Théorie de la conscience - Tome II - Page 1 - test Edouard Asseo Théorie de la conscience II. Théorie de la connaissance Éditions EDILIVRE APARIS Collection Universitaire 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1906-4 Dépôt légal : Septembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 I Introduction 1. La théorie de la connaissance La théorie de la connaissance est la deuxième partie de la théorie de la conscience. Parler de la conscience à des scientifiques provoque immanquablement une réaction de rejet, car cette notion ne paraît pas entrer dans le champ de la science. Une telle théorie doit donc, dans l’esprit du lecteur scientifique, s’apparenter à la métaphysique et, en tant que telle, ne peut éveiller son intérêt professionnel. En fait, comme on le verra, il n’y a dans la théorie de la connaissance aucun rapport à la subjectivité. De nombreux esprits ont depuis longtemps pressenti qu’il manquait à la physique une théorie de la connaissance, c’est celle-ci que nous présentons dans les lignes qui suivent. Si la théorie de la conscience réunit subjectivité et objectivité dans une seule démarche, la théorie de la connaissance traite le sujet et l’objet comme des opérateurs mathématiques agissant effectivement. Ainsi défini, le sujet n’a plus aucun rapport à la subjectivité au sens humain du terme. L’originalité de la théorie consiste à remettre en cause le postulat d’objectivité sur lequel reposent la science en général et la physique en particulier. Comme tout autre, le postulat d’objectivité peut et doit être remis en cause. Un postulat étant, par définition, indémontrable, l’attitude irrationnelle consiste à tenir obstinément à ce qui ne peut être démontré : la raison exige la remise en cause du postulat d’objectivité. Que l’on se souvienne de la remise en cause du postulat d’Euclide, elle n’a pas révoqué la géométrie, bien au contraire, elle l’a complétée. 9 La théorie de la connaissance ne révoque pas la science, elle la complète et débouche sur un nouveau paradigme en physique. On est peut-être tenté d’objecter que le postulat d’objectivité doit être tenu pour vrai tant qu’il n’est pas réfuté par l’expérience, mais ce faisant, on oublie que prendre l’expérience pour référence absolue revient précisément à présupposer la réalité objective de la chose observée : on est toujours dans le champ du postulat et de cette façon on ne prouve ni ne réfute rien. Comme cela a été dit, il n’y a dans ce texte aucun rapport à la subjectivité ni aucun concept philosophique qui pourrait être tenu pour mal défini. Il convient cependant de remarquer, qu’à la différence des mathématiques, les objets de la physique ne sont, pour les plus importants, pas définis. Par exemple : l’espace, le temps, la matière. Ils sont donnés à ce qu’on appelle l’expérience et le lecteur d’un cours de physique est censé savoir de quoi il s’agit. La théorie de la connaissance est bien moins riche en mystères puisque tout découle de la fonction connaissance. Notre démarche est la suivante : a) Nous partons d’une expérience mentale simple, par laquelle nous exprimons la remise en question du postulat d’objectivité en tant que propriété caractéristique d’une fonction appelée « Fonction connaissance ». Il apparaît alors que tout objet observable est défini par cette fonction connaissance. En d’autres termes, les propriétés de notre univers (en tant qu’il est observable) doivent découler de cette fonction. b) La propriété caractéristique de cette fonction est exprimée par les Relations fondamentales. Nous développons ces relations par les méthodes habituelles de la physique et montrons, qu’en effet, les relations caractéristiques de la physique moderne s’en déduisent. Dans ces développements, nous nous sommes guère préoccupés de rigueur mathématique hors de propos dans ce document. c) On aboutit alors à un nouveau paradigme en physique : Par le Postulat d’objectivité, la physique (actuelle) pose « qu’il y a » des objets obéissant à des lois. En remettant en cause le postulat, la théorie de la Connaissance est conduite à poser « qu’il y a » la fonction connaissance satisfaisant aux Relations fondamentales. Nous voulons insister sur le fait que la fonction connaissance dont il est question n’est pas a priori la fonction connaissance de l’observateur. Le point de départ des développements est « il y a la fonction connaissance satisfaisant aux Relations fondamentales ». C’est à partir de là , qu’on retrouve les lois de la physique. 