Fausse et franche Franc-Maçonnerie - Page 1 - test Paul-Jean Girard Fausse et franche Franc-Maçonnerie Plaidoyer pour la restauration d’un Ordre Maçonnique profané Edilivre – Editions APARIS Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d'exploitation du droit de Copie (CFC) 20 rue des Grands-Augustins - 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 /Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2007 ISBN 13 : 978-2-917135-48-8 Dépôt légal : Juin 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. Un témoignage comme un pavé dans une mare à assainir. Ce n’est qu’une petite goutte d’eau qui en rejoint une autre. De toutes deux se forme un petit filet d’eau qui, s’assemblant à d’autres, donnent naissance à un ruisseau. D’autres cours d’eau le rencontrant voici qu’ensemble ils forment un torrent allant de par la terre en la fertilisant, puis terminant leur course formant un océan. Ainsi vont les pensées. Il est heureux qu’elles soient bonnes pour s’imposer aux hommes et leur révéler Dieu. AVANT-PROPOS Il y a deux principales manières d’entrer en Franc-Maçonnerie. L’une est le résultat d’une cooptation, par un ami ou une relation, qui pressentant en nous les aptitudes nécessaires pour entreprendre une démarche maçonnique, propose son parrainage. L’état d’esprit du parrain, à savoir, la valeur de son jugement à notre égard, ainsi que sa vision personnelle de la Franc-Maçonnerie, constituent deux paramètres importants, tant de la cooptation elle-même que du bonheur avec lequel nous allons entrer dans l’Ordre et y cheminer plus ou moins heureusement. L’autre consiste à présenter soi même et directement une demande d’adhésion, motivée par les renseignements recueillis et ce sans l’intervention d’aucun Franc-Maçon. Dans ce cas, la suite plus ou moins heureuse de notre démarche dépendra en grande partie de la pertinence des 9 informations qui auront décidé de notre choix. Dans les deux cas, notre cheminement maçonnique évoluera en fonction de nous-mêmes, dans la mesure où l’on parviendra à exercer notre libre arbitre, indépendamment de l’influence du parrain ou de l’impact des informations reçues originellement. Mais il est évident que l’influence du parrain, surtout s’il s’agit d’un ami ou d’une relation proche, peut, du moins dans les premiers temps, canaliser arbitrairement notre démarche, la conditionner en quelque sorte, du fait d’une ignorance qui nous portera, quelque peu inconsciemment, à le laisser guider nos pas. Il est toutefois incontestable que, quelle que soit la procédure suivie, l’entrée en Franc-Maçonnerie comporte de nombreux aléas, lesquels ne peuvent être résolus, avec plus ou moins de bonheur, qu’au fil du temps. Une fois reçu Franc-Maçon, seule la persévérance dans l’assiduité au travail en Loge, accompagnée d’une interrogation et d’une recherche incessantes, permettront de mieux appréhender la réalité maçonnique et de se libérer des clichés grand public. C’est peut-être pour avoir vu le jour à quelques mètres des portes d’une église, dont le clocher surplombait la chambre où je poussais mon premier cri, que la foi paraît m’avoir investi dès ma première respiration. Tout au long de ma prime jeunesse je me suis 10 rendu à l’autel, pour y prier et servir, avec enthousiasme, ferveur et joie. Le regard du clergé sur ma petite personne était fort indulgent qui, alors que je n’étais âgé que de 7 à 8 années, envisageait de me faire obtenir de l’évêché l’autorisation de toucher les hosties consacrées - ce qui à l’époque était chose sacrilège pour le commun des mortels ! - et entretenait mes parents d’un possible avenir de séminariste. Mon attitude n’était pas feinte, je « croyais » comme l’on respire, et j’étais très heureux de cette situation au point qu’en colonie de vacances, colonie religieuse s’entend, j’entendais dire de moi, sans en tirer un quelconque orgueil mais uniquement la satisfaction d’un devoir accompli, que j’étais : « le saint de la colonie ». Las ! C’est au cours de l’une de ces colonies, vers l’âge de 17 ans, que ma foi, tout entière focalisée au travers du clergé que je vénérais comme représentant de Dieu sur terre, s’effondra, suite à la conduite belliqueuse d’un jeune prêtre qui, tout à coup, se manifestait à mes yeux comme un simple humain, hargneux et batailleur. J’errais alors, cherchant un substitut à cette foi perdue, trouvais même en Sartre - c’était le temps de sa vogue - des sujets de satisfactions, sans toutefois ne pouvoir jamais parvenir à terminer la lecture de « l’être et le néant »... Ainsi s’acheva une adolescence ordinaire, c’est à dire teintée de révolte, saupoudrée d’idéalisme, 11 certaine de tout comprendre en étant ignorante de tout, mais cependant toujours animée de ces incessantes interrogations que suscitent les vides que l’esprit désire combler. C’est par cette recherche qu’un jour, au hasard (existe-t-il ?) d’une écoute suivie d’une émission radiophonique titrée : « divers aspects de la pensée contemporaine », mon attention se fixa sur les allocutions d’un Monsieur que le speaker, d’une voix grave et solennelle, présentait comme étant « le Grand Maître