A quelques heures près - Page 1 - Virginie Mendy À quelques heures près Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 5 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0072-7 Dépôt légal : Février 2009 © Virginie Mendy L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit l’ouvrage. 6 1 – Lundi prochain, cela fera exactement six mois que Linda et moi sommes ensemble ! annonça avec enthousiasme Gabriel à son meilleur ami Nicolas, alors que les deux hommes déjeunaient comme d’habitude dans leur petit restaurant marseillais préféré. Cela fait des années qu’ils y viennent, s’asseyant toujours à la même table qui, si elle avait des oreilles, serait le premier témoin de leurs confidences car c’est ici, que les deux amis se sont toujours racontés leurs joies et leurs peines. Gabriel et Nicolas sont les meilleurs amis du monde, ils se connaissent 9 depuis leur plus tendre enfance, ont fait les quatre cent coups ensemble. Les deux hommes sont comme des frères et ont toujours eu les mêmes goûts, que ce soit pour le sport, la musique, la nourriture ou « les femmes ». Sauf cette fois-ci, car Nicolas n’a pas l’air d’apprécier Linda, la nouvelle petite amie de Gabriel : – Ça à l’air d’être très sérieux entre vous ! Dit Nicolas à son ami, en essayant de masquer son manque d’enthousiasme. – Tu n’imagines pas à quel point ! De toutes les petites amies que j’ai eues et Dieu sait qu’il y en a eu beaucoup, dit-il en riant, Linda est la seule à me rendre fou d’amour comme cela. Jamais je n’ai été aussi fou amoureux d’une fille comme je le suis en ce moment. Où que je sois, quoi que je fasse, je ne cesse de penser à elle. J’ai tout le temps envie d’être avec elle. Je décrocherai la lune pour elle, si elle me le demandait ! Je… – Du calme, du calme mon ami, tu ne la connais que depuis six mois ! À 10 t’entendre, on croirait que tu comptes la demander en mariage ! Plaisanta Nicolas. – C’est justement ce que je compte faire ! Nicolas faillit s’étrangler avec son café. – Tu… Tu plaisantes j’espère… Tu… Tu la connais à peine. Cela fait six mois que vous êtes ensemble et tu ne sais pratiquement rien d’elle ! Tu ne connais aucun membre de sa famille ni aucun de ses amis ! Tu… – On s’aime et pour moi, c’est tout ce qui compte. Mais qu’est ce que tu lui reproches, j’ai l’impression que tu n’aimes pas Linda. – Si… bien sûr que si ! Menti Nicolas. Il n’aimait pas Linda mais tenait trop à son meilleur ami pour le lui dire. – C’est juste que… continua-t-il ! Je ne veux pas que cette fille te fasse souffrir. Je la trouve trop mystérieuse, trop bizarre à mon goût. – Peut-être mais, que cela te plaise ou non c’est la femme que j’aime, celle que j’ai choisi, celle avec qui je veux 11 passer le restant de mes jours et fonder une famille. S’il faut pour cela que je perdes mon meilleur ami… il hésita un instant ! Et bien tant pis, je prends le risque. Nicolas n’insista pas car Gabriel est un homme formidable mais lorsqu’il est jaloux, son plus gros défaut ou en colère, il devient incontrôlable. – Excuses-moi mais ma pause déjeuner est terminée ! Lança Gabriel furieux à son ami avant de se lever et s’en aller. En rentrant chez lui le soir, Gabriel ne pouvait s’empêcher de repenser à ce que lui avait dit son ami Nicolas. Il lui en voulait certes mais il reconnaissait que d’un certain côté, son ami n’avait pas complètement tort à propos de Linda. Il est vrai qu’il ne savait pratiquement rien de sa petite amie. Tout ce qu’il savait d’elle, c’est qu’elle était arrivée à Marseille, il y a environ deux ans pour, disait-elle, changer de vie car elle ne supportait plus la vie monotone qu’elle vivait dans son petit village de provence. 