A380, Boarding Pass pour l\'enfer - Page 1 - test Edwin Novotny A 380 Boarding Pass pour l’enfer Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-35607-993-0 Dépôt légal : Juillet 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Introduction Premier roman policier avec pour personnage principal l’A380, les hommes et les femmes qui l’ont conçu et l’utilisent. Écrit pour un ingénieur qui a participé au développement de l’A380. Ce roman vous fera découvrir de l’intérieur le monde aéronautique au travers une intrigue policière. L’histoire est bâtie sur l’actualité récente et sur des hypothèses techniques plausibles. De Toulouse à Moscou, le lecteur découvrira les acteurs du milieu aéronautique d’aujourd’hui : les concepteurs, les clients et les financiers. Le livre nous plonge dans un techno-thriller nourri par l’actualité et les dernières technologies aéronautiques. 7 1. L’ARRIVÉE C’était une belle journée d’été. L’Apogée était arrivé des USA au matin. Le yacht faisait une trentaine de mètres de long, il était superbe et racé. Sa coque noire faisait ressortir son pont blanc. C’était un de ces yachts de luxe, un de ceux que l’on voit l’été dans les ports de plaisance, remplis de gens riches et qui aiment exhiber leur fortune. Bizarrement, l’Apogée n’avait que deux personnes à bord, deux hommes habillés en short et tee-shirt, bref, tout le monde croyait qu’ils étaient de simples skippeurs chargés de convoyer le bateau d’un port à l’autre où le réel propriétaire viendrait le récupérer. Inaki Bazkoare était debout sur la proue du yacht pour ranger quelques cordages. Après être passé à la capitainerie du port de Biarritz, Inaki était retourné sur le bateau et avait déjeuné sur le pont arrière avec Mike Pike. Ce dernier était un homme assez grand avec une carrure imposante et une stature militaire. Inaki était aussi grand, mais plutôt le look surfeur avec ses cheveux blonds en bataille, son short en jean et son tee-shirt déchiré. 9 Le port de Biarritz était animé, c’était l’été, les touristes en promenade et les plaisanciers formaient une foule bigarrée et animée. Les cris des mouettes et les reflets du soleil sur l’eau du port faisaient de cette journée, une journée de vacances fantastique. Les deux hommes ne se connaissaient que depuis quelques jours seulement mais on sentait une certaine complicité ou plutôt une entente motivée par la réussite d’un objectif commun. En effet, les deux hommes avaient un but commun, qui pendant les semaines suivantes focaliserait toute leur énergie, leur courage. En observant leur travail sur le pont, on se doutait qu’ils seraient efficaces ensemble. Cela était de bon augure. Vers midi, une sonnerie de téléphone portable retentit, Bazkoare alla vers la table et prit son mobile, il regarda l’écran pour voir qui l’appelait et décrocha immédiatement. C’était Inès Juana, elle garait la voiture près du port et allait les rejoindre sur le bateau. Bazkoare raccrocha en souriant. Il lança à la volée vers Pike : – Elle arrive ! – Enfin, depuis le temps que tu me parles d’elle. J’ai hâte de la rencontrer, ajouta Pike. L’annonce de l’arrivée d’Inès changea l’ambiance sur le yacht. Les hommes regardèrent rapidement autour d’eux pour vérifier une dernière fois que tout était en ordre avant l’arrivée de l’invitée. – Eh les gars, cria Inès depuis le quai. Elle était devant la passerelle, les hommes étaient sur le pont en train de préparer l’apéritif. – Monte ma belle, répondit Inaki. 10 Inès Juana était superbe, une robe blanche, longue et légère, faisait ressortir ses cheveux bruns et son teint mat. Sa robe en lin soulignait sa silhouette longiligne. On devinait de longues jambes fines, finesse mise en valeur par les lacets des escarpins noués autour de ses chevilles. Le décolleté en V laissait deviner de très jolis seins. Mais le plus extraordinaire était son regard. Il était perçant, ses yeux vous dévisageaient d’une façon troublante, cependant son visage dégageait également une impression d’innocence. Il y avait chez elle, un mélange de femme fatale et de pureté qui la rendait irrésistible. Les hommes ne lui résistaient pas, elle le savait et elle utilisait son pouvoir pour atteindre ses objectifs. – Vous avez fait bon voyage ? demanda Inès en montant la passerelle. – Aucun problème, répondit Pike en la regardant de haut en bas. Je me présente, nous ne nous connaissons pas, Mike Pike, citoyen américain et fier de l’être. Inaki m’a beaucoup parlé de vous et je vois qu’il ne m’avait pas menti, vous êtes magnifique, déclara Pike. – Merci, vous êtes direct, j’aime bien les hommes francs, rétorqua la jeune brune. Et en ce qui concerne votre pays : nul n’est parfait… répondit très souriante Inès, de manière à lui faire comprendre que sa remarque n’était pas méchante. – Entrons dans le salon, nous serons plus au calme. Nous avons à discuter de ce que nous allons faire dans les prochains jours, dit Inaki en regardant les deux autres. 