10 C’est ainsi qu’il ne faut pas associer d’emblée les opérateurs de connaissance qui seront introduits dans les chapitres suivants et l’observateur de la physique. Ils le seront, mais avant qu’ils le soient, il faut impérativement s’en tenir aux définitions : ce sont des opérateurs mathématiques. De même que l’on ne demande pas où se trouve le vecteur d’état et l’espace de Hilbert de la Mécanique quantique, il n’y a pas de sens à demander où se trouve la fonction connaissance. Cependant on montre ensuite, que l’observateur de la physique fait usage, sans le savoir, de cette fonction. On aboutit alors à une vision unitaire de l’univers défini par cette fonction et dans lequel se trouve l’observateur qui le connaît par cette même fonction. C’est la raison pour laquelle l’observateur peut connaître son univers. Répétons-le : il n’y a aucun psychologisme dans la théorie de la connaissance. 2. Contenu du document Chapitre I : cette introduction Chapitre II : La remise en cause du postulat d’objectivité conduit à la prise en compte de la fonction connaissance C (x) et à la condition caractéristique de réflexivité. Cette condition est exprimée par les Relations fondamentales CS1 et CS2. Chapitre III : Les notions d’objectivation, d’extériorisation et de description, introduites au chapitre précédent, sont précisées. Chapitre IV : Les Relations fondamentales sont exprimées et résolues mathématiquement. Chapitres V, VI et VII : On montre que l’on déduit des Relations fondamentales ainsi exprimées, les lois de la physique (Mécanique quantique et Relativité). On aboutit ainsi à un nouveau paradigme. Les théorèmes limites de la connaissance sont établis. On expose également quelques conséquences de la théorie en ce qui concerne la cosmologie. Chapitre VIII : On montre brièvement en quoi la théorie de la connaissance est une partie de la théorie de la conscience. 11 Annexes Annexe 1 Références et Notations Table des matières Complément L’analogie qui suit ne doit pas être prise au pied de la lettre. Elle ne sert qu’à faciliter la lecture en donnant une vision intuitive des résultats auxquels aboutit la théorie. Il s’agit d’une ébauche d’interprétation sans valeur scientifique. Dans un ordinateur, un programme d’application fait appel au Système (Operating System ou OS) pour certaines opérations, par exemple les opérations d’entrée-sortie. Une fois l’appel lancé, le programme est suspendu, à son insu. Lorsqu’il reprendra la main, il comptera le temps dans la logique de son application qui n’a rien à voir avec le temps de l’OS. Un programme qui deviendrait « intelligent » finirait bien par se rendre compte qu’il ne fait rien sans faire appel aux fonctions de base fournies par l’OS : la fonction connaissance. Il existe en microinformatique des objets qui sont à la fois un programme et une image apparaissant sur l’écran. Les messages non sollicités à but publicitaire sont très souvent de tels objets. Par exemple une publicité pour un contrat d’assurance se veut suggestif en affichant l’image d’une automobile qui traverse l’écran pour s’écraser contre un mur. Ce qui est transmis dans votre ordinateur ce n’est pas la suite des images mais le programme et les données correspondantes. Le programme s’exécute dans votre ordinateur et produit les images en question. Ce qui explique et produit ce qui va se passer c’est le programme, l’apparaître ce sont les images. Imaginons un physicien ignorant tout de ce mécanisme, il va trouver l’équation du déplacement de l’automobile qui lui permet de déterminer l’apparaître à chaque instant, sans se douter que c’est l’objet lui-même qui, en tant que programme s’exécutant, produit l’image. Supposons maintenant que le programme ait trouvé le moyen d’accéder à ses buffers d’entrée-sortie avant que les transferts soient complètement effectués. Il verra des fragments d’information, bits et bytes, sans lien avec les objets qu’il connaît qui n’ont de sens que dans la logique de son application : il découvrira alors les particules dont il dira qu’elles sont le matériau de base de tout ce qui existe. 12 C’est à partir de ces considérations intuitives que nous avons utilisé les dénominations : Opérateur Système (S) et Système connaissant (SC) pour certains opérateurs mathématiques. Répétons-le, cette analogie ne sert qu’à guider la lecture. * * * 13 II Le postulat d’objectivité et les Relations fondamentales 1. Postulat d’objectivité Nous allons formaliser l’expression du postulat d’objectivité en considérant la situation décrite ci-après. I. Mettons-nous à la place d’un appareil photo qui « déclarerait voir » un objet O ; de son point de vue (s’il pouvait s’exprimer) il dirait : « il y a l’objet « O ». Mais, en fait, ce dont il a connaissance c’est l’image Im qu’il a obtenu à l’intérieur. a) Nous, qui savons qu’un appareil photo est doté d’une fonction de transfert, nous disons que l’appareil, transforme le plan objet O en un plan image Im. En appelant C, la fonction de transfert de cet appareil, nous écrivons : Im = C (O) b) Reprenons le point de vue de l’appareil. Supposons-le seul dans son monde et ne disposant d’aucun autre moyen pour le connaître et appelons la fonction C ( ), la fonction connaissance de l’appareil. Pour lui, son monde est l’image qu’il reçoit à l’intérieur, c’est à dire Im. (Par exemple, s’il voit un objet de couleur rouge, c’est Im qui est rouge). Il n’a aucun moyen de savoir ce qu’est O. Il pose donc O = Im Ce qui revient (sans qu’il le sache) à poser C ( ) = I où I, est la fonction identité. Mais ceci est un postulat puisqu’il ne peut distinguer O de Im ; C ( ) n’a en effet aucune raison d’être la fonction identité. 