Les dragons de l'apocalypse - Page 1 - test Janus SC Les dragons de l’apocalypse La rébellion Roman Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2288-0 Dépôt légal :Novembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 À tous ceux que j’aime, qui sont de ce monde ou partis dans l’autre. 9 Chapitre 1 Je suis là, assis, avec elle à mes côtés. Nous regardons, au loin, cette lumière qui grandit en s’approchant, comme si nous étions une proie, figée, prête à se faire engloutir. Malgré tout, le spectacle est vraiment magnifique je suis hypnotisé, incapable de bouger. Serait-ce cela la mort ? Pourquoi maintenant, quand je ne voulais plus d’elle, moi qui l’avais cherchée, en vain, partout, pendant de longues années ? Nimbée me regardait, l’air triste… L’envie de me parler était évidente, mais elle n’osait pas me faire sortir de mes songes. J’ai préféré lui rendre ce service en déchirant le silence. – Nimbée il y a un souci ? – Non, Lorac… Je me demandais une fois de plus qui tu es réellement, c’est tout. Cela fait un petit moment que je suis avec toi et je n’en sais pas plus qu’au début. – Et tu voudrais savoir quoi exactement ? – Exactement ? Rien de précis. Ta vie d’avant, ce que tu as fait, qui es tu en général. 11 – Parce que maintenant, tu ne sais pas qui je suis. C’est nouveau, Nimbée. – Je sais le peu que tu m’as dit. – Je t’ai presque tout dit. – Chez toi, presque veut dire beaucoup d’ombres Lorac. Beaucoup trop. Un petit rire sortit de mes lèvres. – Oui, Nimbée… Tu n’as pas tort, pas complètement. Je vais tout te raconter, ma chérie. – Je t’écoute alors… J’ai pris ma respiration et fermé les yeux pour descendre au fond de ma mémoire. Les mots ont commencé à sortir, presque sans que j’y pense… Je parlais à un vaste auditoire, pas seulement à Nimbée. Je me racontais à tous les fantômes qui m’habitaient et qui venaient, curieux m’entourer et écouter mon histoire… Je suis Lorac. Ne me demandez pas mon age, je ne sais plus quand je suis né, ni où je suis venu au monde. Ni même où je vais ! Par conséquent il me sera impossible de répondre à vos questions. Ce que je sais et, je peux vous raconter, c’est cette longue histoire qui est un fragment de ma vie. Avec tout ce que cela comporte. Eh oui, les souvenirs, écrits à la craie, s’effacent du tableau noir de la vie, à un moment ou un autre. Je me plais à croire que je fus un des guerriers de l’enfer. Celui que personne ne soupçonne, personne ne connaît. Ça fait longtemps que j’ai donne mon âme au diable en reniant toute forme d’être suprême, de dieu. À quoi cela pourrait d’ailleurs me servir, d’y 12 croire ? Il ne peut même pas justifier mes guerres interminables, toutes ces terres brûlées qui sont restées derrière mes pas, comme autant des cicatrices noires. Pourquoi chercher une justification ? Ai-je besoin ? Je ne le pense pas, effectivement… N’en veux pas de toutes façons. C’est comme ça la guerre, il y a un perdant et un gagnant. Mais, dans les miennes, bien que je les aie toutes emportées, j’ai le goût amer de la défaite dans la bouche et, je n’arrive pas à m’en débarrasser. Ce goût, du mal et de la souffrance que je trouvais, il n’y a pas si longtemps, doux et enivrant. Des douleurs qui étaient miennes, mais que je répandais en partage volontiers, avec tous ceux qui osaient la folie de m’approcher de trop près. Et quel plaisir je prenais en les voyant se tordre dans le mal qui les rattrapait comme une inévitable tempête qui emportait tous sur son chemin. Combien d’âmes carbonisées jusqu’à leurs tréfonds, sur mon passage ? Qui s’en