Les écoles d'ingénieurs - Page 1 - test HORS-SÉRIE 250 écoles en fiches les écoles d’ingénieurs Les prépas Les études Les débouchés Les concours LES ÉCOLES D’INGÉNIEURS LE DIPLÔME D’INGÉNIEUR est un label officiel, délivré uniquement par les écoles qui ont reçu l’avis favorable de la Commission des titres d’ingénieur (CTI). Elles sont environ 250 dans ce cas. Alors, comment choisir ? Plusieurs possibilités s’offrent à vous : – accéder directement à une école après le bac ; – passer par une classe prépa ; – préparer auparavant un diplôme de niveau bac + 2 ou plus. Pour éclairer votre choix, vous trouverez dans ce dossier, toutes les informations sur : > le métier d’ingénieur et la situation de l’emploi ; > les études en école d’ingénieurs ; > les différentes façons d’y entrer, avec un point fort sur les classes préparatoires. Toutes les écoles sont ensuite répertoriées, avec pour chacune d’elles une fiche contenant son adresse, son statut (public, privé…), le nom et les spécialités du diplôme, les conditions d’admission, des informations sur l’international, l’apprentissage, les débouchés, le salaire… Pour faciliter la consultation de ces fiches, trois outils sont à votre disposition : – le mode d’emploi de ces fiches (page 49) ; – un tableau récapitulant les différents niveaux d’admission (page 245) ; – un classement de ces écoles par spécialités (page 250). ÉDITIONS FABRICATION PUBLICITÉ Ministère de l’Éducation nationale, Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Office national d’information sur les enseignements et les professions 12 mail Barthélemy Thimonnier, Lognes 77437 Marne-la-Vallée Cedex 2 Publication de l’ONISEP Copyright : novembre 2008 Directeur de la publication : Hervé de Monts de Savasse Directeur adjoint : Alain Taupin Directrice du département : Marion MartinSuhamy Adjointe à la directrice du département : Aline Duvicq Chargée d’édition : Élisabeth Delaunay Rédaction : Christine Aubrée, Françoise Martin Relecture : Valérie Doineau RESSOURCES DOCUMENTAIRES Directrice du département : Catherine Méric Documentation : Patricia Bru, Arlette Deroche, Hélène Ferron, Gilles Foubert, Sophie Grassin, Pascale Guellier, Mireille Reynier, Hervé Tabarly, avec la participation des délégations régionales de l’Onisep Ingénierie documentaire : Cécile Blanchet, Catherine Tolla Directrice du département : Marie-Christine Jugeau Conception maquette : JFDCOM Conception graphique couverture : SEPEG Photos de couverture, copyright : BSIP/INGRAM Conception fiches : Studio ONISEP : Corinne Dastot, Évelyne Delzescaux, Nadyne Lemonnier-Malvezin, Isabelle Sénéchal Réalisation fiches : STDI Iconographie : Brigitte Gilles de la Londe DIFFUSION Directeur du département : Philippe Gille ONISEP VPC, 12 mail Barthélemy Thimonnier, Lognes, 77437 Marne-la-Vallée Cedex 2 Internet : onisep.fr/lalibrairie Relations clients : 01 64 80 35 00 Diffusion distribution Belin : 500627 IDÉEPOLE, 4 avenue Hoche, 75008 Paris Tél. : 01 42 12 70 80 - Fax : 01 42 12 71 81 Directeur de publicité : Thierry Lestrehan Assistante de publicité : Tamara Lecerf Plan de classement Onisep : STI 04 00 00 Le kiosque : Enseignement supérieur Code de diffusion ONISEP : 900627 ISSN : 1284-0022X ISBN : 978-2-273-00627-9 Photogravure-flashage : SCEI (Ivry-France) Imprimé en/printed in France par/by : Roto Aisne SN Dépôt légal : novembre 2008 Reproduction, même partielle, interdite sans accord préalable de l’ONISEP . onisep.fr Les écoles d’ingénieurs 2008 I 1 LES ÉCOLES Sommaire D’INGÉNIEURS LE MÉTIER Ingénieur, l’homme à tout faire .......................6 Heureux les ingénieurs ! ......................................8 Infos + Chiffres et témoignages.........................10 LES ÉTUDES Les écoles, une question de choix ........................16 Au programme ........................................................ 18 L’apprentissage ...................................................... 20 L’international ........................................................ 21 La recherche .......................................................... 22 Infos + Diplôme, mode d’emploi ............................. 23 L’ADMISSION Entrer dans une école, à chacun son chemin .........................28 Les années prépas ............................................. 