Achève-moi! - Page 1 - test Stéphanie Filiatreault Achève-moi ! Roman Editions Editeur Indépendant 75008 Paris – 2007 3 Le Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droits. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS) Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L.122-5, 2° et 3° alinéas, d’une part que des copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (Article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. © Editions Editeur Indépendant – 2007 ISBN 10 : 2-35335-072-0 ISBN 13 : 978-2-35335-072-8 Dépôt légal : Mars 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Je tiens à remercier sincèrement toutes les personnes m’ayant encouragée de près ou de loin, en pensée ou en action, dans la réalisation de ce projet qui me tenait à cœur depuis si longtemps. Je ne les nomme pas, elles se reconnaîtront… 7 Grâce à une petite puce de 15 ans, je n’ai pas lâché et j’ai continué à écrire. Et à rêver de publication. Pour toi seulement parce que tu n’as pas douté un instant, je te dédie ce roman qui sera mon premier en librairie. Et Maman, pour toi qui est partie cet été, je sais que tu aurais été fière de moi. Alors voilà, je te rends ce dernier hommage, pour toi qui erre dans les cieux, veillant sur notre famille… S.F. 9 « Roman qui fut long et ardu à écrire. Une longue année au cours de laquelle j’ai passé plusieurs nuits blanches, à me creuser la cervelle, afin que les scènes se suivent et résonnent en leur sens. « Alors voilà… pour la patience dont il a fait preuve durant cette année passée dans les draps froids du lit, je dédie ce livre à mon mari, Alain. » S.F. 11 L'agressivité de l'homme est instinctive. Les êtres humains n'ont pas développé de mécanismes inhibiteurs de l'agressivité pour assurer la survie de l'espèce. Pour cette raison, on considère que l'homme est un animal très dangereux. Konrad Lorenz 12 Chapitre 1 Molly Dickinson était seule, étendue sur son canapé-lit, enroulée dans des draps de coton vert. La télévision placée devant elle, jouait un vieux film de danse, avec Patrick Swayze et Jennifer Grey. La jeune femme le regardait distraitement, une main délicate enfouie dans sa crinière brune. Elle bailla paresseusement et jeta un coup d’œil au cadran lumineux de son réveil-matin. - Vingt-deux heures, soupira Molly. C’est l’heure d’aller au boulot. La jeune femme se leva, entièrement nue, éteignit la télévision, puis se dirigea vers la minuscule salle de bain. Elle alluma et une affreuse lumière crue éclaira la pièce. Molly possédait un beau visage qu’elle-même jugeait banal. De grands yeux verts, un petit nez mutin, une belle bouche aux lèvres rouges et pulpeuses, de hautes pommettes, et des cheveux mi-longs, bruns et bouclés, encadraient son visage. Molly sourit à son reflet et prit ses boucles d’oreilles – de grands anneaux en argent – qu’elle avait laissé traîner sur le rebord du lavabo incrusté de rouille ; puis elle les 13 passa à ses oreilles. Ensuite, elle entreprit de se maquiller, ce que la jeune femme détestait. Molly enduisit ses longs cils de mascara noir, poudra de vert foncé ses paupières et ajouta du brillant sur ses lèvres colorées naturellement. - Je suis pas mal, dit-elle en sortant de la salle de bain. Les clients me laisseront de bons pourboires, ce soir. Du moins, je l’espère… Molly retourna au salon, qui se trouvait aussi être sa chambre à coucher, et prit sa robe moulante accrochée sur le crochet, près du canapé-lit. La pièce était petite et miteuse, mais elle l’avait décorée à son goût. Les murs étaient peints en vert – sa couleur favorite. La jeune femme avait installé de longues draperies blanches devant les fenêtres et ses photos préférées ornaient les murs. Des paysages d’hiver et d’automne qu’elle avait elle-même photographiés. Quant au canapé, il