Sans issue - Page 1 - test Marie France Legas Sans issue Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2954-4 Dépôt légal : Novembre 2009 © Marie France Legas L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 4 A « Renaud », qui aurait pu trouver sa place au sein de la société, si la Justice ne s’était pas emballée… 7 Qui paiera les dégâts? N'oublie jamais que les cités sont si sombres. Tard lorsque la nuit tombe et que les jeunes des quartiers N'ont jamais eu peur de la pénombre. Profitant même d'elle tels des hors-la-loi N'ayant pas d'autre choix que de développer une vie parallèle. Business illicite, la survie t'y invite Comme persuadé de prendre le chemin de la réussite. Mais pour ça, qui fait quoi? Quelle chance nous a donné l'état? Ne cherchez pas, intentionnel était cet attentat. Laisser à l'abandon une partie des jeunes de la nation, Ne sera pour la France qu'une nouvelle amputation, Car quand la faute est faite, la fête est finie. Fini de rire, pire, j'ai peur pour l'avenir, Mais toi qu'as-tu à dire pour contredire mes dires? Je n'invente rien contrairement à ce que tu peux lire, Pas de brodages dans mes textes, pas de romance. Car je sais que notre pensée peut avoir de l'influence. Quelle solution préconise t’on? Mieux vaut prévenir que de guérir dit le dicton. Mais de ça cas précis si guérison il y a, Souvenez-vous que c'est à nos frais que seront les dégâts. Trop longtemps plongés dans le noir, À l'écart des lumières et des phares, Éclairés par l'obscure clarté de l'espoir, Les enfants des cités ont perdu le contact, Refusent de paix le pacte. Conscients qu'ils n'en sortiront pas intacts, 9 Vivre libre, aspirer au bonheur, Se donner les moyens de sortir du tunnel pour voir la lueur. Et pouvoir tapisser de fleurs les murs de l'amour. Voilà ce qu'on reproche à mes proches à ce jour, Le pourquoi du comment et préférant se baser sur des préjugés, Pour porter un jugement à la hâte, dans le vent. Non, non, décidément un monde nous sépare alors foutez-moi le camp. C'est clair, je pense vous avez saisi la sentence, La France est accusé de non-assistance à personne en danger, Coupable crient les cités, mais l'état malgré ça fera payer les dégâts. Tout le monde est conscient maintenant du besoin d'argent, Et comme en haut lieu, la cité à sa propre règle du jeu, Avec ses coups du sort et ses coups malheureux. On ne joue pas éternellement avec le feu sans se brûler. Ne prends pas ça comme une moralité, J'essaie en vérité de te dire qu'un jour il faudra bouger, Pour ne pas rester prisonnier du béton, Et à plus forte raison des portes des prisons. Non, je ne prends parti pour personne, Je donne mon avis, ma philosophie, Prends ton gen-ar et fais ta vie, Car le business doit être une étape pour changer de cap. Prends-en conscience avant que le malheur ne te frappe. 10 Ne t'attends pas de leur coté à de la compassion, La machine judiciaire se jouera de ton sort, Comme on se joue d'un pion. Attention à la sanction! N'oublie pas qu'à leurs yeux tu n'es qu'un parasite pour la nation. Un: ton avenir est entre tes mains, je dis deux Sache retirer à temps tes billes du jeu, Pour le trois, j'accuserai les lois et l'état de quoi, De toujours nous faire payer les dégâts. (NTM) Renaud. La sonnerie de la porte d’entrée retentit. Renaud soupira, mais ne put se résoudre à lâcher son joystick. Le jeune garçon n’avait pas envie de voir qui que ce soit. Certainement pas la concierge ou les habituelles amies de sa mère qui étaient les seules personnes susceptibles de sonner à cette heure-ci. Renaud Massin avait 13 ans. C’était un adolescent semblable à beaucoup de garçons de son âge. De taille moyenne, mince