15 Cependant un tel postulat présente un grand avantage de simplification que l’appareil exprimerait en disant : ce que je connais est l’objet lui-même ou : il y a l’objet O. Il ignore que O = Im, avec Im = C (O). La fonction connaissance C ( ) a disparu. Le monde réel pour l’appareil est alors défini comme l’ensemble des objets observables (O) et il sera dit (par l’appareil) « objectif ». Le processus de connaissance ayant disparu, il reste l’objet O, qui est donc considéré (par l’appareil) comme la référence absolue et toute explication du monde devra, pour être acceptable, être conforme à O, c’est à dire, vérifiée par l’expérience. Mais, nous, nous voyons qu’en fait, elle sera conforme à Im = C (O). Si nous mettons l’observateur de la physique à la place de l’appareil, nous pouvons affirmer : La physique ignore la fonction connaissance. La physique ne décrit pas O, elle décrit Im. C (O) = I (O) est l’expression du postulat d’objectivité II. Mais la fonction connaissance n’a aucune raison d’être la fonction identité, ainsi le monde réel n’est pas O, mais Im et ce que connaît l’observateur est Im. C’est donc sur Im que s’applique la fonction connaissance, ce que l’on écrit : Im = C (Im), et comme Im = C (O) : Im = C (C). Soit, formellement : C = C (C) (1) Sans perdre de vue qu’à ce point la relation (1) est purement formelle, il en résulte que la fonction connaissance doit être telle que C (C) ait un sens : propriété que nous appelons : réflexivité. Tout objet de connaissance apparaît alors comme posé par la fonction connaissance. Ainsi ce qui est donné ce n’est pas l’objet, mais la fonction. C’est elle qui est, dans notre démarche, la référence absolue. Il faut bien noter qu’à ce point la relation (1) apparaît comme une énigme, nous ne sommes pas sûr de pouvoir la formuler, pas sûr non plus qu’elle traduise une quelconque réalité. Ce qui est montré : la remise en cause du postulat d’objectivité (la fonction C différente de la fonction identité) implique que la condition de réflexivité ait un sens. Réciproquement, si nous montrons qu’elle ne peut en avoir, alors nous aurons fondé en raison le postulat d’objectivité qui n’en serait plus un. 16 Remarque 1 : a) si tous les appareils sont constitués de la même façon, c’est à dire dotés de la même fonction connaissance, le fait que les observations soient les mêmes, ne prouve rien. b) Le caractère reproductible d’une expérience ne prouve rien si c’est toujours la même fonction connaissance qui est mise en œuvre. Ainsi, l’objectivité ne peut être définie ni par le caractère reproductible d’une expérience, ni par le fait qu’elle est partagée, comme on le fait quelquefois. Remarque 2 : On a quelquefois objecté que le sujet conscient et pensant que nous sommes peut bien penser que s’il voit Im, il n’en reste pas moins vrai qu’il existe O qui est l’objet réel. Im apparaît alors comme le produit par la perception, de l’objet O qui, lui, existe réellement. Mais dans cette objection on introduit la pensée ; pour un chien, par exemple, le monde réel est Im. Il faut bien distinguer la description de la situation que nous faisons, nous, (l’appareil, le plan objet et l’image), de ce que voit l’appareil. Le physicien – sujet conscient et pensant – se demande en effet qu’elle est cette réalité qu’il observe et comme il ne peut répondre, il pose le Postulat d’objectivité. La question de la perception est traitée au paragraphe suivant. Remarque 3 : « illusion » On peut avoir l’impression que, dans cette démarche, le monde réel de notre expérience, ne serait qu’une « illusion » produite par l’imagination de l’observateur. Il ne s’agit pas de cela, car le terme « illusion » n’est pas défini. La fonction connaissance étant la référence absolue, tout ce qui est « produit » par elle, est la réalité. Il n’y en a pas d’autre. 2. Le processus de connaissance 2.1 Perception Dans notre exemple, c’est par un processus physique ou perception que l’appareil photo acquiert l’image de l’objet O, comme l’indique le dessin ci-dessous, tel qu’il serait dessiné par l’appareil lui-même : C(x) Perception P(O) Objet O 17
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