144, L'élu de Dieu - Page 2 - test Jean-Marc FASSART 144 L’élu de Dieu Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-35607-568-0 Dépôt légal : Juin 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 AVANT-PROPOS La Kabbale est faite pour se lier à Dieu Elle se veut de devenir une véritable religion Le discours kabbalistique est plus que jamais d’actualité. Sa façon d’appréhender l’homme et l’univers, cet autre regard possible sur l’existence, sont autant de sources stimulantes à notre époque d’incertitudes et de pauvreté métaphysique. Dieu prépare un royaume afin de réaliser la justice et la paix totale pour ce monde Le royaume sera le rassemblement du nouveau peuple de Dieu Son gouvernement sera constitué d’élus, Ceux marqués d’un sceau par le vrai Dieu Dans le monde, les élus sont 144 000 marqués d’un sceau flamboyant. Le christianisme du 3e millénaire naitra Dieu donnera les preuves nécessaires le jour venu C’est annoncé ; le jeudi 10 avril 2014 Le but des élus est de lutter contre les démons de ce monde Et peut importe comment ils s’y prennent. 7 CHAPITRE 1 « Quant à l’affaire de la pomme, il fallait le planter ailleurs, votre arbre, ou ne pas créer Adam à votre image. En l’occurrence l’interdiction équivalait à un encouragement, n’importe quel pédagogue vous le dira. Ce n’est pas le diable qui a tenté notre ancêtre, c’est vous qui avez tenté le diable ». (Robert Escarpit/Lettre ouverte à Dieu) Assis sur la lunette des toilettes de sa salle de bains, pensif et résigné, julien fut surpris de voir défiler les principales images de sa vie, pareil à une personne voyant défiler les plus grands moments de son existence à l’instant de rendre le dernier soupir. Une vie, souriante mais aussi tragique. Une vie, rien de plus, aux événements désordonnés qui lui rappelait néanmoins qu’il n’était qu’un petit insecte de passage. Un signal semblait lui dicter de combler au plus vite le vide de sa vie, vertigineuse mais aussi effrayante. Ce défilement d’images qu’il perçut 9 comme surréaliste lui indiquait qu’il était peut-être temps pour lui de vivre maintenant son destin. On ne se préservait pas de son destin, même de sa propre fin. Car se disait-il, une vie, si dénuée, sans rien ça servait à quoi ? Une vie qui ne sentait rien, une vie sans chaleur, sans mots, ça ne servait à rien ! Juste à remplir un espace vide de présent, vide d’espoir et vide de futur. Julien se nettoyait à l’eau courante, il n’utilisait pas le papier car il aimait trop la propreté. Il trouvait plus sain d’éliminer de cette manière ce que son entre-fesse expulsait. Le corps générait en permanence une quantité de crasse repoussante qu’il était difficile d’éliminer dus, en partie, aux bactéries qui vivaient et se reproduisaient sous la peau humaine. Julien avait conscience que chaque jour, une personne arrivait à perdre plus d’un milliard de particules de peau et générait environ l’équivalent d’un litre de sueur. Cette saleté était partout, contaminait, pourrissait tout autour d’elle et empoisonnait sa vie. Le tissus de ses doigts saignait de cette saleté tenace et dire que Julien n’avait lavé son linge qu’une fois ce mois. Laver son linge quand soudain il ne comprenait plus l’utilité du monde et pourquoi le monde était si injuste et bizarre. Se laver la tête de toutes les images sombres, de toute la merde que ses yeux lui renvoyaient. Il n’y avait que saleté autour de lui et lorsqu’il croisait les yeux d’une femme, il était pris d’un haut le cœur à lui arracher l’estomac. Il ne pouvait approcher une femme sans qu’elle lui évoque 10 la souillure. Jusqu’à présent, il n’avait croisé que des femmes méprisables, sans scrupules et aux mœurs légères. De celles prêtes à tout pour réussir. Julien pris la décision de nettoyer tout ça à grandes eaux. Qui le ferait sinon lui. Il pourrait alors croire en une certaine identité entre le vrai, le beau, le bien et le mal. Julien