Le corps ne suffit pas. - Page 1 - test Miteny Le corps ne suffit pas L’histoire inattendue d’une démonstration très simple Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-35607-883-4 Dépôt légal : Juin 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 En vous vendant ce livre, je vous donne l’occasion de gagner 3000 euros. C’est l’histoire inattendue d’une démonstration très simple. 5 Premier tome de la saga du grand monarque. 6 SOMMAIRE I. Madagascar................................................ II. Désarroi matrimonial. .............................. III. Une ville pas si rose................................ IV. De « sans prétention » à « dieuexiste.com ». .................................... V. Un exemple concret. ................................ VI. Le corps ne suffit pas.............................. VII. Les témoins de Jéhovah. ....................... VIII. De la foi ou de la mauvaise foi ? ......... IX. Coïncidences extraordinaires. ................ 9 31 40 48 59 64 71 82 90 XI. Le pari..................................................... 110 XII. L’Apocalypse, c’est maintenant............ 114 ANNEXE : Nostradamus.............................. 121 7 I Madagascar SEPTEMBRE 2003 Je n’ai parlé à personne depuis au moins une journée. C’est ça aussi l’aventure. Mon voisin n’a pas l’air très bavard. De toute façon, je ne le suis pas plus et c’est sans doute la raison pour laquelle nous n’avons pas échangé un mot durant les 10 dernières heures. J’ai vraiment hâte d’arriver et je ressens à la fois de l’enthousiasme et de l’inquiétude à propos de ce qui m’attend là-bas. L’avion entame sa longue descente vers Tananarive. Je vais bientôt voir une terre que je n’ai jamais vue, visiter seul une ville qui m’est totalement étrangère. Par le hublot j’aperçois les paysages sauvages de la grande île. La rougeur du sol m’étonne quelque peu et me donne encore plus envie de découvrir ce pays. Au départ de Paris, je voyais de grandes routes éclairées et pleines de voitures, collées les unes aux autres, avançant avec difficulté. Ici, la nature semble avoir plus de place et il n’y a pas toute cette circulation 9 congestionnée qui rend fou les citadins. Je vois quelques maisons d’une drôle de figure mais plutôt mignonnes. Il y a bien quelques routes et quelques véhicules mais rien de comparable avec ce qui est pour moi une grande ville. Et pourtant j’ai l’impression que nous allons bientôt atterrir. Arrivons-nous vraiment à Ivato, l’aéroport de Tananarive ? Les roues entrent en contact avec le sol avec une relative brusquerie. Une certaine angoisse m’envahit quand je sors du boeing 747 qui nous emmenait. Vais-je avoir mon visa ? Comment est cet hôtel « Panorama » où je suis sensé dormir ce soir ? Je n’aime pas trop ne pas savoir. L’attente aux douanes est longue mais finalement se déroule sans problème : contre une petite somme d’argent, j’ai pu avoir les papiers nécessaires pour me balader dans tout Madagascar pendant trois mois. Dès la sortie de l’aire réservée aux voyageurs, une foule de porteurs me propose ses services mais moi je ne cherche qu’une chose : la pancarte « Nouvelles Frontières ». Juste après l’avoir trouvée je cède le port de mon sac au plus insistant des jeunes malgaches qui me suivaient et je monte dans le minibus qui nous était réservé. Je dis « nous » parce qu’un autre « vazaha » m’accompagne. « Vazaha » est le terme qui désigne les étrangers blancs (en tout cas je crois). Je vais l’entendre souvent ce mot, j’ai l’impression. On le croirait tout droit venu des îles du pacifique. Ce n’est sans doute pas un hasard puisque le malgache est une langue malayo-polynésienne, c’est-à-dire parente de langues comme le malais, l’indonésien, le javanais, le pilipino, mais aussi le maori, le tahitien… Un exemple parmi d’autres : si vahiné en tahitien signifie 10 étranger, en malgache cela signifie accueil, hospitalité (concept qui, vous me l’accorderez, a de gros liens avec celui d’étranger). La voie rapide qui nous amène au centre ville est une… deux fois une voie. Je vois plein de malgaches assis au bord de la route, en train de marcher ou alors en train de conduire quelques zébus à l’air comique. Il y a beaucoup plus de gens à pied qu’en voiture, diraiton : cela donne un aspect plus convivial à la ville, très différent de ce qu’on peut trouver en France. Il y a aussi un certain nombre de rizières, entre deux collines