Théorie de la conscience - Tome III - Page 1 - test Edouard Asseo Théorie de la conscience III. Les systèmes conscients Éditions EDILIVRE APARIS Collection Universitaire 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1907-1 Dépôt légal : Septembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 INTRODUCTION Cette étude expose les principes sur lesquels doit nécessairement reposer tout système conscient, tels qu’ils se déduisent de la théorie de la conscience. Nous l’avons rédigé de façon à ce que sa lecture soit autonome, cependant une compréhension complète ne peut être obtenue que par l’ensemble de la théorie qui comprend trois parties : – Le sujet univers. – Théorie de la Connaissance. – Les systèmes conscients (le présent document). Le point d’entrée dans la théorie est constitué par les Relations de conscience, (appelées aussi Relations fondamentales) elles figurent dans tous les ouvrages que nous avons cités, elles résultent à la fois de la remise en cause du postulat d’objectivité et d’une définition de la conscience, nous les reproduisons dans ce document pour la commodité de la lecture. Notre démarche, développée dans cet ouvrage, est la suivante : Par définition, nous appelons Système conscient, un système qui met en œuvre les Relations de conscience. Si par système nous entendons un jeu d’algorithmes se déroulant dans le temps et implémentés par des dispositifs matériels fabriqués, alors aucun système de ce type ne peut conduire, à lui tout seul, à l’apparition de la conscience : cela est démontré. La conscience n’est pas de nature phénoménale, or le cerveau en tant qu’organe l’est, il faut donc qu’il soit le siège d’un changement de nature. Ce changement est double : – Passage de la forme et de la matière l’une dans l’autre. – Passage de l’épaisseur du temps et de la temporalité des instants, l’une dans l’autre. Ce double passage n’est pas propre au cerveau, il est une donnée de l’univers que le cerveau imite ; c’est la raison pour laquelle la théorie de la 9 conscience forme un tout qui explique aussi bien l’univers que le fonctionnement du cerveau. On peut d’abord, avec les risques que cela comporte, rapprocher cette idée du fonctionnement d’un récepteur radio. Les objets macroscopiques de notre monde sont composés de matière et de forme, l’une étant indispensable à l’autre. La connaissance acquiert la forme de l’objet, elle peut être décrite par une fonction mathématique, on parle alors de fonction connaissance ; or toute forme se décrit d’une façon duale, par exemple g(x, t) et G(fx, ft) où G est la transformée de Fourier de g. G(fx, ft) est une somme d’ondes sinusoïdales de fréquences (ou assimilées) fx, ft, pondérées par des coefficients caractéristiques de la fonction g. On remarque qu’il est impossible de distinguer un phénomène qui se décrit par la fonction g, d’un phénomène qui se décrit par la fonction G. Cette dualité n’exprime pas, comme il peut sembler, une redondance des lois de la nature, mais le fait que g et G passent l’un dans l’autre dans l’univers. Cette dualité de toute forme contient en elle-même la possibilité de la propriété mystérieuse de réflexivité de la conscience, propriété par laquelle elle se connaît elle-même. Nous devons faire, maintenant, une autre observation : aussi étrange que cela puisse paraître, une onde sinusoïdale pure existe de toute éternité. On objectera qu’elle a commencé à l’instant t1 pour s’achever à l’instant t2, mais alors ce n’est pas une onde sinusoïdale pure, elle se décompose, par une intégrale de Fourier, en ondes pures. Ainsi toute forme g(x, t) comporte en elle une relation duale au temps : exprimée comme g(t) elle est déterminée à chaque instant, exprimée en G(f) elle est hors du temps, nous dirons qu’elle a une épaisseur temporelle. Le temps est un multiplex qui se déploie et se replie sans cesse et c’est là son secret ; mis en œuvre, c’est lui qui provoque ce sentiment étrange, d’être : moi – toujours et d’apparaître : je – à – chaque – instant. Ainsi dans l’univers s’opère, à notre insu, le passage de la temporalité des instants et de l’épaisseur du temps, l’une dans l’autre. C’est ce passage qui, comme une vibration, est « capté » par le cerveau et, pour rester dans cette analogie, la conscience est une mélodie qui s’entend elle-même, mais pour s’entendre, elle doit être un processus physique et temporel, un organe, alors elle n’est plus mélodie seulement, elle n’est plus conscience. Comment s’accomplit ce deuxième mystère ? Par le passage de la matière et de la forme l’une dans l’autre, passage qui lui aussi, est une donnée de l’univers. 