PRIM-TIM - Page 1 - 2 Du même auteur : Mauvaises Nouvelles, Editions Edilivre Aparis, février 2009 Le Tunnel, Editions Edilivre Aparis, mai 2009 Le Crépuscule du septième jour, Editions Edilivre Aparis, juillet 2009 3 Jean-Luc Louis PRIM€-TIM€ L’Arène Éditions EDILIVRE APARIS 93200 Saint-Denis – 2011 4 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 – mail : actualite@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-4500-1 Dépôt légal : février 2011 © Edilivre Éditions APARIS, 2011 5 Aux Raindrops. C’est avec des gouttes d’eau qu’on fait la mer. A Tiste, Gaël, Théo, Loïc et Jack. Les Nénuphars seront bientôt en fleur. A vous tous, ne tombez pas dans le piège. R’n R. 7 Panem et circenses1 (Juvénal, Satires, 10, 78-81) 1 Du pain et des jeux… « Sed quid turba Remi ? Sequitur fortunam, ut semper, et odit damnatos… Idem populus, iam pridem, ex quo suffragia nulli uendimus, effudit curas ; nam qui dabat olim imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se continet atque duas tantum res anxius optat, panem et circences ! » « Mais que font donc tous les enfants de Rémus ? Ils adhèrent au succès, comme toujours, et ils maudissent ceux qui ont perdu la partie… Ce même peuple, depuis qu’il n’y a plus de suffrages à vendre, se désintéresse de tout ; lui qui jadis disposa du commandement, des faisceaux, des légions – enfin de tout, il n’a plus d’ambitions, il n’éprouve plus qu’un double désir passionné : Du pain et des jeux ! » 8 Dix petits nègres montèrent en bateau, L’un d’eux tomba à l’eau et il n’en resta plus que neuf, Neuf petits nègres louèrent un loft, L’un d’eux regarda la télé et il n’en resta pas grand-chose… 9 Préface de Jean-Luc Louis2 Panem et circenses, disait Juvénal ; il avait tout compris le poète ! La recette de la téléréalité est un peu moins digne que des gladiateurs face à un lion affamé mais le concept est plus porteur. Encore que le principe soit à quelque chose près identique sauf qu’il se rapproche plus des chaises musicales (jeu d’ailleurs aussi inventé par les romains sur les conseils d’un gaulois nommé Lofstorix). Tu prends six bonshommes avec un Q. I. négatif, cinq exemplaires de la gent féminine (pas trop regardantes), tu les colles sur un plateau de télé aménagé chez Fly et le dernier qui trouve où s’asseoir à gagné. Le pire, c’est que quand tu demandes à ton voisin s’il regarde la dite émission, il te répond que « penses-tu, je suis pas comme ça moi… mais bon faut que j’y aille, y’a un truc sympa sur Arte ce soir ». La rumeur dit que tout ça n’est pas vrai, que ce sont des acteurs. C’est vrai que quand on les entend parler, on se dit qu’ils auraient pu faire carrière dans un 2 Comme ça, je ne mouille personne. De toute façon je ne vois pas qui aurait accepté ! 10 certain genre de cinéma qui a fait les beaux jours d’une chaîne concurrente. D’ailleurs le public regarde l’émission avec les mêmes attentes que le non-abonné qui se bousille les yeux le samedi soir, l’avantage ici, c’est que tout est clair et c’est gratuit (enfin, presque) mais les téléspectateurs ne sont pas des moutons, ce sont des gens intelligents eux, ils savent bien que quoiqu’il arrive, on ne verra pas tout. Tu te rends compte ? À une heure de prime-time ? Pourtant on aimerait bien, non ? N’est-ce pas là le secret de chacun des télémateurs ? Finalement, ce n’est qu’un mauvais sitcom pour lequel on n’a pas voulu payer de scénariste. En tout cas, c’est les directeurs des programmes des autres chaînes qui doivent se bouffer les doigts et le reste, ils l’avaient bien eue l’idée, mais ils n’osaient pas, les français ne sont pas prêts pour ce genre d’émission se disaient-ils, alors qu’en fait ils n’attendaient que ça. Ils se demandent déjà qu’est-ce qui va pouvoir remplacer quand ce sera fini. Moi, j’ai ma petite idée, une fois que la parité sera définitivement en place, on prend nos chers représentants du peuple, on les enferme dans l’hémicycle, et on en vire un à chaque fois qu’il dit une connerie, ben je vais te dire une chose, ça durera pas trois mois… à moins que… 11 PROLOGUE Terrorisée. Seule au milieu de la grande étendue de sable blanc, la réverbération du soleil sur le sol l’empêchait d’ouvrir entièrement les yeux. Ses longs cheveux bruns ne faisaient plus qu’une masse compacte, mélange de sable, de poussière et de sueur. Agenouillée, elle se recroquevilla sur elle-même pour mieux protéger son visage de la puissante lumière solaire. Un souffle rauque sortait de sa gorge à chacune de ses inspirations. Sa bouche était asséchée par le manque d’eau et ses lèvres déshydratées commençaient à se craqueler. Elle se traîna sur le sol et le sable épais lui mis les genoux à vif. Elle essaya de se soulever, mais sa faiblesse ne le lui permit pas et elle s’écrasa le visage contre le sol. Son nez se mit à saigner. Un râle sortit de sa gorge, comme si elle voulait demander de l’aide, mais rien n’y fit. Elle n’en pouvait plus, n’imaginant même pas qu’elle pourrait s’en sortir. Autour d’elle, il n’y avait que ce silence pesant, presque aussi douloureux que le soleil sur sa peau. Un regain de volonté lui donna de nouveau la force de se 12 soulever, mais un puissant choc dans les reins empêcha définitivement son effort. Elle sentit un énorme poids écraser son dos, elle voulut tourner la tête pour regarder derrière, mais l’ombre dans le soleil était méconnaissable. Cette ombre protégea ses yeux pendant quelques instants. Quelques secondes seulement. L’homme qui se tenait derrière elle se mit à son tour à genoux, la toisant comme un chasseur qui va achever sa victime. Il défit le cordon tressé qui fermait son pantalon en cuir et regarda fièrement autour de lui. Il prit les fesses de la femme à pleines mains et les souleva en les mettant dans une position obscène. Il se releva et tourna autour d’elle comme s’il se demandait ce qu’il allait en faire. Il siffla et trois hommes arrivèrent au pas de charge puis entourèrent la jeune femme, formant une sorte de cage humaine autour d’elle. L’un d’entre eux se plaça derrière elle et s’agenouilla à son tour. De son pantalon il exhiba un énorme sexe foncé qu’il promena sur la croupe offerte. D’un geste brusque, il s’appuya sur elle de tout son poids et la sodomisa. Les vingt mille personnes présentes dans l’Arène hurlèrent, se levèrent comme un seul homme en applaudissant à tout rompre les protagonistes de cette curieuse scène. La jeune femme tenta de se débattre pour échapper à ce viol, mais les autres types saisirent ses quatre membres et la plaquèrent brutalement au sol pendant que leur « partenaire » continuait de la besogner de toutes ses forces. Malgré sa déshydratation, la douleur arriva à lui tirer quelques larmes et pour la première fois, elle souhaita mourir.
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