Vanité des vanités... - Page 1 - test 3 Vanité des vanités… … tout est vanité 5 Jean Sousselier Vanité des vanités… … tout est vanité Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2215-6 Dépôt légal : Décembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 7 Sommaire Prologue................................................................. 11 Enfance.................................................................. 15 Adolescence........................................................... 45 Etudiant ................................................................. 71 Service militaire .................................................... 99 IBM : Institut de Calcul Scientifique (Octobre 1962-Décembre 1967)............................ 133 IBM : Ingénieur Commercial (1968-1969) ........... 155 Valses dans Paris (1963-1969).............................. 165 Ingénieur-Conseil (1970-1971)............................. 185 STATIRO : 1ère époque (1972-1980) .................... 203 GFI (1980-1985).................................................... 235 STATIRO : Le retour (1986-1998) ....................... 259 J.S.C. (1998-201…)............................................... 305 Epilogue................................................................. 325 9 « A MT, et à tous ceux qui m’ont fait confiance. Ils se reconnaîtront facilement. » Jean Sousselier 11 Prologue Voilà , j’arrive au bout du chemin. Bien sûr, il me reste encore dix ans à vivre, peut-être vingt ou trente. Mais l’essentiel est fait, des joies et des peines, des projets et des combats : j’ai gravi la montagne, franchi le col, maintenant il suffit de descendre doucement ; le futur est une plaine morne et silencieuse qui s’étend devant moi. J’ai l’âge où l’on ne peut plus façonner la glaise de l’avenir, mais où l’on prend son passé dans ses mains tremblantes pour le tourner et retourner avec soin, comme un objet fragile et précieux : et pour ne pas le perdre, quand la mémoire s’éloigne à l’horizon, il faut faire comme les notaires : acter sur le papier ce qui ne pourra plus être oublié. Il ne s’agit pas d’écrire une autobiographie : quelle prétention que de penser qu’on doive et qu’on puisse le faire ! Il ne s’agit que d’évoquer de ci, de là , des moments ou des êtres présents dans ma mémoire, et qui rencontreront peut-être un lecteur pensif. Et de témoigner d’une vie particulière, sans être exceptionnelle, plongée dans une époque qui vit le monde changer comme jamais auparavant. 12 Pour commencer, il faut un titre. Hélas, ils sont tous pris ! Les mots ont trop servi, et les belles formules sont rares : « Mémoires d’outre-tombe », chapeau bas devant le génie. « Les mémoires d’un âne », c’était bien, quelques écrivains auraient certes pu l’utiliser, si une malicieuse Comtesse ne se l’était approprié. Confessions, souvenirs, mémoires, journal, chronique, voire essais, ont été mis à toutes les sauces. Les auteurs paresseux vont alors piller les poètes, qui sont les vrais maîtres de la langue. « Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? » : nul besoin de payer des droits d’auteur au pauvre Verlaine. On peut contourner la difficulté en choisissant un titre n’ayant pas de rapport évident avec l’œuvre : « Voyage au bout de la nuit », « L’enfant » : mais génial ne puis, banal ne daigne, allons donc chercher de l’aide auprès de l’Ecclésiaste ; « Vanité des vanités, tout n’est que vanité ». Oh, oh, se dit le lecteur critique, comme cela on va se réfugier dans les jupes de la Bible, voilà qui n’est guère courageux ni honnête ! Eh oui, répond l’auteur, d’abord ce n’est pas un mauvais choix quand on se remémore sa vie ; et puis, pour le passant qui jette un regard distrait sur la couverture, découvrir ce titre est comme recevoir de l’eau fraîche pour le voyageur dans le désert. On peut bien voler les riches, si c’est pour donner aux pauvres ! J’ai peut-être emprunté le titre, en revanche tout le reste est authentique, croix de bois, croix de fer ! Décousu peut-être, creux, inepte, tout ce que vous voudrez, mais authentique, çà je le revendique. Authentique mais partiel, par respect pour un certain nombre de personnes. Alors commençons ces pages incomplètes, issues de lambeaux de mémoire, et prenant forme au hasard d’une