30 Classes prépas, les différentes voies .................. 32 Voie MPSI, 34 Voie PCSI, 35 Voie PTSI, 36 Voie PSI, 37 Voie BCPST-Véto, 38 Voie TSI, 39 Voie TPC, 40 Voie TB, 41 Prépas ATS et post-BTS-BTSA-DUT, 42 Cycles préparatoires, une autre voie ................... 43 2 I Les écoles d’ingénieurs 2008 onisep.fr LES CONCOURS Sélection, un langage à décrypter .............................................................49 La sélection après le bac .............................................................. 50 Les concours communs après le bac Concours ENI, 50 Concours GEIPI, 50 Concours INSA, 51 Sélection UT, 52 Sélection FESIC, 52 Concours ESIEE, 53 Les cycles préparatoires En école, 53 À l’université, 55 En lycée, 57 Les concours communs après prépa .............................................. 59 Banque de note Agro-Véto, 59 Banque d’épreuves filière PT, 60 Banque d’épreuves G2E, 63 Concours Centrale-Supélec, 63 Concours Mines-Ponts, 66 Concours Travaux publics, 66 Concours Écoles des mines, 67 Concours communs polytechniques (CCP), 68 Concours e3a, 70 Concours Télécom-INT, 71 Concours ATS, 73 Concours X-ESPCI, X-ENS Cachan, 74 Les admissions parallèles ............................................................. 76 Concours commun ENI en 3e année, 76 Concours commun INSA en 3e année, 76 Concours commun B ENSA, 77 Concours commun B ENITA, 77 Concours national sciences et technologies, 77 Concours réseau Polytech, 78 Banque d’épreuves DUT/BTS, 78 Concours commun C ENSA, 78 Concours C ENITA, 79 Concours commun C2 ENSA-ENITA, 79 Sélection UT, 80 Intergroupe des écoles centrales, 80 Concours international EG@, 80 LES ÉCOLES EN FICHES Fiche, mode d’emploi...................................................................................86 Les écoles «classiques» .................................................. 87 Les formations d’ingénieurs en partenariat ........ 225 GUIDE PRATIQUE Les niveaux d’admission ................................... 246 Index des mots-clés............... 265 index des noms d’écoles ....... 265 Index des sigles d’écoles ....... 268 - Les écoles classiques .................................246 - Les écoles en partenariat ............................249 Liste des spécialités enseignées ...................... 250 Adresses des classes prépas ............................ 255 - Pour commander nos publications, rendez-vous en page 82 - Index des annonceurs, page 272 onisep.fr Les écoles d’ingénieurs 2008 I 3 LE MÉTIER INGÉNIEUR L’homme à tout Fort de son niveau de formation très reconnu, le « métier » d’ingénieur recouvre une multitude de fonctions, dans et hors le monde industriel. Ce scientifique de haut niveau occupe désormais des postes de consultant ou de chef de projet dans la banque, l’audit ou le conseil… la compétence de l’ingénieur se découvre de nouveaux champs d’application. À l’industrie, point de chute traditionnel pour ces profils, s’ajoutent aujourd’hui l’électronique, l’informatique, les télécommunications, l’environnement. « Ces techniques créent de nombreux métiers connexes, à commencer par l’ensemble des services à l’intérieur de l’entreprise, comme la logistique, l’informatique ou la qualité », confirme Daniel Ameline. Toujours des fonctions «techniques» Ingénieur méthodes, ingénieur de maintenance, qualité, achat ou logistique : ces fonctions dites « techniques » représentent toujours une part importante du « métier » d’ingénieur. On les retrouve dans les services de fabrication ou de contrôle qualité, de recherche et développement des entreprises industrielles. Que ce soit dans l’agroalimentaire, l’automobile ou la chimie, on assiste à une nouvelle organisation de l’entreprise. Le directeur de production toutpuissant a cédé sa place à un ensemble de postes fonctionnels. L’ingénieur de production gère le fonctionnement d’un atelier de fabrication, dans un souci de productivité. De son côté, l’ingénieur qualité a pour mission d’initier, de mettre en œuvre et d’organiser les procédures de suivi et de contrôle qualité au sein d’une unité de fabrication. Sans oublier les responsables du service logistique, qualité, informatique… ©JÉRÔME PALLÉ/ONISEP ÉOTROUVETOU » ou technicien hors pair dévoué au monde industriel : l’ingénieur voyait ses compétences réservées à un champ essentiellement