Un parfum de musc blanc - Page 1 - test Myriam Combes Un parfum de Musc blanc Roman policier Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Édilivre Éditions APARIS Collection Coup de cœur 56, rue de Londres, 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 - Fax : 01 53 04 90 76 - mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-35335-281-4 Dépôt légal : Avril 2009 © Édilivre Éditions APARIS, 2009 6 À Annie Basacomas, qui m’a toujours fait confiance, la seule a vraiment croire en moi, mon amie, ma sœur. Je t’aime pour ton rire, tes envies, tes folies, tout ce que tu es. Je te donne un bout de moi, encore. 9 « Enfant, vous êtes l’aube et mon âme est la plaine Qui des plus douces fleurs embaume son haleine Quand vous la respirez » Victor HUGO 11 CHAPITRE I Chris se ressert un whisky, allume une cigarette et s’affale sur le canapé. La télécommande à la main, elle est prête pour une soirée tranquille à la maison. – Arrête de fumer ! Lui ordonne Céline qui vient de sortir de la salle de bain. Ce n’est pas écrit assez gros sur le paquet que « fumer tue » ? – Hum, hum, lui répond négligemment sa colocataire sans la regarder, les yeux rivés sur l’écran de télévision. – Tu devrais venir avec nous, ce sera une occasion de te changer les idées. Tu vas t’amuser, viens ! Implore Céline qui vient de se poster devant le téléviseur, les mains sur les hanches, faisant en sorte de gêner Chris, pour essayer de capter son attention. – Allez ! Pousse-toi ! Je n’ai pas envie de venir minauder dans vos soirées ringardes ! Tu m’agaces maintenant ! Laisse-moi tranquille ! Et puis, remets le pantalon que tu portais tout à l’heure il mettait mieux tes fesses en valeur, ajouta-t-elle sur un ton narquois. Céline bougonna en s’écartant, puis suivit le conseil de son amie et retourna à nouveau se changer dans le dressing. 15 – Tu sais, tu connais tout le monde ! Reconnais que c’est un avantage, tu ne pourras pas avoir de surprises ou être déçue ! Hurla Céline qui venait de retourner se maquiller dans la salle de bain, estimant que le fard à paupière s’accommodait très mal avec sa nouvelle tenue. – Justement, chuchota Chris, j’en ai marre de voir toujours les mêmes têtes, rajouta-t-elle dans sa barbe. – Tu me parles ? Céline venait à nouveau de se coller devant l’écran, tournoyant sur elle-même dans l’attente du conseil avisé de Chris sur son apparence. – Tu es parfaite. Décale-toi s’il te plaît, je ne vois rien ! – Alors, que vas-tu mettre pour venir ce soir ? – Bon, maintenant tu vas arrêter avec ta soirée ? Souviens-toi du dernier samedi soir que j’ai passé avec toi et l’imbécile qui te sert de petit ami. Je me suis retrouvée dans une soirée minable à fredonner du Frédéric François toute la nuit ! Alors tes petites fêtes, non merci ! À partir de cet instant, considère que la conversation est terminée, et si toutefois tu comptais en rajouter, sache que j’ai fermé les écoutilles et que je suis complètement indifférente et hermétique à tous les arguments pitoyables que tu pourrais me servir, alors économise ta salive, et fiche-moi la paix ! – Alors, pour info, Marc est officiellement mon petit ami. – Évite de t’en vanter, coupa Chris. Ignorant sa remarque, Céline reprit : 16 – et cette petite sortie te ferait vraiment du bien, parce qu’à force de rester enfermer en permanence et à ne penser qu’à ton travail, tu deviens sordide ! Chris augmenta le volume de son émission, pour clore définitivement la conversation et avala une gorgée de son « Chivas ». Elle commençait déjà à compter à rebours dans sa tête, mais elle s’y était prise trop tard car Céline était à nouveau plantée devant elle. – Je te préviens, il te reste environ une vingtaine de minutes pour te préparer, alors tu ferais mieux de te dépêcher pour ne pas nous mettre en retard. – Tu sais ce que j’aime le plus en toi ? – Ne dis rien s’il te plaît et fais-moi plaisir, va t’habiller ! Chris savait que son amie serait de toute façon arrivée à ses fins, comme toujours. Elle éteignit sa cigarette, se leva du canapé, embrassa Céline sur la joue, et fila se préparer. Lorsqu’elle sortit de la salle de bain, dix minutes après, elle était affublée d’un jean et d’un tee-shirt PUMA. Elle avait à peine brossé ses cheveux, mais avait quand même fait l’effort de mettre du gloss aux lèvres. – T’as pas peur que ça fasse trop ? Demanda Céline sarcastique. – Je n’y vais pas pour plaire ! Et puis je n’ai pas besoin de ressembler à une poupée Barbie pour engager une conversation ou pour fredonner un tube des années cinquante ! – C’est pas sympa pour Frédéric François ! Tu es vraiment pénible ! Tu aurais quand même pu faire un effort ! Mais tu es belle quand même, consentit Céline. 