Chronique de l'éternité - Page 3 - test Le Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droits. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS) Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L.122-5, 2° et 3° alinéas, d’une part que des copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (Article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. © Editions l’Editeur Indépendant – 2006 ISBN : 2-35335-027-5 Dépôt légal : Octobre 2006 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 3 Editions Editeur Indépendant, 56 rue de Londres, 75008 Paris © Tous droits réservés AVANT PROPOS « Chronique de l’Éternité » est une étude qui se divise en deux parties clairement indépendantes l’une de l’autre. La première partie s’attache à soulever un grand nombre de questions touchant à l’Univers, l’homme, la religiosité, en prenant souvent le contre-pied du classicisme scientifique, parfois assis sur des hypothèses qui, à bien y regarder, ne reposent sur rien ou pas grand-chose. Il ne s’agit pas seulement de contredire, mais d’apporter un contrepoint fondé sur des idées raisonnables, parfois simples et intuitives, sans souci de la preuve que les scientifiques euxmêmes ne rapportent nullement dans leurs certitudes éphémères sans cesse remises en cause au sein de leur propre communauté. Cette première partie pose un état d’esprit, une autre vision du monde, une autre croyance et une totale liberté de pensée sans jamais prétendre à l’énoncé d’une quelconque vérité première. La deuxième partie s’attache à une lecture du 4e Évangile, rendu intelligible par la compréhension du symbolisme, mettant ainsi à l’écart un premier degré plutôt indigeste pour qui ne se contente pas de fermer les yeux devant le dogmatisme. Cette analyse restitue à l’Écriture une signification claire et cohérente sans jamais buter sur la moindre contradiction. Chacun restant ensuite libre de l’accepter ou de la refuser. Le lien entre ces deux parties est très distendu ; si bien qu’il est possible de passer de l’une à l’autre sans grande gêne. Il est cependant conseillé de les lire dans l’ordre de manière à se placer sous le meilleur éclairage possible, afin d’en saisir l’esprit au-delà de la lettre, sans perdre de vue que : « La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit si ce n’est aux faits eux-mêmes parce que pour elle, se soumettre, ce serait cesser d’être. » 1 1 Henri Poincaré, discours du 75ème anniversaire de l’Université Libre de Bruxelles, 21 novembre 1909. 4 Editions Editeur Indépendant, 56 rue de Londres, 75008 Paris © Tous droits réservés Avertissement Le texte du 4ème Evangile reproduit dans la deuxième partie de l’ouvrage est celui de la Bible Segond (« La Maison de la Bible », Genève, 1956). Comme dans d’autres traductions des textes originaux, Hébreu et Grec, le travail de Louis Segond, Docteur en Théologie, laisse parfois à désirer dans certaines constructions syntaxiques peu orthodoxes au regard de la langue française. Certaines formes conjuguées peuvent également surprendre. De manière à s’éviter tout risque de corruption sémantique, l’auteur a reproduit fidèlement ce texte en acceptant ses quelques défauts. 5 Editions Editeur Indépendant, 56 rue de Londres, 75008 Paris © Tous droits réservés Introduction PREMIÈRE PARTIE 11 21 I – Physique et métaphysique II – Univers : Alpha et Omega III – La loi et le hasard IV – La Genèse V – La mémoire et l’éternité VI – Spiritualité rationaliste : ébauche 21 41 61 73 113 123 DEUXIÈME PARTIE Evangile selon Jean Conclusion 137 139 349 6 Editions Editeur Indépendant, 56 rue de Londres, 75008 Paris © Tous droits réservés INTRODUCTION Le roman de l’univers est sans aucun doute le plus mystérieux et le plus fascinant qui soit pour l’esprit humain. Roman tout à la fois scientifique, philosophique, religieux, poétique, mais roman inachevé et qui, très probablement, le restera pour l’éternité. Qui n’a pas un jour levé la