technique. Depuis quelques années, une nouvelle génération d’ingénieurs a fait son apparition : celle des « gestionnaires ». Chef de projet, consultant, ingénieur qualité : la palette de missions auxquelles il a accès s’est considérablement étoffée. Elle concerne aujourd’hui des secteurs traditionnellement peu ouverts à ces profils, comme la banque, le conseil ou l’assurance… « G De nouveaux champs d’application « Sur les 650 000 ingénieurs diplômés, une grande partie n’exerce pas un métier d’ingénieur à proprement parler. Le prestige des écoles d’ingénieurs est tel qu’il conduit à une multitude d’autres métiers », constate Daniel Ameline, délégué général du CNISF (Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France). Avec la diversification des techniques, Des compétences nouvelles Mais c’est surtout en termes de compétences que le métier a fait sa révolution : la dimension client et le souci de la rentabilité doivent impérativement être pris en compte. « On lui demande non seulement de concevoir un produit qui convienne au client, mais à un prix qui soit concurrentiel et qui corresponde 6 I Les écoles d’ingénieurs 2008 onisep.fr faire? aux finances du client et de l’entreprise », précise Daniel Ameline. Désormais, l’ingénieur raisonne en fonction de sa société, et dans le cadre du développement durable des produits qu’il fabrique. Un ingénieur maintenance, par exemple, ne se préoccupe plus seulement du bon fonctionnement technique d’une machine. Dans une grande entreprise, c’est aussi un manager, capable de s’investir dans la direction de projet et d’encadrer des équipes. Dans le même esprit, un ingénieur d’études, chargé de proposer des projets innovants en respectant un budget, travaille en lien direct avec le client, mais aussi avec les fournisseurs, les méthodes et la fabrication de l’entreprise. Parmi les fonctions liées au commercial, l’ingénieur technico-commercial, également appelé ingénieur d’affaires, a pris de l’importance. Rattaché à la direction commerciale, c’est lui le responsable du développement de sa clientèle. Véritable homme-orchestre, l’ingénieur « technique » a su comprendre l’ensemble du fonctionnement de l’entreprise et évoluer avec son temps… responsabilité de budgets colossaux… Néanmoins, il faut souvent justifier de plusieurs années d’expérience pour accéder à des postes de direction générale. Quelle que soit la détermination d’un jeune ingénieur, il devra d’abord faire ses preuves. L’atout «double compétence» Michel Ciazynski mentionne par ailleurs l’intérêt des recruteurs pour les doubles compétences : « 15% de nos étudiants poursuivent des études, notamment en gestion, en finance... Fin 2007, l’ISEP a signé une convention de partenariat avec Audancia Nantes, une grande école de commerce réputée. Chaque année, cinq isépiens obtiendront ainsi un double diplôme. » Au cours de leur vie, 38 % des ingénieurs, selon la dernière enquête du CNISF*, obtiennent d’ailleurs d’autres diplômes : un diplôme scientifique (14,4 %), de gestion (13,2 %), une thèse (6,7 %), un double diplôme d’ingénieur (8 % en France et autant à l’étranger) ou encore un mastère spécialisé (3 %). Loin d’être un passage obligé, la double compétence devient un atout supplémentaire pour se positionner face aux diplômés d’école de commerce, dès le début de carrière. Bon techniquement, apte au management et à la gestion de projet, bilingue : le portrait-robot du parfait ingénieur ne cesse de gagner en polyvalence. Bien placées dans la course à l’emploi, les écoles suivent de près ces évolutions, afin d’ajuster leur formation aux besoins du marché. Quant à savoir à quoi ressemblera l’ingénieur des années 2050… il nous faut l’imaginer. Sur le terrain des «gestionnaires» Si 55 % des débutants exercent des fonctions d’« études, recherche, conception », de plus en plus de jeunes ingénieurs se laissent séduire par des fonctions de « gestionnaire », dans des secteurs jusque-là réservés aux diplômés des écoles de commerce et de gestion… Les profils ingénieurs séduisent pour leur aptitude à la réflexion et leur capacité décisionnaire. Et les salaires suivent la tendance : plus alléchants que ceux proposés dans les carrières * CNISF (Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France) : techniques. Résultat : les