Au-delà du désespoir... - Page 1 - test Bony Lenoir Au-delà du Désespoir… Roman Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1842-5 Dépôt légal : Septembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Préface Au moment où l’humanité entière avance vers la construction d’une nouvelle civilisation, celle de l’Espérance qui, grâce à la puissance des technologies de l’information et de la communication, ouvre de nouvelles perspectives et convoque l’humanité à une vie responsable et au développement durable, il est décevant de voir encore l’Afrique s’enfermer dans un cycle de violence inouïe. L’instabilité politique et la corruption généralisée dans les institutions, conséquences de l’immaturité politique de ceux qui gouvernent aux destinées des peuples en sont les preuves. D’ailleurs, ce n’est pas sans raison que les politiques africaines arborent çà et là leur volonté de résorber les crises liées à la violence et à l’injustice sociale. Les pouvoirs politiques continuent à cantonner leurs efforts dans les questions de paix et de sécurité, alors qu’ils sont eux-mêmes les sources de discorde et de déstabilisation du lien social. Est-ce qu’en violant les principes élémentaires de la démocratie et en exerçant la tyrannie liée à la corruption tous azimuts qu’ils vont construire la paix ? De cette manière, en 11 faisant de la paix leur leitmotive, vont-ils vraiment résoudre l’épineux problème du développement qui se pose aujourd’hui avec acuité ? Encore faut-il le savoir, dans ce domaine, la responsabilité est partagée avec les pays du Nord qui, par leurs différents lobbies, agissent sans état d’âme, créant ainsi ce qu’on pourrait appeler « une civilisation de la honte ». Quoi qu’on dise, l’Afrique et les africains ne sont pas condamnés à vivre dans la misère et le désarroi. Alors que les séquelles de l’esclavage et la traite négrière continuent à occulter la dignité et le devenir de tout un peuple, certains lobbies de la mafia pétrolière et autres continuent, dans un mercantilisme néocolonial, à entretenir le flou, l’injustice et la corruption aux seins des pouvoirs politiques ; de telle sorte qu’on ne peut même plus parler de l’espérance en Afrique. Pourtant, dans cette instabilité liée à la pauvreté et à l’injustice qui le rongent, le peuple africain a besoin de retrouver son identité. Il a besoin de retrouver l’horizon du bonheur. Il est appelé à donner sens à sa vie et à redécouvrir ses vraies raisons d’espérer. L’Espérance en question est, en fait, un défi où la responsabilité et le sens du devoir des dirigeants africains valent plus que l’or et l’argent. En nous plongeant dans le récit que constitue ce roman, nous découvrons un défi que nous avons à relever, celui de redonner l’espérance à tout homme en quête d’identité. Ce roman, qui puise dans l’imaginaire et le concret des hommes que nous sommes, est une invitation à relire notre histoire pour une meilleure appropriation des valeurs qui font la noblesse du politique. Ce n’est qu’au prix des efforts entrepris pour intérioriser ces valeurs que nous pouvons 12 avancer dans le chemin du développement qui est le vrai visage de la paix et ainsi espérer à un mieux-être. Car, c’est à force d’espérer qu’on franchit les barrières de la servitude et qu’on arrive à changer le destin d’un peuple. Et, Au-delà du désespoir, il y a toujours le bonheur pour celui qui ne cesse d’espérer. L’auteur. 13 Dédicace En souvenir de : – Pierre TEMBE Et – Solange BATIA, Qui m’ont donné l’occasion de voir la lumière du jour et m’ont conduit à découvrir le chemin de la connaissance et de la responsabilité ; En mémoire de toutes les victimes de l’intolérance politique qui a arraché, à nos cœurs, des personnes et des familles entières ; A toute la famille TEMBE, Je dédie cet ouvrage. 15 Remerciement Le présent ouvrage est l’occasion de témoigner ma profonde gratitude envers les personnes qui, de près où de loin, n’ont cessé de se mettre au service des plus pauvres de la planète. Je tiens à remercier plus particulièrement les amis de la communauté littéraire du Congo Brazzaville et ceux du Congo Kinshasa pour les multiples contributions dans le processus du développement en Afrique. Merci à Adélard KASESHI MULENGUE, à Alice Béatrice Youdi, à Monique MPOLO MALONGA, à Alexandre MISSIDI, et à Eric NKOUNKOU pour leur attention et leur soutien. A plus d’un titre, je remercie toute l’équipe de la Maison d’édition Edilivre – Paris pour le travail de qualité et pour son ouverture à tous les écrivains. 