Adoption Attitude : le chien - Page 1 - test Adoption attitude : Le chien 3 Héléna AYMES Adoption attitude : Le chien ou Petit manuel pratique pour une adoption réussie… Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2008 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0281-3 Dépôt légal : décembre 2008 © Edilivre Éditions APARIS, 2008 6 Sommaire Préface ............................................................... Les objectifs de ma démarche, ou pourquoi écrire ce livre…............................. 11 15 Un grand merci à vous tous, qui avez ouvert votre cœur et les portes de votre intimité à un chien qui n’avait connu jusque-là que la misère !....... 19 La relation homme-chien................................... L’image actuelle du chien de refuge ................. L’acte d’adoption et ses implications................ Ma méthode....................................................... Postface ............................................................. 23 41 51 73 101 9 Préface La société use et abuse de la noblesse de cet « outil de déchargement » que sont les refuges. Oui, l’homme refuse beaucoup trop souvent d’investir ses sentiments dans sa relation à l’animal, et en particulier son chien. Dans une vie qui paraît équilibrée, l’animal est le bienvenu. Mais pourtant, sans que l’animal ne comprenne ce qui lui arrive, l’homme décide un jour que son compagnon à quatre pattes est un poids. Tout devient prétexte à se débarrasser d’un être qui n’a eu que le défaut d’aimer et de se donner entièrement à son maître. Les raisons de se séparer de son chien ne sont pas toujours louables. Il est bien évidemment des circonstances qui obligent à prendre cette décision, et qui déchirent des cœurs. Un décès, un départ en maison de retraite, et c’est le destin du chien qui survit à son maître qui revêt une fin tragique. Des raisons dramatiques tant humainement qu’au niveau de l’animal. Un déchirement réciproque, une déchéance annoncée. Ces causes sont tel un mur que l’être humain ne peut pas franchir. Il n’y a pas d’autre choix que celui de l’abandon. Malheureusement, c’est une très infime cause aux abandons. L’homme est lâche et n’hésite 11 pas à se décharger lorsque l’animal devient source d’« encombrement ». On ne cherche pas à résoudre le problème, non, on opte pour une solution facile à appliquer. Les refuges ne refusant jamais d’accueillir ces chiens dont on ne veut plus, l’homme est assuré de la réussite de son plan. Un départ en vacances, à l’étranger, un déménagement, l’arrivée d’un enfant, et on n’assume plus son chien. Les refuges sont des associations à but non lucratif, gérées par de nombreux bénévoles, et dont l’une des vocations est d’assurer une fin plus digne à des animaux délaissés par l’inhumanité de leurs propriétaires. Un acte dénué de toute sensibilité, qui condamne un animal innocent à vivre désormais sous le signe de la détresse. Lui qui avait connu la chaleur d’un foyer se retrouve enfermé toute la journée, et par tous les temps, dans un petit box, bien souvent avec d’autres congénères. Il ne lui reste plus qu’à espérer croiser le regard d’une âme qui lui ouvrira son cœur. L’acte d’adoption est empreint d’amour et d’une grandeur d’âme qui se fait rare. Les refuges croulent de plus en plus sous le poids des abandons et des animaux jetés devant leurs portes, anonymement ; ils ne désemplissent pas, bien au contraire ! Mais les adoptions sont bien plus occasionnelles. Les refuges, et par voie de fait, les chiens abandonnés, véhiculent un imaginaire qui va à l’encontre de leurs propres convictions. Le chien de refuge est catégorisé et porte le fardeau de la misère animale et de l’inconscience humaine. Son image est négative. La conscience collective est leurrée. Son esprit est confus. La notion même de refuge renvoie à la fausse interprétation d’un lieu rempli d’animaux à problèmes, vivant dans des conditions précaires. La réalité est toute autre ! 12 Rappelons à toutes ces personnes qui se trompent que les refuges existent du fait de la cruauté humaine, qui ne savait pas comment faire disparaître les animaux dont elle se lassait. Bien loin de l’idée préconçue d’animaux qui garderont les séquelles des mauvais traitements infligés par l’homme, les chiens que l’on y rencontre sont des êtres d’une exceptionnelle gentillesse, et qui méritent toute notre attention. Ce livre est aussi fait pour réhabiliter l’image du chien de refuge et essayer de faire évoluer les mentalités. Les chiens qui sortent des refuges ont été fragilisés, de par le sadisme dont peut faire preuve l’homme, mais aussi de par les conditions dans lesquelles ils se retrouvent. Les refuges manquent de moyens, et, bien qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour améliorer ces conditions de vie, l’animal subit malgré tout les conséquences de l’acte d’abandon. Des rations comptées, un lieu de vie commun avec d’autres chiens, un enfermement quasitotal, et le combat physique contre les éléments naturels. Des chiens qui ne vivaient pas forcément à l’extérieur, et qui endurent ce nouvel environnement. Chaque chien est unique et ne s’adapte pas de la même façon à ce traumatisme, ne se protège pas avec les mêmes facilités. Il est vrai que pour certains, déstabilisés, il faudra faire preuve de plus de patience, mais tout autant d’amour qu’avec d’autres. Mais à qui la faute ?