17 – Sers-nous un verre s’il te plaît. Si je suis déjà à moitié saoule, je ne verrai qu’une partie de tes amis et j’arriverai peut-être à m’amuser un peu. – Whisky ? – S’il te plaît. Céline s’installa sur le fauteuil, face à Chris, s’empara de la télécommande et coupa le téléviseur. Elle fixa longuement son amie et réengagea la conversation : – Tu ne m’as toujours pas donné de réponse au sujet de mon mariage ? Comptes-tu accepter d’être mon témoin ? – Je cherche d’abord un moyen pour te convaincre de ne pas épouser ce type. – Pourquoi ne l’aimes-tu pas ? – Je crois qu’il ne te mérite pas. C’est tout. – J’aimerais que tu me donnes les raisons qui te font croire cela. Chris ne répondit pas tout de suite, et avala une nouvelle gorgée de whisky. Après une longue réflexion, elle regarda intensément son amie, inspira profondément et dit : – Ce mec n’est pas fait pour toi, il est imbu de sa personne, prétentieux, et déloyal. Un fils à papa qui a repris l’entreprise familiale, un crétin à qui l’on a tout cédé sans qu’il n’ait jamais rien à faire. Il est incapable d’amour. Il ne sait pas donner et encore moins recevoir. Si tu t’entêtes à rester avec, tu finiras, pauvre et cocue ! – Tu as conscience que ta franchise peut être parfois extrêmement vexante ? – Tu as posé la question et insisté pour avoir la réponse, c’est quoi le problème ? 18 – Il n’y en a pas. Chris savait pertinemment qu’elle l’avait blessée, mais elle était sûre que l’important était de lui ouvrir les yeux sur l’homme qu’elle croyait aimer. Elle se rappelait encore le dégoût, la colère, la douleur qui l’avait envahie, il y a exactement cinq mois, dans un bar du centre, « le Boulevard Café », très branché VIP, le genre d’endroit qu’elle déteste. Le cabinet de géomètre pour lequel elle travaille comme ingénieur, venait d’obtenir le projet « du lotissement NOYER », certainement le plus important de la ville. L’agence était en pleine expansion, et ce soir-là, le patron avait insisté auprès de tous ses collaborateurs pour sortir fêter l’événement. Ils prirent une table et quelques minutes plus tard, elle se levait pour aller sur la piste de danse. Chris aime beaucoup se dépenser. Elle apprécie n’importe quel sport qui peut la faire transpirer. Elle accorde beaucoup de temps aux salles de sports, à la nage et tous ses dimanches matin sont consacrés au footing. Chris dansa une bonne partie de la nuit et ne s’arrêta que lorsqu’elle voulut se rafraîchir. Elle se dirigea vers les toilettes et c’est seulement à cet instant qu’elle le vit. Marc était en retrait du salon principal, complètement au fond de ce que l’on appelle « la Petite Salle », celle où les rencontres fougueuses, s’adonnent à de longs baisers sur un grand canapé d’angle en cuir rouge. Elle voulut le saluer, et commença à se diriger dans sa direction. Elle fit à peine trois pas, lorsqu’elle vit une très grande femme à la chevelure rouge flamboyante, s’asseoir à ses côtés. Cette amazone rousse, lui offrit un des deux verres 19 qu’elle tenait dans chacune de ses mains et l’embrassa langoureusement, puis elle suça, avec frénésie sa lèvre inférieure aspirant la bave de sa grosse bouche sanglante, sans se préoccuper du reste du monde. Lorsqu’elle eut fini de gober sa lippe, elle posa sa main libre sur son sexe et appuya brutalement. Surpris, Marc rouvrit les yeux et vit Chris devant lui la bouche encore ouverte de béatitude. Elle ne put retenir sa colère. Son corps tout entier bouillait et la brûlait, sa tête implosait, les mots se mélangeaient, elle était folle de rage au sens propre et figuré. Après lui avoir aboyé dessus devant tout le monde, pendant dix minutes, Chris sortit du bar, bousculant la grande gigue à la chevelure brûlée. C’est alors qu’elle comprit. Il était « belle », mais sa pomme d’Adam proéminente trahissait le truisme de son corps de femme. Marc la suivit et l’implora de ne rien dire à Céline. Elle ne prit même pas la peine de lui répondre, lui claqua la porte de sa Twingo verte au nez et démarra en trombe. Évidemment qu’elle ne dirait rien à son amie ! Pour rien au monde elle ne voudrait l’humilier, mais son aversion pour Marc empirait de jour en jour. Céline avait repris son calme, et pour casser la glace, dit doucement : – Tu sais, je crois que tu devrais rencontrer un homme, ça te ferait du bien de vivre autre chose. Tu es trop prise par ton travail et tu ne penses pas assez à toi ma chérie. – Céline ! Je n’ai pas envie de rencontrer un homme ! Tu sais que de nos jours on n’est plus obligé 20
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