Journal d'une tueuse en série - Page 1 - test Eleanor Mac Dougall Journal d’une tueuse en série Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0295-0 Dépôt légal : Juin 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Prologue Démonica était à bout de souffle. Elle venait de s’enfuir de l’hôtel en courant et en pleurant. Certes, elle avait déchargé sa colère sur ce couple. Ils étaient le symbole de tout ce qu’elle haïssait, mais elle savait aussi que c’était la dernière fois. Elle l’avait promis à son fils, Arthur, et surtout à son petit fils Lewis qui avait tout juste deux ans. Ce pauvre bout de choux, si petit et déjà orphelin. Il commençait bien mal dans la vie. Elle se sentait responsable de son avenir. Ce serait une tâche bien ardue pour elle. Il n’y avait vraiment qu’une seule chose pour laquelle elle avait un talent indéniable et reconnu de tous, quoi qu’ils en pensent. Démonica était passée maître dans « son art ». C’était pour elle une mission sacrée. Pourtant, elle allait devoir y renoncer. Elle sentait qu’elle aurait beaucoup de mal à résister à ses pulsions. C’était devenu un acte naturel, son quotidien. 9 Elle repensait avec émotion à ses débuts et éprouvait une certaine nostalgie à l’évocation de ses souvenirs. Même si certains étaient plus douloureux que d’autres. Elle avait décidé de ne plus jamais recommencer et elle s’y tiendrait. L’éducation de Lewis et la direction de l’entreprise créée par son fils, allaient l’y aider. En ce qui concerne la face cachée de sa vie, elle prit la décision de tout raconter à Lewis quand il serait en âge de comprendre. En arrivant chez elle, Démonica prit une grande boîte en bois d’ébène sculptée qu’elle conservait depuis de nombreuses années. Elle lui avait été offerte en cadeaux de mariage et contenait son trousseau, de beaux draps blancs immaculés. Joliment décorée, elle était assez profonde pour contenir tous les éléments qu’elle souhaitait y mettre. Tout au long de ces années, elle avait rassemblé beaucoup de documents et d’objets. Elle allait les placer dans la boîte et les conserver dans son grenier avec tous ses souvenirs plus avouables. Elle avait récupéré tous les articles de presse qui avaient été publiés tout au long de cette période. Elle les classa dans le bon ordre et les installa tout au fond de la boîte. Elle avait aussi pris soin de prendre un souvenir à chaque fois. Elle les avait placés dans une jolie boîte à musique. Vint ensuite un petit carnet de note contenant de précieuses indications. Il y eu un dernier élément. Le plus important à ses yeux. Celui qui permettrait à Lewis de faire toute la lumière sur sa vie : son journal intime. Elle y avait noté tout ce qu’elle ressentait et tous les détails de ses 10 actes sans en oublier aucun. Elle avait pris beaucoup de plaisir à le remplir chaque soir. Cela faisait partie de son quotidien. Cela aussi, elle allait cesser de le faire. Démonica le relut une dernière fois avant de le ranger. Elle l’avait souvent consulté tout au long de ces années. Elle aimait relire ses exploits et cela lui permettait d’affiner sa technique. Elle était fière de ce qu’elle avait accompli. Pourtant, il manquait quelque chose à ses écrits. Elle ne saurait dire ce dont il s’agissait. Elle y réfléchirait plus tard… Elle referma la boîte et la rangea dans son grenier. Elle viendrait de temps en temps en revoir le contenu pour se rappeler ces souvenirs si chers à ses yeux. Peut-être que cela l’aiderait à tenir en attendant de tout révéler à Lewis… 11 I Ce devait être un jour particulier pour Lewis Crown. Il avait trente ans et ce jour marquait un tournant dans sa vie. Mais, il ne pouvait imaginer à quel point cette journée allait transformer sa vie. Il se sentait vivant comme jamais il ne l’avait été auparavant. Il venait, en effet, d’être nommé Président Directeur Général d’OMEGA 51 par Démonica, sa grand-mère, afin de pouvoir lui succéder à la tête de l’entreprise. Lewis devait prendre ses fonctions, aujourd’hui, en début d’aprèsmidi. Il éprouvait une certaine sensation de puissance à l’idée de se retrouver à la tête d’une entreprise aussi performante. Ce moment, il l’avait attendu toute sa vie et il allait enfin montrer au monde entier ce dont il était capable. Du plus loin qu’il se souvenait, on lui avait toujours dit qu’il devrait reprendre l’entreprise familiale quand il aurait trente ans. C’est son propre père, Arthur qui avait demandé à Démonica de veiller à ce qu’il fût prêt à cette date. Arthur estimait que c’était l’âge idéal. Il espérait que Lewis aurait terminé ses études avec succès et qu’il aurait réussi à gravir 13 tous les échelons dans la société. Car, il ne voulait pas que tout lui tombe tout cuit. Lui avait dû lutter aux côtés de Eva, sa femme, pour arriver à créer son entreprise et à la faire fructifier. Il fallait donc que son fils le mérite et qu’il connaisse sur le bout des doigts tous ses organes. Lewis devrait commencer au plus bas de l’échelle pour atteindre le sommet. Arthur avait pleinement confiance en Démonica pour y veiller. Lewis était donc entré dans l’entreprise, tout d’abord comme stagiaire pendant ses études. Toute sa vie était tracée. Il avait fait les mêmes études que ses parents et bien évidemment il se destinait à la recherche. Il était brillant. Après ses stages et son diplôme, il était devenu assistant chercheur afin qu’il puisse faire ses preuves, et d’avoir un contact personnel avec chaque employé. Démonica avait ensuite veillé à ce qu’il intègre les bureaux et à ce qu’il fasse en même temps une formation sur chaque branche pour laquelle il travaillait. La comptabilité avait été pour lui le plus éprouvant et il avait eu hâte de connaître autre chose. Il passa ensuite par le secteur financier. Enfin, la dernière formation qu’il suivie fut de loin la plus importante aux yeux de sa grand-mère. C’était la partie management avec en parallèle toute la dimension internationale de l’entreprise. Pendant cette formation 1 qui avait été la plus complexe, il avait appris à se fixer des objectifs, à 1 Source http://www.mastership.fr/formation_perfectionnement _mgt.htm formation management fondée sur des cas concrets du quotidien de tout manager. 