Intermittences sentimentales - Page 1 - test Muriel Strentz Intermittences sentimentales Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1169-3 Dépôt légal : Juin 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Section I Tourmente « Ce n’est pas pour devenir écrivain qu’on écrit. C’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout Amour. » (Christian Bobin) 9 Je me disais qu’ailleurs… Je me disais qu’ailleurs tu ne serais plus, je ne te verrais plus et que le temps mourrait dans un instant figé Je me disais que ta voix me serait dérobée et que son timbre ne résonnerait plus éteint dans mon âme usée Je me disais qu’ailleurs, loin, mon cœur vieilli S’éteindrait dans l’ignorance absurde de la vie, morcelée sans toi Toi, mon avenir, phare dans mes ténèbres que serais-je devenu sans ta main, ta voix ton silence sur ma route ? 11 Le point Un jour, le point. Le point final. L’acceptation totale d’un jeu, d’une partie qui s’achève parce qu’on a abandonné. Le point de rupture. Le point final qui obligera à tout recommencer. Pour la énième fois. Ce point qui ne veut pas s’écrire, se dire 12 L’injonction d’écrire, de tout écrire est un acte de foi Le mot Océanie Transporte vers des paradis enchantés Le mot Le voyage des mots Par les mots La Beauté Accessible Seule remède Aux instants mélancoliques Que le réel ne peut étancher. La soif De toi Missel poétique Langage contrefait La vérité se masque en métaphores confuses Enigmes à décrypter Le temps, tombeau des larmes Charme, perpétuelle fuite Du liseron saturnien 13 – Les fleurs poétiques ont été brûlées dernièrement La transgression nouvelle baigne ces pages A cause d’un amour jaloux – Où est le support des sanglots inédits Là, court pourtant ma nostalgie Un aveu tardif a fait rejaillir un espoir L’autre en face brisé par tant de malentendus L’Unique ! L’Idéal… Fuir, la plume court vers d’autres infinis Déloyale existence Fade tromperie Sonore, la plume Cache l’innommable béance Dans laquelle le mal a peut-être triomphé. Concepts désuets, La vie farouche s’étale S’emballe Combien de fois encore la déchirure se pourra-telle ? Et faut-il néanmoins s’en réjouir ? La Belle au regard tout juste mouillé Elle existe plus que jamais dans la sinuosité de l’écriture Implacable indifférence Imparable égoïsme… La sinuosité limpide et blanche Petite et tendre immaculée 14 Seuls les clairvoyants comprendront Le masque de la vérité ainsi dissimulée Inutile de vouloir faire taire la plume Le moi, l’identité ! Plus forte que les chantages, les menaces, L’éclat, les mensonges, les espoirs insensés Elle a banni tous ses trompeurs interlocuteurs Jouit de sa ténébreuse action En les baignant virtuellement dans le Styx. Le droit d’exister La bassesse d’interdire Se confrontent et se confondent – Tu veux la vie comme ça ? Grand bien te fasse. Qui remportera la lutte dérisoire Où germera la joie d’aimer nouvelle ? Lointaine âme sœur Tu me devines, incarne-toi ! Entière et farouche Courageuse et innocente Recommence l’aventure à deux Renouvelle la soif que je te porte en secret. Aimer Comme l’instant déjà-vu L’intelligence bienveillante d’un nouveau sang Oxygéné, ensoleillé, persévérant Attaque la vie avec moi ! Les étreintes nouvelles et univoques Embrase mon corps de baisers Toi qui sais où sont restées les tristesses anciennes Je t’adresse ce poème énigmatique 15 Pour t’inviter à t’y mêler. Inonde-moi du bonheur que tant méprisent, entachent, alourdissent de sombres présomptions Lâche toutes les suspicions Libre sans toi ou avec toi Vibrante comme je l’ai toujours espéré de mes passions diverses Alors… Je te donnerai le doux cambré de mes reins Et la chaleur mille fois aimante de mon sein Et la caresse ineffable de mon abandon Et le murmure extatique de ma bouche Humide de tes soupirs abondants Alors… Je te donnerai les spasmes dépouillés du passé Des joies de l’amour même déguisé Et la grandeur dévolue à la fierté 16 Quand le soleil sera don Quand le soleil sera don Doux, liquide de chaleur et d’éclat, Tu seras l’unique Les images et l’imagination ne se borneront plus Mais vagabondes, fluides S’évaderont Les roues du temps Et l’arcane de notre chemin Se rejoindront Oh toi ! Temps, absence, concept vide Mais espoir Je t’embrasse Oh toi ! La plume enchanteresse Eloigne ces simulacres Chimères monstrueuses et destructrices. 17
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