tête vers les étoiles en se posant ces questions : « Est-ce l’œuvre d’un Dieu ou bien celle du hasard ? Le monde a-t-il un début et une fin dans le temps et dans l’espace ? » Inévitablement arrivent alors les questions suivantes : « Suis-je aussi l’œuvre d’un Dieu ou celle du hasard ? Cet être que je sens vivre en moi, ce Moi, comment est-il arrivé ici bas ? Suis-je sorti du néant pour y retourner ou bien existe-t-il un après, une autre vie après la vie ? » Et voilà qu’en observant les étoiles, le fait religieux s’impose à l’esprit et qu’un lien s’établit entre l’espace, le temps, Dieu ou le hasard, l’infini et l’éternité. En même temps on est frappé par l’intelligence des choses : notre univers est sorti d’on ne sait où pour s’organiser en systèmes ; l’un d’eux a vu naître notre Terre et à partir d’une incroyable alchimie elle s’est peuplée de végétaux et d’animaux tirés de presque rien pour atteindre un extraordinaire degré de complexité et d’organisation. Tout ceci est effectivement intelligent et ne peut qu’obéir à des lois. Difficile alors de donner bon dos au seul hasard pour lui faire porter le monde. Ce qui n’empêche pas certains de s’y référer pour tout expliquer comme d’autres préfèrent l’en exclure ou en réduire la portée pour laisser la place au seul architecte possible d’une œuvre aussi brillante. Et qui pourrait-il être, cet architecte, sinon Dieu qui vient ainsi au secours de notre incapacité à comprendre la Création dans laquelle nous n’oublions pas de nous inclure ; car au-delà de toute quête, scientifique ou religieuse, plane l’ombre de notre devenir. Curieusement, l’homme tente parfois de l’éclairer en regardant vers le passé dans les textes philosophiques ou religieux et, comme si son esprit critique devenait soudain déficient, il en accepte souvent les invraisemblances en faisant taire sa raison tant le dogme est pratique lorsque les idées auxquelles on veut croire ne peuvent s’en accommoder. Comme la preuve de l’existence de Dieu n’a jamais été rapportée, on se contente de la pressentir à travers les attributs qu’on lui prête à tort ou à raison, puisqu’il ne peut s’agir d’une personne mais d’un principe qui gouvernerait tout ce qui existe dans le matériel comme dans le virtuel. En se débarrassant du carcan de la pensée académique, l’approche de l’univers et de ses lois laisse deviner l’infini et son éternité porteuse d’espoir, tout comme une lecture correcte de la Bible en laisse comprendre le mécanisme à travers l’homme, car c’est bien de lui qu’il s’agit en premier lieu, notamment dans certains passages du Nouveau Testament et plus particulièrement dans l’Évangile de Jean. 7 Editions Editeur Indépendant, 56 rue de Londres, 75008 Paris © Tous droits réservés C’est ce schéma que je me suis proposé de suivre en rédigeant cet ouvrage. Sa première partie est consacrée à l’étude des lois de l’univers en allant de sa création à celle de la Terre puis à son évolution avec l’arrivée de son armement : végétaux, animaux et espèce humaine. On examinera dans l’homme ce qu’il y a d’éphémère, de stable et d’éternel conformément aux lois de la Création, sa complexité et son penchant pour la religiosité avec une approche de la théorie des âmes qui se veut rationnelle et assez éloignée de tout concept psychanalytique y compris des idées confuses de Jung ou du matérialisme forcené d’un Freud. Le développement de concepts théoriques repose en partie sur des données qualifiées de scientifiques, sans pour autant les accepter systématiquement pour vraies, compte tenu de la faiblesse des connaissances actuelles. Il n’est cependant pas interdit de dépasser ces insuffisances en s’appuyant sur la logique et les croyances universelles sans pour autant faire affront au raisonnable ni présenter l’hypothèse pour certitude. La théorie du big-bang, par exemple, même très probable comme beaucoup de phénomènes et de lois attribués à l’univers ne sont pas des certitudes mais