Noé, tu nous mènes en bateau ? - Page 1 - test Du même auteur : La case aux gris-gris (Edition « Fleur de Lys ») Dieu et moi (Editions Edilivre) L’abeillon aux yeux rouges (Editions Edilivre) Insolites 1 (Editions Edilivre) Insolites 2 (Editions Edilivre) Insolites 3 (Editions Edilivre) Insolites 4 (Editions Edilivre) Bizarre ! Vous avez dit Bizarre ? (Editions Edilivre) Demandez Macao dernière ! (Editions Edilivre) Nouvelles à dormir debout (Editions Edilivre) 4 Claude Auber Noé, tu nous mènes en bateau ? La véritable histoire du Déluge Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1286-7 Dépôt légal : Mai 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 « Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations : Judas, par exemple, avait des amis irréprochables. » Paul Verlaine 9 Remerciements Je remercie très sincèrement Edilivre, des Editions APARIS, l'un des rares éditeurs qui défende la littérature francophone d'une manière concrète et désintéressée en offrant aux auteurs, en mal d'édition, une alternative. L’auteur. 13 Préface Le temps est venu de sortir de l’oubli un homme sans lequel vous ne seriez pas là pour me lire ; ce qui, avouez-le, aurait été dommage ! Ne vous laissez plus abuser ! Ceci est la véritable histoire de Noah, racontée par lui-même. Pour des raisons de commodités le Seigneur s’appelle Yahvé mais il pourrait, tout aussi bien, se nommer Dieu ou pourquoi pas Allah. A quelques variantes près, l’histoire aurait été sensiblement la même ; ce qui tend à prouver que les évènements de la plupart des religions ont une origine commune et que ce sont les hommes qui en modifient le cours, ceci à des fins d’hégémonie. 15 Une amphore à la mer Saly était encore, il n’y a pas si longtemps, la perle de la petite côte sénégalaise. Les choses ont bien changé depuis avec la venue des « Tours Imperators », champions du tourisme de masse. Les prix ont flambé, la mentalité des Autochtones s’est dégradée et la pollution s’est installée dans ce petit coin d’Afrique. Cette région, qui était une des plus poissonneuses de la côte africaine, a vu son potentiel amoindri avec la venue des chalutiers soviétiques, qui ont drainé les fonds marins, sans discernement. Selon un rite immuable, Francis et moi, avions embarqué sur la pirogue à moteur de Mamadou pour la traditionnelle pêche du matin. En général nous débutons par la traîne et quand le « gros » nous boude, nous nous consolons avec une partie de palangrotte dans des coins connus du seul Mamadou et où, nous sommes sûrs de ne pas rentrer bredouilles. Ce jour là , nous avions sorti une douzaine de bonites et Mamadou avait mis le cap sur le « Royam », un complexe hôtelier voisin de notre lotissement. J’avais laissé ma canne de traîne en 17 action de pêche quand, juste avant d’aborder sur la plage, le fil s’était brusquement tendu. Mamadou avait stoppé le moteur ; j’avais saisi ma canne, ferré et rembobiné le nylon sur le tambour du moulinet quant, à quelques encablures de la pirogue, nous avions aperçu la bête. C’était un poisson de forte taille qui, étrangement, se dirigeait vers la pirogue comme s’il avait eu l’intention de jouer les kamikazes. Mamadou avait harponné et hissé notre prise à bord ; à vue d’œil, elle devait faire une bonne trentaine de kilogrammes. Cet étrange poisson de couleur blanchâtre, avait le corps et la tête recouverts d’une multitude de minuscules petits points rouges qui, après un examen plus attentif, s’avéraient être des petites croix rouges. Mamadou, qui en avait vu d’autres, semblait médusé par cette étrange bestiole inconnue dans le pays ; les autres pêcheurs, ameutés par notre piroguier, avaient confirmé ne jamais avoir vu un tel poisson et l’on avait commencé à palabrer en évoquant la « Mamie Wata ». Habituellement nous abandonnons notre pêche à Mamadou, mais ce jour là , j’avais décidé de ramener ma prise à la case pour la prendre en photo ; le