jeunes diplômés se pré- « L’emploi des ingénieurs diplômés ». Rapport de la 19e enquête du sentent en nombre aux fonctions de management, CNISF, juin 2008. de marketing commercial, dans l’audit… Il n’est plus rare de voir un jeune ingénieur décrocher un poste dans une banque ou un cabinet de conseil, à des fonctions de chef de projet, voire de consultant. > Le CNISF a publié une enquête sur « Les ingénieurs dans la société et « Les débouchés se diversifient, y compris leur rémunération ». pour nos élèves, formés aux nouvelles tech- Tout savoir sur les ingénieurs nologies, vers des emplois dans l’audit, le conseil, la banque ou l’assurance », constate Michel Ciazynski, directeur général de l’Institut supérieur d’électronique de Paris (ISEP). Ces jeunes ingénieurs se retrouvent en charge de missions de conseil, gèrent des projets pour une grande banque ou une compagnie d’assurances, le tout avec la Cette enquête trace le portrait d’une profession au travers de six chapitres : - les ingénieurs et leurs revenus en 2007 ; - ingénieurs de moins de 65 ans : caractéristiques sociodémographiques ; - le marché du travail en 2007 ; - de la formation à l’emploi ; - conditions de travail ; - les entreprises qui emploient des ingénieurs en France. Site : www.cnisf.org onisep.fr Les écoles d’ingénieurs 2008 I 7 LE MÉTIER LE MÉTIER EMPLOI Heureux les ingénieurs! Pour la quatrième année consécutive, les perspectives d’emploi des ingénieurs sont réjouissantes: pénurie oblige, les entreprises les courtisent dans tous les secteurs, de la production à la finance, et partout dans le monde. D ifficile de trouver formation susceptible de mettre ses diplômés mieux à l’abri du chômage ! 72 % 1 des diplômés des écoles d’ingénieurs trouvent un emploi en moins de deux mois, et souvent même avant de décrocher leur diplôme. En moins de six mois, 92 % ont trouvé… un emploi stable. recrutement dans les secteurs moins séduisants et dans les entreprises moyennes, car ce sont les plus grosses entreprises qui captent en priorité les 30 000 diplômés qui sortent chaque année des écoles d’ingénieurs. Cette pénurie, en particulier dans des secteurs comme l’informatique et les nouvelles technologies, profite aux universitaires qui avaient été les grands perdants de l’éclatement de la bulle internet à partir de 2002. « On est moins élitiste dans notre recrutement, confirme Sophie Vandermeersch, responsable du recrutement chez CSC, société de conseils. Cela crée aussi de la diversité, ce qui est un avantage supplémentaire. » Un diplôme antichômage Car l’autre avantage du diplôme par ces temps de précarité et de recours massif aux CDD tient dans ces chiffres : près de 80 % des ingénieurs travaillent en CDI, 4,5 % dans la fonction publique, un peu plus de 5% sont chefs d’entreprise ou consultants. Leurs compétences sont reconnues : 83,6 % débutent avec le statut cadre, et le premier salaire, qui varie selon la cote de l’école et le secteur d’activité, reste très enviable : entre 35 000 € et 45 000 € par an. Cerise sur le gâteau, ce sont des professionnels heureux : le contenu du travail et l’intérêt des missions confiées, l’autonomie, la diversité des tâches, réjouissent 80 % des ingénieurs. Il serait donc dommage que les filles n’en profitent pas : elles ne représentent aujourd’hui qu’un peu moins de 16 % des ingénieurs, surtout en sciences de la vie et chimie. De la production à la finance La grande nouveauté de ces dernières années, c’est que les ingénieurs ont conquis de nouveaux territoires autrefois réservés aux diplômés des écoles de commerce : les cabinets de conseil, d’audit, les banques de financement et d’investissement, la finance, sont devenus très friands de ces jeunes, rigoureux, capables de jongler avec des modèles mathématiques de plus en plus complexes. On les retrouve désormais à des postes de trader, analyste de risques de marchés, conseils en organisation, en stratégie, commercial, contrôle de gestion, audit ; ils recrutent et managent des équipes, etc. De plus en plus, l’ingénieur est prié de sortir de sa blouse de technicien et d’acquérir la fameuse « orientation client » chère à ses collègues issus des écoles de commerce. Désormais, l’avenir appartient à ces ingénieurs techniquement excellents, mais également capables d’écouter un