souvent de simples hypothèses fondées la plupart du temps sur des équations bancales jetées dans le virtuel et destinées a soutenir de toute force des théories parfois insoutenables. J’espère que les scientifiques me pardonneront cette taquinerie qui n’affecte en rien l’estime que je porte à leurs travaux, qu’ils soient dans le vrai ou bien dans le rêve. Il n’en reste pas moins que le simple bon sens peut mettre en évidence les absurdités de certains modèles, y compris parmi les plus officiels. C’est peut être qu’à force de pédaler avec le nez sur la particule invisible qui est censée polluer le guidon, on finit par ne plus voir l’éléphant au milieu de la route. Mais le chercheur ne se laisse pas impressionner par si peu, quitte à fabriquer de nouveaux calculs en remplacement d’anciens démentis par l’observation ou simplement douteux du fait même de leurs propres contradictions. Sur ce point précis, quitte à me répéter, je ne suivrai pas le diktat de l’académisme, me réservant occasionnellement le droit d’outrepasser ces insuffisances lorsque la logique imposera l’hypothèse. De même, toute question de foi étant hors sujet, la place sera réservée à la seule probabilité sans aucun embarras à l’égard du classicisme religieux. Nous ferons tout d’abord une brève balade dans les profondeurs de la physique élémentaire, mais rassurez-vous, en veillant à ce que personne ne s’y perde, et moi en premier. Nous quitterons ensuite l’infiniment petit pour voyager dans l’infiniment grand à travers les théories cosmiques officielles… mais pas seulement ! Il faudra ensuite ouvrir une courte parenthèse pour parler de ce qui relève de la loi (celle de la Création) et de ce qui appartient au hasard. Ensuite, nous nous intéresserons à la création de notre petite Terre et à son évolution en ayant largement recours à ce qu’en dit la Genèse. Puis, nous examinerons d’un peu plus près nos augustes personnes en nous attardant sur notre fonctionnement mental et plus particulièrement celui de notre (ou de nos) mémoire(s). Enfin, nous nous laisserons aller à l’ébauche d’une spiritualité rationaliste en abordant la théorie des âmes avant de nous engager dans la seconde partie de l’ouvrage. Á la lumière des conclusions auxquelles nous seront précédemment arrivés, cette seconde partie analyse le 4e Évangile à travers une interprétation rigoureuse du langage symbolique en respectant sa signification traditionnelle, claire et intangible dans ce qu’elle a d’universel. Ce que l’on peut immédiatement en dire de façon certaine c’est que la lecture au premier degré constitue la pseudo-doctrine des églises, écrasée par le dogme voulu intangible alors qu’il remonte maintenant à 2000 ans en arrière et correspond à un niveau mental qui n’est plus tout à fait le notre aujourd’hui. Toute doctrine, même en lui accordant un fond de vérité, correspond toujours à la mentalité d’un peuple à une époque donnée. Pour lui conserver la même force à travers les siècles, il est donc nécessaire de la rénover sérieusement et sans rechigner comme c’est encore le cas. Par contre, ce qui est assez stupéfiant, c’est qu’à 8 Editions Editeur Indépendant, 56 rue de Londres, 75008 Paris © Tous droits réservés l’inverse du premier qui vieillit, le second degré, volontairement dissimulé, entre progressivement dans l’actualité en se découvrant de plus en plus au fur et à mesure que les connaissances scientifiques évoluent. En même temps, on y découvre un enseignement théologique d’une grande simplicité et d’une étonnante portée. En fin de compte, on constate une coïncidence troublante entre les connaissances actuelles et le message secret de l’Évangile, conduisant à une curieuse approche matérialiste de la divinité sans toutefois en prononcer l’exclusion. On obtient au contraire une cohabitation naturelle entre physique et métaphysique sans aucune nuisance pour sa religiosité si on tient à en garder une. Il suffit pour cela de