L\'idée de la joie - Page 3 - test Jean Sébastien Loygue L’idée de la joie Le Web en 36 chandelles Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-35607-857-5 Dépôt légal : Juin 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Trente six chandelles 1 – Chaud et froid sur la planète........................ 2 – Démo en trois raccourcis............................. 3 – Chaud froid entre les hommes..................... 4 – Second raccourci : pénurie pétrolière.......... 5 – Troisième raccourci..................................... 6 – Ça va péter ! ................................................ 7 – Le dard et le radar........................................ 8 – Naissance du Web, pourquoi ? .................... 9 – L’homme quantique et Lao Tseu ................ 10 – Le futile dirait-il le futur ?......................... 11 – Le marketing viral serait-il autre chose qu’un jeu ? ........................................................ 12 – L’idée de la joie ........................................ 13 – Le maître du signe est le maître du sens.... 14 – Le pluriel commence à JE ......................... 15 – Le paradoxe du plus et du moins............... 16 – Quantique à deux Cantique à deux............ 11 13 16 19 22 25 26 29 33 35 41 42 45 47 49 51 7 17 – La polyphonie des baleines....................... 18 – De quel lieu je vous parle ?....................... 19 – Réseaux sociaux........................................ 20 – Les peurs du Web ..................................... 21 – Monsieur Jourdain ................................... 22 – Web2.0, plus que de la com’ ?.................. 23 – Économie & Web ..................................... 24 – Le Web est le micro processeur de la chaîne de com’ ........................................ 25 – La mort du papier ?................................... 26 – Du rire au chérir........................................ 27 – Le Web et la bonne humeur ..................... 28 – Lacan vieillit mal ! ................................... 29 – La mauvaise monnaie chasse-t-elle toujours la bonne ? ........................................... 30 – L’autre vie ................................................ 31 – Le langage................................................. 32 – L’ancienne terreur d’aimer des prédicateurs ............................................... 33 – Le savoir ................................................... 34 – Idées reçues sur la science ........................ 35 – Cogito & co............................................... 36 – The end ..................................................... 53 54 57 60 62 64 67 74 77 79 82 84 87 92 93 95 96 98 104 113 8 1 – Chaud et froid sur la planète Résumé : Nous craignons à tort le réchauffement de la planète ; mais c’est d’abord une nouvelle glaciation qui nous attend. Chaud et froid sur la planète. Pour le chaud, ce sont des images de cyclones poisseux. Ils poussent des montagnes d’eau jusqu’aux maisons. Leurs murs s’effondrent. Cahots mouillés. Violence formidable et molle. Étreinte qui étouffe et aveugle, noie. Notre boulimie d’énergie nous fait consumer la planète pour ne manquer de rien, ne louper ni une époque ni un avion ni un train. Ne s’arrêter jamais pour mesurer la trace. A la question : « Tu vas où là ? », la réponse est « Je vais ». Pour le froid, ce sont des mains de soldats plongées dans les ventres de leurs derniers chevaux. Retraite de Russie. Sait-on que les grognards partirent 500 000, revinrent 15 000 ? Dernier moment de chaleur : doigts dans les tripes, agonie à deux. Mon royaume pour un cheval ! Et encore des souvenirs invraisemblables. Voici une femme. Ses enfants ont grandi en Europe. La nostalgie la pique aux yeux. Elle veut retrouver « la maison de son enfance ». 11 Elle repart vers le pays de sa naissance. Avion puis traîneau. Hé oui, elle s’appelle Atamaniouk, ce qui veut dire « petit canoë » en Inuit. La banquise, un sol blanc, le ciel au dessus. L’espace s’est recouvert du temps. Tout cela broie du blanc. Tout cela fer à froid. Tout cela implacable. Tout cela plat. Comment retrouver « la petite maison de mon enfance » ? Là où nulle sente, nul bosquet, colline, meule, pas un clocher ne sonne. Pas un panneau, pas un ormeau, pas un stade. Rien que blanc sur blanc au sol et au ciel un gris parfois bleu, parfois rose, aveuglant. Ou la nuit. Peut-on s’imaginer qu’une petite fille soit née là ? Y ait grandi ? joué ? à quoi ? Invraisemblable. Pourtant, la caméra fouille en quête d’un premier plan dans cet espace. Mais il n’y a pas de premier plan. Jusqu’à zoomer sur trois rondins. Ils formèrent un jour un toit. Pourquoi ces images de chaud et de froid ? Parce que le réchauffement climatique dont nous parlons sans cesse n’est rien face à la disparition du pétrole. Une grande glaciation nous attend. Comme on dit « Coupez » au cinéma. Nous l’évoquons peu. Pourtant en quelques semaines nous serons démunis d’avions, de