25 ans - Page 1 - ALEPH-ÉCRITURE ©ALEH-ÉCRITURE 7, rue Saint-Jacques – 75005 Paris e-mail : info@aleph-ecriture.fr ISBN : 2-907013-21-1 EAN 9782907013215 Dépôt légal : Mars 2010 Remerciements — Aux membres fondateurs, Jacqueline Dupret et Danièle Nony, qui m’ont accompagné dans cette aventure. — Aux membres de l’équipe d’Aleph-Écriture qui ont accepté de donner de leur temps pour répondre aux questions de Marie-Pascale Lescot, puis relire de près le résultat sur la page : Antoinette Bois de Chesne, Philippe Chenot, Jacqueline Dupret, Joana de Fréville, Claire Lecœur, Isabelle Rossignol, Annette Targowla, Olivier Targowla et Lionel Tran ; ainsi qu’aux deux personnes invitées à donner dans ce livre un point de vue forcément « décalé » (puisqu’ils ne font pas partie de l’équipe d’Aleph-Écriture) : Denis Bourgeois et Olivia Rosenthal. — À tous les intervenants et salariés 2010 d’Aleph-Écriture qui n’ont pas pris la parole dans ce livre-étape : Aline Barbier, Catherine Berthelard, Nicole Bertrand, Renaud Borderie, Ghislaine Burban- Giraud, Jean-Christophe Camus, Charlotte Castien-Sabourin, Sylvie Chenus, Michèle Cléach, Marie-France Clerc, Dane Cuypers, Béatrice Dumont, Jean-Louis Escarret, Laurence Faure, Sylvie Foizon-Galand, Sylvie Fontaine, Marc Gautron, Jean-François Géhant, Marie Ginet, Chantal Grimm, Françoise Guillaumond, Marie Haloux, Frédérick Houdaer, Jean-Paul Jody, Francis Jolly, Françoise Lacoste, Estelle Lépine, Anne- Marie Machat, Catherine Malard, Michel Manière, David Moreau, Juliette Nehaïssi, Sylvie Néron-Bancel, Jean-Hugues Oppel, Dominique Paquet, Paola Pigani, Monique Pinel, Alain-Christophe Restrat, Dominique Rey, Jérôme Roger, François Sablayrolles, Franck Secka, Laurence Soubrick, Catherine Stahly-Mougin, Danièle Thomas, Claire Viennot et Nicole Voltz. — À tous les écrivains, animateurs et salariés qui ont figuré sur les programmes successifs des activités d’Aleph-Écriture et y ont la plupart du temps donné le meilleur d’eux-mêmes : comme Brigitte et Olivier Agulhon, Françoise Andribet, Nicole d’Arcy, Dominique Argelès, Christine Bahari, Jocelyne Barbas, Mary Anna Barbey, Catherine Belloni, Jeanne Benameur, Yannick Bidault, Catherine Bossé, Sylvie Bouchet, Françoise Bouillot, Michel Boutet, Anne Brüschweiller, Bernard Cabret, Françoise Une société de formation ouverte / ALAIN ANDRÉ 8 Cadaugade, Nicole Caligaris, Sylvie Callet, Annette Carayon, Didier Catineau, Marianne Catzaras, Michel Champendal, Sophie Charrier, André Chauchat, Jeanine Chauvin, Françoise Coste, Michel Coz, Claude Croiset, Gérard Danou, Régine Detambel, Elvire Diehl, Sylvia Dorance, Christophe Doré, Martine Drai, Ariette Dugas, Michelle Dutertre, Irène Errera-Hœchstetter, Anaïs Escot, Florence Faucompré, Bénédicte Fayet, Étienne Fernagut, Serge Filippini, Catherine Fleury, Chantal Fleury, Nadine Fontaine, Véronique Fossé, Anita Fougère, Christine Fouilhac, Anne Fourcaud, Agnès Fourestier, Michel Friedmann, Monique Frycher, Françoise Gambs, Fernand Garnier, Bernard Garraut, Laurent Géhant, Nini Geslin, Jean-Louis Gonfalone, Robert Gordienne, Sylvie Gracia, Béatrice Grandjean, Monique Grandjonc, Marthe Grojnowski, Isabelle Grosse, Jeannine Haibe, Muriel Henry, Inès Igelnick, Yves Jouan, Anouk Journo, Charles Juliet, Leslie Kaplan, Maurice Kherrouby, Françoise Khoury, Marion Kiner, Gisèle Kirjner, Philippe Lecarme, Christine Leclère, Jacques Lederer, François Lemaire, Nathalie Lévy, Guy Loyrion, Jacqueline Manciet, Jean-François Manier, Marie Mas, Nathalie Mathieu, Laurent Mauvignier, Sylvain Mazens, Jacqueline Mazier, Paula Mesuret, Catherine Moinot, Jacques Mondoloni, Denis Montebello, Louise Muller, Ralph Nataf, Gérard Noiret, Danièle Nony, Isabelle Normand, Valérie Noté, Sandrine Parent, Rémi Paris, Yves Phélippot, Agnès Pierron, Jacques-François Piquet, Véronique Pittolo, Claude Pomerat, Françoise