11 – En arrivant sur le port, je vous ai acheté le journal, regardez la page quatre, il y a un article sur Radoslav Koursk, cette ordure est à Toulouse depuis quelques jours, dit Inès en posant le journal sur la table. – Nous l’aurons, répondirent en cœur les deux hommes. Ils se regardèrent surpris de cette complicité. Inès remarqua au fil de la conversation que le feeling passait bien entre les deux hommes. Le groupe était heureux de cela, c’était bon signe. – Avant de faire le point, je vous sers un verre mademoiselle ? demanda Mike Pike. – Servez-moi un Martini, répondit Inès. Elle enchaîna sur une question qui lui tenait visiblement à cœur. – Qu’est-ce qu’un Américain vient foutre dans une affaire comme la nôtre ? demanda Inès. – Cela serait trop long à vous expliquer, et vous ? Une jolie fille comme vous, que faites-vous ici en train de comploter ? Vous seriez mieux sur la plage, demanda Pike d’un faux ton macho. – Vous savez, je n’ai pas seulement un physique, j’ai aussi une cervelle avec une conscience politique et de plus je suis brune, pas blonde… répondit-elle souriante. Elle était agacée par les commentaires de Pike, mais elle ne voulait pas le montrer. Inès savait qu’une bonne entente entre eux était indispensable pour la réussite de leur opération. – Alors, expliquez-moi quand même Monsieur Mike Pike, j’aime bien connaître les motivations des 12 hommes avec lesquels je travaille, dit-elle d’une voix douce mais décidée à la fois. L’Américain se redressa sur sa chaise et en la regardant, il déclara : – Radoslav Koursk utilise sa puissance financière pour influencer l’opinion publique en utilisant les médias. Il a quasiment industrialisé la communication, ses groupes de presse sont tellement professionnels et efficaces qu’ils peuvent faire gober n’importe quoi aux opinions publiques. De nombreux gouvernements non démocratiques l’ont parfaitement compris et font appel à ses services. C’est donc un danger pour la démocratie. À ce moment, elle croisa les jambes. Les deux hommes la regardèrent, ses jambes parfaites et longues. Ils ne pouvaient pas s’empêcher d’imaginer ses longues cuisses et la douceur de sa peau. En buvant son verre, Pike continua à parler et lui expliqua son engagement contre les grands groupes financiers. Il lui décrivit son parcours. Quinze ans dans les rangs des marines avaient fait de lui un spécialiste de l’armement. Surtout lors des dernières années dans l’armée, il s’était spécialisé dans la lutte antiaérienne. Pike était parti à la deuxième guerre du Golfe avec un idéal, mais quelques mois à Bagdad avaient suffi pour le dégoûter de l’armée et du système militaroéconomique américain. Ajouté à cela quelques histoires de promotions injustifiées de certains soldats et des brimades de la part de certains officiers idiots et carriéristes qui l’avaient poussé à démissionner de l’armée. Au fond de lui-même il était vexé d’avoir gobé aussi facilement la propagande du 13 gouvernement américain sur les raisons de la guerre en Irak. Le monde moderne lui faisait peur, l’utilisation que faisaient les gouvernements de la puissance militaire et des médias l’effrayait. Pike était convaincu que l’on s’orientait vers un monde contrôlé par de puissants groupes financiers contrôlant les médias. Donnant aux consommateurs les informations dont ils avaient besoin. Pike, en homme d’action, voulait mettre un grain de sable dans ce système et secrètement, mais sans réellement y croire, il espérait que cette orientation allait changer. C’est pour cela qu’il se retrouvait dans un port français par une belle journée d’été. Ayant terminé ses explications sur ses motivations à être là, il prit le journal qu’avait acheté Inès. – Avant tout, j’aimerais lire l’article sur Koursk, dit Pike. En lisant l’article sur Koursk, il poussait parfois des soupirs, l’article visiblement élogieux pour Radoslav Koursk l’énervait. Il referma brutalement le journal et le posa sur la table, en disant : – Juste bon à allumer le feu. Ce salopard dépense des milliards pour mettre à disposition des gens de pouvoir un outil de télécommunication qui leur permettra d’augmenter encore leur pouvoir. – Ne t’inquiète pas, avec ce que l’on a en soute, je crois que l’on va un peu contrecarrer ses projets, rétorqua Inaki. – Et même définitivement, rajouta Pike en souriant. Inès se leva et regarda en direction du quai. 14 – Pourquoi as-tu choisi d’arriver dans ce port, à cette période il est bondé ! demanda Inès à Inaki. Ce n’est pas discret ici, on est exposés aux regards de tout le monde. – Bonne question, tout simplement parce que l’été, les policiers français ne contrôlent pas les yachts, c’est mauvais pour le tourisme. Des fois que les richissimes Américains ne puissent pas amener leur « remontant ». Tu vois ce que je veux dire ? Par conséquent, c’est l’endroit idéal pour décharger du matériel interdit. Ici nous sommes sûrs de ne pas être contrôlés, répondit Inaki. Inaki Bazkoare, sous ses airs de gamin, était un activiste pur et dur. Lui, était nouveau dans le combat actif, c’était sa première opération et il avait l’énorme avantage de ne pas être connu des services de police espagnols et français. D’origine basque, il avait été élevé par des parents anarchistes. Alors autant vous dire que sa conscience politique n’était pas du style à apprécier un homme comme Radoslav Koursk. Son entrée dans la lutte basque datait de quelques mois seulement, mais par intelligence et par son habilité il avait pris du galon et des responsabilités au sein de l’organisation. C’était un type brillant, il aurait probablement fini avocat ou médecin s’il ne s’était pas orienté vers une tout autre carrière… Inaki contemplait Inès Juana, le mot était faible, il décortiquait chaque mouvement, il savait qu’elle allait jouer un rôle essentiel dans leur mission. Il ne doutait pas un seul instant qu’elle avait tous les atouts pour réussir. Inès Juana, elle aussi, était une activiste, depuis peu elle avait décidé d’entrer dans la lutte suite au 15
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