souciait ? Certainement pas moi, à l’époque. J’en ai oublié jusqu’au moindre souvenir de leur nom, s’ils en avaient un. Sauf elle. L’ange qui est venu et parti aussi vite. Qui continue à être vivante, quelque part dans un coin reculé de ma mémoire. Une ombre blanche, fantomatique, une petite épine qui n’est pas partie dans la cicatrice d’une blessure au cœur. Mais, tout cela est loin, si loin que mon esprit n’arrive plus à mettre un nom sur le jour de son départ. Ce fut le premier jour de la transfiguration, lente, qui allait se produire. D’un être tout ce qu’il y a d’humain, mais qui, en douceur, allait devenir un fauve assoiffé de larmes. Blanc et noir, jour et nuit. La nuit allait être longue, sans rêves, sans trêve… Mais, je me dois commencer par le début… 13 Leila, la vieille gitane, diseuse de bonne aventure et, à ses temps perdus experte graphologue, me regardait d’un air triste et choquée, le visage hagard, par ce qu’elle pensait avoir vu dans les lignes de ma main. J’attendais, impatient, qu’elle me parle les yeux rivés sur sa bouche. Le silence devenait pesant, non que je mettais beaucoup de crédit sur ce genre de pratique, mais la curiosité me rongeait, tout de même, un peu. Mais que pouvais-je attendre de cette vieille femme, tellement rondellete qu’elle avait du mal à bouger sans sa canne, habillée d’une façon plus que colorée ! Un perroquet faisait triste mine en comparaison ! Puis, pas très soignée non plus, tant qu’à faire… Enfin, au bout des quelques longues minutes, sa voix a déchiré le silence de plomb qui était installé dans la pièce. – Lorac, c’est curieux ce que je viens de lire dans cet avenir qui sera le tien. Tais-toi, et écoute-moi bien, s’il te plaît. – D’accord, j’écoute. – J’ai dit : « tais toi et écoute ». Pas besoin de me donner ton accord, Lorac. Les sons de sa voix étaient coupants comme la lame d’un rasoir. Je fus réduit au silence le plus complet de la façon la plus simple et la plus claire. – Lorac, je viens de voir ce que je n’ai jamais vu dans ma longue vie… Tu vas quitter ce pays, tes amis et la fille que tu aimes. Une autre vie t’attend, longue, dure, dés le début, mais ce début ne sera rien par rapport à la suite. Tu partiras donc, dans un autre pays. Tu vas quitter les vampires, Lorac… Où tu vas te marier avec une 14 femme née là bas. Ta vie sera bien remplie, vous aurez des enfants, mais un grand malheur viendra te frapper. Ne me demande pas lequel, je ne te le dirais pas, pour rien au monde. Je le connais, mais je ne peux pas te le dévoiler, je transformerais ta vie en enfer et je n’ai pas le droit de changer le cours des choses. Après cet événement, vous allez vous séparer et, tout deviendra noir. Ta vie, malgré une autre femme qui t’accompagnera, sera une longue traversée des nuits et d’ombres. Des longues années à errer sans comprendre, avec un seul objectif, mourir. Elle te quittera, incapable de vivre dans tes cauchemars. Puis, tard, la lumière reviendra, avec un miracle. Et tu rencontreras une autre femme, de sang mélangé, qui t’accompagnera jusqu’à la fin de ta vie. Enfin, tu oublieras tes fantômes pour un court, très court, chemin de bonheur. C’est tout Lorac. Je ne peux pas faire plus pour toi, j’en ai déjà trop dit. Courage, jeune homme, ton chemin de croix sera long et douloureux. Tu peux partir. Mais n’oublie pas : bats-toi jusqu’au but si tu veux survivre. Adieu, je ne veux plus te voir. Et je ne veux pas que tu me payes. Ça me porterait malheur. – Leila, attendez s’il vous plaît, expliquez moi. Quel malheur ? Rien à faire, elle s’est levée