10 Dans la théorie de la connaissance, nous avons montré que notre univers tel qu’il est décrit par la physique est extériorisé 1 par une fonction connaissance, dite connaissance immédiate, qui satisfait aux Relations de conscience. Le résultat de cette extériorisation est le monde matériel et phénoménal que nous connaissons : la forme est passée en matière, en phénomène. Circularité, car la forme intemporelle passe en processus temporel implémenté dans la matière ; processus qui lui aussi est forme etc. Dans le cerveau, c’est un processus semblable qui s’accomplit : le processus de connaissance qui est forme s’extériorise en algorithmes implémentés dans des dispositifs matériels qui constituent le cerveau luimême et permettent à la conscience d’apparaître sous forme d’une fonction connaissance réflexive qui extériorise le processus qui lui a donné naissance etc. Circularité qui aurait pu être stérile mais qui ne l’est pas, car le dispositif matériel extériorisé est en fait la mémoire de l’expérience, c’est à dire de l’itinéraire parcouru par la conscience. Nous abordons ici une autre notion essentielle de la théorie : l’expérience de la conscience. Donnons-en une idée dans le cadre restreint de cette introduction. Lorsque la connaissance est connaissance d’elle-même, C(C) est défini. La connaissance est à elle-même totalité et, puisqu’elle est connaissance, certitude, car elle ne connaît qu’elle-même. Mais pour être vérité, elle doit comporter sa possibilité d’erreur, non pas l’idée de l’erreur, mais l’expérience de l’erreur. C’est à travers cette expérience qu’elle devient vérité : connaissance de ce qu’elle est et de ce qu’elle n’est pas ; c’est par ce chemin, qu’elle devient conscience. L’itinéraire de la conscience est une spirale où s’accumule l’expérience extériorisée et mémorisée. C’est ici que réside la possibilité d’apprentissage. Soulignons déjà un résultat, important sur le plan scientifique et philosophique, qui apparaîtra dans cet ouvrage : La conscience ne peut apparaître dans un dispositif électronique programmable. Elle nécessite la mise en œuvre de processus électrochimiques se développant, au moins en partie, par l’expérience. Il est essentiel de distinguer le sentiment de conscience de la conscience en tant qu’elle est pensée. 1 Les termes « objectivé » et « extériorisé » sont définis. 11 On montre que le sentiment de conscience est produit par la connaissance immédiate réflexive. Disons en langage courant, qu’elle se court après et que l’état stationnaire, qui en résulte, est résonance ou plénitude du sentiment de conscience. Ce sentiment est le vécu, cet état de conscience qui est en nous et qui, paraît être aussi celui de tout le vivant. L’univers est, avant tout, un vécu. La pensée, elle, se cherche également, mais le processus n’est pas convergent : pensée de la pensée qui se poursuit à l’infini et produit cette distanciation indispensable à la pensée de soi. Le sujet pensant voit sa pensée comme un objet, il pense son vécu. Mais la pensée du vécu est aussi un vécu de la pensée : passage l’un dans l’autre sans fin du vécu et de la pensée, état que nous connaissons bien et qui est notre condition. Dans son ensemble, la théorie de la conscience s’inspire de la notion de visée intentionnelle due à Husserl et de celle de durée due à Bergson, mais elle est surtout une re-formulation de la systématique hégélienne. Rapprocher Hegel et la physique mathématique peut sembler comporter une erreur de fond, car pour ce philosophe, la physique mathématique n’est que pure extériorité, mais notre théorie insiste sur le passage l’un dans l’autre de l’intérieur et de l’extérieur, nous nous en sommes expliqué de façon plus analytique dans les autres ouvrages de la théorie. Nous croyons vivre dans un monde d’objets, nous sommes dans un monde de connaissance. Monde fermé comme une galerie de glaces, bande de Möbius où intérieur et extérieur passent l’un dans l’autre et, où, dans ce passage, la connaissance se voit elle-même. Mais il n’y a qu’une connaissance, celle qui crée l’univers et celle par laquelle il est connu ; connaissance réflexive ; connaissance consciente. Extraordinaire unité de l’univers que Leibniz avait déjà pensé et, à sa façon, formulé. La démarche suivie dans ce document comprend les étapes suivantes : Première partie : le sentiment de conscience Le chapitre I est cette introduction Le chapitre II