Haïti balade à travers son histoire - Page 1 - test Mariental Haïti balade à travers son histoire un empire, un royaume, une république Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1399-4 Dépôt légal : Juin 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire LE DÉBARQUEMENT DE CHRISTOPHE COLOMB .............................. 11 LA TRAITE NÉGRIÈRE...................................... 17 TOUSSAINT LOUVERTURE ............................. 23 JEAN-JACQUES DESSALINES LA PROCLAMATION DE L’INDÉPENDANCE D’HAÏTI................................................................ 33 UN PAYS, TROIS ÉTATS ................................... 43 JEAN-PIERRE BOYER SOUS LA PRESSION FRANÇAISE............................... 47 LA FIN DE L’EMPIRE DE SOULOUQUE BREF RETOUR AU CALME .............................. 51 LE RETOUR DE LA RÉPRESSION EUROPÉENNE L’OCCUPATION AMÉRICAINE...................................................... 53 LES DUVALIER ET LES TONTONS MACOUTES.. 57 DUVALIER FACE À L’ÉGLISE CATHOLIQUE ..................................................... 63 9 L’HÉRITAGE PRÉSIDENTIEL (BABY DOC) .... 69 L’ARMÉE DE RETOUR AU POUVOIR............. 79 ARISTIDE LE MESSIE DES HAÏTIENS ............ 83 CONCLUSION...................................................... 127 SOURCES ............................................................. 131 10 LE DÉBARQUEMENT DE CHRISTOPHE COLOMB L’île d’Haïti se situe en plein cœur des Grandes Antilles. Elle est la seconde île des Caraïbes en superficie (76 480 kilomètres carrés) et est séparée de Cuba et de la Jamaïque par le canal du Vent, et de Porto Rico par le canal de Mona. Elle porte aujourd’hui le nom d’Hispaniola et est divisée en deux républiques. À l’est la République dominicaine qui occupe deux tiers de la surface, à l’ouest la République d’Haïti n’en occupant qu’un tiers. C’est une île grande et merveilleuse, constituée en majeure partie de chaînes de montagnes. Le sommet le plus haut de l’île se trouve en république Dominicaine au pic de Duarte (3 175 mètres d’altitude) ; le deuxième en hauteur, en République d’Haïti, au massif de la Selle (2 680 mètres d’altitude) dans l’ouest du pays. Elle est entourée par six petites îles appartenant à la République d’Haïti. La plus grande est l’île de la Gonâve (grande comme la Martinique) située dans le département de l’ouest du pays, en face de Port-auPrince ; les autres sont l’île de la Tortue dans le nord 11 au large de Port-de-Paix, l’île à Vaches dans le sud baignant la mer des Cayes, les deux îles Cayemites au large de Jérémie dans la Grande Anse, et la Navase située entre Haïti et Jamaïque, qui fait l’objet de litige entre la République d’Haïti et les États-Unis. L’île doit son nom Haïti (ou Quisquéya dans le langage amérindien, qui signifie terre haute, terre montagneuse) à ses premiers habitants les Amérindiens, communément appelés les Arawaks. Ce peuple vivait en Haïti depuis bien avant la venue de Jésus-Christ. C’étaient des hommes et des femmes à peau bronzée, vêtus de paille et de peaux d’animaux. Ils étaient peu nomades, divisaient l’île entre cinq tribus et se soumettaient aux ordres de chefs appelés caciques. Ils vivaient de la cueillette, de la chasse et de la pêche, et pratiquaient l’agriculture sur brûlis. Leurs principales cultures étaient le manioc, les patates douces, etc. À côté de leurs dieux Zémès, ils adoraient les merveilles de la nature comme le soleil, la mer, les étoiles, la lune, les arbres, etc. C’était un peuple joyeux, je dirais même fêtard. Les habitants comptaient parmi eux de nombreux poètes, chanteurs, compositeurs qu’on appelait autrefois, simba. Ils aimaient danser et faire de la musique. Leur danse était comparable à celle des tribus africaines d’aujourd’hui. Malheureusement toute bonne chose a forcément une fin. Un jour, le 5 décembre 1492, un mauvais vent poussa les trois caravelles (la Pinta, la Niña et la Santa Maria) du célèbre conquérant espagnol né à 12 Gênes en Italie, Christophe Colomb, en direction de l’île d’Haïti. Une fois débarqué au môle Saint-Nicolas, au large du nord-ouest d’Haïti, la première chose qu’avait faite Colomb, c’était de planter une croix en signe d’obédience à la reine d’Espagne, Isabelle, qui lui avait ordonné de propager la parole du Christ partout où il passerait, surtout sur les nouvelles terres. Les Indiens reçurent Christophe Colomb et sa bande avec beaucoup d’humanité et de cordialité. Ce fut une découverte énorme pour les Indiens qui sympathisaient pour la première fois dans