conserver de Dieu l’idée que l’on veut s’en faire puisque après tout, la foi ne se discute pas. Elle ne devrait cependant pas interdire de penser que la vie, la mort, le temps ou l’éternité obéissent à des lois, fussent-elles divines. Il semble bien que la religiosité primaire qui est encore la notre aujourd’hui soit le fruit de leur ignorance, même si, à l’évidence, nombre d’anciens les avaient pressenties. On en trouve la trace, précisément dans de nombreux textes anciens et notamment dans les livres dits sacrés. Il est évident pour tout le monde que la main de Dieu n’a pas tenu la plume d’oie qui les a tracés car il s’agit bien d’œuvres humaines, personnelles ou collectives, souvent colportées de bouche à oreille, rapportées avec plus ou moins de fidélité à travers les générations avant d’être fixées par l’écriture. Mais l’écriture elle-même n’est pas gage de fidélité car il est certain qu’au fil des transcriptions les textes ont été quelque peu dénaturés selon l’appréciation des scribes ou celles qui leur étaient dictées. Ce qu’il nous en reste aujourd’hui n’est sans doute pas très fidèle à ce qu’ils furent, même si la trame de fond semble avoir été épargnée, probablement à l’insu de ceux qui les ont manipulés en s’attaquant davantage à leur signification apparente qu’à leur sens profond, tout simplement parce que celui-ci, en avance de plusieurs siècles sur les connaissances d’alors, ne pouvait que leur échapper. Il s’agirait donc d’œuvres d’érudits ou d’initiés, qu’ils le fussent par formation ou par intuition, cette intuition lourde de connaissances que nous portons tous en nous, même si l’homme moderne l’a presque entièrement étouffée sous le poids de sa culture. L’intérêt des œuvres canoniques n’est donc pas dans leur forme mais seulement dans l’enseignement qu’elles contiennent en profondeur en nommant par le nom de Dieu la puissance ineffable qui est tout ce qui est, dont l’essence du « vivant » dans ce qu’il fût, dans ce qu’il est et dans ce qu’il sera. Pour l’être humain, la Révélation ne concerne rien d’autre que la réponse à la fameuse question triple : « D’où viens-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ? ». Tous les livres dits sacrés traitent de cette question, chacun à sa manière, mais jamais de façon directe et clairement intelligible. Aussi laissent-ils la porte ouverte à d’innombrables divagations et parfois même à l’exploitation des plus crédules au profit des malins. Á l’opposé de ceux-là on trouve ceux qui rejettent ces livres avec dédain parce qu’ils heurtent la faiblesse de leur humilité en dépassant leur entendement. L’exemple le plus frappant est celui de certains égyptologues prenant le « Livre des morts » pour les délires d’un peuple schizophrénique alors qu’à mes yeux les textes qu’il présente sont les joyaux d’une authentique connaissance des mécanismes de la divine Dame Nature, même si là aussi certains passages souffrent manifestement de quelques corruptions introduites au fil des âges. Les figurations symboliques y sont d’une exceptionnelle richesse avec, au sommet du panthéon, Osiris, le Dieu figé dans son éternité. Cette seule immobilité est porteuse de tout un enseignement. Savoir cultiver cette « schizophrénie » est en fait une thérapie contre l’ignorance à condition d’être assez humble pour s’abaisser jusqu’à comprendre l’alchimie des choses. Les livres plus récents présentent le même type de difficulté. Que dire de l’hypostase chrétienne ? Je ne prendrai pas le risque de revenir ni sur ce débat, ni sur aucun autre. J’aurais trop peur de réveiller les vieux démons de l’insondable folie de l’Église romaine qui, pendant 9 Editions Editeur Indépendant, 56 rue de Londres, 75008 Paris © Tous droits réservés plusieurs siècles, se manifestèrent en allumant des bûchers pour y faire périr des milliers de malheureux convaincus d’hérésie au profit d’intérêts et d’autorités bien terrestres. Devant ces faits tragiques perpétrés