Popilarski, Thierry Prestel, Gilles Prin, Laurent Rébéna, Béatrice Riou-Ferry, Marie- Geneviève Ripeau, Bruno Rivet, Isabelle Sarcey, Jane Sautière, Bernardo Schiavetta, Catherine Soudé, Maria-Pia Stenne de Longueval, Aline Still, Fabienne Swiatly, Ève Targowla, Nicole Touron, Séverine Vermersch, France Verrier, Agnès Villette, Léa Wajs et Jean-Paul Ziegler. — À Marie-Pascale Lescot, qui a su en un temps record organiser et réaliser des entretiens avec 12 personnes différentes. Alain André Avant-propos Aleph-Écriture a 25 ans le 31 mars 2010 (puisque le 31 mars 1985 fut le jour de l’assemblée générale constitutive de l’association initiale Aleph-Ateliers d’écriture). C’est un anniversaire que nous voulons marquer, la parution de cet ouvrage en constitue un moment fort. Après tout, les trois fondateurs, au printemps 1985, étaient loin d’être assurés de cette relative pérennité. Et surtout, il nous semble que le développement actuel d’Aleph-Écriture (la confiance et le soutien de milliers de participants à nos activités) constitue un signe encourageant. Dans cette société où l’éducation artistique et les pratiques artistiques amateurs (c’est-à-dire l’éducation de la sensibilité) sont le cadet des soucis de nos dirigeants, il reste possible de vivre ensemble un peu autrement. Des initiatives sont nées, dans l’édition, le journalisme, les loisirs etc., qui prolongeaient un printemps dont tout le monde n’a pas perdu le souvenir. Les ateliers d’écriture démocratisent dans une certaine mesure l’accès à l’écriture et à la lecture. Nous ne nous aveuglons pas sur les limites de ces entreprises : en l’absence d’une politique scolaire et universitaire volontariste, elles s’adressent surtout à ceux qui ont déjà un certain accès au savoir et à la culture. Mais elles existent, là où, dans l’après-guerre, il n’y avait rien, hors de l’autoritarisme, de l’ordre moral et de la reproduction endogène des élites. Cet ouvrage rassemble, outre les textes primés à l’occasion d’un concours de nouvelles en une page sur le thème fort actuel des « résistances », une série interviews portant sur les enjeux des ateliers. Sept d’entre elles donnent la parole à des membres d’Aleph-Ecriture. La plupart d’entre eux sont des interviews de membres de l’équipe. Antoinette Bois de Chesne et Lionel Tran conduisent depuis quelques années des ateliers réguliers à Angers et à Lyon. Olivier Targowla est le premier écrivain venu à Aleph-Écriture au début des années 90 pour se « former » à ces drôles de pratiques de l’animation. Annette Targowla et lui conduisent des ateliers de création littéraire, dans lesquels leurs participants travaillent sur des chantiers de romans ou de recueils de nouvelles. Isabelle Rossignol, qui fut la première à produire une thèse de lettres sur les ateliers d’écriture, est devenue à Aleph une praticienne convaincue des ateliers par e-mail. Claire Lecœur et Philippe Chenot développent des formations aux écrits professionnels et à une écriture vivante des pratiques. Joana de Fréville, directrice générale adjointe d’Aleph et formatrice, organise avec passion des lectures publiques et autres rencontres littéraires avec des écrivains. Jacqueline Dupret, membre Une société de formation ouverte / ALAIN ANDRÉ 10 fondateur d’Aleph, conduit des formations de formateurs et accompagne l’équipe des animateurs d’ateliers réguliers en Île-de-France. Leurs propos éclairent de façon passionnante plusieurs des facettes de la vie « aléphienne ». J’ai trouvé éclairant d’y adjoindre deux interviews « décalées » sur des enjeux actuels liés à l’évolution des ateliers d’écriture : leur hypothétique institutionnalisation, d’une part, la façon dont les écrivains les utilisent à titre individuel, d’autre part. Un enseignant et une écrivaine chargée de cours à l’université, qui ne font pas partie de l’équipe d’Aleph-Écriture, proposent donc leur regard, d’une part sur ce que pourrait être une « école d’écriture », d’autre part sur le sens de la conduite d’ateliers dans la vie d’un auteur contemporain. Le livre ponctue ainsi l’histoire d’une aventure, à la façon d’un arrêt subjectif sur image, ou d’une pause inattendue, au milieu du gué. Alain André, directeur d’Aleph-Écriture et écrivain SOMMAIRE ALEPH-ÉCRITURE 25 ans ............................................................................................................................ 