12 Arrivée à Marseille avec très peu d’argent en poche, elle fit des tas de petits boulots jusqu’à ce qu’elle trouva cette place de vendeuse dans une boutique de prêt à porter masculin. Et c’est là , qu’elle y fit la connaissance de Gabriel qui était venu s’acheter un smoking pour le mariage d’un de ses amis et ce fut le coup de foudre. – Mais qu’est-ce que je fais ? Se dit soudain Gabriel. Voilà que je doute de la femme de ma vie. Si elle est aussi mystérieuse et bizarre que le dit Nicolas, c’est sûrement parce qu’elle doit avoir ses raisons. Linda est trop douce et trop gentille, pour avoir fait quoi que ce soit de mal à qui que ce soit, j’en suis sûr. Se rassurait-il. Toutefois, il décida d’appeler Linda afin de l’inviter à dîner. Il profiterait donc ce rendez-vous pour essayer d’en savoir plus sur sa petite amie, son passé, sa famille… Il décrocha le téléphone et composa le numéro de Linda qui mit pas mal de temps avant de répondre : – Allô ? – Bonsoir ma chérie ! 13 – Bonsoir mon cœur ! – J’espère que je ne te dérange pas, je… – À vrai dire, je suis assez pressée mon chéri ! L’interrompit-elle. J’allais sortir. – Je voulais juste… Il se tut un instant en entendant la voix d’un homme derrière celle de Linda. Tu n’est pas seule ? Qui est avec toi ? – Écoutes, je n’ai pas vraiment le temps de t’expliquer. Je t’appellerai dès mon retour. Bisous ! Et elle raccrocha aussitôt, laissant Gabriel se poser des tas de questions sur l’identité de l’homme qu’il avait entendu parler à Linda, chez elle. Lui dont le plus gros défaut est la jalousie parfois maladive. Dans le passé, il lui est arrivé d’être à deux doigts de donner un coup de poing à des hommes seulement parce-qu’ils regardaient ou même discutaient avec sa copine. Le seul fait de savoir qu’un autre que lui était en ce moment même, en compagnie de sa petite amie le rendit fou de rage. Il fit les cent pas dans son appartement, donnant des coups de 14 poings et de pieds sur tout ce qui se trouvait sur son passage jusqu’à ce que le téléphone se mette une heure plus tard à sonner. Il se précipita alors pour décrocher. – Allô ? Linda ? – Non, désolé de te décevoir c’est Nicolas. – Qu’est-ce que tu veux ? Lui dit-il froidement. – Je sais que tu m’en veux pour ce que je t’ai dit ce midi. C’est pour cela que je t’appelles. Je tenais à m’excuser, je n’avais pas le droit de me mêler de ta vie privée et encore moins de juger la femme que tu aimes. Je te demande de me pardonner. – hmmm !… Tu… tu sais très bien que je te pardonnerai toujours. J’étais seulement furieux que toi, la personne que je considère comme mon frère ne partage pas mon bonheur. Mais je sais que ce que tu m’as dit partait d’un bon sentiment, tu désires simplement mon bonheur autant que je désire le tien. Cela a toujours été comme cela entre Gabriel et Nicolas. Chaque fois qu’ils se disputent violemment ou pas, ils sont 15 incapables de rester fâchés plus d’une journée. – Maintenant que l’on est de nouveau amis, je suis désolé mais je dois raccrocher, j’attends un coup de téléphone de Linda. – Dans ce cas tu risques d’attendre longtemps. En rentrant, je suis passé devant le Banna’s Café et je l’ai vu qui y prenait un verre avec un homme. Ils avaient l’air de très bien s’entendre. Elle ne t’avait rien dit ? Ce que Gabriel venait d’entendre le rendit encore plus rouge de jalousie et de fureur, mais il fît semblant d’être déjà au courant. – Ah oui… c’est vrai ! Suis-je bête, j’avais complètement oublié que c’était aujourd’hui qu’elle devait dîner avec… avec un ami d’enfance. – Et ils ne t’ont pas invité à se joindre à eux ? Demanda Nicolas surprit. – Si, si… bien sûr que si. Mais étant en ce moment un peu débordé par mon boulot, j’ai… j’ai préféré décliner l’invitation. 16
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