et élancé, blond, les yeux bleus, les cheveux toujours en bataille. Chaque jour il tentait à grands renforts de gel de se créer une coiffure à la mode avec ce qui lui restait de cheveux lorsque la tondeuse de sa mère était passée dans sa tignasse. Mais en vain ! Ses épis mal situés l’auraient plutôt fait ressembler à un hérisson. Renaud aurait bien 11 aimé s’offrir de temps à autre une coupe de cheveux branchée, comme le faisaient ses copains. Malheureusement sa mère ne cessait de lui répéter qu’elle n’en n’avait pas les moyens. - Tu n’es pas né dans une famille de milliardaires, essaie de t’en souvenir de temps à autres lorsque tu me demandes de l’argent pour de pareilles bêtises ! Avait-elle coutume de répéter à son fils. Renaud haussait alors les épaules. Pas né dans une famille de milliardaires ! Alors qu’il ne demandait que quelques malheureuses pièces pour ne plus avoir l’air d’un plouc ! Sa mère était tout de même gonflée, elle qui dépensait sans compter l’argent du ménage se retrouvant réduite à pleurer auprès de son père ou de sa mère au milieu de chaque mois si elle voulait nourrir sa famille jusqu’à la prochaine paie ! Elle qui empruntait à ses parents de quoi s’acheter le dernier cri en matière de télévision, chaîne hi fi, lecteur DVD, etc., le tout en haut de gamme et dans les meilleures marques afin d’épater la concierge et ses amies de la Cité des Oiseaux, et plus particulièrement du quartier des Fauvettes o& ils habitaient ! A cause de cela, à partir du 20 du mois on ne mangeait plus à la maison que des pâtes à la tomate, des saucisses frites ou des boîtes de soupe ultra diluée, accompagnée d’une baguette. Renaud, sa jeune sœur Cassandra de trois ans sa cadette ainsi que son petit frère Norbert qui venait d’avoir trois ans portaient les vêtements reçus de leurs frères et sœurs plus âgés, les cinq autres enfants que François, leur père avait eus de ses deux précédents mariages. Jamais les trois enfants n’avaient eu l’occasion de porter des habits neufs. Mais Aline leur mère n’en n’avait cure : elle pouvait exhiber aux yeux de tout le quartier des Fauvettes ses 12 appareils audiovisuels haut de gamme, qu’elle était la seule à posséder dans le quartier et n’en n’était pas peu fière… La sonnerie retentit à nouveau, insistante cette fois ci. Renaud sursauta et, de rage balança son joystick sur l’écran de son ordinateur. Son avion venait de se crasher alors qu’il était en passe de réussir sa dernière mission et de passer enfin au niveau supérieur. Le joystick en retombant avait renversé le verre de Coca qui se trouvait sur le bureau. Le soda poisseux dégoulinait sur les boîtes de CD qui traînaient et menaçait le clavier. - Merde ! Grogna le garçon, en empoignant un sweat shirt qui traînait sur le fauteuil pour éponger la catastrophe avant que sa mère ne revienne. Sans quoi il serait bon pour une nouvelle gueulante, comme celle de ce matin. Renaud soupira en songeant à la scène à laquelle il avait eu droit de la part de sa mère ce matin, à cause de la lettre recommandée envoyée à ses parents par le proviseur de son collège. « Renaud ne travaille pas ! Renaud sèche les cours ! Si une telle attitude persiste, il va falloir prendre des mesures, des sanctions sévères, envisager le renvoi, le signalement à la police, à la protection de la Jeunesse… » - Tu n’as pas honte ! Avait hurlé sa mère, les fenêtres grandes ouvertes, comme pour prendre tout le quartier à témoin de la félonie de son fils. Mais que va-t’on faire de toi à la fin? Tu as déjà 13 ans et tu n’es encore qu’en 6ème ! Mais, tu ne termineras jamais tes études à ce rythme là, et en plus je vais avoir des problèmes parce que