leur existence avec des hommes bien coiffés, vêtus de tissus modernes, chaussés de bottes en cuir, etc. C’était à la fois étrange et mystérieux. Étrange dans le sens où ils découvraient des visages pâles, des hommes qu’ils croyaient bons, généreux, chose qui éveillait leur curiosité. Mystérieux dans le sens où ils croyaient que cette espèce humaine était habitée par une certaine divinité. Dans le but de vivre à fond cette aventure, les Indiens tissèrent des liens d’amitié avec les colons espagnols qui sans doute ne recherchaient pas l’amitié, mais la fortune, l’or pour être précis. Christophe Colomb, charmé par la beauté des paysages de l’île, n’avait pas pu s’empêcher de la comparer à l’Espagne et la baptisa soudain Hispaniola, ce qui veut dire petite Espagne. Les Indiens de leur côté vécurent très bien l’aventure jusqu’au départ de Colomb pour l’Espagne. Ils prenaient cela comme étant une sorte de continuité à leur vie saine et heureuse, une grâce ou miracle émanant de la providence. 13 Malgré tout, ce rêve n’attendra pas longtemps pour se transformer en cauchemar, aboutissant à l’un des plus grands crimes contre l’humanité de toute l’histoire de la race humaine. En 1492, le jour de la fête de Noël, la plus grande caravelle de Christophe Colomb (la Santa Maria, le bateau sur lequel il voyageait) s’échoua sur les côtes nord de l’île, mais ne coula pas. Trois jours plus tard, Colomb décida de démonter le bateau et de construire un fort avec les débris dans l’île. Chose dite, chose faite, le fort fut construit sous le nom de fort de la Nativité près du Cap-Français (actuel Cap-Haïtien). Ce fut la première construction dans le nouveau monde. Tout de suite après, il mit le cap sur l’Espagne, laissant derrière lui 39 hommes en compagnie des Indiens. Un an plus tard, à son retour, il ne trouva que les cendres du fort, qui avait été incendié par ses hommes, lesquels, par la suite, décidèrent de fonder une nouvelle colonie en l’honneur de la reine Isabelle près de Puerto Plata (ville à Saint-Domingue). Fin d’une belle aventure, l’amitié trahie. Les Espagnols envahirent l’île par milliers et réduisirent les malheureux Amérindiens à l’esclavage. Ils les forcèrent à travailler dans des champs d’indigo et des mines d’or, dans des conditions atroces, et les privèrent même de nourriture. Ils violèrent leurs femmes et leur transmirent des maladies d’origine européenne. Plus de fête, plus de danse ; les poètes, des machines à labourer. 14 Les Amérindiens, qui ne s’habituèrent pas à ce mode de vie, à ce genre d’atrocités, mouraient par milliers. À l’arrivée de Colomb, les Indiens étaient au nombre de 2 000 000 environ. À force de les maltraiter, ils n’étaient plus que 60 000 environ en l’espace de quelques années seulement, puis 4 000 dans les années 1510. En un temps record, les Espagnols réussirent à éliminer quasiment tout un peuple, toute une civilisation, et ils n’en restèrent pas là. Obsédés par la richesse, ils continuèrent leur course vers d’autres civilisations, d’autres races d’hommes qu’ils qualifièrent de bêtes, pour remplacer les Indiens d’Haïti qu’ils venaient de faire disparaître tragiquement. L’année 1502 fut marquée par le début d’une longue époque noire dans la vie des centaines de milliers d’hommes issus du continent africain qui étaient aussi faibles, méprisés, exploités qu’ils le sont aujourd’hui. 15 LA TRAITE NÉGRIÈRE Puisqu’il n’y avait quasiment plus d’esclaves pour travailler les champs à Saint-Domingue, (le nouveau nom que donnèrent à l’île Hispaniola les conquérants européens), puisque la situation à Saint-Domingue nécessitait une forte main d’œuvre, les conquérants se lancèrent dans la traite négrière. Ils achetèrent des esclaves noirs en Afrique pour les transporter comme des objets un peu partout dans les Caraïbes. À cette époque, les conquérants britanniques, hollandais et français parcoururent les Caraïbes ; étant donné que l’Espagne était confrontée à des problèmes politiques et économiques énormes, elle ne pouvait pas s’aventurer trop dans le trafic des esclaves d’Afrique. En 1697, suite à la guerre de la ligue d’Augsbourg, le traité de Ryswick accorda la partie occidentale de l’île de Saint-Domingue (aujourd’hui République d’Haïti) à la France, et l’Espagne garda l’autre moitié qui constitua la Saint-Domingue espagnole (actuelle république Dominicaine). La France qui disposait d’une économie plus solide que celle de l’Espagne, se lança dans la traite 17
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