Louise de Bettignies - Page 1 - test Jeanine Stievenard Louise de Bettignies ou Alice Dubois Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Édilivre Éditions APARIS Collection Coup de cœur 56, rue de Londres, 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 - Fax : 01 53 04 90 76 - mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-35335-291-3 Dépôt légal : Août 2009 © Édilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire AVANT-PROPOS ............................................... 15 1818 : Installation à Saint-Amand .................... 20 Dix ans de résidence nécessaires ...................... 21 La clef sous la porte.......................................... 23 À 12 ans déjà… ................................................ 24 « Ils ne me verront plus ! » ............................... 25 Elle ne refusait pas une cigarette !.................... 26 Chagrin d’amour ou passade ?.......................... 27 La nécessité d’un emploi. ................................. 28 Envisagea t’elle d’entrer dans les ordres ? ....... 31 L’amour propre égratigné. ................................ 32 Française par-dessus tout.................................. 34 Louise et sa sœur, sous la mitraille................... 36 L’heure du grand engagement .......................... 38 Hardie, déterminée et impertinente ! ................ 41 Saint-Omer, nid d’observateurs et d’espions.... 44 L’indignation d’une comtesse .......................... 45 Le chois des Britanniques par pragmatisme ..... 49 « Tu cours à la mort ! »..................................... 53 9 LOUISE DE BETTIGNIES DEVIENT ALICE DUBOIS ............................... 55 Avec la bénédiction de l’évêque ....................... 120 kilomètres… à pied .................................... Le rôle éminent de Viaene et de Verstappen .... Une toile à travers la Belgique.......................... 5 kilomètres à pied, en neuf heures ! ................ Le massacre des pigeons ................................... L’incident des chaussures ................................. Une bière blonde comme tout le monde ........... Quelle était la valeur réelle du Service ?........... Guillaume II l’échappa belle ! .......................... L’hommage britannique.................................... Alice dans ces œuvres ....................................... La volupté de flouer l’adversaire ...................... La chance, certes, mais… ................................. Le plaisir de se déguiser.................................... 57 59 65 66 67 68 69 70 70 72 74 75 76 77 78 LA SOURICIÈRE ............................................... 85 Bruits de trahison et durcissement allemand .... 86 L’ARRESTATION .............................................. 89 « Je risque d’être fusillée. » .............................. Double erreur .................................................... Menteuse ! Infâme espionne !........................... Pourquoi ? ......................................................... 90 96 98 103 UN LONG COMBAT.......................................... 111 Trois jours sans nourriture ................................ 112 10 Marquée physiquement..................................... 115 Torturée ?.......................................................... 118 LE JUGEMENT .................................................. 124 Le plaidoyer de Louise en faveur de Vanhoutte et de Desaever ............ 130 Une grande noblesse de caractère..................... 134 « En Allemagne, nous savons rendre hommage à l’héroïsme. » .. 135 LA VIE À SIEBOURG ....................................... 138 Louise et Frau Ruge.......................................... Seize heures dans l’obscurité............................ La générosité de Louise .................................... Chantage sur les détenus................................... Apparition du typhus ........................................ 141 143 144 145 146 DANS LES MAINS D’UN « BOUCHER » ....... 148 L’éclat de Marguerite Blanckaert ..................... Les premières attaques d’un mal pernicieux .... L’ignoble substitution de personne................... La triste victoire de Herr Durr .......................... 152 154 155 157 LE TERME DE SON FABULEUX DESTIN ... 161 L’ENTREE DANS L’ETERNITE ..................... 165 ODE À Louise de Béttignies ............................ 170 Face à l’ennemi................................................. 171 BIBLIOGRAPHIE .............................................. 173 11 AVANT-PROPOS Louise de Bettignies est l’une de ces femmes qui surgissent dans les périodes de grands malheurs, une de ces femmes qui, faisant abstraction de tout ce qui a pu les animer, se vouent, jusqu’au sacrifice final, à la défense d’un idéal. Comme la plupart de ses semblables, rien a priori, ne la prédisposait à tenir ce rôle qu’elle assuma. Louise de Bettignies, issue d’une famille remontant au Saint Empire, avait 34 ans, lorsque la guerre de 1914-1918 fut déclenchée. Les Bettignies avaient essuyé des revers de fortune, sans pour autant, vivre dans la pauvreté. Elle avait effectué ses études à Oxford, parlait six langues et possédait une indépendance d’esprit, comme de comportement, qui ne manquait pas d’étonner dans ces temps-là. Même sans la nécessité de pourvoir à sa