3 Remerciements ................................................................................................................................................ 7 Avant-propos ................................................................................................................................................... 9 SOMMAIRE....................................................................................................................................................11 INTERVIEWS.................................................................................................................................................13 NOUVELLES..................................................................................................................................................47 Quelques ouvrages sur l’écriture et les ateliers d’écriture...............................................................................99 Table des matières ...........................................................................................................................................103 INTERVIEWS Une société de formation ouverte (25 ans de l’histoire d’Aleph-Écriture) Alain André, fondateur et directeur général d’Aleph-Écriture, est également l’auteur de romans et de plusieurs essais consacrés à l’écriture et aux ateliers. Pour lui, « Aleph » est un projet porté par des convictions fortes, qui se sont traduites dans les faits. L’entretien permet de suivre l’évolution d’un organisme vivant qui, dès sa création, a exploré simultanément plusieurs pistes recouvrant des rapports à l’écriture, des publics et des engagements différents : un organisme traversé par des choix, par des questions, des ruptures et des réinventions toujours à l’œuvre. L’identité d’Aleph a-t-elle été façonnée par celle de ses fondateurs ? Alain André : Certes ! À l’origine d’Aleph se trouvent Jacqueline Dupret, Danièle Nony et moi-même, tous les trois anciens khâgneux, professeurs de lettres, engagés sur le plan pédagogique et politique. Cet engagement a formé le désir et la volonté de trouver une autre façon d’enseigner « les lettres ». En tant qu’enseignant, à la fin des années 70, j’utilisais déjà les ateliers d’écriture. Je vois clairement dans ceux-ci, et dans Aleph en particulier, des productions sociales issues de l’après 68, à l’instar (modestement) de Libération ou des éditions Verdier. Par ailleurs, nous étions des provinciaux, ce qui a son importance : nous ne venions pas du sérail parisien. Quelles ont été les grandes étapes de la constitution de l’identité d’Aleph ? A. André : Les fondateurs connaissaient les ateliers parisiens du début des années 80. J’animais des ateliers d’écriture pour le grand public adulte avec Élisabeth Bing, ce qui m’a beaucoup appris. Danièle Nony et moi-même en conduisions également pour les enseignants au GFEN (Groupe Français d’Éducation Nouvelle). Mais le colloque de Cerisy sur les ateliers d’écriture, en 1983, a sans doute été déterminant, de même que ma découverte des ateliers américains à l’Université de Georgetown, un peu plus tardive (1987). Ces expériences m’ont permis de me situer par rapport à toute la palette des pratiques existantes : et il y avait de l’espace pour l’invention. L’association « Aleph-Ateliers d’écriture » a vu le jour en 