LA MACHINE A RAJEUNIR - Page 1 - ROBERT DUVERNE LA MACHINE A RAJEUNIR Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2010 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-3013-7 Dépôt légal : Février 2010 © Robert Duverne L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 6 Michel Beps est un expert en informatique, très calé également en électronique. Il a mis tout son savoir à réaliser une machine, qui lui permettra de transférer les informations stockées dans le cerveau d’un individu vers celui d’un autre. Après une courte expérimentation il va réaliser l’expérience sur son épouse, pour lui permettre de survivre à une maladie dont nous ne guérissons pas encore de nos jours. Il va rajeunir sa femme de soixante cinq années, en chargeant la totalité de sa mémoire dans un corps juvénile. La machine, pourrait bien dans un futur relativement proche être d’actualité. Le rêve de chacun d’entre nous est sans aucun doute, qu’elle puisse fonctionner au moins une fois à son profit. Il reste à savoir si son concepteur serait d’accord pour vous en faire profiter. 9 Soixante ans déjà, je n’avais pas vu le temps passer. Employé dans une société spécialisée dans l’électronique depuis l’âge de dix huit ans, je devais partir pour céder la place aux jeunes loups à l’ambition débordante. En France, notre société a pour habitude de se débarrasser, au sein de ses entreprises, de son personnel ayant dépassé la cinquantaine. Peut-être estime t-elle que ces gens là, contrairement à d’autres pays où ils sont ardemment recherchés, n’ont plus l’efficacité des jeunes, qu’ils sont à l’apogée de leur carrière, retranchés dans l’attente de la retraite et dénudés de toute possibilité d’innovation. Je pensais pouvoir encore servir efficacement mon employeur, comme je l’avais toujours fait avant que l’on me prouve le contraire. Mon patron m’avait convoqué solennellement dans son bureau pour me dire: - Monsieur Michel Bepbs vous êtes autorisé à faire valoir vos droits à la retraite. Nous avons été très satisfaits de vos services et pour ma part je vous regretterais, vous laisserez un vide parmi nous. Je connaissais les éloges de fins de carrières pour en avoir rédigé quelques-unes et je ne me faisais aucunes illusions sur le sens profond de ces paroles. Je serai volontiers resté, mais on me pressait de partir, ce que je fis un avec regret. J’étais marié à Martine depuis trente trois ans et nous avions vécu toutes ces années dans un bonheur presque sans nuages. Nous étions un couple sans enfant, un problème chez ma femme nous ayant empêché d’être des géniteurs potentiels et l’adoption pour nous ne pouvait pas être envisagée. 10 Martine était de Cinq ans mon aînée. Brune aux yeux bleus, elle était encore très belle et faisait beaucoup d’efforts pour le rester. Son âge lui pesait de plus en plus et à chaque anniversaire, il y avait dans ses beaux yeux beaucoup plus de tristesse que de joie. Bien qu’elle ne m’en parle rarement, Je constatais de jour en jour, que le temps qui s’écoulait était pour elle comme le glas de la vieillesse qui sonne votre fin prochaine. Chaque nouveau cheveu blanc découvert dans sa belle chevelure faisait l’objet d’un arrachage systématique comme pour retarder l’écoulement inexorable des saisons. Les heures passées devant la glace à tender de faire disparaître les rides naissantes sous un maquillage délicat, étaient plus longues chaque jour sans pour cela stopper leur apparition. Elle redoutait de se voir vieillir et chaque fois qu’elle se revoyait jeune et belle sur nos albums photos, sa joie de vivre s’envolait, pour laisser place à l’amertume et la tristesse. Elle n’avait pas travaillé à temps plein, pendant toutes ces années de vies communes, car au sein de ma fonction la stabilité n’était pas de mise et nous changions souvent de localité. La firme qui m’employait, m’envoyait plus souvent que je ne l’aurais désiré, dans des villes différentes de France où d’ailleurs, afin d’y installer des réseaux de matériels de sa conception. Martine devait souvent s’inscrire à des sociétés de travail temporaire pour pouvoir obtenir un travail qui ne pouvait-être que provisoire. Sa retraite n’était donc pas très grosse et la mienne ne représentait qu’un revenu moyen. 