Des roses en décembre - Page 1 - test PIL Des roses en décembre Editions Editeur Indépendant 75008 Paris - 2007 3 er Le Code de la propriété intellectuelle du 1 juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droits. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS) Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L.122-5, 2° et 3° alinéas, d’une part que des copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (Article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. © Editions Editeur Indépendant – 2007 ISBN 10 : 2-35335- 051-8 ISBN 13 : 978-2-35335-051-3 Dépôt légal : Février 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. Déposé à la S.G.D. sous le numéro 2006 10359 4 AVANT PROPOS L’auteur : Comment justifier un avant propos ? Préparer le lecteur à entrer dans le tableau ? Le lecteur : Oui, mais surtout pas d’une manière ennuyeuse et indigeste ! L’auteur : Si je le faisais sous forme de dialogue ? Le lecteur : Pourquoi pas ? Alors oui ! Essayons ! Dialogue entre deux amies (en 1987). L’amie : « Tu prends ta retraite ? Déjà ? …Vous les fonctionnaires ! Excuse-moi ! Le couperet des soixante ans bien sûr ! Pourtant, l’âge n’est une justification que pour les syndicats! Rappelle-toi ! Nos parents la prenaient à soixante cinq ans ou plus.» Marie : « Et nos grands parents n’en prenaient pas du tout. Je sais. Les miens travaillaient encore à plus de quatre-vingts ans. Mais, je perçois ta réticence ; tu ne sembles pas d’accord. Toi, la retraite, tu la vois comment ?» L’amie : « C’est la fin de la vraie vie. Car la vraie vie, c’est travailler ! Etre à part entière, active dans le monde du travail. C’est courir des risques. Avoir encore quelque chose à décrocher. Quelque chose contre quoi se battre. Apprendre. Progresser. 5 Sortir de chez soi. Rencontrer tous les jours des gens, des clients, des collègues, déjeuner et discuter avec eux à midi, faire les magasins le soir avant de rentrer. La vie, c’est l’aventure ; là où il peut encore se passer quelque chose. Et la retraite, c’est être en marge de la vie. Tranquille chez soi. Plus besoin de se lever le matin. Tu vas fatalement t’encroûter. Tu ne crains pas ça ?» Marie : « Tu te fais une bizarre idée de la retraite. Plus besoin de se lever le matin ? Pour moi, c’est pouvoir me lever à l’heure que je choisirai. Pourquoi pas à cinq heures du matin, pour voir se lever le soleil, si le cœur m’en dit ? Je n’aurais pas à craindre d’être endormie à huit heures pour aller travailler. Et pourquoi voudrais-tu que je ne travaille plus ? Sais-tu que j’ai quatre propositions d’associations pour leur rendre service ? Je n’ai qu’à dire oui pour être plus occupée qu’avant, rencontrer des personnes nouvelles, me battre pour des causes nouvelles et les aider dans leur lutte. Tu connais l’adage « La retraite, c’est faire bénévolement ce qu’on faisait avant en étant payé. » Mais voilà ; vais-je dire oui ? Peut-être ; peut-être pas ! Pour moi, vois-tu, la retraite c’est un espace de liberté. Une liberté que je vais pouvoir remplir à mon goût, à ma convenance, sans stress. Tu ne crois pas que nous avons tous des tas de désirs, voire de facilités, pourquoi pas, même, de dons inexploités ? Alors, n’est-ce pas le moment de mettre tout cela en pratique ? D’essayer du moins. Par exemple, tu 6 ne crois pas que, prendre un pinceau, alors que tu l’as toujours désiré et jamais réalisé, tient de l’aventure ?» L’amie : « Tu ne vas pas me dire que tu veux devenir peintre, musicien ou écrivain à soixante ans ?» Marie : « Sans en faire un métier, ne serait-ce pas une occupation formidable ?» L’amie : « Ah, Ah ! Nous y voilà ! Un passe-temps ! Tu avoues !» Marie : « Mais si ça te passionne, pourquoi pas ? Quant à l’aventure, « elle est au coin de la rue ». J’ai bien l’intention de sortir de chez moi tu sais. Nous allons, mon cher et tendre mari et moi, profiter de notre liberté pour visiter le monde. » L’amie : « Je vois ça d’ici : cars Pullman ; avion première classe et hôtels de luxe. Choix d’un excellent tour-opérateur et visite de sites classés. Mais, c’est vrai quand même : les voyages ça te réveille et te fait sortir de tes habitudes. » Marie : « Et les aventures … Pourquoi ne pourrait-on pas en rencontrer