prenait place sous les fenêtres, face au téléviseur posé sur une petite commode en bois naturel. Molly enfila sa robe, de couleur dorée avec des franges, et se regarda dans le miroir accroché derrière la porte d’entrée. Son corps était beau, parfaitement proportionné. Sa poitrine pleine, son ventre plat, ses fesses rebondies, et ses jambes d’une longueur interminable, lui donnaient l’air d’un top model. Puis, satisfaite de l’image renvoyée par le miroir, la jeune femme chaussa ses bottes à talons hauts, qui lui arrivaient sous le genou, et attrapa la brosse posée sur la commode. Elle la passa rapidement dans ses cheveux et s’en alla, oubliant de fermer la porte à clé. Au bar Sous les apparences, les gens commençaient à bouger et à s’amuser ferme. C’était vendredi, le jour le 14 plus occupé de la semaine. Ce jour-là, deux filles donnaient un spectacle de danse et de chant. Tous les clients du bar attendaient ce moment avec impatience. Il était vingt-deux heures trente et le show commençait dans une demi-heure. Scott Bartlett, le propriétaire du bar, s’approcha de Suzie Connelly , la barmaid. - Que fait Molly? lui demanda-t-il, nerveux. La jeune femme sourit malicieusement. - Tu la connais, Scott. Molly prépare une entrée fracassante. Prépare-toi ; ce soir nous faisons sauter les tiroirs caisse! - Je l’espère, dit Scott en se servant un whisky sur glace. Parce que si elle n’arrive pas bientôt, la bande de gars en chaleur, au fond de la salle, va tout casser! - Ne t’inquiète pas, le rassura Suzie en empochant un pourboire de deux dollars. Va te dandiner sur la piste de danse. Ça va te calmer les nerfs. Scott la regarda avec un sourire en coin. -Si je fais ça, Suzie, toi et Molly allez perdrent vos fans! Il éclata de rire. Le jeune propriétaire du bar jeta un coup d’œil à sa montre, inquiet. Vingt-deux heures cinquante. Plus que dix minutes avant le show. Il haussa les épaules, certain d’être dans la merde si Molly n’arrivait pas bientôt. Puis, un roulement de tambour s’éleva dans l’établissement et la musique s’arrêta. Scott vit avec soulagement Suzie grimper sur le bar et empoigner son micro. - Gars et filles de Montréal! cria-t-elle. Voici celle que vous attendiez tous! La plus belle, la plus sexy et la meilleure danseuse d’entre toutes! Molly Dickinson! 15 La jeune femme fit enfin son entrée, au grand soulagement de son patron. Elle était debout sur une planche, portée par quatre serveurs. Les bras croisés sur sa poitrine, les jambes écartées, Molly salua la foule d’un sourire. Tous se mirent à scander son nom. - Molly! Molly! Molly! Les serviteurs de la jeune femme la firent descendre sur le bar et Molly rejoignit Suzie. Elle l’embrassa affectueusement sur la joue et son amie lui tendit le micro. - Vas-y ma belle! dit Suzie. La musique est prête. - Salut! cria Molly en s’éloignant vers le centre du bar. Ce soir, Suzie et moi nous vous avons préparé un spectacle chaud et… sexy! Êtes-vous prêts à avoir chaud? Les clients crièrent leur contentement lorsque les premières notes de la chanson retentirent. - Hey sexy lady! hurlèrent Suzie et Molly avec des cris d’excitation. Molly lança le micro à Scott - qu’il attrapa de justesse et alla se placer dos à dos avec Suzie. Elles se mirent à danser lentement, se trémoussant au rythme du chanteur Shaggy. Plus le rythme devenait sensuel, plus les deux jeunes femmes semblaient s’embraser sur le bar. Au refrain, Scott lança le micro à Molly. - Chante! Elle sourit et chanta tout en dansant. Elles tournèrent sur elles-mêmes, très lentement, sensuellement, tout en effectuant des mouvements du ventre très chauds. Puis, enfin, lorsque les dernières notes de la chanson s’égrainèrent, un tonnerre d’applaudissement retentit autour de Suzie et de Molly. 16
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