Ouvertures en terres d'oubli - Page 1 - Livres du même auteur : Sur www.edilivre.com – Par tous les temps (I) et (II) – Poèmes en paroles – Sur une mélodie perdue – L’éternelle aventure – Aujourd’hui – De surprise en surprise 4 Paul Jolit Ouvertures En terres d’oubli Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0819-8 Dépôt légal : Février 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Préface L’autre, c’est tout moi Quand je me hasarde À suivre ses pas, Et la différence N’est pas si obtuse. Au coin du bon sens, Jamais elle n’abuse Plus que ce milieu Qui gravite en moi Comme autant d’aveux. Eh oui, il fait froid, Pas autant que dans L’inexpiable peur D’aller à l’encontre De ce qui demeure Mon tout petit monde. 9 Fantasques icônes J’ai tout un répertoire De mots malencontreux Dont je voudrais défendre Toute sortie dans ma bouche. Et j’y parviens sans peine. Par un hasard affreux Qui n’existe même pas, On tire mes ficelles. Qui réussit à prendre L’épingle quand elle fait mouche ? Qui arrive à comprendre En plein cœur du cyclone Le malheur qui le touche ? Dans la foulée, mes clones Peignent jour après jour De fantasques icônes Qui aspirent à l’amour. 10 Secousses sismiques Ma ville dort sous l’épaisseur De mille mètres de politiques. Le maquis des lois touche au cœur. Nul n’est censé savoir la suite. Et pourtant, nul n’ignore la peur Plombée, fragile dans sa rondeur. Demain fera-t-il bon ménage Avec le fil moite de l’orage Qui s’abat sur nos anciens jours ? Roue de la fortune, morte odeur Où l’abstinence toujours ajourne La vue sur un parterre de fleurs Dont on a déterré les bulbes. Mais il faut être humble à ses heures Et de concorde avec le chœur Des humiliés résoudre le cercle Avant que les angles décident. Mon petit monde enfoncé par Les remous de secousses sismiques Redécouvre alors l’aphasie. 11 Plus profond Pourquoi es-tu réapparue Dans ma vie de garçon aux mains nues ? Etait-ce pour me troubler Ou m’apprivoiser ? C’est du bon, ça fait du mal Au douillet confort qui s’installe. Pourquoi vas-tu, viens et souris Aussi lunaire face à la vie ? Aussi tendre qu’un arbre Dont je serais la liane ? C’est du bon, ça m’embête De me la jouer sans sentiments. Pourquoi es-tu donc repartie Avec des promesses sur tes lèvres amies ? Est-ce pour m’encourager À creuser un fossé Plus profond, peut-être plus sincère Entre moi, le monde et ses mystères ? 12 Eclat de rire À peine a-t-elle éteint la lampe Qu’elle se précipite sur son lit ? Elle écoute autour d’elle les bruits Qui vont s’amplifiant dans la nuit. Elle a un peu peur du lendemain. Elle se ronge les ongles et regarde Au plafond les ombres hagardes Restituer son fil quotidien. Sa pupille s’arrondit. Un phare Eblouit un instant la vitre. Intensément, le vide grandit Et creuse en elle des galeries. Mais il est tard. Elle veut dormir. Elle serre contre elle son oreiller Et brusquement éclate de rire, Car elle a un petit secret. 13 Abandon L’hiver éclôt Sous le manteau, Caressé par Les rires du soir. On pend un ris Dans le cours d’eau. Le gibier en Flaire l’écho. Le diaphragme s’ouvre Pour la photo Et sous la peau Palpite une loutre. On chante en chœur Le renouveau. On en oublie Qu’il n’est pas l’heure Encore du chant À perdre haleine. Le soleil gris A l’œil en berne. 14 Un court instant, Juste un moment, Un nuage tombe Parmi les ronces. Mais le brouillard Change de trottoir Pour s’en aller, Le cœur délié, Clamer sa honte À qui veut bien L’entendre dire Que le prochain Revirement Se fera dans Le renoncement Et l’abandon. 15
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