Parlez-moi d'amour - Page 1 - Jérémy Prudent Parlez-moi d’Amour Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2010 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tél. : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2614-7 Dépôt légal : Février 2010 © Edilivre Éditions APARIS, 2010 6 Sommaire Introduction CHAPITRE 1 Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?............ CHAPITRE 2 L’observateur.................................................... CHAPITRE 3 Un voyage dans les rêves s’impose .................. CHAPITRE 4 Je veux me renvoyer en l’air............................. CHAPITRE 5 Quand elle ferme les yeux… ............................ CHAPITRE 6 Une cacahuète parmi tant d’autres.................... CHAPITRE 7 Peut-on vraiment tout se dire ? ......................... CHAPITRE 8 Un pas en avant, deux pas en arrière ................ CHAPITRE 9 Le siècle des Grands ......................................... CHAPITRE 10 Une Musique en Tête........................................ 15 39 63 79 97 117 137 155 177 193 9 CHAPITRE 11 Souvenirs, Cœurs, Amour et Silence ................ CHAPITRE 12 Irréelle réalité .................................................... CHAPITRE 13 Journal Intime ................................................... CHAPITRE 14 Monsieur « Dream » ......................................... CHAPITRE 15 Est-ce que tu veux jouer ? ................................. CHAPITRE 16 Et le manège tourne… ...................................... Finalisation CHAPITRE 17 A ce que je chasse ............................................. CHAPITRE 18 Quelqu’un. Quelque part. Quand ? ................... CHAPITRE 19 Vierge................................................................ CHAPITRE 20 Créature rime avec Créateur, non ?................... CHAPITRE 21 Là où j’étais libre .............................................. CHAPITRE 22 Parlez-moi d’Amour ......................................... 207 225 247 271 289 307 329 345 367 389 411 433 Prologue de l’auteur .......................................... 442 Remerciements.................................................. 445 10 Je ne suis pas un écrivain. Fermez les yeux. Ouvrez votre Esprit. Ainsi que votre Cœur. Les mots sont déjà là. Ne les lisez pas. Rêvez. CHAPITRE 1 Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Lilly marche entre deux bâtiments. C’est un petit chemin très étroit. Parfois, sa veste frotte contre le crépi du mur. Arrivée au bout, elle entre dans le bâtiment qui est à sa droite par une petite porte grise, un peu rouillée. Elle se retrouve dans une salle très sombre, quasiment noire. Elle cherche le bouton de la lumière et une fois trouvé, elle le déclenche. Ses cinq amis, assis sur le canapé du beau petit salon que cachait la nuit, crient : – Surprise ! Lilly sursaute et se met à pleurer. Eva va tout de suite l’enlacer, comme pour la consoler. Sur le canapé restait : Juliette, Victor, Benjamin et Mathieu. Ce dernier se lève et crie : – Nous allons fêter nos retrouvailles ! Benjamin sors de derrière un coussin deux bouteilles de champagne qu’il ouvre pendant que Lilly et Eva viennent s’asseoir sur le canapé pour boire un verre. Victor qui n’avait pas parlé depuis 15 longtemps embrasse la joue de Lilly, aussi pour la consoler, et avoue à tout le monde : – Bon maintenant ! Puisque on est ensemble, il faut se promettre d’être amis pour la vie ! Tout en disant cela, certains hochent la tête pour affirmer ce qu’il vient de dire. Et pour mettre une touche d’amusement, Lilly s’exclame : – Ouais ! On aura cent ans et on sera toujours ensemble ! Il y a un grand moment de silence et Juliette la regarde sans rien dire jusqu’à ce qu’elle recommence la conversation en disant d’une façon très ironique : – Mais oui ! C’est ça ! Tout le monde trinque à leurs retrouvailles. Le public se met à rire. – Coupez ! criai-je. Assis sur mon fauteuil de « réalisateur » sur lequel est écrit en blanc sur le tissu noir : « Jérémy. P. », je regarde le plateau de tournage avec les acteurs, déjà en train de se faire démaquiller. L’actrice qui joue le rôle de Lilly me regarde et m’envoie un petit sourire coquin. Je la vois mais ne lui restitue pas ce sourire. Je me lève de mon fauteuil qui grince et me dirige dans la salle de la production. Je traverse les scènes, le décor de l’appartement des « héros » de ce feuilleton purement américain. Complètement ridicule. Le genre de série télévisée qui n’est regardée que par les beaufs du monde entier. L’actrice de Lilly, Pénélope, me rattrape pour me parler. – Jérémy ! Elle reprend son souffle avant de me dire. – Jérémy ! Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? 16 Je ne la regarde pas. Je fixe le mur tout en allant à la salle des producteurs et je réponds : – Je ne sais pas. Je vais me reposer ! – Moi aussi, me dit-elle en me lançant un autre sourire coquin que je devine sans la regarder. J’arrive à mon bureau, rentre en vitesse et lui ferme la porte au nez. Elle a dû sûrement se prendre le mur tellement elle a flashé sur moi. Je respire un grand coup et tout en évitant les regards des producteurs, je tente désespérément de récupérer mes affaires au bout de la salle. Mais Len, l’un deux, m’interpelle : – Hé ! J. je ne m’attendais pas à une telle fin ! Je m’arrête et le regarde. – Et elle vous plaît ? – Je n’aime pas les surprises ! m’avoue-t-il. Je souris, et tout en continuant mon chemin pour récupérer mes affaires, je me retourne vers lui. – Surprise ! m’exclamai-je. Il me regarde comme vexé. Je lui lance un sourire avant de quitter la salle pour lui montrer que, maintenant, je n’en avais plus rien à faire : mon boulot était terminé. Je sors du hangar, au nord de New-York, dans une petite banlieue, qui me servait de plateaux de tournages. En partant, l’énorme porte grince tellement elle est vieille et rouillée. Je marche sur le grand parking à moitié rempli par tous les employés. J’arrive facilement à retrouver ma voiture, c’est l’unique véhicule gris/noir garée en plein milieu. Alors que les autres sont plutôt dans les tons blancs ou de couleurs… 17 Je rentre dans ma voiture que je viens d’ouvrir grâce à un petit clic sur la clef. Cela fonctionne une fois sur deux… Aujourd’hui était la bonne. Je m’assois et me regarde dans le rétro central. J’ai les yeux marron. Je me rapproche à quelques centimètres du miroir, et mes yeux sont verts. Je souris. Personne ne veut me croire quand je dis que j’ai les yeux verts. J’entends deux petits claquements à une vitre. Je tourne la tête et voit Aaron, l’un des producteurs. J’ouvre ma fenêtre et lui demande avant qu’il me parle : – Len a pris comment ma « surprise » de tout à l’heure ? Il rigole et en se posant contre le rebord de la fenêtre, il dit. – Assez bien ! Je pense ! On se met à rire quelques secondes avant qu’il ajoute à son tour, une chose. – Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Je regarde en face de moi pour réfléchir parce qu’à vrai dire, je n’y avais pas tellement pensé. Vais-je me lancer dans un nouveau projet ? Ou bien prendre des vacances bien méritées ? Et puis, je regarde ce porteclefs accroché à mon rétro : un Mickey en fer soudé. C’est une amie d’enfance qui me l’avait offert. Il vient de Miami. Un Mickey national. Il est magnifique et brille quand le soleil tape dessus. Avec un regard rieur, je réponds à Aaron. – Je vais me retrouver… Il sourit et demande : – Arriverais-je un jour à te comprendre ? Je rigole en regardant ce Mickey. Il me tend la main pour me saluer. Je le lui serre. 18 – A bientôt, me dit-il calmement. – Au revoir Aaron, ajoutai-je. Je démarre ma voiture et part chercher les enfants à l’école. Devant l’école, il y a déjà tous les parents qui ont l’habitude de venir en avance pour pouvoir discuter, faire de nouvelles connaissances. Tout cela ne m’intéresse pas, surtout pour écouter une mère en train de se plaindre que son gamin, de dix ans, fait des cauchemars en plein milieu de la nuit. Je me gare et une fois que la sonnette retentit, je sors de la voiture afin que les enfants me voient rapidement. Je m’appuie contre le mur de l’école. En attendant les enfants, je m’amuse à observer les parents… Une femme a un tic : elle se mord les lèvres quand l’autre personne parle. Une autre a le réflexe de faire des avant-arrières avec la poussette comme pour balancer le bébé afin qu’il s’endorme rapidement. Il y a un homme qui remonte, toutes les dix minutes, son pantalon d’un geste brusque. C’est très marrant à voir ! Et c’est aussi marrant de penser que, peut-être, on a soi-même des tics encore pire que ces personnes-là, et que l’on ne s’en rend même pas compte. Bref, arrêtons de parler, les jumeaux arrivent. Ils marchent l’un à côté de l’autre, rien ne peut les différencier. Mais j’y arrive quand même, grâce à leur comportement que je connais par cœur, de savoir qui est qui. Par exemple, celui qui me regarde en arrivant, c’est Lucas. L’autre c’est Eliot. Sinon il y a leur façon de marcher. Eliot marche rapidement, c’est une pile sur pattes. Il est toujours excité. Alors que Lucas est plus posé… J’envoie un sourire à Lucas qui me voit et qui court vers moi pour m’enlacer et me dire bonjour. 19
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