au mépris des commandements du Christ, j’observe sans agressivité mais avec tristesse que jamais aucun pape ne s’est tourné vers Dieu pour lui en demander pardon… Le vieil obscurantisme protecteur des dogmes ne pourra sans doute pas s’ériger éternellement en pilier de la foi alors que le fossé se creuse entre un monde de plus en plus éclairé et une minorité étriquée entre la réaction et la soi-disant rénovation des églises. Une théologie ouvertement rationaliste est à mon sens la nécessité future des religions si elles veulent garder leurs places dans les sociétés modernes en barrant la route aux faiseurs de miracles. Gageons que dans les temps à venir seuls les candidats à la béatitude pourront encore prendre les Écritures au pied de la lettre et s’y tenir, avec peut être pour seule crainte que la multiplication des pains ne fasse réagir le syndicat des boulangers. Reste à savoir pourquoi ce besoin de croyance persiste avec autant de force dans le calme comme dans la tourmente ? Malgré les remous de l’Histoire, la relation de l’Homme avec la divinité ne s’est jamais éteinte, même si, à la suite de Marx et d’Engels, certains ont cru pouvoir la rendre désuète en affirmant que « Dieu est mort». On est bien obligé de constater aujourd’hui que Marx est mort, Engels est mort, leur doctrine est morte, tandis que Dieu est toujours là et ne se porte pas plus mal qu’avant, même si on a cru pouvoir le liquider simplement en lui signifiant parfois son interdiction de séjour. Je pense naturellement à l’exUnion Soviétique où pendant près de soixante-dix ans la religion a été persécutée. On a pourtant pu assister à une extraordinaire résurgence de l’Église orthodoxe russe et même aux obsèques religieuses de l’épouse du dernier président de l’Empire ! On ne peut s’empêcher ici de penser au désarroi qui devrait être celui des sexagénaires d’aujourd’hui, élevés au biberon d’un Staline pour les plus frustres ou d’un Sartre pour les moins timorés, sans entendre la voix de Woody Allen déclarer « Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien ! » Quoi qu’il en soit et sous quelque forme que ce soit, la quête de l’éternité reste dans la nature du Vivant, même lorsqu’il s’en défend en affichant de pseudo-convictions matérialistes, simple épiphénomène plus symptomatique d’un état de révolte dans un contexte sociopolitique, donc historique, que d’un sentiment naturel transcendant les générations. Autrement dit, le matérialisme n’est pas inscrit dans la nature humaine. Il est le produit d’une pression extérieure à l’être, temporelle et circonstancielle, faisant appel à une réaction intellectuelle consciente, tandis que la tendance au sentiment religieux est celui d’une pression intérieure qui, a priori, échappe à la raison. En fait, l’Homme est un romantique qui ne peut se résoudre à écrire le mot « fin » au bas du parchemin de sa vie afin de réserver cette place infime à l’épilogue qu’il n’écrira jamais. Je pense que Louis Aragon ignorait tout du Christianisme et donc de ce qu’il réclamait en écrivant : « Il est temps d’instaurer la religion de l’amour » (Le paysan de Paris). Vœu sans espoir pour le poète puisque fortement incompatible avec la doctrine à laquelle il adhérait. Cocteau pensait peut-être à lui en écrivant de son côté que « La poésie est une religion sans espoir » (Journal d’un inconnu). Car le Christianisme primitif, tel qu’on le découvre sous la plume de Jean, se tourne entièrement et exclusivement vers une doctrine religieuse et humaniste dans laquelle l’homme tient la première place en tant qu’être spirituel. La doctrine tout entière pourrait presque tenir dans ce seul commandement : « Aimez-vous les uns les autres », ce qui fait bien du Christianisme la religion de l’amour, c’est-à-dire de l’esprit générant la matière et réciproquement. Mais une fois décrypté, le message de l’Évangile étonne par son ampleur. Il ne se limite pas à la diffusion d’une croyance enrobée dans une philosophie humaniste. Á un autre niveau, soigneusement dissimulé sous un langage codé, la 10 Editions Editeur Indépendant, 56 rue de Londres, 75008 Paris © Tous droits réservés croyance se fait Connaissance d’une vérité en partie confirmée par le savoir actuel et qui fera l’objet essentiel de l’étude que nous allons aborder maintenant. 