Naïf - Page 1 - www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0576-0 Dépôt légal : Février 2009 © Michou Lafaurie L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit l’ouvrage. 6 Chers amis bonjour ! Je m’appelle J. Junior, descendant d’une lignée célèbre et j’aimerai partager avec vous mon histoire. Tout a commencé par ce mauvais jour où je suis brusquement arrivé là . J’étais un bébé. J’ai eu deux parents qui m’ont nourri, appris à marcher, à parler, puis, à respecter, à travailler, à endurer et surtout, surtout, ils m’ont enseigné la loyauté. Chaque écart était sanctionné. Petit à petit, je suis devenu grand et mon père m’a montré le chemin de l’indépendance. J’étais donc prêt. Et me voilà parti voler de mes propres ailes. Un jour, dans la rue, j’ai croisé une princesse bien plus belle qu’un coucher de soleil ou même qu’une pleine lune ! Forcément, mon cœur s’est emballé. Je me suis retourné et dans ses yeux, j’ai reconnu mes pensées. J’ai voulu lui parler mais mon corps s’est arrêté. Son regard s’est détourné et elle a disparu. Moi, je suis resté figé sur le pavé. – Allons faites attention ! – Pardon… Je dois m’asseoir, j’ai la tête qui tourne. Non, il vaudrait peut-être mieux que je marche. Mais ou je vais ? Ha oui, j’ai rendez-vous avec Sam. 9 – Jacques tu es en retard ! Qu’est-ce que tu fous ! me hurle-t-il furieux. – Salut Sam ça va ? Une plaque argentée sur la porte de l’immeuble nous présente la scène : JR RAPTOUT Notaire – 3e étage – Porte C. – C’est là ! Il me pousse en avant d’une grande claque dans le dos – Mais dépêche-toi ! Nous ne sommes pas passés par la salle d’attente et la secrétaire nous a fait les gros yeux : – Monsieur Raptout vous attend depuis dix minutes ! Je le préviens de votre arrivée, avancez. Sam frappe à la porte du bureau. – Entrez, bonjour messieurs, asseyez-vous, je vous en prie. Nous allons devoir nous dépêcher, voici les statuts. Vous devez signer toutes les pages. Monsieur ? Il me tendait un stylo. – Pardon ? – Il faut signer toutes les pages s’il vous plaît, là , là , là , là , là , là , là et là . Ensuite c’est au tour de Sam puis à celui du règlement des honoraires dévoilant le beau sourire du notaire. – Hé bien Messieurs, vous voilà associés. Je vous souhaite bonne chance dans vos affaires. Sa poignée de mains nous entraîne vers la sortie. – Au revoir et passez une bonne journée Messieurs. 10 Sam était tout excité. Dans la rue, il tournait autour de moi en sautant, poussait des cris en riant, levait les bras au ciel. – C’est le plus beau jour de ma vie, on va être riches, à 20 ans ! Viens dans mes bras que je t’embrasse. Je t’aime ! Il s’arrêta net devant moi. – Jacques tu es malade ? – Je ne me sens pas très bien. Je vais rentrer me reposer un moment. – Bon d’accord, je prends rendez-vous avec le banquier et je t’appelle. Il repartit en sautillant, comme un enfant… C’était mon meilleur ami. 11 Je joue avec le vent qui caresse mon visage quand à la sortie d’un nuage, j’aperçois une nymphe et m’envole vers elle sur mon beau cheval blanc. Tout à coup, un bruit strident déchire le ciel. Je me réveille en sursaut, quelqu’un sonne à la porte. – Jacques, Jacques, c’est Sam ! Tu es là ? Je cours, le hurlement de cette sonnette me glace le sang. Sam manque la première marche et déboule dans le salon. – Il est con ton duplex. Je t’ai appelé tout l’aprèsmidi. Tu as vu l’heure ? – Je me suis endormi. – On a commencé la fête sans toi, tout le monde t’attend, dépêche-toi ! J’enfile mon blouson, lui demande les clefs pour prendre le volant mais Sam refuse de me laisser conduire, prétextant de ma part une certaine lenteur : – Ha non ! Le temps qu’on arrive, il ne restera plus rien à boire ! Malgré mes inquiétudes, nous avons réussi à rejoindre son appartement où la table de la cuisine est déjà couverte de cadavres de verre et de chair. Comme de coutume, Sam qui a beaucoup trop bu 13 anime la soirée en déballant les souvenirs de notre enfance, jusqu’à nos secrets les plus intimes. – Je lève mon verre au père de Jacques, grâce à qui le banquier à dit : OUI ! Ensuite, il tombe en masse sur le canapé, lâche son verre et se met à ronfler. Au fil des bouteilles vides, tous les invités sont partis. Je porte Sam jusqu’à son lit, ramasse son vomi et m’installe sur le fauteuil. Je n’ose pas le laisser seul dans cet état. Au petit matin, il a triste mine. – J’avais trop bu hier non ? Je n’ai pas dit trop de conneries ? Ho j’ai mal au front ! – Recouche-toi, je vais au bureau, tu n’auras qu’à me rejoindre plus tard. – Je veux bien, merci Jacques. Quelques mois se passent et nos affaires marchent bien, voire même plutôt très bien. Sam et moi sommes heureux. Lui mène la grande vie mais il s’inquiète un peu pour moi. Il me trouve moins souriant et amaigri. Il est vrai que malgré mon ton rassurant, je me demande moi-même ce qu’il m’arrive. Je n’ai aucun souci mais je dors mal et je me sens fatigué, je me force même à manger. Je suis peut-être malade ou bien je travaille trop ? Je devrais consulter un médecin. D’après Sam, je ne m’éclate pas assez. – Méfie-toi Jacques, C’est pas bon de rester seul, à force tu vas tomber malade. Tu devrais sortir, rire, faire la fête, dépenser ton argent quoi. Il faut rigoler avec la vie ! Demain je suis invité à la soirée des célibataires. Fais-moi plaisir, promets-moi que tu viendras. 