connaissait cette dualité qu’il nous était impossible de rejeter. Le bien étant ce qui contribuait au succès de la vie, le mal ce qui tendait à la détruire ou la nier. Mais il pensait que nous devions ce mal à Eve, la première femme. N’avait-elle pas tourné le dos aux recommandations du vrai Dieu. « Tu peux manger tous les fruits des arbres du jardin mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas. Car le jour ou tu en mangeras, tu connaitras la mort surement ». La tentation avait été trop forte pour cette pècheresse. N’avait-elle pas consommé et perpétré le péché originel ? Le mal, depuis lors, nous habitait. La femme était le mal et un grand nettoyage s’imposait. À 50 ans, Julien entamait une laborieuse journée. En ce lundi, tout foutait le camp et l’envie lui prit de saisir tous les miroirs du monde pour les foutre en l’air parce qu’il n’aimerait pas ce qu’il y verrait. Julien découvrait tout à coup l’angoisse. Il était devenu l’image de l’angoisse. Jusqu’à présent, il avait rêvé sa vie, il était temps maintenant de vivre ses rêves, des rêves de pureté, débarrassés de toutes saletés. À la recherche d’un plaisir immédiat qui pourrait le soulager de l’angoisse oppressante, julien était convaincu qu’il n’avait rien d’un psychopathe. La souffrance de l’autre ne l’attirait pas et il ne possédait, 11 aucune perversion. Cependant, son humeur de l’instant oscillait entre euphorie et tristesse. Julien, décontenancé depuis ce défilé d’images insensées s’interrogeait. Ce message télépathique lui indiquait l’existence de la souffrance et son intensité présentait tous les degrés depuis la quantité négligeable, jusqu’à l’atrocité insupportable. Julien, de toute évidence souffrait, mais il savait néanmoins que la rédemption existait. Dieu n’en avait-il pas usé pour montrer aux hommes à quel point il les aimait et Jésus Christ lui même fit l’expérience de la souffrance et de la mort sur la croix. Une rédemption qui lui fit gagner le ciel. Julien déciderait de trouver la sienne. Il était convaincu d’avoir eu ce matin, une révélation. Il y a des moments où une porte s’ouvre dans notre imagination, par laquelle se dessine le chemin qui nous attend. Pour Julien, Rien n’était très clair encore ni bien défini mais il se sentait investi d’une mission. On le désignait, il en était certain, comme l’ange exterminateur pour punir les coupables de répandre autant de saletés qui empêchaient toute pureté de l’âme. Il serait donc le guetteur, celui qui stoppera toute contagion et pourquoi alors ne pas rejoindre le clan des Parques. Elles étaient trois, julien serait le quatrième. Celui qu’on n’attendait pas. Julien détestait les armes blanches. Lors des repas, il utilisait le couteau avec prudence. Il éprouvait une répulsion pour tout ce qui était tranchant. Le sang le mettait mal à l’aise et sa simple vue lui répugnait. 12 En fouillant ses placards, il trouva ce qui lui convenait. Julien choisi un tournevis cruciformes au manche plastifié qui se logeait parfaitement au creux de la main. La lame, en acier inoxydable de 10 cm, lui parut satisfaisante. Le tournevis, simple outil, devenait soudain une arme redoutable. « L’arme parfaite » se dit julien. Elle tiendrait parfaitement au fond de ses poches. Montmartre reste aujourd’hui un lieu de vie et de découvertes historiques et culturelles très fréquenté. Julien y habitait seul, dans un petit studio dont il était heureusement propriétaire car dans ce quartier de la capitale, très touristique et très convoité, les prix avaient considérablement augmenté. Julien serait d’ailleurs incapable d’honorer le moindre loyer. Il était aujourd’hui inactif, à la périphérie de la société. Il ne s’en plaignait pas et se débrouillait, tant bien que mal, pour cacher cette misère latente. En descendant de chez lui, Julien rejoignit la place des Abbesses, à deux pas de son domicile. Il affectionnait cette place