Témoignage d'une femme meurtrie - Page 1 - test Alison SUE Témoignage d’une femme meurtrie Quand la vie bascule Edilivre – Éditions APARIS 3 Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20 rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70/Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2007 ISBN : 978-2-35607-113-2 Dépôt légal : Octobre 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Préface La vie n’est pas un long fleuve tranquille, et elle est souvent parsemée d’embûches. Tout le monde rêve d’une vie sans soucis, sans haine, sans rancœur, sans tristesse, avec le respect d’autrui, et bien d’autres valeurs encore. Malheureusement, nous sommes confrontés à la triste réalité, celle de la peur, de la haine, de la rancœur, de la vengeance, de la méchanceté, du non-respect des autres, du racisme, de la violence, et bien d’autres souffrances également. Pour moi, tout allait bien dans ma vie de petite fille, gaie, souriante, heureuse de vivre, toujours agréable avec les autres, très sociable. Voici donc mon histoire. 7 Chapitre I Par un joli soir d’été, est née une petite fille toute brune avec de jolis cheveux, des yeux noirs en amande, ses heureux parents étaient aux anges. Cette petite fille et bien c’était moi. J’avais tout à fait le type d’une petite asiatique, et la Sage-femme a demandé à ma mère si son mari était japonais, et ma mère a répondu non, qu’il était breton. Ma mère m’a racontée plus tard qu’elle avait dû rester allonger pendant sa grossesse, alors qu’elle était enceinte de moi. C’est vraiment une coïncidence très étrange. Mes parents très heureux d’avoir une fille, car j’étais leur deuxième enfant, avaient déjà un petit garçon. En fait, mes parents ont eu cinq enfants (deux filles et trois garçons). Quelle jeunesse nous eûmes. Nous habitions à Paris dans un appartement, qui n’était pas très grand, mais mes parents s’en contentaient très bien. Lorsque j’étais toute petite, je ne faisais que des bêtises. Je mangeais du charbon 9 (croyant que c’était de la réglisse), alors que mes parents s’étaient absentés. Au moment où ils rentrèrent, telle ne fut pas l’étonnement de ma mère, car ma jolie petite robe qui était blanche au départ, était devenue bien noire. Je grappillais aussi dans le frigidaire du camembert, de la viande de Pot-au-feu, qu’elle petite gourmande j’étais. C’est vrai que depuis que j’étais toute petite, j’ai toujours eu tendance à avoir quelques kilos en trop. C’est très difficile pour une petite fille d’être obligée de se priver de certains aliments, parce que ce n’est pas bon pour la santé. Lorsque je voulais manger des bonbons, et que ma maman me l’interdisait, je me mettais à bouder dans un coin. Puis nous avons déménagé en banlieue parisienne, étant donné que mon troisième frère est né. Donc, il fut indispensable pour toute notre petite famille, d’avoir une demeure plus grande, et notre nouvel appartement nous plaisait énormément. Nous avions un logement fort agréable, avec une grande cuisine, une salle à manger, deux chambres, une pièce au fond où mes parents y avaient installé leur chambre à coucher, puis la salle de bains et les toilettes. J’y ai passé une partie de mon enfance, avec pleins de merveilleux souvenirs. Je me rappelle lorsque je faisais du patin à roulettes sur le bitume près des magasins, c’était très en pente et quelles chutes je faisais !!! Je revenais chez moi avec les genoux en sang, et ma gentille maman me soignait toujours. Ah !!! que j’avais horreur de l’alcool à 10 quatre-vingt-dix degrés, ma mère disait souvent que je n’étais pas une petite fille douillette. J’allais à l’école tout près de chez moi, j’étais une fillette bien polie, tout le temps souriante, très espiègle, facile à vivre, mais qui faisait énormément de sottises. J’adorai aller à l’école maternelle, mais j’embêtais toujours mes petits camarades. Je les aimais tellement que je mordais les fesses des garçons et des filles, quand nous étions aux toilettes. Lorsque ma maman venait me chercher à l’école, la maîtresse se plaignait toujours de mes espiègleries. Je mordais même aussi ma maman, mais elle par contre, pour me montrer que ce n’était pas acceptable, me remordait à son tour. Mon frère aîné et moi n’ayant que quelques années d’écart jouions ensemble, très souvent. Nous nous entendions très bien, et nous avions des copains imaginaires, que mon frère avait affublé de bien drôles de surnoms. Ma mère ne travaillait pas, elle restait à la maison pour s’occuper de nous, tandis que mon père était commercial. D’ailleurs il était souvent absent, car il était en déplacement pour son travail. Ma mère se retrouvait souvent seule avec nous, mais je crois qu’elle