14 créer la cohésion et les interactions entres les personnes et/ou les services et mettre en place et appliquer un management constructif et productif pour lui-même et pour ses équipes. Il devait acquérir et dynamiser ses compétences managériales. Pour ce faire, il avait su maîtriser quatre points essentiels : fixer le cap, mobiliser, organiser et communiquer. Enfin, il a étudié et appris le vocabulaire du responsable performant et a découvert que l’impact des mots est important quelque soit la situation (négociation, entretien individuel, animation de réunion, recadrage…). Ses parents auraient été très fiers de lui car il s’en sortait plus qu’honorablement. Il était évident qu’il n’avait pas encore montré l’étendue de ses possibilités à ses salariés et aux actionnaires, car il était toujours sous le contrôle exclusif de Démonica. Elle menait l’entreprise d’une main de maître, et lui enseignait tout ce qu’elle connaissait. Démonica n’avait pas eu le choix, elle avait dû apprendre sur le tas, sans beaucoup de conseils, quand Arthur et Eva étaient morts et qu’ils lui avaient laissé l’entreprise à gérer. Elle avait donc veillé à ce qu’il ne rencontre pas les mêmes difficultés, et qu’il sache exactement où il mettait les pieds. Il devait être armé pour affronter toutes les tempêtes. La société OMEGA 51 étant mondialement connue, les festivités avaient été organisées dans les salons privés d’un très grand hôtel Parisien. La salle de réception avait été décorée avec le plus grand soin 15 et le personnel, costume noir et gants blancs pour les hommes, chemisier blanc et jupe noire pour les femmes, était présent pour satisfaire les moindres désirs des invités prestigieux rassemblés pour l’occasion. Tout n’avait été que profusion de petits fours, et de champagne. La haute société, dont une partie importante d’investisseurs, était réunie pour fêter l’évènement. Démonica, n’avait pas hésité à organiser une réception somptueuse et à rassembler le plus grand nombre de personnalités. Cela faisait partie des rendez-vous mondains à ne surtout pas manquer. En plus des personnalités du show business et du monde des affaires, il y avait de nombreux journalistes venus interviewer Lewis et sa grandmère. En effet, à 30 ans, à peine, celui-ci devenait le plus jeune Président Directeur Général d’une entreprise privée qui pesait plusieurs millions d’euros et cela attirait la curiosité. Tout le monde voulait savoir qui était ce jeune homme, son parcours professionnel et avoir une idée plus précise de sa carrure, pour reprendre une telle structure. Ce n’était pas tous les jours qu’on assistait à la prise de pouvoir d’un si jeune PDG, qui semblait prendre très à cœur ses nouvelles responsabilités. En début de soirée, avant le discours de Démonica, un diaporama fut proposé et commenté, présentant l’historique de la société, les chiffres clés et les principaux médicaments mis sur le marché. Ce petit exercice servait à rassurer les investisseurs présents. OMEGA 51 avait été bâtie par Arthur, son père, à force de volonté, de persévérance et avec l’appui permanent de Démonica. Son but était de créer et de développer de nouveaux médicaments. Arthur avait 16 toujours été passionné par le domaine médical mais avait toujours pensé qu’un bon médecin sans médicaments efficaces à prescrire ne pouvait pas se rendre très utile, sauf en de très rares occasions. Aussi, avait-il décidé de s’orienter vers la recherche, arguant qu’elle serait toujours primordiale, car apparaissent régulièrement de nouvelles maladies qu’il lui faudrait combattre. Ses parents ont, d’abord, créés une petite structure familiale qui avait connu quelques beaux succès mais qui commençait à stagner. Puis, Arthur, visant de plus en plus haut, et voyant que les petites entités comme la leur avaient du mal à survivre 2 , a donc pris le parti de racheter l’un de ses confrères, puis plusieurs d’entre eux pour connaître une croissance exponentielle. Il avait fait le pari de l’agrandissement plutôt que celui de disparaître, et cela avait porté ses fruits. Rares étaient les industriels ou les spécialistes de la pharmacie qui se faisaient les défenseurs des groupes indépendants à capitaux familiaux. Entre 500 millions et 2 milliards de francs, n’importe quel acquéreur pouvait trouver ce qu’il cherchait. En rachetant plusieurs laboratoires, ils obtinrent un chiffre d’affaires supérieur. Enfin, il commença à racheter des concurrents à l’étranger avec l’enjeu de conquérir de nouveaux marchés et ainsi se développer. Les entreprises pharmaceutiques françaises devaient absolument 2 Source http://diogenes.polytechnique.org/site/xbiotech/NSJR/ BiotehcPharma/ article X-BIOTECH et pharmaceutique. Numéro spécial Biotechnologie de la jaune et la rouge. 17
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