Arizona, seul à l'arrivée - Page 1 - Allison Nicolleau Arizona, seul à l’arrivée Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 5 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1048-1 Dépôt légal : Avril 2009 © Allison Nicolleau L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 6 Sommaire Chapitre 1 – La naissance ..................................... 11 Chapitre 2 – Le dressage ...................................... 19 Chapitre 3 – Entraînement Intensif ...................... 27 Chapitre 4 – Le vainqueur .................................... 43 Chapitre 5 – L’inédit des champs de course ........ 53 Chapitre 6 – Le critérium ..................................... 69 Chapitre 7 – Un remplacement imprévu .............. 85 Chapitre 8 – Public conquit .................................. 105 Chapitre 9 – Une victoire inattendue .................... 119 Chapitre 10 – Des sensations retrouvées .............. 127 Chapitre 11 – Lorsque le malheur succède au bonheur .............................................. 151 Chapitre 12 – Premier galop sur le sol français ... 169 Chapitre 13 – Prêts à tout ! ................................... 197 Chapitre 14 – Seul à l’arrivée ............................... 213 9 Chapitre 1 La naissance Le brouillard se dissipait lentement, laissant voir un modeste petit village campagnard. De nombreux commerçants vantaient leurs produits. Un couple d’une trentaine d’années admirait les légumes d’un vieux marchand. Après avoir acheté de grosses salades et quelques carottes, ils s’assirent sur un banc en bois. La femme était brune et bouclée, l’homme était blond. Ils parlèrent pendant plusieurs minutes puis, tout à coup, une sonnerie retentit et une centaine de collégiens sortirent d’un établissement. Un adolescent se détacha d’un groupe et rejoignit le couple. Il les embrassa puis ensemble ils rentrèrent chez eux. Le jeune homme s’appelait Antoine et allait avoir 14 ans le lendemain. Il remercia ses parents d’être aller le chercher pour sa dernière journée d’école. Les Dermond étaient fermiers. Ils possédaient quelques poules, des vaches à lait, une bonne dizaine de chèvres et une jument pleine qui s’appelait Océanie. Elle était d’une robe alezane, ses crins recouvraient toute son encolure. Son ventre était énorme, le poulain allait bientôt naître. 11 Les parents d’Antoine ne savaient qu’offrir à leur fils pour son anniversaire. Quand ils lui demandaient, il haussait les épaules. Il n’avait qu’une passion, les chevaux. Sa chambre était simple ; quelques posters de célèbres chevaux de course étaient affichés sur les murs blancs. L’adolescent regarda par la fenêtre, il avait de là , une vue imprenable sur le village et sur la jument. Celle-ci était occupée à brouter dans la prairie. Il l’observa quelques minutes, mais soudain il se retourna, le visage rayonnant. Il sortit en toute hâte de sa chambre et entra en courant dans la cuisine. Il appela ses parents, mais aucune réponse ne lui parvint. Il alla au poulailler où il les trouva, occupés à ramasser les œufs. Il dit : « J’ai trouvé, pour mon anniversaire, je voudrais… le poulain d’Océanie. Les parents éberlués se regardèrent et se firent un signe de tête. Christophe parla à son fils : – Nous sommes d’accord mais il faudra le mériter, il te suffit de te rendre utile à la ferme ! » Antoine sourit puis sortit du poulailler. Il se dirigea vers le pré et appela la jument. Elle approcha, marchant péniblement, elle frotta sa tête contre le torse du garçon et se mit à lui renifler les poches. Il y plongea une main et en sortit une carotte qu’il tendit à sa jument. Elle prit le légume entre ses dents et le mâcha bruyamment puis, elle regarda fixement les yeux de son ami. Une paix et une gaieté rare reposaient dans le cœur de la jument, elle semblait aimer ce garçon… 12 Antoine la caressa amicalement mais sa mère l’appela pour aller à table. Il sortit alors du pré et entra dans sa maison, Océanie se mit à hennir, Antoine se retourna et vit sa jument devant la clôture qui le regardait tristement fermer la porte. Après le souper, il se coucha et s’endormit à la lueur de sa lampe de chevet. Le lendemain, Antoine aura 14 ans ! Des hennissements déchirèrent la nuit, Christophe réveilla son fils et annonça : « Océanie va mettre bas, viens vite ! » Il suivit son père et vit sa jument allongée dans l’étable, elle transpirait abondamment, ses flancs étaient humides, tout son corps frémissait. Antoine aperçut sa mère qui, dans un coin, les observait. Mais Océanie s’agita et elle perdit la poche des eaux. Puis, au rythme des contractions, une tête sortit, puis les deux pattes antérieures et l’arrière main d’un poulain encore fragile. Le jeune animal était enveloppé d’une membrane protectrice qu’il avait percée afin de pouvoir respirer. Le poulain était noir comme l’ébène, sa crinière brillante était noire également. Océanie se releva et le lécha afin de le nettoyer et de lui transmettre une odeur. Elle enleva également la membrane du poulain. En se relevant, la jument avait rompu le cordon ombilical. Antoine les observait, stupéfait. Alors il dit : « Arizona, il s’appellera Arizona ! Ses parents le regardèrent et dirent à l’unisson : – Joyeux anniversaire fiston ! » 13 Le poulain se leva sur ses pattes mais retomba lourdement