MaliCha Au portant - Page 1 - 3 Patrick Galpin MaliCha Au portant Roman Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2010 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 41 62 14 42 – Fax : 01 41 62 14 50 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-3146-2 Dépôt légal : Mai 2010 © Patrick Galpin L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 7 Première partie Au vent mauvais 8 Chapitre 1 Il savait qu'il n'en avait plus pour longtemps, emberlificoté par tout un réseau de fils et de tubes qui le maintenait en vie artificiellement. Michel en avait vu d'autres, mais cette fois-ci, il était fatigué, au bout du rouleau. Il avait fait aménager une chambre hospitalisée au rez-de- chaussée de sa grande maison sur l'ile de Ko tao, et avait disposé son lit de mourant face à la fenêtre, pour contempler jusqu'au bout la vue merveilleuse sur la baie et plus loin la mer. 9 Pourtant ce n'était vraiment pas le moment de baisser les bras, et c'est pourquoi il avait demandé qu'on lui fasse venir Dan, son vieil ami avec qui il avait vécu tant d'aventures. Cette fois-ci, il allait lui demander un grand service, le plus grand , l’ultime service. Mais avant : la mission, le dernier vœu d'un mourant, d'un frère. - bonsoir mon ami… dit-il de sa voix rauque d'outre-tombe. Merci d'être venu si vite à mon chevet. Dan avait du mal à l’entendre tant sa voix était faible, comme un souffle. - bonsoir Michel, tu sais que je serai toujours là. Tu m'as l'air en pleine forme dis donc! - Mmm… - ouais ça va. Michel souffla un instant, puis continua: Tu sais, tu n'auras plus beaucoup l'occasion de 10 m'aider. Je suis à l'article de la mort maintenant, et je t'ai fait venir parce que j'ai deux ultimes services à te demander, au nom de notre amitié. - demande moi ce que tu veux je t'écoute. - voilà, je ne voudrais pas partir sans être sûr que le groupe ne tombe en de mauvaises mains. Mmmm…Je soupçonne Mr Thao de profiter de la faiblesse d'Alain pour s'accaparer le groupe. Mmmm…Alors je te demande de trouver une solution pour éviter ça. Tu as carte blanche, je te fais entièrement confiance, prends toutes les dispositions nécessaires et tous les moyens financiers que tu estime nécessaire, mais squeeze le nabot !.. Mmmm… Je ne veux pas que tous les efforts que nous avons déployés pour monter tout ça aient été vains… Toute la puissance du groupe est à ton service. Après une si longue tirade, Michel ferma les yeux, et semblait s'assoupir, tant l'effort lui avait coûté. 11 Dan était troublé par l'état de son ami, mais aussi par la confiance qu'il lui témoignait. Il rétorqua: - ça va pas être facile tu ais parce que Thao est puissant, rusé et tordu. Je vous avais déjà prévenu tous les deux qu'il devenait vraiment dangereux. Mais bon, j'en fais une affaire personnelle. Cette mission m'honore et cela deviendra la seule chose qui m'occupera dorénavant. Je te dois tout, même la vie, et je n'ai aucune attache en ce bas monde que toi. Tu continueras à vivre au travers de mon action et au travers du groupe. Sois en paix. - merci Dan, mais j'ai autre chose à te demander. Un service que seul un véritable ami est capable de faire. - dis-moi, réplica Dan anxieux. - voilà, je souffre le martyre depuis déjà deux ans comme tu le sais Mmmm… Mais ça s'aggrave de jour en jour. Je sais que Thao a l'intention de me laisser ensuite dans un coma artificiel, et je ne veux pas vivre comme 12 un légume. Je ne veux pas lui maisser ce plaisir. Il fit une pause le temps de laisser passer un spasme de douleur, puis, après un long silence, les yeux clos, il continua: - je voudrais que tu me débranche… Je sais que ça te sera difficile, mais pense à notre amitié et à mes souffrances. Délivre-moi je t'en prie. Mmmm… Dan était atterré: comment pourrait-il accéder à sa demande: tuer son ami, son frère, celui qui lui a sauvé la vie. - mais... Bredouilla Dan - je te le demande comme paiement de la dette que tu crois encore avoir envers moi. C'est la seule façon pour toi de te libérer enfin et de vivre ta vie sans avoir ce fardeau. Fais-le je t'en conjure. Aie pitié... Dan hésita un long moment, se souvint de toute leur vie ensemble, 13 mais il devait se rendre à l'évidence, il DEVAIT le faire. Les yeux embués, il finit par lui répondre: - ok, Michel, c'est bon. Adieu mon frère, tu resteras toujours vivant dans mon cœur. - je n'en attendais pas moins de ta part, dit Michel en suffoquant d'une voix à peine audible. Je pars serein et apaisé. Merci mon ami. Adieu. Ses yeux se mirent à briller comme du temps où ils partageaient leurs aventures, comme un dernier baroud, puis ses traits se détendirent comme si la souffrance lâchait prise, les paupières tombèrent doucement et le monitor commença à siffler d’un tom continu. Dan avait débranché. 14 Chapitre 2 - monsieur Leclerc, votre rendez- vous est arrivé. Je les ai installé dans la salle de conseil. - merci Caroline, vous êtes une perle. Faites les patienter un peu, j'arrive, répondit Olivier. Il était encore débordé, comme chaque jour, et depuis ce matin, il devait régler un nombre de problème incalculable pour que Nanotech, sa boîte, garde son rythme de croissance. Il était parti de pas grand-chose il y avait quelques années, d'une idée, et maintenant, les commandes affluaient, et il ne savait plus où donner de la tête. Il essayait toujours de trouver des collaborateurs pour l'accompagner, mais l'envergure des affaires ne cessait de grandir et il était toujours à la bourre. Issu d'un milieu strict et catho traditionnel, Olivier était fils d'officier de la marine. A la fin de ses études de
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