client, de travailler sur des projets au sein d’équipes multiculturelles et multicompétences. La double compétence, ingénierie et management, se monnaie au prix fort. Des secteurs en tension Les recruteurs sont stressés. L’ingénieur est devenu une denrée rare qu’ils convoitent avant même d’en avoir besoin ! L’action conjuguée du désintérêt des jeunes pour les études techniques et scientifiques, du « papy-boom », cette génération qui va massivement partir à la retraite, et de l’engouement de nouveaux secteurs pour les ingénieurs conduit à une pénurie très favorable aux jeunes diplômés. En effet, les besoins s’expriment dans les secteurs les plus traditionnels comme l’industrie, le BTP l’informatique, mais aussi dans la sécurité, , les transports, l’énergie et la banque, la finance, qui exercent un fort pouvoir d’attraction sur les jeunes diplômés… Ils accentuent les difficultés de En France et dans le monde L’emploi des ingénieurs a pris une double coloration internationale : en France et à l’étranger. En France, parce qu’il est fréquent de travailler au sein d’équipes multinationales et de ne pouvoir s’exprimer qu’en anglais, parce que c’est la seule langue commune à tous ses collègues ! À l’étranger, parce que les opportunités d’expatriation sont réelles, même pour les jeunes diplômés. Fin 2007, selon le CNISF, 13,1 % des ingénieurs étaient en poste 8 I Les écoles d’ingénieurs 2008 onisep.fr à l’étranger, et 16,4 % d’entre eux occupaient leur premier poste. La quasi-totalité des ingénieurs considère l’expérience à l’étranger comme bénéfique pour sa carrière. Héloïse, garante de la qualité 26 ans, responsable qualité, UTC de Compiègne, génie mécanique, filières MPI (management des produits innovants) et FQI (fiabilité, qualité industrielle). J’ai effectué mon stage de fin d’études en Pologne, puis je suis restée encore une année en VIE (volontariat international en entreprise) dans cette petite unité de production où j’assumais les fonctions de responsable logistique. À mon retour en France, j’ai été recrutée comme responsable fournisseurs, qui correspond au poste d’acheteur, dont la mission consiste à suivre la relation avec les fournisseurs en Europe, et à veiller à la qualité des produits fabriqués. Un an plus tard, je suis devenue responsable qualité et j’anime, à ce titre, une équipe d’une vingtaine de responsables fournisseurs. Je vérifie que nos objectifs de qualité sont bien respectés : nous mesurons par exemple la satisfaction des clients ou, au contraire, le taux de retour des produits défectueux pour repérer les éventuels problèmes et y remédier. Nous procédons à des audits de qualité sur les chaînes de production pour vérifier que les entreprises respectent bien les règles sociales et de sécurité en vigueur, les modes de fabrication et les procédures. Je me déplace également très souvent avec les responsables fournisseurs sur les sites de production. J’aime ce travail qui me permet de rencontrer des gens très différents et de voir de nombreux process. » Recherche ingénieures… désespérément Entre 2005 et la France doit embaucher environ 20 000 ingénieurs en informatique et nouvelles technologies par an : environ 30 000 ingénieurs toutes spécialités sont diplômés chaque année. La solution à cette pénurie ? Les filles ! « On ne dépasse pas 10 à 12 % de filles dans les écoles d’ingénieurs en informatique, parce qu’elles pensent que ce sont des métiers d’autistes qui passent leur vie devant un écran, déplore Jean-Louis Bernaudin, délégué général de Pasc@line 3, une association qui vise à développer l’attractivité du secteur. Or, cette représentation est totalement dépassée. Les recruteurs cherchent des ingénieurs pointus techniquement, mais aussi capables d’écouter un client, de comprendre son besoin, d’expliquer sa technique. Les ingénieurs ouverts au monde et aux autres, qui ont des compétences relationnelles fortes, sont donc très recherchés ! Le secteur de l’informatique et des nouvelles technologies a, de plus, toujours été ouvert aux femmes.» 1. Source : 19e enquête socioprofessionnelle du CNISF, « Les ingénieurs dans la société et leur rémunération », juin 2008. 2. Source : DARES, ministère du Travail. 