Une enfance couleur lavande - Page 1 - test Claude SIBILLE Une enfance couleur lavande Éditions EDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS Collection Coup de cœur 56, rue de Londres, 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 - Fax : 01 53 04 90 76 - mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-35335-325-5 Dépôt légal : Septembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire Septembre 1939..................................................... 17 Hiver 1942............................................................. 23 Juillet 1943 ............................................................ 27 Puis revinrent le printemps et l’Eté 1944 .......................................................... 31 Année 1945............................................................ 37 Année 1951............................................................ 45 Année 1949............................................................ 47 1953-1954.............................................................. 57 2004 ....................................................................... 81 9 « L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ; Il coule, et nous passons ! » Alphonse de Lamartine, Premières Méditations poétiques, le Lac 11 « Je ne prétends pas écrire une histoire mais tout simplement noter mes souvenirs afin de deviner et laisser deviner quel homme j’ai été. » STHENDAL 13 Je suis née le 3 octobre 1936, l’année du Front Populaire, celle de tous les espoirs et de toutes les joies avec ces milliers de travailleurs découvrant les congés payés, roulant en chantant vers la mer ou la montagne, à vélo, en tandem, parfois en automobile pour les plus aisés. La plupart de ces jeunes gens marchaient, sac au dos, avec la ferme détermination de trouver une place de couchage dans une auberge de jeunesse avant la nuit. Tous s’étourdissaient de cette liberté nouvelle. Cet enthousiasme, ce bonheur délirant et contagieux ne pouvaient que rejaillir sur ma destinée. Cette année lumineuse semblait être le présage d’un « fabuleux destin » qui ne pourrait se révéler qu’exceptionnel car il était né avec l’espoir et la promesse d’une vie meilleure. Pourtant, dès 1939, alors que je n’avais que trois ans, des rumeurs inquiétantes circulèrent, faisant craindre un nouveau conflit avec l’Allemagne du chancelier Hitler. Dès 1933 il avait développé complaisamment sa théorie nationaliste nazie qui traquait déjà les juifs et les opposants au régime. 15 Ces signaux avant-coureurs d’un affrontement militaire rompirent avec violence la quiétude alanguie des derniers beaux jours de l’été 1939 et annoncèrent la fin probable de deux décennies de paix. 16 Septembre 1939 J’ai gardé en mémoire, malgré les années, l’étreinte insupportable de la panique qui s’empara de moi. La foudre s’abattit sur nous ce 1er Septembre 1939, jour de la déclaration de guerre qui décréta la mobilisation générale. Je fus tourmentée par l’angoisse de mes parents qui s’agitaient fébrilement, le regard perdu. Ma mère entassait nerveusement des vêtements dans une valise, le visage ruisselant de larmes. Mon père lui opposait un visage fermé, livide. Je les revois encore s’étreignant en silence. Mon père devait rejoindre les fusiliers marins dans son unité, basée à Toulon. Installée dans une poussette, sous un soleil encore accablant en cette fin d’été, nous avons pris la longue route qui devait nous conduire chez mes grands parents, quartier Beaussaret au Col de l’Ange. Quelques semaines plus tard, mon père bénéficia d’une permission et je fus très surprise de le retrouver coiffé d’un béret surmonté d’un « pompon » rouge. Riant de mon étonnement il me dit : touches-le, ça me portera bonheur. 17
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