d’une Obédience maçonnique ». J’avais trouvé mon port d’attache. J’écrivais pour présenter ma candidature. Attente de courrier, entretiens, pré-enseignement, formalités … je recevais enfin la Lumière maçonnique en achevant ma vingt-troisième année. Et c’est cette Lumière maçonnique, mais je l’ignorais en mes débuts, qui me permit de retrouver la foi, foi qu’en réalité je n’avais jamais perdue, tant, je l’ai perçu ensuite, elle était ancrée en moi mais s’était pour un temps dissimulée, sans doute afin de me permettre de retrouver Dieu sans aucun intermédiaire, en homme libre en quelque sorte, comme est réputé l’être un Franc-Maçon. Si j’éprouve aujourd’hui le besoin de témoigner, c’est que, tout simplement, mon vécu d’un demisiècle dans les Loges, depuis les premiers degrés jusqu’aux derniers, m’a appris, et me fait ressentir impérativement l’importance que la véritable FrancMaçonnerie peut constituer pour permettre au genre 12 humain de se régénérer. Encore faut-il que cette véritable FrancMaçonnerie, dénommée tout au long de cet ouvrage : « Franc-Maçonnerie traditionnelle », puisse parler, se faire connaître et entendre, en dénonçant la « pseudo ou para Franc-Maçonnerie » qui n’en donne qu’une image caricaturale, hélas ! largement médiatisée. Dans un premier ouvrage « lettre aux FrancsMaçons libres et de bonnes mœurs » 1 , j’ai brossé un tableau général de l’attitude qui me paraît devoir être celle d’un Franc-Maçon soucieux de respecter l’esprit de la Franc-Maçonnerie traditionnelle. J’y relatais aussi la création de « l’Ordre Maçonnique de France 2 «, que j’avais conçu en 1991, et fondé avec d’autres frères au solstice d’été 1994, avec pour objectif de redonner force et vigueur au corpus maçonnique traditionnel français. Dans un second ouvrage « L’imbroglio politicomaçonnique » 3 , je dénonçais la dérive d’une certaine Franc-Maçonnerie dans le domaine politique. Cet ouvrage - dont le présent écrit reprend nombre de thèmes dans une semblable ou nouvelle formulation - jugé non conforme aux pensées du temps, a été tout simplement boycotté par un arrêt arbitraire de sa diffusion sous le prétexte, je cite : « d’une simple et 1 Editions du Rocher 1995, sous le pseudonyme de Frère Jean le Maçon. 2 Site Internet : www.omdf.org. 3 Editions des Beaux-Arts 1998. 13 légitime liberté de ne pas accepter de propager des idées que l’on ne partage pas ». Considérant que « l’idée » que j’y exposais n’était que de prétendre que tout homme, et donc tout Franc-Maçon, restait toujours libre de ses opinions politiques, soient-elles proches de certaines que l’on qualifie « d’extrême droite », dans la mesure où ces opinions s’inscrivent dans la morale et dans le droit. On mesure par là les ravages de la « pensée-unique » qui n’est en vérité qu’une dictature de l’esprit, exercée par des individus, véritables terroristes intellectuels, qui sans vergogne se targuent d’être les défenseurs des droits de l’homme. En fait, la sentence qui m’était infligée ne faisait que prouver la véracité des assertions que je développais. Voici donc le troisième volet d’un triptyque qui s’adresse à tous les hommes de bonne volonté, Maçons ou non-Maçons, sympathisants ou adversaires de la Franc-Maçonnerie. Ce troisième écrit est un témoignage dont la prétention n’est que de décrire, en fonction de mon expérience, la Franc-Maçonnerie traditionnelle, dans son fondement, ses principes et la place qu’elle peut et devrait tenir au sein du monde profane, face à d’autres institutions, pseudo maçonniques ou religieuses, qui parfois la dénigrent, la travestissent ou l’attaquent en l’affublant des maux que, malheureusement, elles portent elles-mêmes en leur sein. Est-il nécessaire de préciser que le qualificatif de 14 « profane » dont j’use ci-dessus et userai encore maintes fois, désigne tout simplement tous ceux qui n’ont pas été « initiés » dans la Franc-Maçonnerie. Il n’est donc en rien péjoratif, d’autant qu’il est patent qu’un homme dit « profane » peut être plus « initié » qu’un Franc-Maçon qui s’imagine l’être... Certains Maçons s’interrogeront peut-être sur l’utilité d’un tel témoignage. N’y a-t-il pas diront-ils d’autres Francs-Maçons, possédant aussi une expérience maçonnique d’un demi-siècle, ayant occupé des charges au plan national, ayant obtenu les derniers et ultimes degrés de Rites et qui, cependant, n’ont pas pour autant éprouvé le besoin de témoigner ? C’est exact et j’en connais. La raison en est simple. Tous ces vieux Maçons peuvent être classés en trois catégories : Tout d’abord ceux dont l’entrée en maçonnerie s’est effectuée à un âge assez avancé et dont le cinquantenaire de vie maçonnique se situe, par voie de conséquence, dans un temps où les marques de la vieillesse ne portent plus à s’investir au-delà de soimême. Ensuite ceux qui, encore relativement vaillants, porteurs des joies et des peines d’un long cheminement, ne sont préoccupés que de leur Loge et de l’Obédience dans laquelle ils évoluent et se satisfont d’en relater les étapes aux plus jeunes qui les entourent. Ils sont un peu comme ces ancêtres 15
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