émotion ancienne. Leur ambition est de témoigner d’une époque qui a 13 connu d’incroyables bouleversements, tant sur le plan technique que sur le plan des mœurs. Un mot encore, pour répondre aux critiques que j’entends déjà : j’ai décrit souvent dans ces pages de médiocres vilénies dont je me suis rendu coupable, on me taxera donc facilement de mièvrerie, de petitesse, de ridicule complaisance. Mais que me reprochera-t-on là ? il n’est pas donné à tout le monde d’être Landru. Et si j’ai semé dans ma vie les mauvaises herbes de basses vétilles, tout un chacun en a fait autant, y compris toi, hypocrite lecteur, comme disait Baudelaire. Et pourquoi ne pas en parler ? Il n’est jamais bon de glisser la poussière sous le paillasson, et il ne faut pas méconnaître l’importance de ces petites turpitudes, qui salissent irrémédiablement le blanc manteau de votre vie, qui agissent comme un venin dans votre sang. Et puis à notre époque où chacun revendique ses droits, réels ou supposés, sans penser à ses devoirs, où il est de bon ton d’étaler complaisamment ses petites blessures, sans penser au mal qu’on a pu faire à son prochain, il me plaît assez d’être à contre-courant. Et qu’on ne s’y trompe pas : il n’y a chez moi aucun désir d’abaissement, cela n’a jamais été dans ma nature, ni aucune soumission à une religion, ce serait contraire à mes convictions. Il s’agit simplement de dire : « attention, méfies-toi, le mal que tu veux faire à un autre, c’est aussi à toi que tu le feras ». Comme disait ma grand-mère : « Quand on crache en l’air, çà vous retombe dessus ». 15 Enfance Premier pas Je naquis à Metz, le 15 Janvier 1937, au hasard d’une garnison : mon père y était capitaine d’artillerie. Voilà deux points communs avec Verlaine, que je ne suis pas peu fier de souligner ! Le métier des armes était une tradition familiale du côté paternel : mon grand-père était général pendant la guerre de 14-18, auparavant il avait été en Chine au début du siècle, comme capitaine, pendant la révolte des boxers. Je m’étonne du reste qu’il ne soit pas nommément cité dans le film : « Les 55 jours de Pékin » ! En tous cas, il raconta à son retour comment il avait galopé à cheval, à trois de front, sur la grande muraille. Plus tard, il participa à la campagne du Maroc avec Lyautey. Il avait donc fait une carrière tout à fait honorable, et pourtant, il était, d’après la rumeur familiale, tout à fait effacé devant sa femme. Quant à mes deux arrières-grands-pères, (côté paternel), ils étaient aussi généraux, et s’étaient couverts de gloire pendant la guerre de 1870. Du côté de ma mère, les choses étaient plus 16 simples : ma grand-mère maternelle, qui était Corse, n’était pas mariée quand elle tomba enceinte, le père ayant disparu (enfui ?, tué en 1915 ?), elle vint donc accoucher à Alger. Elle avait une sœur, qui était institutrice à Oran, et elle lui abandonna tout simplement ma mère. Ma grand-tante éleva ainsi, toute seule, ma mère à Oran. En 1934, elle fut nommée en France, à Haguenau, c’est là où ma mère fit la connaissance de mon père. Je n’ai aucun souvenir de mes deux premières années, sauf l’image d’une cage d’escalier, avec un ascenseur, première photo de mon album cérébral. L’approche de la guerre nous obligea à quitter cette ville à l’été 1939, et à nous replier vers des lieux moins exposés. Nous arrivâmes à Tours pour emménager dans une petite maison avec jardin, située 98 rue d’Entraygues : nous y sommes restés pendant toute la guerre, et même au-delà , jusqu’en 1948. Nous avions fait ce voyage dans la voiture de mes parents : une superbe Renault Primasport, dont je revois les coussins beiges (deuxième photo de l’album). Nous étions quatre : ma mère, Mané (la tante de ma mère), Marie-Thérèse (ma sœur aînée) et moi. Mon père était avec son unité quelque part en France. Il y avait aussi notre chien, un bon gros berger appelé Chelem, qui acceptait sans grogner que je grimpe sur son dos (troisième photo). La maison comprenait au rez-de-chaussée un salon, une salle à manger et une cuisine donnant sur le jardin. Au premier étage, il y avait la chambre de ma mère, celle de Mané, et une salle de bains, et au deuxième étage la chambre de Georgette (la bonne) et
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