… Il faut penser autrement. Et se remémorer la vocation de tous ces refuges qui consacrent toute leur énergie à la protection de ces animaux en souffrance. Ce sont des chiens pleins de vie et débordants d’amour que vous trouverez en passant les portes d’un refuge. Des chiens qui verront en vous leur main sauveuse, leur Dieu en qui ils donneront 13 leur être tout entier dans le seul objectif de vous faire plaisir et de vous prouver chaque jour leur éternelle reconnaissance. J’ai voulu écrire ce plaidoyer en faveur des chiens abandonnés, non seulement parce que c’est une cause qui me tient à cœur, mais surtout, dans l’optique de repositionner l’image que se fait une large majorité de personnes des chiens de refuge. Leur démontrer que ces chiens devraient avoir les mêmes chances que l’on s’intéresse à eux que des chiots achetés dans des élevages. Expliquer aussi toutes les raisons qui ont fait que les chiens de refuge ont pu se forger un caractère tout particulier, comment faire pour l’apprivoiser pour vivre en harmonie avec eux. Faire comprendre pour limiter le retour des animaux dans les refuges. Enfin, montrer qu’avec une méthode toute simple, on peut faire de notre vie un havre de paix, en symbiose avec nos animaux, quel qu’ait été leur passé… 14 Les objectifs de ma démarche, ou pourquoi écrire ce livre… J’ai depuis toujours été très sensible à la condition des animaux en refuge. Lorsque j’étais lycéenne, je donnais tout mon temps de libre à la SPA la plus proche de chez moi. Entre deux cours, tous les weekend. Tous ces chiens enfermés, tournant désespérément dans leur petit box, attendant qu’une bonne âme vienne leur ouvrir pour les sortir un moment, ou mieux, les adopter, a été pour moi un véritable déchirement, et le début d’une vie dévouée aux bêtes malheureuses. Qui resterait insensible devant ce spectacle de désolation, de tous ces regards tournés vers vous, de hurlements de douleur, de tristesse, de solitude, ou bien encore devant la vétusté des locaux, de la petitesse des box dans lesquels vivent plusieurs chiens, des conditions de vie, tout simplement, de ces animaux ? Aujourd’hui, de plus en plus de refuges mettent tout en œuvre pour le bien-être de ces compagnons abandonnés, organisent des manifestations pour récolter les fonds nécessaires pour l’amélioration des locaux et des conditions de vie de leurs protégés, car il existe des 15 refuges modèles, où tout est mis en œuvre pour redonner aux animaux délaissés, par obligation ou par lâcheté, leur dignité, et mettre toutes les chances de leur côté, afin qu’ils puissent retrouver rapidement un nouveau foyer. Malheureusement, tous les refuges n’ont pas les mêmes priorités, même si cela paraît contradictoire. Oui, tous les animaux de refuge ne sont pas traités de la même façon, et l’euthanasie est parfois pratiquée injustement. Par manque de moyens, par impossibilité du fait du grand nombre d’abandons de prendre le temps de comprendre l’animal et le rééduquer, par faute de suivre des avis au pronostic très sombre de professionnels, et ne pas laisser le bénéfice du doute quant à la possible adoption de tel chien dit « à caractère difficile », et la prise rapide de décisions fatales. Des milliers de chiens qui n’auraient pas dû connaître ce sort et qui étaient indubitablement de bons chiens. Car il n’existe pas de chiens méchants dans les refuges. Les chiens réellement dangereux ne restent pas… Lorsqu’une personne prend la décision d’adopter un animal dans un refuge, elle fait là un acte de générosité, en offrant une vie de famille à un animal qui a connu la souffrance. Reste le « suivi » d’adoption. L’adoptant se retrouve face à un animal généralement adulte, qui a son propre passé, et qui se trouve une fois de plus plongé dans un nouvel environnement. Tous les animaux ne réagissent pas de la même façon, et dans certains cas, révèlent un comportement qui laissera leur nouveau propriétaire perplexe. Que faire alors lorsque le compagnon sur lequel vous avez eu un coup de cœur semble se rebeller ? Comment réagir face à une attitude que l’on 16
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