Sanchez et McCormick - Page 1 - test Yohann Défossez Sanchez & McCormick Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1730-5 Dépôt légal : Septembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire Première partie – De nouvelles connaissances Jour 1 – Mercredi – Quand les truands sont pendus, les tueurs dansent......................... 13 Jour 2 – Jeudi – L’énigme du Yakusa .............. 45 Jour 3 – Vendredi – La vieille dame et le geek 65 Jour 4 – Samedi – Journée en famille............... 95 Jour 5 – Dimanche – Enquête dans le noir ....... 109 Jour 6 – Lundi – Premier jour de doute ............ 121 Jour 7 – Mardi – Deuxième jour de doute ........ 131 Jour 8 – Mercredi – La tanière du fantôme ...... 133 Deuxième partie – Un nouveau départ Jour 9 – Jeudi – Brad Pitt à la morgue.............. 149 Jour 10 – Vendredi – Déboussolés ................... 173 Jour 11 – Samedi – Un enterrement mais pas de mariage.......................................... 187 9 Troisième partie – La traque Jour 41 – Mardi – Changement de voie ............ 205 Jour 42 – Mercredi – En route pour Chicago ! . 225 Jour 47 – Lundi – Torrès craque ....................... 231 Jour 48 – Mardi – Préparatifs............................ 245 Jour 49 – Mercredi – Un premier vol inoubliable ............................... 255 Quatrième partie – Game Over Jour 50 – Jeudi – Convalescence méritée ......... 291 Jour 52 – Samedi............................................... 297 Jour 56 – Mercredi ............................................ 301 Jour 57 – Jeudi .................................................. 303 Jour 58 – Vendredi............................................ 305 Jour 59 – Samedi............................................... 307 Jour 60 – Dimanche .......................................... 309 Jour 61 – Lundi ................................................. 311 Jour 62 – Mardi................................................. 313 Jour 63 – Mercredi ............................................ 315 Jour 64 – Jeudi – Le dernier face à face............ 317 Jour 68 – Lundi – Ce n’est qu’un au revoir ...... 325 10 Jour 1 – Mercredi Quand les truands sont pendus, les tueurs dansent Los Angeles. La Cité des Anges. La cité des rêves. La cité des désillusions. La cité de la décadence. La cité du crime. Être flic à L.A demandait du cran. Et d’avoir l’estomac bien accroché. Le petit shérif perdu au fond de sa campagne texane ne devait pas tous les jours tomber sur des types complètement nus pendus par les pieds auxquels on avait arraché le cœur, ledit palpitant ayant été négligemment déposé au fond de la gorge de la seconde victime. Encore un qui a dû regarder Predator en boucle, avait songé Ryan McCormick en entrant dans la pièce. Des dingues. Tous. Ils étaient tous dingues. Trafiquants, dealers, tueurs à gages, mafieux… Même le plus disjoncté des camés en manque n’aurait pas fait une chose pareille. C’était du gros gibier. C’était un exemple. Un avertissement. Pour qui ? Des rivaux ? Les flics ? Ou juste une simple mise en scène pour alimenter les tabloïds et peut-être inspirer un futur film aux studios Hollywoodiens tout proches ? 13 – Qu’est-ce qu’on a, Murphy ? demanda McCormick à un de ses collègues. – Un type à poil pendu par les pieds à qui il manque le cœur, répondit l’autre du tac au tac. – Ah merde, je pensais que c’était un nouveau style de déco, ironisa McCormick. – Tu crois que le légiste arrivera à trouver la cause de la mort ? fit Murphy en pouffant. – Je parierais votre salaire que ce n’est pas l’arrachage du cœur qui l’a tué, lui répondit une voix féminine derrière lui. La légiste. Une petite blonde coupé court, mignonne mais sévère. Trop pince-sans-rire. Bourreau de travail. Rat de laboratoire. – Si vous sortir le cœur de la poitrine ne contribue pas à vous tuer, dit Murphy en se retournant, je ne vois pas très bien ce qui pourrait le faire ! – Il aurait pu être tué avant qu’on lui fasse ça ? demanda McCormick. – Très probablement, répondit la légiste. Si vous regardez bien il y a assez peu de sang sur le corps et au sol. Faire ce genre de… « d’opération » sur une personne vivante aurait repeint la moitié des murs à coup sûr. – Donc comment est-il mort ? demanda Murphy. – Je suis légiste, pas devin ! L’autopsie nous le dira ! Mais ma première hypothèse est qu’il a été tué bien avant qu’on ne lui fasse ça. Le sang avait déjà eu le temps de coaguler. – C’est qui d’ailleurs, ce type ? fit McCormick en jetant un œil sur le calepin de Murphy. 14 – Ricardo Delalombra. Un caïd local. Came, putes, racket… Tenancier d’une chaîne de clubs de strip. Un gars bien sous tous rapports. – Un règlement de comptes ? – Plus que probable. Il avait un casier qui aurait pu rivaliser avec un annuaire. – Il faisait partie d’un gang ? – Pas à notre connaissance. C’était un freelance. – Il marchait sur les plate-bandes d’un plus gros poisson ? – Encore trop tôt pour le dire. Il faudra attendre d’en savoir plus. – J’irai cuisiner quelques indics. S’il y a quelque chose à trouver, je le trouverais. Et la fille ? – Une pute. Certainement tuée parce qu’elle se trouvait là et que ceux qui ont fait ça ne voulaient pas de témoins. Mais rien de plus probant. * * * Le reste de la matinée passa rapidement. Les types du coroner décrochèrent le corps après qu’il eut été pris en photo sous tous les angles possibles et que tous les indices imaginables aient été examinés, puis l’appartement fut passé au peigne fin. Même un cafard ne serait pas passé inaperçu. McCormick en était à son quatrième café de la journée lorsque son portable fit retentir à tue-tête le final de l’ouverture de 1812 de Tchaïkovski. – McCormick. – Où êtes-vous ? 