typique et la Verrière de sa station de métro. Sur cette place, se trouvait l’église St Jean, en béton armé, une bâtisse néo-gothique élancée qui en imposait. Julien y priait de temps en temps. Puis il se rendit vers le square Jehan Rictus, un petit parc aux multiples plantations d’arbustes. Julien adorait y observer le mur des « je t’aime » du parc. C’était le côté magique de cet endroit. Sur 40 m2, un mur de carrelage vous offrait des morceaux de cœurs brisés et les principales langues et dialectes y étaient représentés comme autant d’étoiles dans le ciel. Ce mur extraordinaire n’était qu’un miroir vous renvoyant tous les plus beaux messages d’amour du monde entier. C’était bien le seul miroir que Julien 13 n’oserait pas briser. Il avait bien connu la passion mais il avait su trop tard qu’aimer ne voulait pas dire une extension de son ego. Pour aimer, il fallait accepter et Julien n’avait jamais su accepter. Il était seul aujourd’hui, seul mais propre. La journée déclinait sous une température agréable en cette fin du mois de mai. Julien se mit en marche vers son destin. Il descendit la rue des Abbesses rénovée depuis peu, bifurqua sur la droite pour rejoindre la rue Gabrielle, qui débouchait sur le haut de la rue Lepic. Julien cherchait un endroit sans regard, discret et dépourvu d’un passage excessif. Les gens qu’il croisait accéléraient le pas. Nous approchions les 20 heures 30 et tous rentraient au plus vite chez eux, pressés de se vautrer dans un bon fauteuil devant leur poste de télévision en poussant le son assez fort pour ne plus entendre le bruit de la vie. Julien accéléra le pas pour rejoindre le haut de la rue Lepic. Là, il avait toutes les chances de croiser une femme isolée. Il la vit à une centaine de mètres devant lui. Comme les autres qu’il avait croisées, elle pressait le pas dans sa direction, sur le même trottoir. Elle marchait, tête baissée et portait un léger sac en bandoulière. Un coup d’œil derrière lui, personne ! Il accéléra le pas. Elle n’était plus qu’à une dizaine de mètres et il la voyait maintenant plus distinctement. Une femme somme toute banale, aux cheveux noirs mi-long, habillée d’un petit tailleur de couleur beige et de chaussures légères à lanières. Pour julien qui l’avait en ligne de mire, une anonyme, sans doute rongée par la bassesse de ses actes qu’il lui faudrait expier. 14 L’instant magique était à sa portée. Il fit un écart brusque sur le côté de sorte que son épaule heurta celle de la femme. Elle releva alors légèrement la tête où il put apercevoir deux grands yeux noirs étonnés de cette bousculade. – Oh pardon, lâcha-t-elle. À peine eut-elle le temps de balbutier un vague mot d’excuse que Julien sortit sèchement la main de sa poche recroquevillée sur le manche de son arme. Rien, il ne sentit rien de la pénétration dans la chair. Juste son poing qui heurta le ventre de la femme d’un coup sec. Ce qui suivit fut cependant plus significatif. Il vit nettement le visage de la femme surprise et terrifiée. Elle ouvrit largement la bouche sous le choc mais aucun son n’en sorti. Sa bouche ne cessait de s’élargir comme pour trouver l’air soudainement raréfié. Il vit la langue de la femme chargée de bactéries. Son estomac se révulsa. Il ne quittait pas des yeux cette bouche béante qui semblait vouloir happer l’espérance. Son poing était toujours plaqué contre le ventre de la femme. Rare, les gens conscients de leur dernière heure. La femme comprit qu’elle vivait sa dernière minute. Elle agrippa dans un ultime effort le revers de sa veste. Un geste désespéré. Elle cria son plus profond désespoir. Ses yeux roulaient, roulaient fiévreusement dans leurs orbites chassant désespérément la mort imminente. Sa main, alors, coulissa lentement du revers de la veste puis elle tenta de s’agenouiller sur le trottoir comme prostrée. Enfin, elle s’effondra. 15
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