14 – D’accord Sam, tu as sûrement raison, il faut que je m’amuse un peu. Le lendemain matin, triste réveil. J’ai encore fait ce mauvais rêve où je poursuis une ombre jusqu’à épuisement, je l’attrape et elle me détruit. Le soir comme convenu, je me retrouve planté au milieu d’un flot de lumières, ébranlé de musique jusqu’aux os, bousculé, brûlé, secoué. – Allez viens danser Jacques ! Bois ton verre ça ira mieux après. Voilà c’est bien, encore un et hop on y va. J’ai de plus en plus chaud et de plus en plus soif. Je m’élance sur la piste. – Ça va Jacques ? – C’est génial ! Sam est encerclé de jolies filles. – Viens que je te présente : Julie, Marie, Françoise, Sophie, Pascale… Sophie ! Les yeux de Sophie qui me regardent je les reconnais… Ouille, ça recommence, mon cœur bat plus fort que la musique, j’étouffe. Il faut que je sorte vite, je suis mal. – Sam, je rentre. J’ai la tête et le ventre qui tournent avec envie de vomir. Quelle horrible soirée ! C’est cette fille qui me hante, c’est ça mon problème ! J’ai compris, je dois l’effacer de mon esprit. Malheureusement et malgré tous mes efforts, chasser son souvenir était un travail très difficile. Si j’arrivais à l’oublier le jour, elle m’envahissait la nuit. 15 En plus, Sam me parlait toujours d’elle. Il paraît qu’elle voudrait me revoir, que je lui plais beaucoup. Ça, je l’avais deviné tout seul ! – C’est l’Amour Jacques ! Le coup de foudre comme on dit. Une chance pareille, tu ne devrais pas la laisser passer… Ne déconne pas Jacques, appellela ! 16 Aujourd’hui c’est dimanche, jour de repos, il fait beau. Cet après-midi, j’irai me promener au parc. Voler des yeux l’intimité de ces familles paisibles, puiser de l’énergie dans les éclats de rire des enfants, prêter un sourire à ces promeneurs errants, solitaires. Observer les oiseaux s’envoler, tourbillonner puis revenir s’abriter dans les arbres qui s’élèvent vers le ciel, majestueux, immobiles, soumis. Caresser les fleurs dont les senteurs et la grâce me complaisent tout le temps. C’est beau la vie, je suis heureux. Le téléphone se met à chanter. – Allo, c’est Sophie. Tu te souviens de moi ? On s’est rencontrés l’autre soir au Café Noir. – Bien sûr que je me souviens, tu es la fille aux beaux yeux bleus. – C’est Sam qui m’a donné ton numéro, je ne te dérange pas ? – Non. Sam a un problème ? – Il m’a dit que tu étais seul aujourd’hui et je voulais t’inviter à prendre un verre. – Hé bien… – Je te donne mon adresse ? – En vérité Sophie, je pensais me promener au Parc de la Chance. 17 – C’est vrai ? C’est à côté de chez moi, on se retrouve là -bas d’accord ? – D’accord, j’y serai vers 14 H. – Très bien Jacques, je t’attends à l’entrée. – Bon, alors à tout à l’heure. Elle raccroche. C’était Sophie ! Qu’est-ce j’ai dit ? La fille aux beaux yeux bleus ? J’ai un nœud dans l’estomac. Midi, je fonce sous la douche. J’y crois pas, il est déjà 13 h 30 et je n’ai rien fait que m’entailler la face en me rasant et brûler mon repas. Il faut que je me calme, il ne peut pas être possible de se mettre dans un état pareil pour une fille ! Je voudrais annuler ce rendez-vous. De toutes les façons je serai en retard, elle ne m’attendra pas. J’ai oublié de me brosser les dents, j’ai horreur de ça ! Voilà je suis prêt, j’arriverai bien à me calmer pendant le trajet. J’inspire… J’expire… Je ne tremble plus, je ne transpire plus… Je suis à l’entrée du parc et je ne vois personne. Tout va bien, elle ne m’a pas attendu, je vais pouvoir me promener tranquillement. – Jacques… Jacques… M… ! Il faut que je me retourne, je la sens dans mon dos, je l’entends aussi, elle est là ! Elle m’apparaît et son sourire m’éblouit. Elle s’avance vers moi, tout prêt. Mes bras l’enlacent puis se resserrent. Son corps tout contre le mien, je ne ressens plus rien, endormi. Enfin, mes bras la relâchent. – Je t’ai cherché partout, me dit-elle. Tu viens souvent ici ? – J’aime la nature, les arbres, les oiseaux, les fleurs, les gens… 18
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