ferry, d’autos, motos, loto. Sauf de grelots de sonnettes aux vélos. Jusqu’à plus de traîneaux depuis qu’ils sont à moteur. Si nous voulions retrouver la « petite maison dans la prairie » de la petite Atamaniouk. Réchauffement de la planète ? Oui, mais il se profile vers la fin du siècle. Alors que ce qui nous pend au nez est une brutale glaciation ! Un moment très proche – 20 ans – où personne de dira plus « Moteur ! » à la caméra. A moins que… 12 2 – Démo en trois raccourcis Résumé : le développement n’est pas uniformément ascendant. Sa période d’incubation est déficitaire. Elle est longue, gourmande en énergie non solvable ! Première raccourci : le coût du développement. Au décollage des pays émergeants, 1€ investi n’en génère que 0,3. L’investissement s’époumone sans rendre ce qu’il avale – commencement du maillage des infrastructures, éventails de la sous-traitance au bout de chemins devenus rails, routes, pistes d’envol. Il faut construire les bases et pour cela emprunter. Les cellules souches du progrès se diversifient. Le corps entier n’est pas encore en place. On doit sans cesse nourrir la mère porteuse industrielle. Une avaleuse qui donne peu. Jusqu’à ce que l’enfant soit adulte. Alors son lait coule. On rembourse. Une fois le pays « développé », la tendance s’inverse. Un € investi en génère 1,3. Les économies émergeantes accélèrent leur lente montée en puissance en faisant travailler des enfants. Puis vient l’heure des 13 premiers conflits sociaux. Un rééquilibrage se fait alors. La main d’œuvre se qualifie, se libère, s’enrichit. Le Japon a concurrencé l’Europe jusqu’à devenir cher. Il a sous-traité ensuite à la Corée. Elle-même passe ses commandes en Chine aujourd’hui. Partout la grande croisade des enfants assure la croissance. Flash back : Europe, milieu du dix neuvième siècle. Pour qu’une famille de mineurs ait de quoi vivre il lui faut quatre enfants au travail ! ! 1930 : une loi anglaise interdit aux moins de 12 ans de travailler plus de douze heures par jour ! Plusieurs mécaniques s’enclenchent. Pourquoi parler de cela ? Parce que plusieurs mécaniques s’enclenchent à partir de là. Chacune aussi surprenante que la précédente. D’abord, de nombreuses générations ont à ce point investi dans ce qui fut leur bagne que l’on a du mal à obtenir des anciens esclaves qu’ils consentent à abandonner leurs chaînes. L’ouvrier pleure devant sa roue de justice. De laquelle l’automate le libère pourtant…Mais comment ressortir de la mine sans larmes ? Comment quitter Moulinex ? Le frein au changement rappelle un proverbe venu du désert berger : « Chaque âne cherche l’arbre auquel il veut être attaché. ». Nous sommes tous peu ou prou des ânes. Autres conséquences : D’abord, le fait d’avoir versé sueur et sang dans la construction d’une économie moderne nous dissuade d’attenter à notre outil de travail. Il n’en ira pas forcément de même dans les pays producteurs de 14 pétrole. Ils n’ont pas eu à immoler leurs minots pour qu’une industrie se déploie. Ensuite, le même amont produit un aval déjà lu dans la Bible. Ce ne sont pas les ouvriers du rail du temps des escarbilles qui revendiquent le maintient de conditions salariales exorbitantes en 2007, mais leurs descendants. Pourquoi parler de la Bible ? Parce qu’on y lit : « Les Parents ont mangé les raisins verts et les enfants ont eu les dents agacées.». Les marrons sont donc à sortir du feu après la bataille. Ce sont des héritiers des bagnes qui les croquent. La poitrine en sang est celle des générations d’avant. ! Phénomène aussi choquant qu’a pu l’être le « droit par naissance » aux prébendes jusqu’à la révolution. A présent ce sont de faux pauvres qui brandissent une iconographie en guenilles en évoquant des gourbis qu’ils n’habitent plus. Leur droit est devenu celui de toucher les dividendes des travaux forcés où furent enchaînés leurs grands-parents. Les rentiers du chagrin existent. Autrefois, « aller au chagrin » voulait dire qu’on se rendait à l’usine. 15 3 – Chaud froid entre les hommes Résumé : les denrées essentielles devenues rares vont faire se dresser les uns contre les autres les citoyens et les états. Le chaud et froid sur la planète nous fait passer à un scénario de chaud et froid entre les hommes. Les déchirements politiques entre pays producteurs d’un pétrole finissant de plus en plus cher et leurs clients déclencheront des conflits internationaux. Ils seront repris à l’intérieur des états par des jacqueries. Nous ne pouvons vivre en paix au prix de deux cécités : Celle des faux pauvres (héritiers des « vrais pauvres » d’autrefois) et celle des immensément riches. Chacun feint de ne pas voir les abandonnés du système. Une double bonne conscience aide à l’hypocrisie des deux clans. Parachutes dorés pour les uns, droit à la rente de la souffrance pour les autres. On débouche sur une question d’équité, nationale d’abord, mondiale ensuite. 16
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