Qui êtes-vous... Monsieur Brel ? - Page 1 - Michel Ribeiro Qui êtes-vous… Monsieur Brel ? Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2010 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2359-7 Dépôt légal : Janvier 2010 © Edilivre Éditions APARIS, 2010 6 Et pourtant l’Espoir fleurissait Dans les rêves qui montaient aux yeux Des quelques ceux qui refusaient De ramper jusqu’à la vieillesse… – Jaurès – J. Brel 9 AVANT-PROPOS Pourquoi ce livre ? Jusqu’en Février 1982, j’organisai quelques conférences-débats sur le thème : « A la redécouverte de la Liberté Spirituelle à travers la dualité du langage ». J’illustrai mes propos de deux textes de J. Brel, – Sur la Place – et – Quand on a que l’Amour –. Et c’est lors de ma dernière proposition de ce thème au public lyonnais, que plusieurs personnes vinrent me faire part de ce qu’elles pensaient de mon « interprétation » de ces textes, disant : « C’est très intéressant ce que vous dites sur ces poèmes, vous devriez peut-être continuer sur cette voie ». Ces paroles me firent réfléchir d’autant plus que je me rendis compte des difficultés à organiser des rencontres sur mon propre sujet. D’autre part, « travailler » sur l’œuvre de J. Brel, ne m’apparut pas irréalisable. J’en connaissais une bonne partie et surtout, j’en avais déjà positivement tenté, sur une dizaine de textes, l’approche spiritualo-dualiste. Seulement, on conviendra aisément, que l’on ne 11 « s’attaque » à l’œuvre d’un tel homme, qu’avec le maximum (en soi) de certitudes. Je mis quelques mois pour me décider et les raisons qui m’y poussèrent furent celles-ci. Les difficultés rencontrées pour organiser mes conférences sur la spiritualité dualiste étaient doubles. Comment captiver l’intérêt du public, et surtout qu’en resterait-il un mois plus tard ? Il me fallait donc un « support », et c’est J. Brel qui me le fournit. Une première fois en me « révélant » (par la lecture d’articles de presse) que lui-même s’était appuyé sur la célébrité de chanteurs comme Philippe Clay ou Juliette Gréco par exemple, en passant comme première partie de leurs tours de chants. Ce faisant, il touchait à ce titre 1.000/2.000 personnes chaque soir. Lorsque j’eus compris cela, je tins le raisonnement suivant : Ceux qui assisteraient dorénavant à mes conférences ne viendraient pas pour moi, mais pour entendre ce que j’avais à dire sur l’œuvre de celui qu’ils aiment. Ce qui suppose qu’ils possèdent tout ou partie de celle-ci et qu’ils la réécoutent de temps à autre. Je pouvais ainsi espérer que l’on oublie moins mes propos, que l’on soit pour ou contre. C’est en juillet 1982 que je décidai de me mettre au travail, c’est à dire, étudier plus de 200 textes qu’il nous a laissés. Et le 8 octobre de cette même année, date (presque) anniversaire de sa « mort » (une manière à moi de lui dire « Ça continue ! »), je proposai aux lyonnais le nouveau thème de mes réflexions : 12 QUI ETES-VOUS MONSIEUR BREL ? Que cherchez-vous à nous dire ? Etes-vous vraiment ce Chevalier de l’Impossible que vous avez si magistralement interprété en DON QUICHOTTE ? Peut-on vous croire, lorsque vous nous dites… DITES, ET SI C’ETAIT VRAI ? Connaissez-vous cet HOMME DANS LA CITEE ? Serait-ce cette Flamme de SUR LA PLACE ? OUI ? Alors, quittons LES SINGES, fuyons LA PARLOTE, et en suivant ce Guide des PRENOMS DE PARIS, nous garderons l’Espoir de VIVRE DEBOUT ! Heureusement pour nous, vous NE NOUS QUITTEZ PAS et grâce à vous, je sais que QUAND ON A QUE L’AMOUR… « nous avons dans nos mains, AMIS, le monde entier ». Cette première allait être suivie de nombreuses autres « manifestations » dans différentes villes de France comme Saint Etienne, Vienne, Valence, Roanne, Bourg en Bresse, Tournus et bien d’autres encore. Ceci jusqu’au 4 Février 1984 où j’organisai à Villeurbanne (banlieue de Lyon), un Forum d’une journée sur le même thème, avec, en prime : les films FRANZ et FAR-WEST réalisés et interprétés par J. Brel, la soirée se terminant en chansons avec la collaboration de Jean-Marc Le Bihan, lui-même auteur, chanteur de rues lyonnais, qui accepta par amitié pour J. Brel et pour moi-même, la dure tâche de « chanter Brel » devant près de 500 personnes. Ce forum était précédé de 3 jours d’expositions des toiles de J.P. Couprie et de Berjac, contant à leurs manières l’œuvre du Poète. 13 Beaucoup de choses se sont faites sur et autour du nom de J. Brel. Livres, films, rétrospectives, télé, peintures, conférences, etc. se sont succédés depuis son départ avec plus ou moins de bonheur. Mais tous ces essais n’ont « expliqué », « montré », que la forme microcosmique de l’œuvre ou de l’homme. Rien, à ma connaissance, n’a été fait sur le fond macrocosmique de cette même œuvre, de ce même Homme. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de faire ce livre. Mais la principale est celle-ci. Pendant plus d’un an, j’ai cherché, par le biais de conférences débats, à dévoiler au public le sens macrocosmique de l’œuvre, qui, du même coup, transcendait l’Homme Brel. Le temps passant, je me rendais compte que, présenter une dizaine de textes, toujours les mêmes (choisis pour leurs « apparentes » facilités à cette « compréhension » macrocosmique), face trop souvent, à un public restreint, m’entraînait peu à peu vers la routine et la « facilité », car même en changeant de textes, je sentais que le même phénomène se reproduirait inexorablement au bout d’un certain temps. A cause de cela, j’ai donc décidé d’arrêter et de n’y revenir que si j’y étais invité. Je n’affirme pas avoir raison, mais, comme J. Brel, je vous pose cette question : « Dites, et si c’était vrai ? » Je vous laisse la réponse. 14 PROLOGUE Qu’est-ce que le dualisme ? Le dictionnaire nous en donne la définition suivante : « Tout système qui admet la coexistence de deux principes opposés et irréductibles » Nous pouvons dire que cette définition est juste, mais incomplète. Car cette coexistence engendre l’idée, en cas de face à face, de la disparition de l’un ou de l’autre de ces principes. Exemple : La Paix et la Guerre, le Bien et le Mal. Ces principes coexistent bien ensemble, mais l’un de ces opposés cherchera à supplanter l’autre. La Paix refusera de faire la Guerre, comme le Bien refuse de faire le Mal. Dans ce cas, l’un de ces principes refuse d’engendrer l’autre. Mais s’il ne fait rien pour l’autre, il ne fait rien contre. Observons maintenant l’autre face à face ; La Guerre et la Paix, le Mal et le Bien. La Guerre refuse de faire la Paix, comme le Mal refuse de faire le Bien. De nouveau nous retrouvons 15 ce refus d’engendrer l’autre. Mais s’il ne fait rien pour l’autre, il fait tout contre. Nous pouvons dire que dans le dualisme présent, l’un de ces principes laisse l’autre s’exprimer totalement et sans aucune restriction. Le second, au contraire, ne laisse jamais l’autre s’exprimer et fait tout, pour l’empêcher d’exister, tout pour le détruire. Ce dualisme se retrouve de la même manière en l’homme, par sa manifestation intérieure du Spirituel et du sensible. C’est l’invisible du visible, le macrocosme du microcosme ou le divin de l’humain. Mais là , nous ne pouvons pas parler de véritable dualisme, car il entre en la personne, un troisième principe ou intermédiaire – Le Libre Arbitre – qui engendre la possibilité qui nous est donné de faire un choix. Ce choix n’existant, dans les principes cités plus haut, que de part la présence de l’homme sur cette terre. Son libre arbitre agissant alors sur eux comme moyen positif ou négatif. Prenons un exemple : L’Eau et le Feu. Ces deux principes coexistent mais sont irréductiblement opposés. Pourtant, en se servant du 3e Principe ou Intermédiaire (une casserole ou une bouilloire), c’est à dire, en mettant l’eau dans une bouilloire suspendue au dessus du feu, nous créons de l’énergie (vapeur). Mais tout cela réclame de la vigilance. Si l’eau déborde, le feu s’éteint et son énergie est perdue. Et si la chaleur est trop forte, l’eau s’évapore. Il ressort donc de cet exemple, qu’il est possible de se servir de cette dualité, même si l’eau et le feu sont, à mes yeux, éléments de Vie plus que principes de Vie. Car c’est bien le principe qui donne Vie à l’élément, pas le contraire. En fait, sans ce 3e Principe 16 ou Intermédiaire, rien ne serait possible à l’homme qui serait sans conscience propre. Passons maintenant à la dualité du langage. Ma propre définition sera : « Système qui dévoile la coexistence de deux interprétations simultanées du langage, écrit ou parlé ». Avant d’entrer plus longuement dans cette étude du langage macro et microcosmique, je rappellerai à nos mémoires, un homme, qui à mon sens pratiquait très bien cette dualité, même si, de prime abord le principe macrocosmique n’apparaît point. Il s’agissait de Jean de Lafontaine qui, afin de pouvoir critiquer par écrit, librement, la société de son époque, en cachait le sens véritable en faisant agir les animaux à la place des hommes. Nous savons que le lion représentait le roi, le loup, le renard et d’autres encore, la noblesse à tous ses niveaux, l’âne, le coq ou le mouton étant l’image du peuple. Ainsi donc, La Fontaine créait dans l’univers Microcosmique de l’époque, une forme (non le fond) de macrocosme. La dualité du langage est donc le fait, que chaque fois que nous pensons, parlons ou écrivons, nous « émettons » sur deux plans simultanés. C’est à dire que les paroles, les écrits ou les pensées, les faits de l’humain, envoient leurs ondes dans tout l’univers, et 95 % de l’humanité la pratique inconsciemment. A quoi peut donc bien servir La connaissance de cette dualité du langage ? Cette connaissance offre, à celui qui la recherche, la comprend et la pratique, la réelle possibilité de faire agir son libre arbitre dans le choix de l’un ou de l’autre des Principes en présence. Exemple : Chaque jour, nous sommes plus ou moins amenés à faire un choix entre les différentes 17
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