avait fort à faire avec ses trois petits garnements. Quand mes parents sortaient le soir, nous avions une baby sitter qui venait nous garder. C’était la fille d’une voisine, et nous étions des petits anges pour elle, ce qui n’était pas du tout le cas. Après l’avoir bien amadouée, elle nous laissait jouer un peu plus tard qu’avec nos parents. Avant d’aller 11 nous coucher, elle nous racontait des histoires pour nous endormir, et nous adorions l’écouter avec sa voix si douce. Je me souviens que j’avais peur du noir et j’avais besoin d’une petite lampe pour m’endormir. Même encore maintenant, je ressens encore cette peur du noir qui m’envahit et qui m’étouffe. Il y avait une famille de gens pauvres qui habitait en dessous de chez nous, et souvent mon père leur donnait des cageots de fruits qu’il ramenait. Malheureusement, ces enfants volaient des saucissons au magasin, qu’ils cachaient dans leurs chaussettes. Leur technique de chapardage c’était de changer les étiquettes sur les articles. * * * Mes grands-parents avaient une maison en Bretagne, et nous avions la chance mon frère et moi, d’y aller durant toutes les vacances d’été. Mais nous partions seulement avec eux, sans nos parents, et nous prenions le train à la Gare Montparnasse. Nous étions mon grand frère et moi très joyeux de partir au bord de la mer, mon petit frère quant à lui restait avec nos parents, car il était trop petit. L’anecdote du moment était que nous partions très souvent en retard de chez ma mamy et mon pépère. Et oui, mon grand-père trouvait tout le temps un petit truc à faire avant d’aller à la gare. Comme par exemple de 12 vérifier s’il avait bien fermé le gaz, et si toutes les fenêtres étaient bien verrouillées également. À ce moment-là , ma grand-mère le secouait un peu pour qu’il se dépêche pour que nous puissions partir, car elle avait sans arrêt peur de manquer le train. Nous étions donc accompagnés de deux petits voyageurs clandestins, qui n’avaient pas pris leurs billets. Et oui ces deux petits furtifs n’étaient autres que les deux chats siamois de ma mamy et de mon pépère, ils étaient frère et sœur. Ils étaient très mignons, mais j’avais peur de la petite femelle, car elle était plus agressive que son frère, et elle griffait. J’avais déjà tiré la queue d’un siamois, et j’avais été mordue. C’était toujours la crise de panique avant de partir d’ailleurs, pour enfermer ces deux petites bêtes dans leurs paniers. Ce rôle bien évidemment incombait à mon grand-père, car ce n’était guère facile pour lui de les attraper, étant donné que ces deux petits coquins se cachaient sous leurs lit. Les chats n’aimaient pas du tout se retrouver prisonniers de la sorte, et nous montraient leur mécontentement en miaulant. Après maintes péripéties, nous arrivions sans encombre à la gare Montparnasse. Parfois, nous étions obligés d’accélérer le pas, et c’était toujours très cocasse avant d’arriver à notre voiture. Ma grand-mère tenait les billets dans sa main, tandis que mon grand-père portait les bagages et le panier des deux siamois. À l’époque, il n’y avait pas encore de TGV, et nous prenions donc les vieux trains en bois, 13 très peu confortables, mais nous nous en fichions, puisque nous partions pour la grande aventure. À peine le train venait de quitter la gare, que nous réclamions déjà à manger. Mais hélas, il nous fallait attendre midi bien sagement. Ma mamy préparait d’excellents sandwichs de toutes sortes. Lorsque midi sonnait, nous dévorions très vite notre repas, car nous étions affamés, comme si nous ne nous étions pas nourris depuis plusieurs jours. Le train ne roulait pas vite, et nous étions pressés d’arriver en Bretagne. Dès que nous arrivions à destination, nous étions joyeux, mais il fallait encore patienter un peu avant d’être à la maison, étant donné qu’il fallait prendre le car. Ah !!! que ce voyage était long pour deux bambins surexcités !!! Lorsque nous arrivions dans cette jolie maison, mon grand-père très maniaque, allait tout de suite ouvrir tous les volets, et faisait le tour de la demeure. Après ce long périple en train, mon frère et moi étions contents d’aller nous coucher de bonne heure. Puis ce fut le commencement de nos belles vacances. Là , nous retrouvions notre cousin, qui passait ses vacances avec nous, et avec qui nous ne faisions que des âneries. Il n’était jamais le dernier pour inventer une nouvelle blague à faire. Un jour, nous jouions dans la cour, et il a mis une limace toute gluante sur sa langue, c’était dégoûtant. Il nous demanda alors si nous étions cap de le faire, mais ni moi ni mon frère ne le fîmes. Alors mon cousin nous traita de 14
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