1985. Le projet était de créer le lieu dont nous n’avions pu bénéficier : un lieu qui accompagne les débutants, s’ils en soutenaient le désir, jusqu’au travail de l’écrivain. Il s’agissait aussi d’avoir un « terrain » pour expérimenter des hypothèses de travail. De fait, l’Aleph des premières années était d’abord un laboratoire pédagogique. J’ai conçu nos premiers stages consacrés à la nouvelle, un cycle sur le « roman court », des stages et un cycle autour de l’art du fragment, une Une société de formation ouverte / ALAIN ANDRÉ 16 formation d’animateurs d’ateliers qui constitue aujourd’hui encore la charpente pédagogique de nos formations de formateurs, tandis que Danièle Nony imaginait des stages consacrés à l’autobiographie, au « polar » ou à l’écriture professionnelle et une formation de formateurs dans ce domaine, et que Jacqueline Dupret montait des stages d’écriture théâtrale. Nous avons repensé ensemble la charpente de l’atelier régulier, enrichie par les apports de nouveaux intervenants, comme Gilles Prin, Jean-François Géhant, Marthe Grojnowski ou Ève Targowla. Plus tard, au début des années 90, Nicole Voltz nous a fait bénéficier de ses propres inventions dans le domaine de l’écriture poétique et du carnet de voyage, etc. Ces dossiers-là, généreusement transmis à des formateurs souvent moins à l’aise dans « l’invention », constituent aujourd’hui encore cette charpente pédagogique dont la qualité fait la réputation d’Aleph-Écriture. Par la suite, au cours des années 1990, il a fallu affronter les questions d’organisation qui se posent à toute structure en fort développement. J’ai décidé d’assumer la « régionalisation » de notre activité (le plus souvent à la demande d’animateurs que nous avions formés) : au nom de quoi aurions-nous décidé que seuls les Franciliens pouvaient accéder à nos ateliers ? Et j’ai également engagé Aleph-Écriture dans une « professionnalisation » indispensable à sa pérennité. S’est ainsi constituée peu à peu une équipe de permanents salariés. Sans doute cette logique-là était-elle impliquée, d’entrée de jeu ou presque, par le fait que j’avais démissionné de l’Éducation Nationale et que par la suite, Danièle Nony avait fait de même. Qu’est-ce qui a différencié Aleph de ce qui se passait alors en France ? A. André : La parution en 1989 de mon essai Babel heureuse1 était le résultat des élaborations permises par l’existence de mes premiers groupes de formation de formateurs en écriture (nous disions alors « groupe de formation à l’animation »). Elle a marqué publiquement l’émergence d’une « deuxième génération d’ateliers », selon la formule de Marianne Alphant dans un dossier de Libération : une génération qui pouvait fonder sa pratique sur une analyse critique des ateliers existant jusqu’alors. Jacqueline Dupret et moi-même avions été participants, puis animateurs, dans les ateliers d’Elisabeth Bing qui, en France, avait été la pionnière en matière d’ateliers pour le grand public adulte. L’identité d’Aleph s’est forgée sur des différences importantes avec cette association, qui constituait au départ notre principale référence. Nous voulions accompagner l’écriture en sortant d’une logique de « réparation » personnelle, relativiser le rôle de l’accompagnant et favoriser la coopération entre participants. Nous voulions faire un peu plus de « pédagogie » et de « théorie » : permettre la construction de savoirs, faute de quoi on condamnait les débutants à l’impuissance. J’ai également décidé de former des animateurs de façon large, parce que ce pays en avait besoin ; et considéré, dernier clivage, que les pratiques sociales et professionnelles de l’écriture méritaient d’être travaillées en tant que telles… 1 Babel heureuse. L’atelier d’écriture au service de la création littéraire, Syros-Alternatives, 1989.
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