11 Editions Editeur Indépendant, 56 rue de Londres, 75008 Paris © Tous droits réservés PREMIÈRE PARTIE I - PHYSIQUE ET METAPHYSIQUE Peut-on se préoccuper de métaphysique en l’isolant de la connaissance des choses de la nature ? Répondre « oui » serait affirmer que Dieu n’a aucun rapport nécessaire avec le Monde. Quel lien pourrait-il alors tisser avec les hommes qui s’y trouvent et comment auraitil pu les créer en dehors de lui-même, c’est-à-dire dans une abstraction par rapport à son être ? Étant le Créateur omniprésent il ne peut être enclavé dans sa création pas plus qu’il ne peut s’en trouver exclu. La nature est donc en Dieu comme il est en elle. De ce fait, elle ne peut être essentiellement différente de Lui-même. Donc la nature et Dieu sont en essence comme en substance une seule et même chose. Cette première conclusion conduit à l’idée d’unité sans pour autant donner la moindre indication sur ce qu’elle pourrait être. N’y aurait-il pas là de quoi créer la confusion entre le noumène du philosophe et le phénomène du scientifique ? Pour affirmer ensuite que la « matière est une » il n’y a qu’un pas, d’abord franchi par les philosophes de l’antiquité, puis par les scientifiques qui en ont fait un postulat transformé en dogme depuis la fin du XIXe siècle. On peut en effet parler de dogme puisqu’en ce début de XXIe siècle aucune preuve n’en a encore été rapportée, bien au contraire : plus les moyens d’expérimentations raccourcissent les distances en allant voir au cœur même de l’atome, plus des éléments nouveaux apparaissent, les énergies s’élèvent et les interactions se compliquent, renvoyant nos chasseurs de « materia prima » à revoir leurs copies. Alors, comment expliquer cette persistance à vouloir démontrer une chose qui semble se heurter indéfiniment au principe établi de l’interactivité des éléments ? C’est sans doute à cause d’un pressentiment malheureusement bloqué par la volonté de la science de ne point déraper sur autre chose que du tangible lorsque ce n’est pas sur l’abstraction mathématique. Pourtant, s’il est stérile de vouloir expliquer la métaphysique par la physique, la rejeter en son nom l’est tout autant, car pour faire d’un dogme une théorie il faut en accepter tous les tenants et les aboutissants. En l’occurrence il faudrait admettre, précisément au nom de cette unité, que métaphysique et physique ne sont que les deux états d’une seule et même chose ! Pour en arriver à cela il est nécessaire de s’entendre sur une définition particulière de la métaphysique en la faisant entrer dans le champ de vision des sciences exactes. Il convient donc dans un premier temps d’en écarter toute idée de spéculation philosophique ou mystique pour ne garder que l’étymologie du terme : en grec, « méta » signifie « après » ; en l’occurrence, « après la physique ». On obtient ainsi un continuum matériel-virtuel auquel on peut appliquer l’idée kantienne de l’existence constatée ou constatable dans le « phénoménal » (le monde tangible) et de l’existence en soi dans le « nouménal » (le monde virtuel) placé hors du champ d’observation. C’est l’idée que nous allons maintenant développer en tentant de démontrer que si l’unité existe, ce n’est certainement pas dans la matière qu’il faut la rechercher. Pour cela, revenons à quelques notions très élémentaires de physique. Deux éléments de charges contraires s’attirent, tandis que deux éléments de mêmes charges se repoussent. Ainsi 12 Editions Editeur Indépendant, 56 rue de Londres, 75008 Paris © Tous droits réservés
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