17 « Notre monde a besoin d’un nouvel élan humaniste qui réunisse tous ceux qui sont attachés à la dignité et à la liberté de la personne humaine. » (Frédéric LENOIR ; Le Christ Philosophe, Plon, 2007, p.299) « Je garde l’espoir qu’un jour les pays du Sud auront atteint un minimum vital, au point de vue de la croissance sans abandonner leur culture. J’espère aussi que les pays du Nord auront buté contre certains murs de la croissance débridée d’aujourd’hui dans le libéralisme qui n’a rien à voir avec la liberté. A ce moment, les uns et les autres seront libérés, comme disait Marx, des aspects purement matérialistes de la production. L’humanité pourra enfin donner le pouvoir à l’imagination et à la créativité, c’est-à-dire à la culture. » (Joseph KI-ZERBO ; A quand l’Afrique, entretien avec René Holenstein, l’Aube, 2003, pp. 184-185) 19 Partie I On la voyait de loin, la ville fleurie. Au flanc de la montagne, dominant la vallée de Yangala, entourée de prairies d’un vert éclatant, cernée de forêts descendues des Hauts, c’était la plus belle ville de Ntoyossak. Ce pays d’Afrique Centrale est l’une des plus petites terres convoitées par les peuples venant d’ailleurs. Ce pays est riche en bois, en pétrole et en minerais. Son histoire est marquée par des troubles, des émeutes et des violences accablantes. Au plan économique et politique, Baldobé – cette belle ville – est la plus peuplée et la plus influente des cités qui font la fierté du pays. C’est en son sein que la jeunesse, étourdie et pleine d’angoisse, commence à prendre conscience de la situation délétère dans laquelle elle se retrouve. Mabé, un jeune de Baldobé, âgé de 38 ans, de teint sombre avec une silhouette élancée aux cheveux crépus, sent monter dans ses tripes, la déception et l’indignation de tous ses frères. Depuis longtemps, il avait déserté sa propre maison et avait abandonné son épouse et ses enfants. Victime de la misère, il n’arrive plus à tenir les deux bouts du mois, à nourrir sa famille 21 avec la modique somme d’argent qu’il pouvait obtenir dans ses débrouilles. A cela s’ajoute les dettes du loyer qui lui pèsent en face parce qu’il est incapable d’y faire face. Il voit qu’il ne peut plus prendre ses responsabilités. La misère et la violence, dans le pays, deviennent de plus en plus insupportables. Il décide d’aller vivre loin des siens. Il trouve que la meilleure façon de vivre sans se confronter aux aléas de la société, c’est de vivre dans la rue. A l’instar des enfants de la rue qui déambulent çà et là, dans toute la capitale de Baldobé, Mabé découvre la vie de la gratuité et les mésaventures liées à cette dernière. Son errance et son désir de finir avec le nomadisme rustique le conduisent à découvrir, dans un endroit insolite de la ville de Baldobé, un jardin abandonné depuis fort longtemps. Ce jardin est situé dans la rue Jean Baptiste de Mercoli, près de la paroisse Sainte Anne de Baldobé. Autrefois, c’était le lieu de bons souvenirs pour les paisibles habitants de Baldobé. Il y avait des belles fleurs, une pelouse très propre faite des tracées admirables à l’œil nue. Pour la plus part des jeunes, c’était le lieu de distraction et de promenade. Ce jardin continue à leur rappeler des moments de joie et de tristesse. Bien que son parfum n’ait cessé de séduire les visiteurs, il favorisait cependant un climat de banditisme là où les gens espéraient trouver du repos. A causes des viols, des braquages souvent constatés, les gens ne voulaient plus s’y rendre. Aujourd’hui, ce jardin est devenu un lieu de malédiction. Oui, ce jardin maudit n’est plus qu’un souvenir. Abandonné à lui-même, tout le monde en a fait une poubelle. A la place des belles fleurs, on y trouve maintenant des tas d’immondices, des déchets 22
Au-delà du désespoir... - Page 1
Au-delà du désespoir... - Page 2
wobook