Sacré Jésus! - Page 2 - test Franck LEPLUS Sacré Jésus ! Comédie Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-8121-0314-8 Dépôt légal : Août 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 6 personnages : Paul : Epoux de Cathie, garagiste, Cathy : Epouse de Paul, femme au foyer, Alfred : Ami de Paul, assureur, Françoise : Epouse d’Alfred, femme au foyer, Marie-Madeleine : Nièce de Paul et Cathy, Le visiteur (Jésus-Antoine) : Routard guitariste. Durée 1h30 environ 7 Esquisse du décor. 8 ACTE 1 Scène 1 : Paul, Cathy, Alfred, Françoise. C’est le réveillon de Noël chez Paul et Cathy Lambert qui ont invité Françoise et Alfred. Cathy arrive de la cuisine avec un plat à la main, chantonnant un air musical de circonstance. Les autres sont attablés. Cathy présente le plat aux convives et le dépose sur la table. Paul : Mes amis, le petit Jésus va naître. Je lève mon verre à l’âne, au boeuf et à la corporation des charpentiers ! Paul, guilleret, se dresse, suivi dans son élan par Cathy et Françoise qui gloussent, joyeuses et complices. Alfred se lève également, sans entrain, se rassied lourdement. Françoise lui lance un sourire ironique. 9 Françoise : Mon pauvre chéri tu ne tiens décidément pas l’alcool ! Alfred grimace. Cathy, amusée, se dirige vers le buffet puis, vient placer des chapeaux de papier sur la tête de chacun des convives. Cathy : Allez, c’est la fête. Nous sommes là pour nous amuser comme des fous. Allez, hop, les chapeaux… j’ai acheté des lots de chapeaux et de serpentins en promotion au supermarché ! Françoise et Paul rient. Alfred parle à vois basse. Alfred : Nous aurions dû aller au restaurant ! Françoise force un sourire et donne un coup de coude dans les côtes de son époux. Alfred : Aïe !… eh ? Paul : Qu’est ce qui t’arrive mon pauvre vieux ? Alfred lance un regard haineux à Françoise tout en se frottant le côté. Alfred : une petite douleur… le foie… sans doute le foie… ou alors plutôt l’estomac. Oui, peut-être l’estomac ! Paul : Ben oui mon vieux, mais tes journées dans un bureau enfumés… Tes machines informachins… Tes repas lance-pierre entre deux rendez-vous… tes téléphones qui n’arrêtent pas de sonner… ça va te tuer ! A quoi bon être un homme d’affaires, irréprochable, intelligent et plein aux as si c’est pour dépenser ton argent dans une clinique privée le reste de ta vie ? 10 Les deux femmes rient en observant les gesticulations de Paul. Alfred parle à voix basse. Alfred : Pauvre con. Mécano graisseux. Bouffeur d’huile. Gonfleur de boudins… Je bosse peut-être comme un crétin mais en tous les cas, je n’ai ni dettes ni crédits ! Paul : Que dis tu vieux frère ? Alfred : rien, je marmonnais « chacun sa vie » ! Françoise regarde dédaigneusement Alfred qui rectifie le port de sa cravate et qui se met à tripatouiller dans son assiette à l’aide d’une fourchette. Cathy et Paul s’embrassent. Alfred : Je ne sais même pas ce que j’ingurgite. Sont ce des champignons ou des escargots qui baignent dans cette sauce verdâtre truffée de grumeaux farineux ?… Elle nous a raconté qu’elle avait passé plus de quatre heures dans sa cuisine… Quelle perte de temps… bah ! Cathy se lève et court vers le salon mettre un cd. Paul entraîne Françoise et tous deux dansent. Cathy les regarde en souriant. Alfred continue l’analyse du contenu de son assiette. Alfred : ça y est !… J’ai découvert un truc qui ressemble à s’y méprendre à un morceau de plastique d’emballage ! Il n’y a pas que les chapeaux qui devaient être en promo… ! Paul observe sa montre tout en dansant avec maladresse. 