3. www.assopascaline.fr 2015 2, François, la passion de l’innovation 23 ans, chef de produit à la direction Internet de Generali, diplômé de l’École centrale de Lyon (ECL). J’aime innover et améliorer la vie des gens ! À l’école, j’ai enrichi très vite mon profil génie industriel : j’ai trouvé un designer et proposé à l’école qu’il intervienne, j’ai passé mon année de césure chez Dassault Aviation et découvert qu’il fallait aussi vendre les produits, alors je me suis battu pour suivre une formation aux États-Unis qui mêle les trois aspects : technique, commercial et design. Je me suis investi dans des projets novateurs : j’ai failli créer une entreprise aux USA avec un projet de masseur pour bébés prématurés ! De retour en France, j’ai trouvé cet esprit dans la direction Internet de Generali où nous réfléchissons à de nouveaux services d’assurances : quelles solutions proposer au client pour lui apporter plus de sérénité dans un monde qui comporte de plus en plus de risques ? L’assureur ne veut plus vendre uniquement que du contrat, mais aussi de l’accompagnement, de la prévention comme la lifebox où le client reçoit en signant son contrat un pack contenant un détecteur automatique de fumée, un extincteur et une couverture antifeu. On fait des recherches pour cerner des problèmes, on s’informe pour savoir ce qui existe en la matière, on fait des séances de brainstorming dont sortent des idées de produits d’assurances, et on les étudie : est-ce que c’est faisable ? Est-ce que ça va plaire ? Est-ce que c’est rentable ? » onisep.fr Les écoles d’ingénieurs 2008 I 9 LE MÉTIER INFOS LE MÉTIER w Didier, l’entrepreneur 28 ans, créateur de Système polaire, double diplôme Télécom ParisTech et ESSEC. Après mon diplôme Télécom, où j’ai acquis des compétences techniques, je suis entré en deuxième année de l’ESSEC. Avec cette double formation, j’ai travaillé comme consultant pour le secteur des télécoms pendant trois ans, mais je n’étais pas vraiment satisfait. Peu à peu, j’ai nourri ce projet d’entrepreneuriat afin de mener pleinement un projet qui m’appartenait. Puis cette envie a rencontré une idée. En novembre 2005, avec un ancien collègue (Sciences Po, ESCP) devenu ami, on s’est rendu compte qu’on pouvait utiliser la technologie de la visiophonie pour diffuser du contenu vidéo sur les mobiles. On a mené une longue réflexion, on a fait une étude marketing, travaillé la stratégie, le positionnement, refait plusieurs fois notre business plan en tenant compte d’avis différents, et on a décidé de le présenter à l’incubateur de Télécom Paris. Ce projet de mobile agency leur a plu, ils ont trouvé nos profils complémentaires. Nous avons démissionné et travaillons désormais à temps plein sur notre projet au sein de l’incubateur où nous bénéficions du soutien d’experts en marketing, commercial, comptabilité… Je joue plutôt un rôle de directeur technique, mon associé celui de directeur commercial. Mon travail est de développer et améliorer notre offre. Je surveille aussi les avancées technologiques du marché pour les anticiper. » www.systeme-polaire.com DANS QUELS SECTEURS TRAVAILLENT LES INGÉNIEURS ? Près de 86 % travaillent dans des entreprises privées, principalement dans les services et l’industrie. Autres 15,5 % Assurance, banque, immobilier 4,6 % Tertiaire 46,2 % Sociétés de services en ingénierie Industrie 43,9 % 10 % SSII 16,1 % Agriculture, sylviculture et pêche Bâtiment, travaux publics Source : CNISF, juin 2008. 2,6 % 7,3 % Cédric, la relation client 24 ans, diplômé ISEP (Institut supérieur d’électronique de Paris), ingénieur d’affaires chez Alten. Pendant mes trois ans d’études à l’ISEP, j’ai particulièrement apprécié l’ouverture internationale (j’ai fait mon stage de fin d’études au Japon) et la vie associative à laquelle j’ai activement participé. J’ai ainsi réalisé que j’aimais le management d’équipe, de projet et, dès mon retour du Japon, j’ai postulé comme ingénieur d’affaires chez Alten, grand groupe de conseil et d’ingénierie dans les hautes technologies : un mois plus tard, je commençais ! Mon objectif est de créer, de développer un portefeuille de clients dans les secteurs de l’informatique, les télécoms, l’électronique, et de les accompagner sur leurs projets de recherche et développement (R&D). C’est une fonction qui se situe à la croisée du commercial, de l’innovation technologique, du management. Je prospecte