Maternelle - Page 1 - 3 Maternelle 5 Alain Verdure Maternelle Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 6 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1941-5 Dépôt légal : Août 2009 © Alain Verdure L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 9 BILBOU ET BOUBLI BILBOU et BOUBLI étaient deux petits oursons tout blancs. Ils étaient frères et se ressemblaient beaucoup. La seule différence pour les reconnaître, c’était que BILBOU avait l’oreille droite noire, et que BOUBLI lui, avait l’oreille gauche noire. C’était vraiment le seul moyen pour les reconnaître. BILBOU et BOUBLI étaient très jeunes et ils passaient leur temps à jouer ensemble dans la maison. Ils couraient, sautaient, criaient, comme n’importe quels frères de leur âge. Et un jour, alors que maman ours était sortie faire les commissions, BILBOU et BOUBLI jouaient à cache-cache dans la maison, et ce qui devait arriver, arriva. BILBOU bascula le guéridon de l’entrée et renversa le superbe vase de Chine qui se cassa en mille morceaux. BILBOU était désespéré. Quand Maman allait rentrer, il se ferait gronder et il irait au lit sans manger. A cette pensée, il se mit à pleurer et son frère essaya de le consoler. « N’aies pas peur, petit frère » dit BOUBLI à BILBOU. « J’ai une idée pour que tu ne sois pas puni. Allons chercher le pot de peinture blanche que maman a acheté pour peindre la cuisine, et toi, tu vas peindre ton oreille droite en blanc, et moi mon oreille gauche. Comme çà nous n’aurons plus rien de différent, nous serons entièrement blancs et maman 10 ne pourra pas nous reconnaître. Elle ne saura pas qui est BILBOU et qui est BOUBLI, et elle ne pourra pas te punir ». Et ainsi fut fait. Un peu plus tard, maman ours rentra des courses. Quand elle vit le vase de Chine cassé, elle se mit à hurler : « BILBOU, BOUBLI, ici tout de suite ! » Les deux oursons tout blancs sortirent de leur chambre et la maman ours ouvrit tout grand ses deux yeux. Elle ne pouvait plus savoir qui était BILBOU et qui était BOUBLI. Les deux frères expliquèrent à leur maman pourquoi ils s’étaient peints les oreilles. La maman ours se mit à rire. « Mes pauvres chéris, il ne fallait pas faire cela. C’est dommage que BILBOU ait cassé le vase, mais je lui aurais pardonné. Sachez mes petits que faute avouée est toujours pardonnée. Quant à BOUBLI, c’est très bien d’avoir défendu son frère. Je vous assure que vous ne serez pas punis. Allez laver vos oreilles que je vous reconnaisse. » Mais hélas, la peinture blanche ne partit pas à l’eau, et les deux oreilles noires restèrent blanches. Alors la maman ours, pour reconnaître ses oursons, prit de la peinture noire, attrapa le premier ourson qu’elle avait sous la main, et lui peignit l’oreille droite en noir, puis elle attrapa le second, et lui peignit l’oreille gauche. « Et voilà » dit-elle, « tout est comme avant, BILBOU à l’oreille droite noire, et BOUBLI, l’oreille gauche noire ». Mais ce qu’elle ne saura jamais, c’est que le premier ourson attrapé était en réalité BOUBLI et le second BILBOU. 11 Et c’est ainsi que BOUBLI devint BILBOU et BILBOU devint BOUBLI. Les deux frères ne le dirent jamais à maman ours, peut-être par jeu pour se moquer gentiment de leur mère, et c’est depuis ce jour que BILBOU a l’oreille gauche noire, et BOUBLI a l’oreille droite noire. 