les moyens de s’offrir les services d’un tel cabinet. Car bien entendu, il s’était rapidement renseigné sur ledit cabinet avant d’accepter ce rendez-vous. La démarche n’était pas vraiment inhabituelle. Derrière les activités de sa société d’import export, Henri Boutin avait l’habitude de servir d’intermédiaire lors de gros contrats d’armement. Il était spécialisé dans les pays du Moyen-Orient et était particulièrement bien placé en Turquie. D’ailleurs son carnet d’adresses était tel qu’il se vantait parfois de diriger habilement un 11 important groupe de pression, capable, à l’occasion, d’infléchir certaines décisions politiques de la France. Les anglo-saxons appelaient cela du Lobbying. Bien qu’il ne soit pas trop regardant sur la forme, il était suffisamment intelligent pour éviter les actions suicidaires. Et c’est à cela que s’apparentait ce qu’on lui avait demandé. C’est pourquoi il avait tout simplement refusé, malgré la somme considérable qu’on proposait de lui verser sur un compte offshore de son choix. Il avait donc mis fin à l’entretien prématurément. Le lendemain, le représentant du fameux cabinet l’avait contacté par téléphone et lui avait proposé une nouvelle entrevue afin de réétudier les conditions de la proposition et arriver rapidement à un accord. Henri Boutin avait courtoisement mais fermement refusé et souhaité ainsi clore l’affaire. Ce matin, deux jours après cette première entrevue, un porteur spécial avait remis à son secrétariat une grande enveloppe brune, adressée à son nom et portant aux quatre coins la mention « confidentiel et personnel », à l’encre rouge. Sa secrétaire lui avait apporté le pli dès sa réception. Cela faisait maintenant une heure qu’il avait pris connaissance du contenu. Il s’agissait d’une cassette vidéo accompagné d’un bristol anonyme sur lequel était dactylographié : « Pas d’inquiétude, nous vous contacterons ». Plus surpris qu’inquiet, il avait introduit la cassette dans l’ensemble TV magnétoscope qui se trouvait dans son bureau, face au coin salon qu’il avait fait 12 aménager pour rendre moins formel certains de ses rendez-vous. Dès les premières images il avait blêmi. Il se souvenait très bien de cette journée. C’était le 25 août 2000, jour de la supercoupe. Il avait été invité à Monaco par l’intermédiaire de l’attaché culturel de l’ambassade de Turquie à Paris. Celui-ci lui témoignait ainsi sa gratitude pour avoir mené de main de maître les négociations ayant permis à Ankara d’acheter à des conditions très avantageuses 400 chars Leclerc. Henri Boutin avait accepté l’invitation. Comme beaucoup d’hommes, il aimait les matchs de football et la Principauté de Monaco l’avait toujours attiré. Il y avait d’ailleurs quelques relations, voire même certains concurrents. C’est donc sans aucune arrière-pensée qu’il s’était rendu à cette invitation. Le diplomate turc l’avait invité à déjeuner au restaurant de l’hôtel de Paris, à deux pas du casino. Étaient présents à ce repas, le diplomate et son épouse, un jeune conseiller aux Affaires culturelles et deux charmantes jeunes femmes présentées comme des interprètes. Le ton de la conversation s’était fait léger et, ajouté à l’excellence des mets présentés, avait donné un petit air de vacances à l’ensemble. Henri avait rapidement sympathisé avec sa voisine de droite qui avait dit se prénommer Yasmina. Même si la pensée que son ami turc ait eu recours à des hôtesses très accueillantes afin de satisfaire les moindres désirs de son hôte l’avait effleuré, Henri n’y voyait pas vraiment d’objection. À 58 ans, Henri était marié 13 maintenant depuis 30 ans. Et bien que n’ayant pas de problèmes majeurs avec son épouse, l’âge aidant, cette dernière était de moins en moins portée sur la « chose ». Malgré cela, à part une brève liaison avec une de ses assistantes, il y avait maintenant cinq ans, Henri Boutin n’avait jamais trompé son épouse qui, d’ailleurs sans raison, était restée d’une jalousie maladive. À la fin du repas, copieusement arrosé de champagne Laurent Perrier rosé, la