LE VISAGE DE L'ENFER - Page 1 - Jean Michel Moulignat LE VISAGE DE L'ENFER Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2010 3 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 41 62 14 42 – Fax : 01 41 62 14 50 – infos@edifree.com mail : Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-3151-6 Dépôt légal : Mai 2010 © Jean Michel Moulignat L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 10 « L'homme et sa sécurité doivent constituer la première préoccupation de toute aventure technologique .» Albert Einstein. 7 Depuis le mois de Septembre 2008, l'organisation Européenne pour la recherche nucléaire - le CERN - a mis en service le plus grand et le plus puissant accélérateur de particules au monde : le LHC. Construit sous la frontière Franco-Suisse, près de Genève , il ressemble à un pipeline composé d'une multitude de longs aimants cylindriques enfouis à plus de cent mètres sous terre dans un immense tunnel circulaire de vingt sept kilomètres de long. 9 A l'intérieur, les collisions frontales de particules subatomiques, projetées à une vitesse proche de celle de la lumière, vont dégager une énergie colossale et devraient révéler, entre autres, des informations sur les conditions qui régnaient aux premiers instants de la formation de l'univers, juste après le big bang, il y a environ quatorze milliards d'années. Cependant, face au légitime enthousiasme et à l'euphorie que suscite une pareille aventure scientifique, des voix se sont élevées, considérant que ces expériences recèlent des risques énormes. Parmi les détracteurs, Peter, un géophysicien Anglais, a constitué un comité d'opposants aux expériences du CERN et réalisé une simulation numérique montrant les conséquences possibles d'un "dérapage". Grâce au site WEB qu'il a spécialement créé, des millions de personnes, à travers le monde, peuvent maintenant voir son 10 document. C'est le cas de Hanz, particulièrement concerné, puisqu'il occupe un poste de technicien au CERN, en charge des installations électriques reliées au LHC. Il commence donc à regarder le document avec grand intérêt. Le titre très éloquent s'affiche : " LHC, LE GRAND DANGER " . Peter, le réalisateur, apparaît maintenant à l'écran, assis devant une table, face à la caméra, il se présente, indique sa profession de géophysicien et sa qualité de porteparole du comité qu'il a fondé. Il explique que ses motivations sont de faire prendre conscience à la population que les expérimentations du CERN comportent, selon lui, des probabilités de risques majeurs que l'état actuel des connaissances ne permet pas de maîtriser. Son objectif est de faire pression sur les autorités afin qu'elles imposent un moratoire sur ces expériences, jusqu'à ce que toutes les garanties de sécurité soient apportées. 11 Il précise que la réalisation du document a nécessité la collaboration de divers scientifiques et informaticiens, puis, après un bref rappel de ce que représente le CERN et ses objectifs, il entre dans le vif du sujet : « Ce que nous devons redouter le plus dans ces expériences, c'est la production accidentelle de micro trous noirs. Les plus mystérieux et les plus terrifiants objets de l'univers, dont un grand nombre de scientifiques admettent aujourd'hui l'existence, sont capables à l'échelle des galaxies, d'engloutir des étoiles entières ! Leur masse est tellement ahurissante que si l'un d'eux "avalait" la Terre, elle finirait dans le volume d'une balle de golf ! Les forces colossales d'attraction gravitationnelle qui règnent au coeur de ces monstres sont telles, que même la lumière ne peut s'en échapper d'où leur nom de "trous noirs ". Certes, des expériences sur les collisions de particules ont déjà été 12 réalisées, mais jamais à un niveau d'énergie aussi élevé, si bien que le passé ne constitue pas une base de confiance absolue, puisque les conditions d'expérimentation sont aujourd'hui totalement différentes. On peut craindre, en effet, que les énergies faramineuses dégagées lors des collisions, engendrent des réactions en chaîne incontrôlables, donnant naissance à des micro trous noirs devenant suffisamment massifs et stables pour désintégrer toute la matière environnante. Le LHC deviendrait alors une véritable machine infernale créant ces objets au pouvoir infiniment destructeur à coté duquel les pires cataclysmes que la Terre a connu paraîtraient insignifiants. Les hommes doivent-ils prendre le risque de transformer la Terre en enfer ? » Peter termine son commentaire en signalant, à titre anecdotique, que certains superstitieux ont vu dans le sigle du CERN, le chiffre "666" symbolisant le diable ! 13 Il laisse maintenant la place aux images. Les premières vues montrent le site du CERN dans son ensemble, très vaste, avec ses bâtiments, ses parkings, sa population. Deux techniciens empruntent une voie qui mène au LHC et après avoir franchi plusieurs passages sécurisés, ils prennent un ascenseur qui les transporte à plus de cent mètres sous terre. La porte s'ouvre sur un petit couloir qui accède au tunnel où l'on découvre cet immense complexe souterrain truffé de câbles électriques et surtout de ces longs aimants cylindriques à perte de vue. Eclairé par d'innombrables néons et autres lumières blafardes, ce lieu procure l'étrange sensation d'un monde futuriste, troublant, presque irréel. Les deux électriciens, chargés de la surveillance des circuits, s'arrêtent devant un poste électrique contenant une multitude de voyants, de boutons et de compteurs où ils effectuent des 14 relevés. Ils se dirigent ensuite vers un autre poste lorsque, soudainement, l'un d'eux s'arrête et demande à son équipier d'en faire autant. Celui-ci s'étonne : « qu'est-ce qu'il y a ? — j'ai entendu un bruit, une sorte de claquement, de crépitement. — Ah bon ? moi je n'ai rien entendu. — C'était à peine audible, çà doit venir d'assez loin ». Ils continuent leur chemin jusqu'au poste électrique suivant et, alors qu'ils effectuent de nouveaux relevés, le bruit, plus distinct, se fait à nouveau entendre. Cette fois-ci, ils l'ont bien perçu tous les deux et décident d'accélérer le pas jusqu'au moment où ils aperçoivent des lueurs bleutées qui se reflètent sur le sol. Stupéfaits, ils s'arrêtent brutalement : à une vingtaine de mètres devant eux, des arcs électriques jaillissent le long d'un gros aimant cylindrique. Il s'agit de petits éclairs saccadés, d'une dizaine de centimètres de long, dont la luminosité aveuglante les oblige à détourner le regard. Par réflexe, ils 15
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