Le Christ mort - Page 1 - Christian Reynaud Monteil Le Christ mort Exercitia spiritualia Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris Ŕ 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres Ŕ 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 Ŕ Fax : 01 53 04 90 76 Ŕ mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d‟adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2418-1 Dépôt légal : Décembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire Avertissement ....................................................... 17 Le mystère au grand jour Premier Livre ....................................................... 19 1 Ŕ Le mystère au grand jour ................................ 21 I Ŕ Le peu de Dieu ......................................... II Ŕ « Comme la guérison au bout d‟une lame » ..................................... III Ŕ La fête contemplative de l‟esprit ........... IV Ŕ La perle ................................................. I Ŕ Se connaître soi-même et sortir de soi ..... II Ŕ L‟humble abîme de la Croix ................... III Ŕ L‟élévation de l‟âme au-dessus d‟elle-même ................... IV Ŕ « Je vais vous préparer un lieu » ........... 25 47 55 65 2 Ŕ L‟humble abîme de la Croix ........................... 69 71 81 89 97 3 Ŕ Solitude, silence, simplicité ............................ 105 9 Dieu vivant dans un corps ridicule Deuxième Livre .................................................... 121 I Ŕ Déchirure .................................................. II Ŕ Rencontre ................................................ III Ŕ Composer ............................................... IV Ŕ Connaissance de soi ............................... V Ŕ Le corps invisible .................................... VI Ŕ Le Christ mort ....................................... VII Ŕ Dieu vivant dans un corps ridicule ....... VIII Ŕ L‟ascèse de la « folie » ....................... IX Ŕ Les trois dispositions du cœur ............... X Ŕ Au Christ inconnu ................................... XI Ŕ Le Christ Verbe ..................................... XII Ŕ Christ est ressuscité ! ............................ Épilogue Ŕ Nudité et humilité ........................ 125 129 133 137 141 145 149 161 165 171 175 179 185 La douce ténèbre Troisième Livre .................................................... 189 I Ŕ À Saint-Julien-le-Pauvre .......................... II Ŕ L‟esprit de nudité .................................... III Ŕ Détachement de la conscience égoïste ... IV Ŕ La douce ténèbre ................................... V Ŕ L‟amour terrible ...................................... VI Ŕ À la sœur et au frère inconnus ............... 191 199 203 207 211 215 Vide cor tuum Quatrième Livre ................................................... 221 I Ŕ « Glisse ! Barque funèbre… » .................. 225 II Ŕ L‟ascèse du vide ...................................... 231 10 III Ŕ Le corps ouvert ...................................... IV Ŕ Le vol de l‟ange au-dessus de l‟abîme .. V Ŕ La résurrection ........................................ VI Ŕ « Comme ceux qui sont morts pour toujours » ....................... VII Ŕ « Vide cor tuum » ................................ 237 245 251 255 259 Références bibliographiques ................................ 267 11 Il m’a placé dans des lieux ténébreux comme ceux qui sont morts pour toujours. Jérémie Celui qui a trouvé, au fond de son propre mal, un manque, – au fond de sa faute, un alibi libérateur, le désir d’autre chose que cela, la « déchirante pureté », celui-là goûte la mort d’amour divine, qui perce le cœur ; par son excès même ; dans une surgie hors du « moi ». Louis Massignon Mais le pire qu’on peut faire quand on a mal, ce serait de regretter de s’être engagé dans l’amour ; ce serait comme souhaiter de ne jamais avoir vécu. Verena Poncet 15 Avertissement CES PAGES PEUVENT être lues en conservant à l’esprit qu’elles furent écrites dans la fidélité à l’antique tradition des exercices