Les rêveries du chacal - Page 1 - test Alain Henouille Les rêveries du chacal Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2111-1 Dépôt légal : Novembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire Une journée pour mourir .................................. L’adieu à Gwendolyne...................................... Testament.......................................................... Le grenier.......................................................... A une sœur retrouvée........................................ L’amante religieuse .......................................... Le plus bel ange................................................ Bestiale killeuse................................................ Flash.................................................................. La feuille perdue............................................... Haute protection ............................................... File d’attente ..................................................... Finir .................................................................. Grosse fatigue ................................................... L’anarchiste mondain ....................................... ’Tit bout ............................................................ Gauloise blues................................................... Lassitude........................................................... 13 15 17 19 21 22 25 27 29 31 33 36 38 40 41 43 45 47 9 Le chant du diable............................................. Possession ......................................................... Une passe .......................................................... Galerie............................................................... Sécheresse ......................................................... Cerveau flou...................................................... Ma goule ........................................................... Petite lâcheté ordinaire...................................... Les zoomains .................................................... Mon cercueil ..................................................... Chaos final reporté à une date ultérieure .......... Notre enfance .................................................... Terroriste urbain................................................ La mort attend ................................................... Edouard ............................................................. Passions des veaux ordinaires........................... Joyeux Noël ...................................................... Le jeune guerrier ............................................... Logique schizophrène ....................................... Coup d’œil dans un miroir ................................ L’adieu .............................................................. Réduction .......................................................... Dis, mon fils….................................................. Le vagabond...................................................... La troupe ........................................................... Le promeneur .................................................... Vous, la mort..................................................... 10 49 50 51 53 56 58 60 62 65 67 68 72 74 76 78 80 82 83 85 87 89 91 93 95 97 99 101 Attila Joszef ...................................................... Pas de happy end pour nous ............................. Rien qu’une paire.............................................. Conseil à l’épouse délaissée et dévote pour qui le plaisir demande l’absolution .......... Mille mercis...................................................... 103 105 108 110 111 11 Une journée pour mourir Le soleil est haut dans le ciel. A le voir, on croirait qu’tout baigne, Qu’on n’boit que du lait et du miel, Qu’il n’y a aucun cœur qui saigne. Pourtant, permettez-moi d’vous dire : C’est une belle journée pour mourir… Y’a des gosses qui jouent dans la rue, Ils se rient de tout, insouciants. Pour eux, la vérité est nue. Ils ont le temps de dev’nir grands. Pourtant, montant à moi, leurs rires Me disent qu’il fait beau pour mourir… Deux amoureux, main dans la main, Se promènent isolés du monde. Ils ignorent encore que demain, Après l’amour, la haine gronde. Et c’est à travers leurs sourires Que j’vois qu’il est l’heure de mourir… Un chien est couché, nonchalant, Il profite de la chaleur. L’air chaud l’enveloppe doucement Il ne sait ni rage, ni peur. Lui, il a p’t’être un avenir, Pour moi, il va falloir mourir… 13 Journée comme il y en a peu Où la vie coule sans soucis. Pour peu, on se dirait heureux, On verrait partout des amis. Mais comme tout rêve doit finir, Faut bien s’décider à mourir… 14 L’adieu à Gwendolyne Tu joues par terre avec tes p’luches, Je te regarde, maladroite. Toi tu commences, moi je finis… Chacun son tour, c’est court une vie… Tu vois, je ne fais pas l’autruche : Je suis au bout de ma ligne droite. Tu as un an et des poussières Et je ne verrai jamais ton deuxième anniversaire. Tu me souris, ça m’illumine, Ça me soulage de la douleur. Tu vas grandir et m’oublier, Me laisser à l’éternité. Ce que j’ignore, je le devine. Ça ne fait que nourrir ma peur. T’as trois quenottes sur le devant, Je ne te connaîtrai jamais avec toutes tes dents. Tu m’aides à terminer mon temps. Tu n’sais pas tout c’que tu m’apportes. Tu n’auras de moi comme souvenir Que ce qu’on voudra bien te dire. Je t’aime tant, petite enfant Mais il me faut fermer la porte. Tu viens d’tomber de tout ton poids. Je n’te verrai jamais marcher en étant sûre de toi. 15 La bête qui lentement me dévore, Tu sais, celle que l’on ne nomme pas. Me fait un grand trou dans la tête. Elle est certaine de ma défaite. Je vais toucher mon dernier port, Celui d’où l’on ne revient pas. Tu n’sais encore que babiller Jamais je ne pourrai t’entendre commencer à parler… 16 Testament A la fin de mes jours, Lorsque viendra le temps Où, par manque d’amour, Ma vie fich’ra le camp, Je n’veux pas qu’on m’enterre Dans une rangée sordide D’un triste cimetière Aux allées toujours vides. Qu’au pied du plus beau frêne Du bois de mon enfance, Au petit matin blême, On m’fasse une résidence. Qu’on creuse un trou profond Et que l’on m’y dépose Couché de tout mon long Qu’enfin je me repose. Je veux que ceux qui m’aiment – Pour autant qu’il en reste – N’éprouvent pas trop de peine, Ne fassent pas trop de gestes. Qu’ils gardent pour d’autr’s les larmes Et les mains qui se tordent. Quand je rendrai les armes, Que tout reste dans l’ordre. 17
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