joyeuse équipe prit le chemin du stade Louis II où devait se dérouler la rencontre sportive. Le diplomate et son épouse prirent place dans une Mercedes du corps diplomatique alors que les deux interprètes et luimême prirent place à l’arrière d’un monospace. Le jeune conseiller, quant à lui, s’installa près du chauffeur. Le trajet fut très rapide mais, assis entre les deux jeunes femmes, il eut le temps de sentir la chaleur de leurs cuisses respectives. Yasmina poussa même le jeu jusqu’à poser sa main sur son genou. Henri Boutin sentait que la soirée allait être mémorable. Si seulement il avait réfléchi avec sa tête et non pas avec son entrejambe. Toujours est-il qu’il n’avait pas vu grand-chose du match. Yasmina avait été très câline et le champagne avait de nouveau coulé à flot lors de la mi-temps passée dans les salons privés du stade. Pendant ce temps, il avait remarqué que David, le jeune conseiller, semblait s’occuper de très prêt de Hatice, la seconde interprète. Après la fin de la rencontre tout ce beau monde était invité à un cocktail dînatoire sur le 14 grand yacht turc Le Savarona. Quelques coupes de champagne supplémentaires et David était arrivé avec Hatice exhibant les clés d’une suite qu’il s’était fait prêter en échange d’un gros pourboire. C’est tout du moins ce qu’il avait déclaré à Henri et Yasmina qui flirtaient sur un canapé, à l’écart des autres invités. Yasmina parut très enthousiaste et entraîna Henri qui ne se fit pas prier pour la suivre. C’est ainsi que ces amis d’un soir se retrouvèrent dans une cabine du Savarona. Yasmina entraîna Henri dans la chambre où trônait un grand lit carré, tandis que David et Hatice prirent possession du canapé qui se trouvait dans le salon. C’est quelques minutes après que l’enregistrement vidéo débutait. On voyait Henri et Yasmina dans le plus simple appareil en train de se prodiguer de savantes caresses. Puis on apercevait Hatice entrer à son tour dans le champ de la caméra. Celle-ci approcha de la table de nuit sur le marbre de laquelle on distinguait trois lignes blanches constituées de poudre. Elle se pencha et en aspira une par le nez d’un geste expert. Elle était aussi nue que Yasmina qu’elle vint rejoindre sur le lit. Henri embrassait fougueusement Yasmina tout en lui caressant les seins. Hatice entreprit très naturellement de prodiguer une fellation à Henri. Ce dernier se souvenait très bien de ce moment d’extase. Deux femmes pour lui tout seul, il en avait souvent rêvé sans toutefois pouvoir réaliser ce fantasme commun à beaucoup d’hommes. De plus il tenait une forme d’enfer, malgré la quantité de 15 champagne qu’il avait ingurgité tout au long de la journée. D’ailleurs il avait soupçonné Yasmina d’avoir discrètement mis du viagra dans son verre. Jamais il n’avait tenu une telle forme. Et c’est à ce moment de la vidéo qu’il avait failli se trouver mal. Une quatrième personne faisait son entrée dans le champ de la caméra et ce n’était autre que David, lui aussi totalement nu. Après un rapide passage par la table de nuit pour sniffer ce qui semblait bien être de la cocaïne, il prit la place de Hatice et poursuivi la fellation avec beaucoup d’application. C’était la deuxième fois qu’il visionnait la scène, mais il ne put continuer et pris de nausées, il se dirigea vers son cabinet de toilette privé et vomit dans le lavabo. Comment était-ce possible ? Il ne s’était douté de rien et comme dans un état second, il n’avait rien remarqué. C’était insoutenable. Lui qui se montrait souvent homophobe en privé comme en société, d’ailleurs. Si cette vidéo était rendue publique, il était fini. * * * Prétextant l’attente d’importantes communications téléphoniques, il demanda à sa secrétaire de lui commander une pizza et une grande bouteille d’eau minérale. À 15 heures il avait bu la totalité des 1,5 litre d’eau et à peine touché à sa pizza quand sa ligne directe sonna. Il se força à attendre la troisième sonnerie avant de prendre la ligne. Comme il s’en 16
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