et sortit de son petit salon dans lequel elle m’avait reçu. J’étais abasourdi. Je n’y croyais pas un traître mot, mais ça me tourmentait tout de même, un peu. Bof ! Ce n’était pas une vieille folle qui allait me faire croire aux devins et autres astrologues. J’ai quitté 15 l’endroit, rapidement et, la porte à peine franchie, j’avais tout effacé de mon esprit. Je vivais en solitaire, ma vie s’écoulait comme celle des autres dans ma situation, tranquillement, dans cette gigantesque cité sans âme. J’y vivais depuis un certain temps, loin des terres qui m’ont vu naître. Loin du pays des vampires, ou je n’avais pas, plus, ma place, n’en étant pas un. Comme tout jeune, ayant laissé derrière lui le pays de ses ancêtres, je tentais de m’adapter au mieux à une nouvelle vie. Avec ses nouvelles habitudes, d’autres coutumes qu’il fallait comprendre et adopter autant que cela fut possible. Ce n’était pas la joie tous les jours, les amis et la fille que j’avais quittés, me manquait. L’envie de retourner vers mes racines naissait souvent en moi, enfonçant douloureusement ses griffes acérées. Je résistais à la tentation, tant bien que mal, car je n’ai jamais aimé revenir sur mes pas. Avancer, avancer, un pied devant l’autre, sans jamais arrêter le mouvement. Derrière moi, une belle fille dont j’avais été amoureux avant qu’elle ne fasse tout son possible pour perde l’enfant qu’elle attendait de moi. Je l’ai quittée l’âme en berne, dans la souffrance la plus cruelle, mais je n’avais pas eu le choix. Fallait partir. À l’époque, je n’y pensais plus, mais en définitive, la vieille Leila, ne me l’avait elle pas dit, que j’allais quitter mon pays pour un autre ? Pourquoi Adnas, viens-tu des fonds de ma mémoire ? La belle blonde, fragile, aux yeux bleus, avec ces longues nattes… Tant d’années passées pour ne penser rien qu’a elle ! Curieusement, je n’ai jamais réussi à l’oublier. Elle a survécu quelque part dans 16 mon cœur, tout ce temps. Combien de temps ? Aucune importance. Trop, pas assez, peut être… Le fait est là, elle ne m’a jamais quitté. Une icône de l’enfance. Tant pis pour elle, c’est trop tard, on ne fait pas revenir les morts. Je suis là, maintenant, avec celle qui a accompagné ma vie, fidèlement et, pour qui j’ai tout changé. Nimbée, reine absolue de mes dernières années de vie. Sortie de quelque part, d’un enfer quelconque, juste pour moi. Celle qui j’ai toujours attendue, espérée, rêvée. Je me souviens, les premiers mois, j’ai frôlé la dépression, tellement je fus mal, tellement la séparation m’avait blessé au plus profond de moi. Aleahim, la belle brune. Grande, élancée, cheveux mi-longs, une peau d’albâtre… Un parfum de rose qui se dégageait d’elle, tout le temps, qui m’enivrait réellement. Je me souviens, nous avons décidé de nous marier aussi tôt que possible. La vie en a décidé autrement. La vie et elle, qui n’a pas voulu me suivre dans cette nouvelle aventure. Le destin, quoi… Ce nouveau pays lui faisait peur. Peur de ne pas pouvoir s’y adapter, se battre. Dommage pour nous deux et pour notre avenir, qui est devenu notre passé. Mais, la vie m’a aidé à oublier… Plutôt ranger tout ça dans un coin bien caché. Vous savez, la petite boîte à souvenirs, qu’on ouvre rarement, parfois trop rarement. Si rarement que certains en perdent la clef. Et d’où vous venez, vous aussi… J’ai recommencé à m’adonner à mon sport préféré, le has, ce jeu de logique que je pratiquais depuis des années. Le temps passait et, de nouveaux visages arrivaient autour de moi. 17
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