spirituels, c’est-àdire essentiellement aux fins privées d’aider à la transformation de mon propre regard et à la conversion de mon cœur, par la méditation discursive, l’imagination, la poésie et la mystérieuse opération de l’écriture même. Je dois en particulier à l’influence de la lecture des livres de Pierre Hadot d’avoir pris conscience de la valeur à la fois spirituelle et littéraire de tels exercices ; la connotation actuelle qui teinte ce dernier mot, ne doit pas nous faire oublier qu’ils sont d’abord plaisir et joie de chaque jour, amusement aussi, dans le sens où, comme le rappelle Pierre Hadot dans son essai Le Voile d‟Isis, le jeu s’associe depuis des temps très reculés au désir de l’homme de périodiquement recréer le monde, par le rite ou le rythme du chant et de l’écriture. J’ai préféré, justement, laisser à ces pages leur rythme naturel, la respiration qui était la leur au moment où je les écrivais – d’où leur caractère nonlinéaire et répétitif – dans le souci quotidien de descendre au fond de moi-même, vers le cœur de mon cœur, mais aussi de laisser advenir, de ce fond même 17 qui est essentiellement ouverture, « déclosion », ce qui désirait se mêler à la lumière du jour, et dans mon regard se transformer en le transformant, dans la manière qui est la sienne de recevoir et de se poser sur le monde. Le lecteur trouvera en notes de nombreuses citations. Elles reflètent une certaine conception de l’écriture, comme dialogue ininterrompu, non point tant avec des textes qu’avec des femmes et des hommes qui ont écrit, et dont la vie spirituelle se poursuit audelà de la mort, avec une subtilité et une puissance de développement qu’elles ne connaissaient pas de leur vivant – comme si la mort ne nous enveloppait si intimement dans ses voiles qu’aux fins que notre esprit s’y épanouisse plus librement. Mises en perspective plutôt qu’en notes, les citations, comme un reflet dans le miroir de l’eau, sont très librement inspirées par le cours naturel de l’écriture ; telle une peau mouvante, capricieuse et imagée, elles enveloppent ces pages pour capter l’univers autant que les sources qui murmurent dans le corps du texte. Comme une sorte de masque, elles sont un médiateur1 entre la parole intime et la parole du monde. 1 « [Le masque] serait-il le médiateur le plus simple entre moi et le monde […] ? La réalité, comme toujours, est beaucoup plus complexe, et l‟on risquerait fort de se tromper en restreignant le rôle du masque à celui de médiateur entre le profane, toujours moi, et le sacré, toujours le reste. Car si je porte le masque du démon ou du Dieu, ou plus exactement le masque du Tout, […] c‟est que le moi masqué, non seulement habite le dieu mais est habité par lui. Ceci revient à dire que le Tout masqué se montrerait tout simplement à moi sous l‟aspect de ma propre image. » André Virel. 18 L’art nous apprend que ce qui est le plus mystérieux, ce qui est le plus secret, c’est précisément ce qui est au grand jour, le visible, plus exactement le mouvement par lequel la nature se rend visible. Pierre Hadot 23 I Le peu de Dieu ABANDONNE TOUTE IDEE de puissance. La vraie puissance est dans cette nudité. Délivre-toi, en particulier, du désir de la puissance virile. Homme ou femme, nous sommes nus dans l‟amour, et le désir de la puissance virile détourne du vrai désir et de la vraie puissance d‟aimer et d‟être aimé. Il n‟y a plus d‟homme ni de femme dans l‟amour. le Dieu proche et intime Accueille le Dieu proche et intime, le Dieu intérieur. Il est douceur et paix dans le cœur. Prends garde que le Très-Haut et le Tout-Puissant n‟exaltent en toi un désir qui n‟est pas le désir de Dieu, mais le désir du très-haut et du tout-puissant ; celui-ci est écrasant et destructeur ; il coupe l‟homme du réel, tandis que le Dieu intérieur l‟enracine dans le réel, dans tout le réel. Le Très-Haut et le Tout-Puissant n‟écrasent pas le cœur touché par la toute-douceur du Dieu intérieur ; 25
Le Christ mort - Page 1
Le Christ mort - Page 2
wobook