subsistance, elle eût quitté un foyer, un foyer dirigé par une main de fer par sa mère. On lui prêta l’intention de se lancer dans le journalisme, profession incongrue, pour une femme, puis de rentrer dans les ordres, à la suite, d’une déception amoureuse. Louise de Bettignies, née à Saint-Amand15 Les-Eaux, près de Valenciennes, était infiniment pieuse, mais son tempérament ne paraissait pas devoir s’accommoder d’une vie monacale. Elle choisit de devenir préceptrice, et fut en poste dans les plus grandes familles d’Europe. Elle fut même sollicitée pour occuper la fonction chez l’héritier de l’empire austro-hongrois, FrançoisFerdinand, mais cet avenir, doré dans les perspectives du moment, s’accompagnait d’un impératif : elle devait se dessaisir de sa nationalité française, elle s’y refusa, sans hésiter. Quand les hostilités éclatèrent, Louise de Bettignies était à Lille. Elle soigna les blessés dans un hôpital, avant de ravitailler, sur ses propres réserves, les soldats français qui défendaient l’une des portes de Lille. Chargée de porter du courrier en zone libre par des familles lilloises, elle fut repérée par les services français et britanniques. Elle les séduisit rapidement par son esprit d’observation, sa détermination, sa vive intelligence, et accepta de créer un réseau dans le Nord occupé, au profit du Royaume-Uni. Elle fonda, alors une organisation d’une très grande efficacité dont elle fut l’âme. La résistance physique de cette femme à l’aspect frêle, acquise lors de ses études en Grande-Bretagne, où l’on s’intéressait déjà au corps, lui permettait de faire face à la fatigue, de couvrir des distances considérables à pied : elle traversait des rivières par tous les temps, dans des endroits innommables, se rendait dans des auberges infréquentables pour des jeunes filles, se jouait des Allemands avec allégresse, franchissait constamment la frontière belgo-néerlandaise, pourtant très surveillée. Les ennemis estimèrent qu’elle eut le 16 rendement d’un corps d’armée, et les Anglais, comme les Français, lui conférèrent les plus hautes distinctions. Elle tomba sur dénonciation, fut condamnée à mort, peine commuée en prison à perpétuité. Incarcérée en Allemagne, parmi d’autres détenues politiques, elle conserva son alacrité, ne cessa de lutter contre l’arbitraire, fomenta des révoltes, avant que la maladie, inexorablement, ne la minât, alors que la direction de la forteresse refusait de la faire soigner. La popularité de Louise de Bettignies ne faiblit jamais de 1918 à l’orée de la dernière guerre. Des rues, des places, des écoles, cependant portent toujours son nom dans de nombreuses villes du nord de la France. 17 Comment une jeune femme ayant bénéficié d’une éducation classique et travaillant comme préceptrice dans des familles princières devint un enjeu primordial entre les nations en guerre… Telle est l’histoire dramatique de Louise de Bettignies. Née près de Saint-Amand-les-Eaux, le 15 juillet 1880, dans une famille alliant noblesse et bourgeoisie. Louise, la « Jeanne d’Arc du Nord » est la fille de Julienne Mabille de Poncheville, c’était une femme exquise, excellente musicienne. Elle était également la cinquième fille, constatation qui eût pu chagriner qui la foi chrétienne n’habitait pas. Chez les Bettignies, la venue d’un enfant était considérée comme un don de Dieu, et son sexe n’ouvrait pas la voie aux regrets. À une époque où les grandes familles étaient monnaie courante dans toutes les couches de société et pas seulement parce que les moyens de contraception étaient inconnus, les accouchements s’effectuaient à domicile, Louise naquit, à Saint-Amand-les-Eaux, rue de Condé. 19 Les Bettignies étaient une vieille famille. Le premier d’entre eux était apparu en 1228. La seigneurie de Bettignies était située près de la ville de Mons. Les aïeux de Louise furent des gens de robe, des militaires, des créateurs, des artistes, Claude-Joseph de Bettignies sculpta la célèbre chaire de l’église de Saint-Amand. L’arrière petit-fils de cet artiste, JeanMaximilien de Bettignies était avocat à Tournai, en 1750, et avait épousé la fille du célèbre fabricant de faïence de la ville, renommée au lieu-dit « Moulin des loups ». 1818 : installation à Saint-Amand Ces nouvelles dispositions frontalières incitèrent le porcelainier à ouvrir en 1818, à Saint-Amand-lesEaux, rue de Wacq, dépôt confié à son fils, Maximilien. Pourquoi Saint-Amand ? Cette cité de la Pévèle, sur la Scarpe, bâtie autour d’une abbaye, en 647. La manufacture tournaisienne travaillait beaucoup avec la France, et les droits de douane s’avéraient fort élevés. Le dépôt amandinois devint assez rapidement une fabrique, à la suite de la reprise du matériel d’un célèbre porcelainier amandinois Fauquez dont la politique de grandeur ne résista pas aux assauts serrés des Anglais. Installée d’abord rue Marion, après avoir été en 1837, établie au lieu-dit Le Moulin des Loups, sur la route de Valenciennes. Le chiffre d’affaires annuel s’élevait à environ 150 000 francs par an, « en acceptant la plus-value donnée aux produits expédiés en blanc, à Paris, où ils étaient revêtus de décors imitant ceux de Sèvres, plus-value évaluée à une soixantaine de mille francs ». Au Moulin des Loups 20
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