12 LA BULLE DE SAVON TANTAN, l’éléphant, et POTAME, l’hippopotame, s’amusaient à faire des bulles de savon. C’était à celui qui ferait la plus grosse. Et TANTAN en fit une énorme, aussi grosse que POTAME. POTAME se mit alors à rêver et dit à son ami TANTAN : « Que j’aimerais rentrer dans cette bulle et m’envoler dans les airs, pour regarder notre beau pays vu du ciel ! » « Ben essaye » lui répondit l’éléphant. Mais, au contact de la bulle et du nez de POTAME, la bulle se creva. POTAME se mit à pleurer. « Je veux m’envoler, je veux m’envoler ». « Attends », lui dit TANTAN. « Tu vas te mettre contre ma trompe et je vais souffler de toutes mes forces. La bulle se formera autour de toi et tu t ‘envoleras ». TANTAN remplit sa trompe de savon et POTAME se mit tout contre la trompe de TANTAN qui souffla, souffla, à s’en faire exploser les poumons. Et une énorme bulle se forma autour de POTAME et s’envola vers les nuages. 13 POTAME était ravi. Le paysage était splendide. Il survolait les champs, les forêts, et il faisait des grands signes à TANTAN, resté à terre. Et TANTAN, lui, pleurait. « Je voudrais m’envoler moi aussi comme POTAME, et regarder le pays vu d’en haut ». Et il pleurait, pleurait. Personne n’était assez gros pour souffler une bulle assez grosse pour l’emporter aussi. Alors POTAME, qui voyait son ami pleurer, dit à sa bulle : « Gentille bulle, descends vite près de TANTAN que je sache pourquoi il pleure ». La bulle se posa près de l’éléphant et éclata, libérant POTAME. « Que t’arrive-t-il ? » demanda POTAME. « Je voudrais moi aussi voler dans les airs et regarder les champs, les forêts, vus du ciel, mais personne n’est assez gros pour me souffler une bulle à ma taille ». « Attends » répondit POTAME. Je crois avoir une idée qui devrait fonctionner. Tu vas remplir ta trompe de savon, et moi je vais remplir mon gros nez, ensuite, je vais coller mon nez contre ta trompe, et on va souffler ensemble aussi fort que possible. Ca devrait aller ». TANTAN remplit donc sa trompe, et POTAME son gros nez, puis POTAME mit ses narines énormes contre la trompe de TANTAN, et tous les deux, ils se mirent à souffler ensemble de toutes leurs forces. 14 Et alors, une incroyable bulle gigantesque se forma autour des deux amis. Une bulle de plusieurs mètres de diamètre, comme plus jamais on n’en reverra. Et TANTAN et POTAME s’envolèrent ensemble dans les airs, heureux et ravis. D’ailleurs, ils volent encore dans leur bulle de savon multicolore, et peut-être les verrez-vous un jour passer, dans un de vos rêves ! 15 GUS, LE PETIT CANARD Il y a de cela quelques années, sur un étang du Jura, vivait un petit canard gris avec le bout de sa petite queue marron. Il se trouvait très laid, car il n’aimait pas sa couleur ni sa forme. Il se trouvait trop banal. Il se trouvait affreux depuis que le propriétaire de l’étang y avait amené un superbe cygne majestueux. Avant cela, le petit canard se trouvait même assez joli. Mais depuis que le cygne se pavanait devant lui, il était jaloux de sa beauté, de sa grâce, de sa blancheur et de son superbe cou très long et très fin. Le petit canard, que nous appellerons Gus, aurait bien aimé ressembler à ce très bel animal qui crânait ainsi devant lui. Et il commença alors à se trouver moche. Il essaya même un matin, de mettre fin à ses jours, se sentant inutile désormais. Jadis, les enfants lui lançaient du pain. Maintenant, c’était au beau cygne majestueux de recevoir les cadeaux. Plus personne ne regardait le pauvre petit canard. Un jour d’automne, une terrible tempête s’abattit sur le village et sur l’étang. Le petit canard eut le temps de se mettre à l’abri car il nageait très vite. Il se réfugia sous un pont de bois qui traversait l’étang, et
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