Kyrie eleison, L'enfant esclave Tome 2 - Page 1 - test Martine MAFFLY Kyrie Eleison (Seigneur prends pitié) Livre I : L’enfant esclave Tome 2 Éditions Éditeur Indépendant 75008 Paris – 2007 3 Le Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droit. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS) Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L.122-5, 2° et 3° alinéas, d’une part que des copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (Article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. © Éditions l’Éditeur Indépendant – 2007 ISBN : 978-2-35335-111-4 Dépôt légal : Septembre 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 KYRIE ELEISON : DU GREC ‘Kurie eleeson’ ANTIENNE TYPIQUE DE LA LITURGIE ORTHODOXE signifiant ‘SEIGNEUR, PRENDS PITIE ‘SEIGNEUR AIE PITIE’ 5 Du même auteur aux éditions Editeur Indépendant: Kyrie Eleison, L’enfant esclave, Tome 1 Kyrie Eleison, L’enfant esclave, Tome 3 Kyrie Eleison, L’enfant esclave, Tome 4 A paraître : Kyrie Eleison, L’Ange noir 6 CHAPITRE ONZE LE MAÎTRE DU PAYS LOINTAIN « Mon fils, n’oublie pas mes enseignements… car ils augmenteront la durée de tes jours » (Proverbes 19 : 20) Le comte faillit s’étrangler lorsque le visiteur, arrivé quelques heures après son retour, lui fit part du motif de sa visite : « Un nouveau maître d’armes pour Mikhaïl ? Pour quelle raison ? Je n’ai pas reçu d’ordre et Fedorov ne m’a rien dit ! Et puis d’abord, qui êtesvous ? » L’inconnu se contenta de sourire en s’adossant à la porte du bureau. « Qui je suis ? Aucun intérêt ! Par contre Fedorov doit ignorer ma visite. Vous lui annoncerez que vous avez engagé un nouveau soldat pour protéger le 7 domaine et que Mikhaïl profite de son expérience pour s’entraîner avec lui. Ne vous inquiétez pas, il ne passera avec lui que quatre à six heures par jour et vous… – Quoi ! Mais vous êtes fou ! J’ai besoin de son travail ! Il a passé des années à étudier gratuitement et à recevoir la meilleure éducation, il faut bien que je me rattrape en le mettant au travail, avec tout ce qu’il me doit, il en a pour des années à me rembourser et… » Il ne finit pas sa phrase. Il se retrouva empoigné par le col et plaqué au mur par l’inconnu qui cette fois ne souriait plus et le tenait d’une main d’acier. « Vous vous foutez de moi ? Que cherchezvous ? Nous faire croire que vous êtes le bon samaritain ? Que c’est par bonté d’âme que vous avez pris le garçon chez vous ? Ne jouez pas au plus fin avec moi comte Podovin. Nous savons exactement comment le garçon est traité ici et tout ce que vous lui faites subir depuis son plus jeune âge. » Le comte se tut face au regard menaçant de l’homme. Celui-ci desserra peu à peu son étreinte et il se risqua alors à reprendre la parole : « Pourquoi Fedorov ne doit-il rien savoir ? » L’homme eut à nouveau un sourire mystérieux. « Figurez-vous que nous ne sommes pas tout à fait du même côté lui et moi. Alors comte Podovin, vous allez maintenant nous laisser un peu de champ libre en laissant le jeune homme travailler avec son 8 nouveau maître. Cela ne vous coûtera rien. Uniquement votre discrétion. En dehors de cela, vous pouvez continuer à faire ce que vous voulez avec le garçon, vos amis de l’Ordre Noir ne doivent se douter de rien. Un changement de situation du jeune esclave leur mettrait la puce à l’oreille. Vous voyez, vous ne vous apercevrez même pas du changement ! – Et si je refuse ? – Les services spéciaux recevront un volumineux dossier sur certaines de vos erreurs passées. Nous veillerons à ce qu’aucun de vos amis ne puisse escamoter ce dossier. Vous n’avez pas le choix cher comte Podovin. Nous vous tenons, alors autant coopérer, cela ne vous coûtera rien et vous ne courez aucun risque. » Le comte demeura un moment silencieux, puis : « Qui est ce maître d’armes ? Je pourrai vraiment compter sur lui pour défendre le domaine ? Mais d’abord, pourquoi vous intéressez-vous à mon esclave ? Ce n’est qu’un garçon ordinaire et de basse extraction ! » – Un jeune esclave formé depuis l’enfance à tous les arts du combat ? Instruit en plus ? Sans liens familiaux ? Tenu d’obéir à son maître du moment sous peine de mort ? Vous croyez que nous allons laisser passer cet oiseau rare ? Ce sera le plus malin d’entre nous qui l’aura ! Non ! Inutile de poser la moindre question sur notre identité, vous n’aurez aucune