piroguier avait paru soulagé car ce poisson ne lui disait rien qui vaille. Moyennant un solide pourboire, le gardien de nuit du « Royam » m’avait aidé à transporter le poisson jusqu’à la maison ; au passage on s’était arrêté chez un commerçant du coin pour peser ma prise qui accusait 32 kilos. Madeleine, ma femme, et Fatoumata, la cuisinière sénégalaise, étaient absentes. Seul le gardien, accroupi et assoupi était là pour m’accueillir par ses ronflements ; il était heureux que la lance à laquelle il était solidaire repose à terre car cela l’empêchait de s’écrouler sur le sol. 18 Le « cerbère » s’était enfin réveillé et m’avait appris que les femmes étaient parties à M’Bour dévaliser les échoppes de pagnes ; pour se faire pardonner d’avoir été surpris en flagrant délit de sommeil, il avait accepté de préparer le poisson. Avant que Mamadou bis 1 n’attaque ma victime, j’avais pris des tas de clichés avec mon appareil numérique ; on y voyait notamment les mystérieuses petites croix rouges et une énorme excroissance au niveau du ventre. Alors que je sirotais un « lait de panthère 2 » on the rocks, le gardien était apparu tenant un étrange objet sanguinolent entre les mains ; cela ressemblait vaguement à une amphore de forme très allongée, dont l’embouchure était recouverte par une sorte de cire vernissée de couleur jaune, squattée par une foule de petits coquillages. Je ne savais pas trop quoi faire de cette chose découverte par le gardien, dans les entrailles du poisson, car j’ignorais si elle présentait un quelconque intérêt archéologique. La tentation avait été la plus forte et sous la pellicule de cire j’avais trouvé un bouchon de forme conique, que je n’avais pu extraire du col de l’amphore. A l’aide de mon opinel, j’avais attaqué le liège avec d’infinies précautions et au bout d’une dizaine de minutes, je me retrouvai en possession de vingt et un papyrus recouverts d’une écriture fine et serrée. J’avais immédiatement scanné ces vestiges du passé sur mon ordinateur et sécurisé ceux-ci sur ma clé « USB ». 1 Au Sénégal le Mamadou ça pullule comme le Cohen d’Israël ou le Martin de France. 2 Lait de panthère : pastis en surdose. 19 Madeleine n’étant pas encore rentrée de sa vadrouille, j’avais fait un saut chez les Huet pour leur raconter mon étrange découverte et par la même occasion me faire inviter à déjeuner. Francis était sous la douche et c’est Mitou, sa femme, qui m’avait reçu. Super sympa la Mitou, mais un caractère pas toujours facile ! J’envie un tout petit peu Francis car il va tout droit vers la canonisation. Enfin ! Il faut savoir se montrer magnanime car cette accorte amie est un excellent cordon bleu. Trêve de plaisanterie ! Mitou et Francis avaient été aussi intrigués que moi par cette trouvaille. L’après-midi, j’avais transféré les photos du poisson et de l’amphore sur mon ordinateur. Enfin, j’avais expédié le tout en pièce jointe sur un mail, adressé à une vieille copine, spécialiste des langues mortes. J’avais reçu une réponse de mon amie le soir même, qui en termes dithyrambiques, qualifiait mon invention comme étant la chose la plus importante du siècle ; elle me promettait des révélations sensationnelles dans les jours à venir et me demandait de mettre les précieuses reliques en sécurité. Il était déjà trop tard pour sauvegarder mes papyrus car l’abruti de gardien s’en était servi pour envelopper le poisson-messager ; au contact de l’humidité les lettres s’étaient proprement délavées, rendant le document illisible. Je maudissais ma négligence et je n’avais pas osé avertir mon amie de cette catastrophe. Le lendemain matin, j’avais toujours le moral en berne mais la prise d’un joli barracuda m’avait mis un peu de baume au cœur. Cinq jours plus tard, un mail d’Irène Bells, mon amie du CNRS, m’apportait des précisions qui dépassaient l’entendement : les écrits, un mélange 20
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