11 Paul : Plus que trois minutes ! Alfred : Elles devraient être de silence… Mais qu’est ce que je m’emmerde ! Cathy court vers la cuisine et en revient avec une bouteille de champagne. Cathy : Maintenant les enfants : champagne ! Paul s’empare de la bouteille. Cathy et Françoise tendent les coupes. Paul fait sauter le bouchon. Paul : Attention, ça va péter ! Alfred : Ce con serait capable de me foutre le bouchon dans le pif ! Le bouchon saute en direction d’Alfred. Paul ne s’en préoccupe pas et remplit les verres. Alfred : Il m’a raté de peu l’enfoiré !… Mélange de babouin et de têtard… Le jour où il est né, le toubib aurait mieux fait de ne rien dire à sa mère et de la balancer dans une poubelle ! Paul : Buvons à l’arrivée du petit Jésus ! Alfred renifle son verre avant de le goûter. Les autres vident leurs verres puis chantent. Paul, Cathy, Françoise :… Il est né le divin enfant… sonnez le cors… résonnez musettes… il est né le divin enfant… fêtons tous son avènement… ! Alfred : Je ne pensais pas qu’il existait pire que l’Eurovision à part star académie mais alors là c’est surpassé ! Soudain la sonnette de la porte d’entrée retentit. Tous marquent un silence étonné. 12 Paul : qui ça peut être ?… Roger ?… oui (rire) Roger déguisé en Père Noël avec un petit coup dans le nez… eh eh eh ! Cathy : C’est peut-être bien le petit Jésus ! hi hi hi ! Françoise s’adresse à Alfred qui hausse les épaules. Françoise : Tu as éteint tes phares ? Alfred : Je l’ai toujours dit : Il n’y a pas de fêtes qui tiennent pour les huissiers ! Je suis certain qu’ils viennent saisir le mobilier. Nous finirons le dessert sur la plancher ! Paul et Cathy se dirigent vers la porte. La sonnette retentit une nouvelle fois. Françoise s’approche d’Alfred. Françoise : Si tu n’arrêtes pas ton char ben Alfred, je te claque le beignet ! Paul ouvre la porte. Les quatre personnages restent figés. Un gaillard aux longs cheveux, portant un sac à dos et une guitare, fait son apparition. Une ombre se détache sur le plancher marquant ainsi un certain suspens quant à l’entrée de l’individu. Scène 2 : Paul, Cathy, Françoise, Alfred, Le visiteur. Alfred : Ils feraient n’importe quoi pour saisir. Ils se fringueraient même en travestis… ou en père Noël ! 13 Cathy reste immobile et observe le visiteur. Paul l’invite à entrer. Le visiteur parle très humblement. Le visiteur : Bon Noël à tous. Excusez-moi de venir vous déranger et ainsi casser l’ambiance de votre fête ! Alfred : ah, pour ça, il n’y a aucun dérangement, rassurez-vous ! Le visiteur : Je souhaite simplement faire appel à votre charité et obtenir une tartine de pain et un petit morceau de fromage s’il vous plait ! Cathy : Mais oui bien sûr ! Paul : Mais non. C’est Noël pour tout le monde. Vous allez manger un petit morceau et partager notre repas… de ce qu’il en reste… allez, entrez et installez vous. Asseyez-vous ! Alfred : Pauvre type. Le supplice de la bouffe. Si j’étais à sa place j’insisterais sur la tartine et le petit morceau de fromage ! Paul : Laissez moi vous débarrasser ! Le visiteur donne son sac et sa guitare. Paul les dépose près du salon. Tous s’installent autour de la table. Françoise saisit une bouteille de vin rouge. Françoise : Je vous sers un petit verre ? Le visiteur : Oui, merci beaucoup Madame ! Paul : Vous avez l’air frigorifié et épuisé ! D’où venez vous ? Le visiteur boit doucement et parle entre les gorgées de vin. Cathy semble admirative. Alfred regarde ironiquement. 14
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