11 En effet, elle ne pouvait être perçue complète que lorsque j’aurais atteint l’âge de soixante cinq ans. Nous avions donc décidé pour améliorer nos fins de mois de trouver un petit emploi pas trop contraignant. Le choix c’était porté sur le gardiennage de propriété et nous avions fait paraître une annonce à ce sujet. Les propositions ne manquèrent pas et nous avions eu que l’embarras du choix. Après quelques hésitations, nous avions opté pour une propriété située dans le Morvan près d’Autun. C’était un beau château qui datait du milieu du dix-huitième siècle. Il était situé près du petit village de Broyer, qui ne comptait que sept cents âmes environ, en bordure d’un petit ruisseau, le Rancon et s’appelait pompeusement, le château de Prelat. Fraîchement rénové extérieurement, il cumulait à la fois la beauté de son siècle natal et la modernité de son intérieur. Située dans un parc de deux hectares ou se perdaient les dépendances comme la serre, le garage, le potager, la piscine, le cours de tennis, sans oublier le pavillon annexe, construit à la même époque et qui était réservé aux gardiens de cette propriété. Cette maison que nous habitions de par le contrat, était située à l’entrée du domaine et nous permettait de par sa situation de filtrer les éventuels visiteurs. Ces derniers nous importunaient que très peu car forts rares, du fait que les propriétaires ne résidaient pas en permanence dans leur maison. En effet ils vivaient en Argentine et cette propriété appartenait à la famille depuis quatre générations. Elle avait été achetée par leurs arrière-grands-parents qui désiraient avoir un pied-à terre en France. 12 Ils avaient fait fortune dans le nouveau monde et étaient venu prendre leur retraite, dans cet univers de calme et de sérénité, laissant la gestion de leur vaste domaine à leurs enfants. Le château de Prelat n’était plus habité régulièrement depuis le début de la deuxième guerre mondiale, car ses occupants, pressés par l’armée nazie, étaient partis chercher la paix et le réconfort dans leur pays d’adoption épargné par ce fléau. Ils devaient hélas ne plus avoir l’occasion d’y revenir, décéder tous deux juste au moment où la guerre en Europe prenait fin. Le domaine n’était donc habité que pendant environ un ou deux mois de l’année. Nos employeurs en titre, s’avéraient être les derniers-nés de cette famille et c’était eux que nous avions l’honneur de servir lorsqu’ils venaient passer leurs vacances en France. C’était un jeune couple récemment marié et qui n’avait pas encore eu d’enfant, bien que la question ait été abordée entre eux et avait fait l’objet d’un accord pour les mois à venir. Le mari, José Mariendal était un jeune homme d’une trentaine d’année et sa beauté ne faisait aucun doute de la façon dont Martine parlait. Moi par contre si je n’étais pas en mesure de porter le même jugement sur l’homme, je peux vous assurer que sa femme, Manuela était d’une beauté à faire damner un saint. Leur fortune devait être colossale. En Argentine, leurs parents respectifs, Don Julio et Dona Maria Mariendal, avaient fusionné leur domaine avec Miguel et Mercedes Dominguez en une seule estancia où ils pratiquaient l’élevage de bovins. 13 Le domaine, étendu sur plusieurs milliers d’hectares, était situé à Puelches bourgade de mille habitants environ, dans une des vingt trois provinces que comptait le pays, La Pampa, dont la capitale est Santa Rosa. Limitée au Nord par la lagune Amarga, au sud Est par le rio Colorado à l’ouest par le rio Curaco, il permettait l’élevage de cinq milles têtes de bétails, qui broutaient l’herbe (cortaderias selloane) espèce symbole de la pampa. Les employés, les gauchos, qui s’occupaient du bétail et des chevaux, galopaient dans cette plaine herbeuse ou la seule monotonie du paysage était parfois interrompue par le belombra, seul arbre de