après soixante ans ? Des aventures drôles… et modestes quand même…Il y a bien des roses en automne ! Et le poète a recommandé : ‘Cueillez, cueillez les roses de la vie’. Je rêve ? Je rêve ? Il y aura la réalité ! Mais, 7 comme par définition, les aventures, c’est de l’inattendu, je te raconterai çà dans dix ans ! » 8 CHAPITRE 1 - En chemin UNE LIBERTE TOUTE NEUVE Devant elle, les portes grinçantes s’ouvrent à deux battants. La cour du Lycée, vide d’élèves en ces premiers jours de juillet, est inondée de soleil. « Bonjour la retraite ! » Laisser derrière soi les salles vides, la nostalgie du passé, et marcher résolument vers une vie nouvelle ; un avenir qui a pour nom : « retraite ». Et c’est, légère, légère, que, délestée de la responsabilité de ses années d’enseignement comme de son lourd cartable, les yeux au ciel, et afin de se prouver qu’elle est encore pleine d’énergie et qu’elle peut profiter de son temps retrouvé, Marie choisit de rentrer chez elle à pied, sans se hâter. Depuis plus de dix ans qu’elle travaillait dans cet établissement, combien de fois s’est-elle promis : « Demain, je viendrai à pied !» En effet, quatre kilomètres, cela entretient la forme. Mais, il y avait toujours un obstacle. Le cartable trop lourd ; une course à enchaîner à la sortie ; les enfants à conduire à droite ou à gauche, et surtout : le temps… « Je n’ai vraiment pas le temps ! » Cette course au temps que toutes les femmes actives, souvent mères de famille, doivent chaque jour gagner, heure après heure, minute après minute ! 9 « Aujourd’hui, c’est fini et bien fini. Je repars à pied. » Et, calmement, dans un état aérien, un demi-sourire aux lèvres, elle s’engage sur le chemin du retour qui serpente entre les pavillons de banlieue de la région parisienne. Rapidement déconnecté, son esprit s’évade, et c’est les yeux dans les nuages, qu’elle invente son avenir. Tout un programme, pour l’instant mal défini, et changeant au gré du vent complice. Elle admire les nuages floconneux qui dessinent pour elle ses rêves, au gré de son imagination et de ses envies. 10 REVE N° 1 – Une chaise longue…longue… Tout d’abord, n’est ce pas une chaise longue, longue, bain de soleil tout blanc, garni de coussins bleus outre-mer, au bord de son Océan vendéen, qui l’appelle, entourée d’une pile de livres, non…d’une montagne des ouvrages qu’elle n’a pas eu le temps de parcourir durant ses années d’activité, et qu’elle voudrait lire ou relire ; ces merveilleux romans, surtout historiques qui ont le pouvoir de vous faire vivre, sans risque, ailleurs…dans un autre temps … Le lendemain… REALITE N° 1 Enfin libre ! Et le lendemain, quel plaisir ! Inutile d’attendre l’Océan ! Installée dans le jardin sur une chaise longue, dans un endroit mi-ombragé, bien choisi, au pied de son ami le grand cèdre bleu vert dépouillé de ses branches basses, un peu seule, elle savoure un premier roman qu’elle a eu beaucoup de mal à choisir, ayant envie de tout prendre à la fois. Et maintenant, ça y est ! Le rêve … Le rêve… depuis une heure à peine et le téléphone sonne déjà. 11 « Tu es là ! Je le pensais bien maintenant que tu es à la retraite ! Tu sais, j’ai des tas de projets à réaliser ensemble. D’abord, on va faire les magasins. Je t’emmènerai dans des endroits formidables ! Et puis, nous irons à la piscine… visiter des musées… suivre des conférences … Tu ne risques pas de t’ennuyer !» Pardon ? « M’ennuyer ? » Qu’est-ce que « m’ennuyer » ? ça veut dire « Merci de tes bons sentiments. C’est passionnant tout ça. Mais nous pourrons voir ça un peu plus tard ; tu veux bien ?» Et, saut sur la chaise longue qui se plaint bizarrement de la méthode. « Où j’en étais déjà ? Ah oui ! Au moment où le grand vizir reçoit ses titres des mains du pharaon. » Retrouver la page, la ligne, se perdre dans l’Ancien Régime égyptien d’il y a trois mille cinq cents ans, oublier le moment présent pendant quelques instants avec Maât, Isis et Hatchepsout, et… Drinn……Drinn…..Encore ? - « T’es là ! Tant mieux ! J’ai quelques amis chez moi . Maintenant que tu as le temps, tu viens prendre le thé ?» - « Tout de suite ?» - « Oui, on t’attend !» Marie prend le temps de la réflexion. Qu’inventer ? 12
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