La canne à mer - Page 1 - Maurice Defao La canne à mer Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1091-7 Dépôt légal : Novembre 2009 © Maurice Défao L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. IMPORTANT * L’œuvre « La canne à mer» est une idée originale de Maurice DEFFO TENE (Maurice DEFAO) écrite entre le mois de juillet et le mois de décembre 2007. * Les noms des personnes et des lieux utilisés dans l’œuvre ne sont que des appellations fantaisistes. EXEMPLES : --NGWOUNGEUH en langue NGUEMBA (langue parlée à Bamougoum) veut dire « pays de la misère.» --TISSON en cette même langue signifie « la ville » 8 « Pour moi, les véritables intellectuels ne s’affirment pas simplement comme fonctionnaires (vétérinaires, médecins, professeurs, etc.) Mais comme des citoyens que leur constant souci des affaires de la cité conduit régulièrement à faire connaître leur point de vue sur diverses questions relatives à la vie de la cité ». Ebénézer Njoh-Mouelle CONSIDERATIONS ACTUELLES SUR L’AFRIQUE, éditions CLE, Youndé, 1983,168 pages 9 Du plus profond de mon cœur, je voudrais par cette occasion qui m’est offerte adresser un grand salut à Monsieur Charles Ateba eyene, un grand frère pour qui j’ai une admiration passionnelle. 10 L’ŒUVRE Se moquer d’un pauvre, c’est un peu comme se moquer d’une partie malade de son corps : nous sommes quand même tous d’accord que, s’il fallait dans cette vie choisir entre le bonheur et le malheur, personne, même le malade mental, n’oserait jamais regarder vers le côté du Malheur. Quand c’est le sort qui décide, on ne peut bien évidemment que s’y plier, et c’est le cas de Fogang qui, né dans une famille extrêmement pauvre dans un pays très pauvre et dirigé par des « démons », va souffrir au point de tuer deux de ses enfants, espérant trouver le bonheur mais en vain. Il va tout faire : carrier, agriculteur, enseignant, conducteur de taxi ou même guerrier sans le moindre succès. Il va alors estimer que, probablement, le bonheur doit se cacher ailleurs, et au mépris des dangers que représente un voyage sur la mer en pirogue, FOGANG va immigrer vers ce qui lui semblait être la terre promise. Malheureusement pour lui, son destin n’avait jamais prévu de sourire dans sa vie… Son rêve va très rapidement se 11 transformer en cauchemar : et c’est aussi ça l’épineux problème de l’immigration clandestine : pour la plupart, c’est parce qu’il ne fait plus bon vivre chez eux qu’ils risquent cette aventure. Lutter efficacement contre ce fléau, qui déshonore l’humanité, revient à comprendre ce qui motive ces jeunes, périssant chaque jour en mer. Alors, « la Canne à Mer » est la mieux indiquée pour répondre aux diverses questions qui peuvent se poser autour de ce phénomène. 12 AVANT-PROPOS Les pays développés sont confrontés aujourd’hui à un afflux massif d’immigrés, pour la plupart clandestins. Ils tentent chaque jour de prendre des mesures visant à éradiquer le phénomène, ou tout du moins à le faire reculer, mais sans véritable succès. Et ce dernier est loin d’être atteint si l’on ne revoit pas la stratégie à employer. Avant d’envisager une solution, un diagnostic minutieux s’avère indispensable, car ceux qui se livrent à l’immigration illégale sont pour la plupart déçus dans leur pays, et voyant que ce n’est pas le cas ailleurs, essayent tant bien que mal, en dépit des dangers, de se chercher ailleurs. 13 jour où FOGANG vient au monde, ironie du sort, pressé de changer de milieu vital, il ne prend pas même une seconde pour choisir sa destination. Faute de n’avoir pas fait cette opération pourtant très capitale, il se voit envoyé dans la localité la moins sollicitée du monde, et plus précisément dans un pays nommé NGWONGEUH. Un territoire immense, peuplé de plusieurs dizaines de millions d’habitants, où se manifestent les formes les plus sévères de la souffrance : famine, épidémies, pratiques magico-religieuses, et surtout caractérisé par l’attitude inhumaine de ses dirigeants. FOGANG ne tarde pas, dès les premières secondes de sa vie, à ressentir la misère de ce pays. Bébé FOGANG vient au 14 Le monde dans la case familiale, dans des circonstances extrêmement pénibles. Ici, accoucher dans un centre de soins demeure encore un mystère, le rôle de sage-femme n’est en réalité joué que par certaines « femmes sages » de la localité, ou par l’accoucheuse elle-même, le plus souvent surprise elle-aussi par cet instant, faute de n’avoir jamais fait des visites prénatales. Né dans ces conditions, FOGANG suit très rapidement, comme tous les habitants de ce pays, un véritable chemin de croix. Dès l’âge de deux ans, il se voit frappé d’une sévère crise de malnutrition, d’où il ne se sort qu’avec une maladie chronique, qui retardera considérablement sa croissance. Ce n’est qu’à l’âge de dix ans que le petit bonhomme tente d’aller pour la première fois à l’école. Un établissement fondé par les missionnaires, situé à quelque six kilomètres de son domicile, où les cours sont dispensés dans des salles de classe vétustes, aux murs formant un angle de 45° avec l’horizontal, prêts à s’écrouler au moindre vent. Les instituteurs sont si démunis, qu’en réalité ils ne travaillaient que pour le bon Dieu et un salaire de 15
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