ramène la subjectivité au passage du moi et du je l’un dans l’autre, passage qui s’explique par la notion d’épaisseur temporelle. Le chapitre III établit les relations de conscience. Le chapitre IV en donne les solutions. Le chapitre V en déduit les principes architecturaux des systèmes conscients et leurs propriétés fondamentales. Deuxième partie : la conscience pensante Le chapitre I établit la relation entre connaissance et description 12 Le chapitre II donne les principes architecturaux d’un système produisant la conscience pensante. Annexes Dans un réseau de modules (de neurones) le traitement est réparti. Cette répartition s’explique par un procédé bien connu dans les systèmes de Télécommunications : la modulation en spectre étalé. Nous en rappelons le principe. Enfin, nous voulons souligner que l’auteur de ces lignes n’a qu’une connaissance superficielle, lorsqu’elle n’est pas nulle en, biologie, anatomie du cerveau, psychologie et autres domaines connexes. Les conclusions auxquelles nous parvenons sont strictement déduites de la théorie de la conscience, elles comportent des degrés de liberté ; il appartiendra aux spécialistes de ces disciplines de vérifier si elles vont de pair avec leur connaissance du cerveau et des comportements, de façon à permettre les compléments et ajustements nécessaires. Nous l’avons souligné, pour devenir pleinement conscience de soi, la conscience doit parcourir un itinéraire qui est son expérience. Pour décrire complètement cette expérience, il faudrait inclure : a) le mécanisme physico-chimique de l’extériorisation qui relève de la biologie moléculaire ; b) la relation à d’autres consciences qui relève, entre autres, de la psychologie. Ce n’est que de façon conceptuelle que nous avons pu présenter ces étapes essentielles, en adaptant les descriptions de Hegel ; cependant, les principes en sont établis. * * * 13 Notations Lorsqu’elles ne font pas l’objet de précisions différentes, les notations sont classiques et conformes aux notations des ouvrages suivants : 1) Albert Messiah Mécanique quantique Tome 1 et 2. Dunod 2003 2) Michel Bitbol Mécanique quantique Flammarion. 3) Joseph W. Goodman Introduction à l’optique de Fourier. Masson. Quelques précisions L'opérateur £ se lit « L ». D’une manière générale les opérateurs sont désignés par un accent circonflexe. L’impulsion de Dirac est notée δ. La transformée de Fourier de la fonction g : F(g) La « fonction Peigne » est notée : Pgn avec Pgn(x) = Σδ(x-n) avec somme sur n de – à + l’infini)). 15 Bibliographie Hegel Science de la Logique Aubier. Hegel Phénoménologie de l’Esprit Aubier. Husserl Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps. Puf. * * * 17 I La subjectivité 1. Conscience et subjectivité Conscience et subjectivité sont liées l’une à l’autre, le sujet conscient est d’abord celui qui a connaissance d’être et qui a un savoir de ce savoir. Or cette double connaissance apparaît comme un mystère, car elle ne se fonde sur rien, ne se déduit de rien, elle s’impose d’elle-même : elle est ce qu’on appelle une connaissance immédiate. La singularité de la conscience ne se trouve pas dans la connaissance en général puisque la fonction connaissance C(X) est ou peut-être clairement utilisée dans les sciences cognitives, mais plutôt dans ce qui apparaît comme la connaissance de la connaissance, notion qui paraît défier toute possibilité de définition mathématique car une définition établirait une relation avec autre chose, or la connaissance de la connaissance ne dépend que d’elle-même. Indéfinissable donc et pourtant certitude pour le sujet. On peut alors trouver naturelle la démarche qui consiste à dire que la conscience est une illusion, mais alors on perd de vue que le terme illusion appliqué à la connaissance, suppose que l’on ait à sa disposition une connaissance qui ne le serait pas. Mais peu importe, car si la conscience peut être dite « illusion », alors ce qui nous intéresse, ce sont précisément les conditions d’apparition de cette illusion vécue comme une certitude. Certitude en effet, car dire « je ne suis pas conscient » revient à dire « je suis conscient de ne pas être conscient ». Point n’est besoin de nous engager dans une profonde introspection pour compléter notre brève description ; en prenant savoir et connaître comme synonymes, posons la conscience comme : – Savoir du savoir (propriété de réflexivité) – Savoir de ce qui n’est pas elle (la chose) – Savoir d’être. 21
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