taille énorme, voir disproportionné, sous l’ombre duquel se repose souvent le capibara, le plus grand des rongeurs du monde Enfants uniques des deux cotés, ils se trouvaient donc à la tête d’un héritage potentiel considérable. Notre travail, était peu contraignant Martine avait pour mission, l’entretien intérieur de la maison .Comme elle était vide la plupart du temps, la tache quotidienne s’en trouvait très réduite. Lorsque les propriétaires étaient présents, il lui était également demandé de leur faire la cuisine, sauf cas particulier, lorsqu’ils recevaient et c’était relativement rare, des extra recrutés par nos soins sur ordre de nos patrons, assuraient le service en cuisine et à table. Elle faisait bon ménage avec Manuella et elles s’estimaient toutes deux mutuellement. 14 Pour ma part mon emploi se limitait à tenir en ordre le reste de la propriété. L’entretien des espaces verts, facilité par un nombre impressionnant de machines adaptées, tondeuses portées, rotovator, tracteurs etc., ne me causait pas beaucoup de soucis majeurs. Le garage qui abritait en permanence trois voitures, une Renault espace, un cabriolet Mercedes 230, et un pick-up 4X4 double cabine Nissan, était également sous ma responsabilité. Les charges se limitaient à leurs contrôles. Ces dernières ayant été récemment acheté neuves, il se limitait à un entretien du niveau de l’utilisateur qu’était la vérification des niveaux des différents réservoirs, ainsi que la pression des pneumatiques. Le pick-up nous était réservé pour nos déplacements officiels et personnels. La serre et le potager où je faisais de la culture maraîchère nous servait plus a-nous qu’aux propriétaires. En bref le temps passé à nos charges diverses nous laissait beaucoup de liberté, que nous utilisions pour parcourir la campagne environnante. Le Morvan est une région encore un peu sauvage, où l’on pratique exclusivement l’élevage de bovins. Le secteur est donc principalement rural, et peuplé de fermes, satellisées autour de petits villages séculaires excédent rarement le millier d’habitants. Les pâturages, morcelant les forêts accrochées aux flancs des collines, sont sillonnés de ruisseaux où s’écoulent de petits torrents, habités de vairons, de goujons et par période la civelle qui ne reste que le temps d’un été avant de rejoindre la mer. Dans les vallées, serpentent de petites routes départementales, principalement parcourues par des véhicules agricoles. 15 Les pistes et les sentiers sont innombrables et paisibles. L’air exempt de toute pollution est pur et parfumé par les senteurs des arbres et des fleurs. Cette région nous plaisait beaucoup, car nous aimions la nature Martine et moi. Nous ne cessions de la parcourir à pieds ou à vélos. Pas un sentier à cinquante kilomètres à la ronde ne nous était étranger. Quand nous n’étions pas au domaine, nous marchions à travers champs où dans les bois environnants, à la recherche de champignons ou d’herbes médicinales, ce qui nous laissait peu de temps pour fréquenter les habitants du village voisin, où nous allions peu souvent faire nos courses préférant les supermarchés de la ville d’Autun. Le temps s’écoulait paisiblement et j’occupais souvent mes soirées à pianoter sur mes ordinateurs. J’étais passionné d’informatique et je me promenais aussi aisément dans cette discipline que sur les sites internet. J’y passais presque toutes mes soirées et aussi une partie du temps réservé ordinairement au sommeil, car je ne rejoignais le lit conjugal que très rarement avant minuit. Les ordinateurs n’avaient pas de secret pour moi, car mon métier de concepteur datait du début de leur apparition. J’avais commencé avec l’avènement de la mécanographie, pour finir dans l’élaboration de logiciels équipant les machines les plus performantes actuellement sur le marché. J’avais en particulier étudié avec d’autres chercheurs, la création d’un système associant la machine au cerveau humain, permettant de palier aux déficiences du corps humain. 16
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