TOUTES CES LARMES QUE JE DEVERSE POUR TOI - Page 1 - Julien SAMOTYJ TOUTES CES LARMES QUE JE DÉVERSE POUR TOI Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2010 3 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 41 62 14 42 – Fax : 01 41 62 14 50 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-3065-6 Dépôt légal : Mars 2010 © Julien SAMOTYJ L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 4 Puis-je le revoir ? « Si je dois vous expliquer pourquoi, il faut que je vous raconte cette terrible semaine, cette dernière semaine. » C’était il y a neuf jours, en haut d’un immeuble, sur le toit. Il se tenait sur le bord. Devant lui, le vide. Il se 8 balançait, doucement, regardant au pied de l’immeuble la police installant des barrières pour éloigner la foule qui avait la tête levée vers lui. La porte derrière lui s’ouvrit et un homme entra. Il se nommait Cédric et il ne savait pas encore que dans quelques minutes, sa vie allait être bouleversée. « Ne fait pas ça. - Pourquoi donc ? - Tu as encore la vie devant toi. - Comment le sais-tu ? - Je ne te donne qu’à peine vingt ans, c’est jeune. » Il se retourna vers Cédric et le fixa. « Ma vie n’ait plus la même depuis hier. J’ai fait quelque chose de terrible, d’horrible. Je ne le supporte pas, je n’arriverais pas à vivre avec ça, je veux en finir. » Cédric observa le jeune homme devant lui. Il lui tendit sa main, l’invitant descendre. 9 « Pardon. » Tout se passa en une fraction de seconde. Il se laissa tomber, Cédric sauta et lui saisit la main. Tandis que l’un pendait dans le vide, l’autre tenta de le tirer vers lui pour le mettre en sécurité. « Lâche-moi, s’il te plaît, lâchemoi. - Non. - Lâche-moi. - NON ! » Le silence s’installa. Tous deux se fixèrent longuement. Soudain, un éclair. « Comment t’appelles-tu ? - Sam… Samuel. - Moi, c’est Cédric. » Il lui tendit son autre main. Samuel la prit et Cédric le sortit du vide. Il eut quelques difficultés mais il y parvint. Maintenant à genoux l’un en face de l’autre, le silence s’installa à nouveau. Samuel se mit alors à pleurer. Il pleura comme il n’avait encore jamais pleuré 10 de sa vie. Il pleura de tristesse et de joie, il pleura de honte, il pleura pour remercier Cédric. Cédric le regarda d’abord, sans savoir quoi faire. Puis il le prit dans ses bras. Samuel continua de pleurer malgré qu’il se sente bien, bien mieux que quelques minutes auparavant. La porte des escaliers s’ouvrit à nouveau et des pompiers et des policiers entrèrent. Certains s’occupèrent de Cédric, d’autres de Samuel. Finalement, ils les firent descendre. Samuel fut emmené vers un hôpital tandis que Cédric regagna la voiture de service et retourna au commissariat. Depuis qu’il était redescendu de cet immeuble et que Samuel était parti, il avait mal au cœur. Que s’est-il donc passer en haut de cet immeuble ? Il avait encore du mal à comprendre comment il avait réussi à attraper la main de Samuel, l’empêchant de tomber dans le vide. Tout s’était passé tellement vite. Il se souvenait que Samuel lui avait 11 demandé pardon avant de se laisser tomber, il se souvenait d’avoir tendu la main pour le retenir, que par miracle sa main avait saisi celle de Samuel et que cela l’avait entrainé avec, le plaquant au sol. Arrivé devant le commissariat, il gara la voiture et y pénétra. A l’intérieur, ce fut une explosion de joie qui l’accueillit, tout le monde le félicita, tous ses collègues voulurent le toucher, le commissariat entier l’applaudit. Mais son esprit était ailleurs, bien plus loin, là où personne ne pourrait le retrouver… Pendant ce temps, dans l’ambulance qui le conduisait à l’hôpital, Samuel revivait la scène qui s’était déroulé il y avait une petite vingtaine de minutes. Il pensa à son bras qu’il avait tendu vers Cédric en se laissant tomber. Ce bras que Cédric avait attrapé, lui permettant de rester en vie. Et ensuite, lorsqu’il pendait dans le vide, cet éclair qui avait traversé son 12 cœur. Voilà ce qui l’avait sauvé : Cédric et l’amour. Quand l’ambulance s’arrêta dans le parking de l’hôpital, Samuel fut pris en charge rapidement et fut amené dans le service de psychiatrie. Il fut mis dans une chambre où lui retira tout ce qui aurait pu lui permettre de se suicider avant de le laisser seul. Samuel s’allongea sur le lit et attendit. C’est à ce moment-là qu’il ressentit dans son cœur que Cédric était avec lui. Non pas physiquement, mais son esprit était là et veillait. Au même instant, dans le commissariat où il se trouvait, Cédric eut lui aussi cette sensation que l’esprit de Samuel était présent et le soutenait. Cédric se sentit mieux alors et eut le cœur léger, il participa à la petite fête que ces amis avaient organisé pour lui. Samuel se sentait bien, même lorsque le psychologue entra et commença à lui parler. Samuel 13 n’écoutait pas vraiment, il était sur son petit nuage. « Bonjour, je suis le docteur Faripat. - Bonjour. - Je vais vous poser quelques petites questions et si vous le voulez bien, vous y répondrez, d’accord ? - Oui. - Premièrement depuis quand avezvous des tendances suicidaires ? - Hier. » Le docteur Faripat fut abasourdi de cette réponse. C’était la première fois qu’il rencontrait un patient qui pensait au suicide la veille et exécutait cette idée le lendemain. « Aviez- vous programmé l’heure de votre mort ? - Non. - Pourquoi vouliez-vous vous suicidez ? » Silence. Samuel réfléchissait mais rien ne lui vint à l’esprit. Celui-ci était 14 trop occupé à penser à Cédric. Le médecin attendait une réponse rapide mais cela ne se produisit pas. Il ne comprenait pas que Samuel recherchait désespérément une réponse qu’il ne trouvait pas. Alors, Samuel se redressa, s’assit et regarda droit dans les yeux le médecin. « Je ne sais pas, ou plutôt, je ne sais plus. » En voyant Samuel, le docteur Faripat comprit que son patient avait réellement oublié ce pour quoi il allait se suicider. Une autre question lui apparut alors. Une question qui pourrait, peut-être, permettre de comprendre pourquoi le cerveau de Samuel avait fait disparaître la raison de sa tentative de suicide. « Que s’est-il passer là-haut ? » Samuel se mit alors lui raconter l’arrivée de Cédric, leur premier échange, lorsqu’il s’était préparer à sauter mais qu’il avait malgré tout tendu son bras avec un petit espoir, 15
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