réponse. Ah ! un avertissement pourtant : 9 même si nous vous laissons libres de traiter le garçon à votre guise, limitez votre appétit ; il nous sera inutile si vous le démolissez trop, n’en faites pas un martyr cher comte, juste un garçon résistant. Des personnes très haut placées ont l’œil sur lui. Quant au maître d’armes, il s’agit d’un RussoTatar. Il a une technique de combat particulière, inconnue chez nous : Il a été enlevé par les Turcs, assez jeune, et il a été formé dans leur armée, selon leur procédure habituelle. Il a pu ensuite s’évader et il a servi dans l’armée quelques années. Il a également voyagé à l’est, dans les tribus et il a adopté un mode de vie différent, vous verrez avec lui s’il acceptera de partager parfois votre repas et de se lier à vos gens. Bien sûr, vous lui préparez la petite datcha que le maître d’armes précédent occupait. Il aime se retirer à l’écart, c’est un homme de caractère, peu disert, qui ne parle que s’il le faut. Il sera très strict sur la discipline avec votre garçon et extrêmement exigeant. » Le comte en fut tout rasséréné. Il avait au moins une compensation : Mikhaïl n’allait pas s’amuser avec ce gaillard-là ! L’inconnu lui tendit alors une bourse bien remplie : « Voici de quoi lui payer une année de salaire. Il doit entrer officiellement dans vos registres comme l’un de vos salariés au cas où Fedorov ait des soupçons et qu’il lui prenne la fantaisie de vérifier vos registres. Tenez : voilà le nom sous lequel vous l’enregistrerez. Officiellement, 10 vous l’avez rencontré à la bourse du travail de Lensk. Son nom est à peu près imprononçable, je vous conseille de l’appeler simplement le « Tatar », comme nous le faisons. » Le comte eut du mal à déchiffrer son nom qui ne comportait pratiquement que des consonnes, quelque chose comme « Kytrhg Wladrlmuck ». « Ça va, dit-il, j’ai compris, il arrive quand votre Tatar ? – Demain matin. La datcha sera prête ? – Quoi ? Déjà ? – Il est à l’auberge du carrefour de l’étoile. Il arrivera tôt demain matin. Faites-lui bon accueil. » « Compte là-dessus », se dit le comte, « et je ne vais pas prévenir Mikhaïl, il aura sa dernière séance avec Arkad demain, comme prévu. » L’homme se présenta très tôt en effet. Le comte était là qui l’attendait, curieux malgré lui de voir à quoi pouvait bien ressembler le fameux Tatar. Il arriva dans une calèche lestée de lourdes malles et demanda à s’installer après avoir fait un rapide tour des lieux. Le comte obtempéra, impressionné malgré tout et peu soucieux de se heurter à cet individu qu’il devinait être d’une force peu commune. L’homme ne chercha pas à discuter mais il se contenta d’examiner d’un œil impassible tous les endroits que le comte lui fit visiter. Avant de rejoindre sa datcha, escorté par un Vania intimidé, il demanda où se trouvait le garçon et quand il pourrait le rencontrer. 11 « Il est avec Arkad, mon responsable de la sécurité, qui l’a emmené s’entraîner dans la forêt. Ils devraient être de retour d’ici une bonne demi-heure ; vous n’aurez qu’à attendre vers les écuries. Bon, je vous laisse vous installer, j’ai à faire. » Les deux hommes se quittèrent sur un bref signe de tête et l’homme prit la direction de sa nouvelle habitation. Une demi-heure plus tard, il était devant les écuries. Il entra, parcourut les allées et vit les palefreniers qui sortaient les chevaux, les étrillaient ou les nourrissaient. Il examina tous les garçons l’un après l’autre et finit par se retrouver nez à nez avec Pasko qui montrait à Vania comment bander la jambe d’un cheval. L’homme le salua courtoisement et celui-ci se releva précipitamment, gêné par le regard inquisiteur, quoiqu’impassible, de l’inconnu. Ce dernier prit l’initiative de la conversation : « Bonjour, vous êtes le maître des écuries ? Êtesvous au courant de ma venue ? J’ai été engagé par le comte pour assister le responsable de la sécurité et, accessoirement, je dois m’occuper d’un jeune homme et veiller à son entraînement. Pourrais-je le rencontrer s’il vous plaît ? » Pasko lui jeta un regard éberlué. « Mikhaïl ? Vous voulez Mikhaïl ? Mais il ne m’a rien dit ! – Votre maître ne l’a sans doute pas mis au courant, répondit l’homme poliment. – Ouais, sans doute » grommela Pasko en jetant à l’inconnu un regard soupçonneux. « Je croyais qu’il 12
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