sur ses postérieurs, il réessaya une deuxième fois qui eut plus de succès car il tint debout ! Dressé sur ses membres encore tout tremblants, il fit quelques pas et chercha les mamelles sous le ventre de sa mère. Puis, après les avoir repérées, il avala gloutonnement des gorgets du lait maternel. Quelques minutes plus tard, Océanie expulsa le placenta. Antoine et ses parents décidèrent de partir afin que la mère et son foal puissent se reposer. Antoine se recoucha et rêva d’Arizona et lui qui galopaient à folle allure dans un pré… Le lendemain, le garçon se leva de bonne heure. Il alla voir son père, occupé à traire les vaches. Il s’approcha de lui et ouvrit la bouche mais son père l’interrompit et lui déclara : « Il faudra le dresser ! Regarde le, c’est tout le portrait de son père ! – Mais au fait, qui est son père ? – L’étalon sauvage qui vit dans la forêt ! J’ai vu une photo de lui dans le journal ! On raconte que cet étalon noir, nommé Démon, a appartenu à un éleveur arabe. Mais une nuit, plusieurs hommes auraient volé l’étalon pour l’emmener en Europe. Quand les hommes ont descendu le cheval de l’avion, il se serait débattu et les hommes l’auraient lâché ! Le cheval, étant libre, se serait échappé et personne n’a réussit à l’approcher. Je pense que cet étalon a 7 ans. L’année dernière, des chasseurs ont prétendu l’apercevoir de loin. 14 Démon est surtout réputé pour ses produits ! Depuis qu’il vit dans la forêt, l’étalon a saillit une bonne vingtaine de juments ! Océanie en fait partie. Les produits de Démon sont tous devenus chevaux de course et quelques-uns uns ont même été des champions ! Surtout un, Zeno-bolide, qui a remporté six groupes I ! C’était un vrai crack, il était même le favori du prix Lupin ! Mais… il a dû arrêter prématurément les courses à cause d’un accident lors d’un entraînement ! En ce moment, pratiquement tous les éleveurs de la région ont un foal de Démon. Peut-être que certains deviendront des champions… mais ils ne galoperont pas assez vite pour gagner contre ton poulain ! – Pourquoi Arizona serait-il plus rapide ? – Parce qu’il a des cracks parmi ses ancêtres. La mère d’Océanie, nommé Perle, a gagné plusieurs prix et battu des records, son père est le célèbre Centoria ! Il a gagné l’Arc de Triomphe en temps record ! Océanie montre une grande agilité et est capable de pointe de vitesse mais nous ne l’avons pas dressé pour courir ! Regarde encore ton poulain, Antoine cela ne fait que quelques heures qu’il est né et déjà je reconnais en lui de la vitesse et du caractère. Je pense qu’il suivra les traces de ses grandsparents. – Oh oui, c’est ce que j’allais te demander, ses pattes sont fines et longues, son poitrail est musclé et il a une très grande agilité. – Très bien, dans 18 mois, nous l’habituerons au mors et nous le ferrerons. – Pourquoi attendre si longtemps ? 15 – Il lui faut du temps, il doit d’abord arrêter de boire le lait de sa mère, manger des végétaux, ensuite, il faut que Océanie lui apprenne ce qui lui est comestible et qu’il se débrouille seul. » Antoine hocha la tête et repartit dans sa chambre, prit un livre sur les chevaux, tourna quelques pages puis s’arrêta, son doigt se posa sur un article intitulé : Le temps fait partie du dressage Il est important de manipuler votre poulain dès la première semaine suivant sa naissance. Cela vous permettra de l’ habituer à vous et l’ entraînement vous sera plus facile. N’ hésitez pas à jouer avec lui. Mettez-lui un licol mais, pour cela, il vous faut gagner sa confiance. Donnez-lui à manger dans votre main tout en le caressant. Il vous faudra du temps et beaucoup d’ amour pour que votre poulain ait totalement confiance en vous. Lorsque vous le sentez prêt, vous pouvez commencer à dresser votre poulain. Pour les chevaux de plat, le débourrage se fait dès 18 mois. Tout d’ abord, le faire tourner en longe, le ferrer et l’ habituer au mors. Ensuite, déposez délicatement la selle sur son dos. Il se débattra sûrement pour se libérer mais quelques jours de patience suffiront pour qu’ ne il craigne plus la selle. La phase la plus complexe est de le chevaucher. Attention, le poulain est rusé, ne vous fiez pas aux apparences ! Antoine releva sa tête du livre et murmura : « J’y arriverai. » 16 Chapitre 2 Le dressage Antoine rentra dans la sellerie et prit un filet. Arizona n’était plus un petit poulain mais un cheval d’environ 1 mètre 60 ! Et pourtant il n’avait pas terminé de grandir. Il avait été ferré la semaine précédente et s’y était habitué rapidement. Arrivé au champ, le jeune homme appela son cheval qui arriva accompagné de sa mère. Antoine le caressa longtemps puis plaça les rênes par-dessus l’encolure du cheval. Celui-ci se débattit. Le garçon dut recommencer. Le deuxième essai eut plus de réussite. Mais au moment où l’enfant mit le mors dans la bouche d’Arizona, l’animal se cabra, hennissant et roulant des yeux de terreurs. Aussitôt, Océanie hennit à son tour mais d’un ton menaçant. Alors Arizona se tut et laissa Antoine lui mettre le filet. Quelques semaines plus tard, Antoine commença à lui mettre la selle, il la posa sur le dos du cheval qui fit volte-face, le regarda d’un air féroce et tenta de le mordre. Océanie s’interposa une nouvelles fois. 19
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