des entreprises, analyse leur activité et les rencontre pour étudier avec elles comment nos ingénieurs pourraient accompagner leurs équipes R&D dans leurs projets technologiques. Ensuite, je sélectionne ou recrute des ingénieurs à qui je propose le projet, puis je les présente au client à qui je conseille la solution la mieux adaptée. J’assure le suivi des ingénieurs qui travaillent sous ma responsabilité commerciale et hiérarchique et j’organise des réunions régulières de suivi de projet chez le client. » L’ÂGE DES INGÉNIEURS RECRUTÉS EN 2007 Sur les 62 800 ingénieurs recrutés en 2007, 61 % avaient moins de 30 ans. Source : CNISF, juin 2008. 10 I Les écoles d’ingénieurs 2008 onisep.fr w INFOS INSERTION DES JEUNES DIPLÔMÉS EN 2007 28 ans, chef de groupe travaux chez Bouygues Bâtiment IDF rénovation privée, diplôme d’ingénieur et mastère spécialisé management des entreprises de construction (MS AMEC) à l’ESTP. J’ai commencé il y a quatre ans comme conducteur de travaux, chargé de coordonner les équipes de production de l’entreprise et les sous-traitantes. Après deux ans sur des chantiers de rénovation lourde sur des bâtiments haussmanniens, j’ai bénéficié d’une formation accélérée en gros œuvre qui a abouti à une promotion. Devenu conducteur de travaux principal et accompagné de plusieurs conducteurs, j’ai fait face à de nouvelles responsabilités : organisation générale du chantier, gestion globale de la production, avec le souci des budgets et des délais impartis. La satisfaction du client a conduit ma hiérarchie à m’offrir un poste de chef de groupe sur le projet de la tour Axa CB31 à La Défense : ajouter dix étages à une tour qui en compte quarante, tout en l’élargissant. J’y suis responsable de l’infrastructure (fondations, locaux techniques…). Mon métier reste le même mais sur un projet plus vaste et aux nouveaux challenges : méthodes complexes, études structurelles, plannings, bilans économiques et management d’une équipe de cinq personnes. C’est maintenant que mon mastère spécialisé va faire la différence. » > 72 % ont trouvé un emploi en moins de 2 mois. > 2,4 mois, c’est la durée moyenne de recherche du premier emploi (3,5 en 2006). > 94,4 % des débutants ont le statut cadre. > 16,4 % des débutants sont en poste à l’étranger. Source : CNISF, juin 2008. Pierre, l’homme de la sécurité 28 ans, ingénieur équipements sous pression chez Apave, organisme de contrôle, diplômé de l’École centrale de Lille. Mon métier, ce sont les appareils sous pression dans les usines chimiques, les chaufferies avec de grosses chaudières à vapeur, les centrales électriques, les hôpitaux, etc. Comme ces appareils sont dangereux (l’explosion d’une grosse chaudière peut raser une usine), ma mission comporte trois axes principaux : inspection, contrôle, formation. Je vais inspecter le matériel sur site pour constater son état, vérifier qu’il n’est ni corrodé, ni fissuré par exemple. Ma deuxième mission consiste à contrôler les réparations effectuées sur les appareils : ont-elles été réalisées conformément aux normes et réglementations ? Les personnels étaient-ils bien qualifiés pour ce travail ? Les soudures ont-elles été faites correctement ? Un volet très intéressant de mon travail, c’est la formation des personnels qui utilisent ces appareils. Je leur explique que les appareils sous pression, les gaz et la vapeur sont dangereux, comment bien les utiliser, et quels sont les bons réflexes en toutes circonstances. Le public est très varié, il peut s’agir de chercheurs dans un laboratoire, des dames de laverie qui stérilisent le matériel à l’hôpital ou d’ouvriers en usine. Je dois m’adapter aux centres d’intérêt de chacun : les ouvriers posant des questions très techniques sur le matériel, les chercheurs s’intéressant plus à l’énergie libérable des appareils, reflet de leur capacité destructrice en cas d’accident. » ACTIVITÉS DES DÉBUTANTS EN 2007 Enseignement Administration, gestion, finances, audit 0,6 % Divers 1,8 % Commercial, marketing 4,6 % 4,6 % Production Études, recherche et conception 20,8 % 46,7 % Systèmes d’information, informatique Source : CNISF, juin 2008. 20,9 % onisep.fr Les écoles d’ingénieurs 2008 I 11 CHIFFRES ET TÉMOIGNAGES Mathieu, les grands travaux LE MÉTIER
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