de couleur rouge. En voyant tous ces gens qui ressemblent tantôt à des asiatiques, tantôt à des africains, j’ai vraiment la sensation d’être sur une île perdue dans le grand océan qu’est l’hémisphère sud et que ce n’est pas du tout l’Europe, ce continent qui s’avance dans l’atlantique et qui porte tant d’histoire, tant de capitales orgueilleuses et diverses… Malgré l’excitation du dépaysement, j’ai hâte d’arriver car je suis fatigué et lassé d’être assis. Certes, personne ne m’attend à l’hôtel, mais de toute façon personne ne m’attend dans la vie en général. J’ai souvent cette impression là : n’être personne. Mais ici, c’est différent, c’est un pays que je ne connais pas du tout, je ne sais pas quelles sont les coutumes des habitants ni de quelle façon ces derniers me considèrent. En France, si j’ai un problème, je sais quoi faire, en plus j’ai de la famille. Mais ici ? Je trouve déjà que la foule me regarde bizarrement. C’est vrai que je suis un vazaha et qu’il n’y en pas tellement (en tout cas, depuis mon minibus je n’en ai pas vu beaucoup marcher dans la rue). 11 A cause de la couleur de ma peau tout le monde sait au premier coup d’œil que je suis un étranger et que je suis probablement riche (certains vazaha sont fauchés, mais même fauché un vazaha est toujours plus riche qu’un malgache, par définition…). Le centre ville est installé au milieu de petites collines, un peu comme à Yaoundé. Et comme Yaoundé, Tananarive est située en altitude : à 1400 mètres environ. Cela explique la fraîcheur de l’air : d’autant plus qu’au mois de septembre c’est encore l’hiver austral. L’après-midi touche à sa fin et mon petit pull n’est pas de trop, au contraire. J’arrive à l’hôtel, on débarque mes bagages, je rentre dans ma chambre et j’ouvre les fenêtres. En contemplant la ville qui s’endort, éclairée par les derniers rayons rougeoyants du soleil, je me demande ce que je suis venu faire ici, si loin. J’allume la télévision, machinalement. Enfin quelque chose de familier ! Je déballe mes affaires, j’essaie de mettre un peu d’ordre. Le lendemain, je pars à la découverte du centre ville. Habillé de façon décontractée, je marche tranquillement, l’esprit libre. Je ressens néanmoins une petite angoisse à l’idée de déambuler seul dans une capitale du tiers monde. Les gens me remarquent, c’est évident. Certains me demandent quelques pièces, d’autres veulent me vendre des babioles ou des fruits. Il y a beaucoup de vendeurs à la sauvette, comme dans tous les pays du sud. Ils passent leur temps à chercher le client avec une vigueur et une vitalité que je ne pourrais jamais avoir si j’étais à leur place. Je les plains. Je suis même gêné quand ils me parlent ou me regardent… 12 L’avenue de l’indépendance : la principale artère de la ville. C’est ici qu’il y a le plus de magasins, de boutiques, mais aussi de voitures et de monde. Attention, cela n’a quand même rien à voir avec ce qu’on peut trouver en Europe. Ce n’est pas comparable. Par exemple, il n’y a qu’un supermarché (genre Shopi) et il est souvent vide : c’est presque un magasin de luxe pour les autochtones. On sent que pratiquement toute la population est sans le sou. En tant que touriste (je n’ai quand même pas l’appareil photo à la main) dans ce pays qui a été une colonie française, j’éprouve une certaine culpabilité à être un petit blanc bien nourri. Car les colons ne se sont pas bien comportés ici (comme partout ailleurs). Je repense à quelques lignes que j’avais lues sur Internet : « Cette résistance, pas toujours organisée est une manifestation du rejet du « Fanjakana » ou de l’autorité coloniale qui instaure impôts, prestations (travaux d’intérêts généraux), réquisitions aux populations. Les élites elles-mêmes, ayant intégré le principe du « progrès » et croyant aux possibilités de promotion à travers l’instruction, sont déçues par l’impossibilité d’accéder à une égalité de droit, sociale et politique. La naturalisation française est une des revendications premières des Malgaches. L’intransigeance du pouvoir colonial radicalise le mouvement vers des volontés d’indépendance. L’insurrection de 1947, sévèrement réprimée, marque une étape décisive dans la lutte pour l’indépendance. » Les français considéraient les malgaches non pas comme des êtres humains, mais comme des esclaves. C’est pourquoi ils ne leur accordaient pas les mêmes 13
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