tu sèches les cours sans arrêt ! Et pourquoi est ce que tu sèches les cours ? Pour aller voler à la grande surface avec Orlando 13 et sa bande de dégénérés bien sûr ! Sa mère faisait comme à son habitude les questions et les réponses à elle toute seule, alors à quoi bon essayer de se justifier ? Après un moment, contrairement aux voisins, qui visiblement très intéressés, laissaient traîner leurs oreilles devant les fenêtres grandes ouvertes sur cette belle matinée d’automne, Renaud, lui, avait cessé d’écouter les beuglements de sa mère. Elle ne pouvait pas comprendre ce que c’était elle, que de fréquenter la même école qu’Orlando, le caïd du quartier ! Orlando se rendait à l’école quand bon lui semblait et uniquement dans le but de semer la pagaille. Autrement, il n’y mettait jamais les pieds ! Orlando n’avait que 14 ans, et s’était déjà fait renvoyer un nombre incalculable de fois, avait fréquenté un nombre incalculable d’établissements scolaires, et n’en était pas peu fier. Cela avait contribué à forger sa légende ! Il allait avoir 15 ans et végétait, lui aussi, toujours en 6ème. Il faut dire qu’il avait entamé sa carrière de voyou sur les bancs de l’école primaire, où, déjà Renaud et lui étaient ensemble. Maintenant, ils se retrouvaient ensemble encore, au collège. Alors que pouvait faire d’autre Renaud que de suivre Orlando lorsque ce dernier s’échappait par une autre sortie après que leurs pères respectifs les aient déposés devant l’école pour être sûrs qu’ils ne sècheraient pas les cours ? Que pouvait-il faire d’autre que l’accompagner au centre commercial pour voler des CD ou des baskets, afin de mériter sa place dans la bande de la Cité? Renaud savait bien que s’ils n’avaient pas étés voisins et n’avaient pas fréquenté la même école depuis la maternelle, jamais Orlando n’aurait daigné adresser la parole à un branque comme lui. Il n’y 14 avait rien en lui, qui fut susceptible d’attirer le caïd, le chef de la bande de la Cité des Oiseaux. De taille moyenne, ses cheveux blonds taillés en brosse surmontaient de grands yeux bleu myopes : Renaud était censé porter des lunettes, mais jugeant cela néfaste à son look (Orlando et d’autres garçons de la bande lui avaient dit que ses lunettes lui donnaient l’air d’un intellectuel.), il avait rapidement cessé de les porter en affirmant à sa mère que sa vue s’était nettement améliorée. Aline n’avait pas posé de questions. Après tout son fils était assez grand pour savoir si oui ou non il voyait bien, et cela l’arrangeait de ne plus devoir dépenser de l’argent chez l’ophtalmologue ni être obligée de racheter une paire de lunettes chaque année. Le jeune garçon plaisait aux filles du quartier qui aimaient le contraste entre ses cheveux blonds, ses yeux bleus et son teint bronzé, mais les garçons ne le jugeaient pas vraiment digne d’intérêt. A 13 ans, ne sachant pratiquement ni lire, ni écrire et encore moins calculer, sa conversation se limitait aux jeux vidéos et à la musique Techno. Parce qu’en plus de tous ses défauts, Renaud se payait le déshonneur suprême d’aimer la musique Techno dans un quartier où les caïds ne juraient que par le Rap… Lorsque le jeune garçon accompagnait la bande pour un vol dans le supermarché, il se faisait pratiquement toujours épingler par le vigile : il ne prenait même pas la peine de dissimuler la marchandise qu’il dérobait lorsqu’il passait devant le garde à la sortie sans achats. Difficile de faire plus distrait ! Bien sûr, il amusait la bande, parce que, ce qui se voulait du courage pour leur démontrer qu’il était digne d’entrer dans leurs rangs, n’était en fait 15
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