15 Bonjour à vous aussi, commissaire. Ravi de vous entendre ce matin. Vous avez passé une bonne nuit ? – Sur la 43ème, répondit-il en ravalant la phrase qu’il avait pensé machinalement. Un caïd local pas joli-joli à voir. – Le type sans cœur ? – Je ne le connaissais pas personnellement pour pouvoir l’affirmer, commissaire, fit-il malgré lui. Oui, celui auquel on a arraché le cœur. – Vous en avez encore pour longtemps ? – Pour le moment, non. On a pratiquement terminé ici. Les gars sont en train de remballer. – Bien. Vous passerez me voir à mon bureau. J’ai quelque chose pour vous. – Ce n’est pourtant pas mon anniversaire, commissaire. La tonalité lui répondit. C’était toujours agréable. McCormick se dirigeait vers l’entrée quand un cri le fit se retourner. En contournant la table basse, Murphy avait marché sur les restes de la tâche de sang, juste en dessous de l’endroit où le corps était accroché. Sautant prestement sur le côté en jurant, il examina sa semelle. – Bordel, des grolles à 800 $ ! ‘pourraient pas s’entretuer proprement, ces cons ?! – Si au moins ils pouvaient tous vraiment s’entretuer jusqu’au dernier, lui répondit McCormick, ça nous ferait des vacances. Je passe au commissariat. Dès que tu as des infos, tu me passes un coup de fil, OK ? – Compte sur moi. 16 McCormick redescendit les quatre étages de l’immeuble en petites foulées. Les ascenseurs, il n’aimait pas trop. Il n’était pas vraiment claustrophobe, mais il n’aimait pas se sentir à l’étroit. Arrivé dans la rue, il se dirigea vers une Pontiac Firebird de 1969 à la robe noire rutilante. Son bébé. Aussi efficace pour coincer les truands que pour lever les minettes. Il s’installa au volant et un large sourire étira ses lèvres. Après avoir chaussé lunettes de soleil et gants en cuir, il tourna la clef sur le contact et fit rugir le V8 de 250 chevaux. La sonorité rauque de la cavalerie fit tourner quelques têtes parmi les passants. OK, ça suçait pas mal quand il passait à la pompe. Et elle engloutissait la moitié de sa paie en entretien et en lavage. Mais ça valait le coup. Démarrant en faisant crisser légèrement les pneus par pur plaisir d’attirer les regards, il enfila la succession de rues perpendiculaires jusqu’au commissariat et se gara sur le parking du personnel. Loin des autres voitures. Des fois que quelqu’un la raye en ouvrant sa portière. En entrant dans le hall du bâtiment, il fut tout de suite assailli par le bruit de la foule des grands jours : visiteurs hystériques venus signaler des disparitions, suspects menottés qui hurlaient leur innocence, sonneries de téléphones ininterrompues, c’était un brouhaha permanent. S’engouffrant précipitamment derrière le comptoir en saluant les officiers de service, il franchit la double porte menant aux locaux administratifs, avide de leur calme relatif. – Hey Ryan, ça tient toujours ce dîner ? lui demanda une petite blonde qu’il croisa entre les bureaux. – Bien entendu, dès que j’ai une soirée de libre, lui répondit-il en lui pinçant les fesses. 17 Mais ne compte pas là-dessus avant un bon bout de temps, ajouta-t-il mentalement. Maintenant qu’il avait couché avec elle, il n’était pas pressé de réitérer. McCormick aimait les femmes. Mais rarement deux fois la même. Il fut un temps, pourtant, où même lui avait été sage. Marié, un gamin. Divorcé. La garde de son fils un week-end par mois. A la limite, c’était mieux comme ça. Personne ne l’attendait plus à la maison le soir. Personne ne tremblait plus à chacun de ses retards ou quand la sirène d’une ambulance passait dans la rue en hurlant. Et il était trop souvent absent pour élever convenablement un gosse. Ça lui permettait en outre de multiplier les conquêtes d’un soir. Ryan McCormick présentait plutôt bien : grand, bien bâti, décontracté, bientôt la quarantaine, l’archétype même du beau brun ténébreux. Et une attitude qui plaisait autant aux femmes qu’elle effrayait les destinataires de ses interrogatoires musclés. – Les Spurs ont gagné hier, lança-t-il à un autre de ses collègues, tu me dois 20 billets ! – Ouais, un coup de chance ! répondit l’autre en sortant la monnaie en rechignant. Arrivé devant le bureau du commissaire, il vit au travers de la porte qu’il n’était pas seul. Une jeune femme était assise sur une chaise devant le bureau. Pas très grande à première vue, brune, les cheveux noués en une longue queue de cheval qui lui descendait jusqu’au milieu du dos. Il frappa contre la vitre. Le commissaire leva les yeux et lui fit signe d’entrer. La femme se tourna vers lui. Typée hispanique. Jolie. Très jolie. – Ah, McCormick, l’accueillit le commissaire. Comment ça se présente, cette affaire ? 18
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