Anthologie - Page 1 - Du même auteur : – Par tous les temps (I) et (II) – Poèmes en paroles – Sur une mélodie perdue – L’éternelle aventure – Aujourd’hui – De surprise en surprise – Ouvertures en terres d’oubli Les poèmes choisis pour cette anthologie sont extraits de ces recueils. 4 Paul Jolit Anthologie 2006-2009 Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 5 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1071-9 Dépôt légal : Juin 2009 © Paul Jolit L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 6 Glissement propice Un glissement propice à l’aube Me pousse au recommencement. J’ai le droit comme tous les autres De profiter aussi de mon temps. Du vin ! J’ai soif et puis je meurs ! Et je m’emporte au fil des verres. J’ai la soif propre à la colère Qu’on cuve en ruminant sa peur. Ça s’appelle communément Le courage de se laisser vivre. Du fond de mon puits, je dessine Des motifs pas très rassurants. Si le monde prenait le temps De s’occuper malgré son sort, Ça ferait des joies, et encore J’oublie les feux des revenants. 11 Si le monde prenait le temps D’écouter la pluie lorsqu’en flaques Elle effluve l’odeur d’un cloaque Qu’on assainit sans mauvais sang. 12 Le pont de l’Eure Sous le pont de l’ Eure, Il est un gars qui danse, Danse, danse à son heure Comme on ferait bombance. Et la musique le conduit Vers un gouffre d’oubli. Sous le pont de l’ Eure, Il est un gars qui danse. Sous le pont de l’ Eure, Il est un gars qui danse Et ses jambes s’élancent, Soulèvent le cœur des anges. Et la musique le conduit Sur les traces d’une amie. Sous le pont de l’ Eure, Il est un gars qui danse. Sous le pont de l’ Eure, Le garçon est parti. Le courant désuni 13 Après ses mouvements pleure. Pourtant, la musique immortelle Enlumine le ciel. Adieu le pont de l’ Eure… Il est en Paradis. 14 La louve Une louve s’est tapie Au cœur secret de l’ombre. Le vent d’est a rugi Ses froidures ancestrales, Prises d’une sanglante envie De se remettre à table. Elle s’était habituée A parcourir les champs. Le long des allées sombres, Elle se faisait les dents Sur une gorge profonde. L’agneau mourait du rang. Le temps n’est plus depuis. L’obscurité se noie Dans un bouillon appris A l’école du jusant. Et la louve sourit Quand elle croise un enfant. 15 Les moutons Je remonte la pente. Je te l’avais prédit Et si le remords hante Encore parfois ma vie, Ne va pas me jauger A l’aune de tes pensées. Les moutons dans la plaine Broutent mes plants d’osier. Je remonte la pente Au large des cinq îles Qui entourent ma violence. Elle crie grâce et merci. Ne va pas la jauger A l’aune du temps passé. Les moutons dans la plaine Raccourcissent mes haies. 16 Je remonte et, en rêve, Défilent des images. Elles servent de modèle A mon remue-ménage. Ne va pas en jauger La seule réalité. Les moutons dans la plaine Hérissent leurs barbelés. 17
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