Tribulations d'une famille requabaise en Cacagne - Page 1 - 3 Berny Mertus Tribulations d’une famille requabaise en Cacagne Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2010 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 41 62 14 42 – Fax : 01 41 62 14 50 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-5407-2 Dépôt légal : Juillet 2010 © Berny Mertus L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 7 INTRODUCTION Beaucoup d’habitants de ce monde aiment voyager… Beaucoup de terriens veulent quitter leur pays d’origine… Beaucoup aspirent à se dépayser, à découvrir de nouveaux « là-bas »… Ils cherchent l’exotisme…, l’autre ailleurs… Ils désirent voir d’autres visages, rencontrer d’autres cultures et apprécier d’autres civilisations… Pour tout dire, ils souhaitent ardemment trouver quelques changements à leur vie, afin de « casser » cette affreuse routine quotidienne… et, ainsi, parvenir à donner un sens à leur vie… Notre famille est ainsi faite…! Mais en parlant de dépaysement…, il me revient à la mémoire une bonne histoire, que j’aimerais vous narrer… Je vous la raconte : Un monsieur désirait changer environnements… Il voulait découvrir d’autres rives, vivre de nouvelles aventures sous de nouveaux horizons… Il partit donc en voyage, dans une région étrangère… Il choisit une contrée très éloignée de son propre pays… Celle-ci était régie par une civilisation complètement contraire à celle où il vivait… 8 Arrivé sur place, il se prit une chambre dans un bel hôtel… A peine avait-t-il posé les pieds dans ce lieu de vacance, qu’il fût servi comme un dieu… Tous les autochtones le saluaient, lui ouvraient les portes, faisaient des courbettes sur son passage…etc. Bref il se sentait comme au paradis…! Il lui vint une idée : il allait finir ses jours dans ce pays de rêve… Il rentra rapidement chez lui, envoya tous ses biens dans son eldorado de prédilection, puis s’envola, tout rayonnant, vers son futur paradisiaque… Mais arrivé sur place, les résidents de sa nouvelle patrie commencèrent à le regarder de travers… Dans les magasins, il n’y avait plus de sourires, quand les caissières le servaient… On ne lui ouvrait plus les portes…, au contraire…, celles-ci se refermaient sur son nez…! A partir de cet instant, il commença à se poser certaines questions… Qu’avait-il fait pour qu’on le rejette, ainsi ? Il était toujours le même, il n’avait pas changé… Alors pourquoi l’évitait-on ?... De l’autre côté de la rue, il vit un groupe de résident du coin… Il alla leur poser ces questions… Ceux-ci répondirent : « Essaye donc de comprendre… : 9 Avant, tu n’étais qu’un touriste, on te tolérait, car nous savions que tu allais bientôt repartir, tu n’avais guère le temps de nous déranger dans nos petites habitudes… Maintenant que tu es devenu un résident permanent, tu vas t’incruster… Nous allons devoir te supporter notre vie en- tière, et tu viendras chambouler notre quiétude, nos manières de vivre et notre bien-être… Alors sache que tu n’es pas le bienvenu…! Tu aurais dû rester chez toi…! Devoir te supporter une semaine, c’est admis- sible…, mais des années durant…, ça jamais… Non, merci bien…! Comprends bien qu’il y a une grande différen- ce entre touriste et étranger immigrant… » Souvent quand il nous prend l’idée de vouloir nous expatrier dans une contrée différente de la nôtre, nous de- vrions d’abord nous remémorer cette histoire… Mais en attendant, voici la nôtre… 11 CHAPITRE I NOS DÉSIRS… Hé oui…! J’ai toujours eu l’âme bohème… Je suis friande d’exotisme, de grands espaces et de voyages. J’aime la nature, la découverte des autres… et de l’ailleurs… J’ai dans l’idée que cette étrange « maladie » fait partie de l’héritage que m’a transmis ma mère, car, en me remémorant le passé, je me rappelle que Maman en a toujours été affectée… Elle l’avait dans la peau, comme dans le sang. Sa vie durant, elle a souvent aspiré à de grandes expéditions, à de mystérieuses randonnées… Mais à cause de « l’homme » qu’elle avait épousé, ses désirs ne furent jamais assouvis, car ce « sauvage, ce barbare » était trop casanier…! Si elle ne pût, de son vivant, rassasier cet appétit voyageur, elle eût sa revanche, après sa mort, grâce à sa fille, moi en l’occurrence…! J’en ai profité pleinement…, chaque fois que je le pouvais, bien sûr…! Mais au lieu de les rêver et de les idéaliser comme elle le fît durant toute sa vie, moi…, de mon côté…, je les ai concrétisés…! M’étant mariée et, plus tard, ayant eu 3 enfants, ma « maladie » ne m’a pas quitté pour autant… 12 J’étais toujours aussi atteinte du « virus du voyageur ». Il faut que vous sachiez, que même pour le choix de mon futur époux, j’ai préféré choisir l’exotisme et l’ailleurs, car ma moitié est un « étranger » vis-à-vis de mon pays… D’où mes enfants sont du genre « métis »…, ce qui n’est pas toujours vivable…, parce qu’ils n’ont jamais été considérés, par mes compatriotes, comme étant des « pures souches » à part entière… Pour sa part, mon mari qui est aussi un métis, s’est résigné… Il sait qu’il est et restera toujours « l’immigrant » de ma nation… En vivant et résidant avec mon mari et mes enfants, je crois que je les ai tous contaminés…, je pense que mon virus est devenu contagieux, car ces derniers aspirent, eux aussi, à se dépayser… Souvent, ensembles, nous avons découvert beaucoup de nouveautés, usé beaucoup de routes, rencontré d’autres visages, d’autres langues et d’autres civilisations… Le pire est…, que nous n’en sommes toujours pas guéris… La « maladie », toujours et partout, nous poursuit…! Un beau jour, n’en pouvant plus, étouffant dans nos milieux restreints, car il nous semblait que nous manquions d’espace dans nos régions, nous décidâmes, d’un commun accord, de partir vivre sous d’autres cieux… Nous voulions, aussi, étancher la soif de notre sempiternelle envie de « VIVRE et de bouger». 13 Ensembles, nous nous mîmes à la tâche… Il nous fallait détecter l’endroit sur la terre, qui aurait pu être le plus compatible avec nos personnalités, nos idéaux et nos aspirations… Nous dûmes faire un choix parmi les nombreux pays du monde entier. Après mûres réflexions, nous n’en retînmes que 3… Ils étaient les seuls qui nous interpelaient et qui, surtout, nous séduisaient… Ceux-ci nous donnaient l’envie d’aller finaliser, avec eux, notre future longue et riche vie…! Mais, le premier était trop militarisé… et le 2ème trop sauvage…! Nous ne gardâmes que le troisième… Il allait devenir notre paradis utopique. (Que nous appellerons, dorénavant…, Cacagne). Dans les mois qui suivirent cette sélection, nous nous sommes beaucoup documentés à propos de ce « présumé » Eden et surtout…, nous mîmes nos esprits et notre âme en condition et au diapason avec ce « choix », afin d’apprécier, à fond, ce « chez nous » d’avenir. Nous n’attendions plus qu’un signe du ciel ou une porte, une ouverture dégagée, pour nous engouffrer dans ce lieu… Enfin, un beau jour, une occasion se présenta devant nous… 14 Dans un petit journal communautaire, nous découvrîmes la clef, qui allait ouvrir la porte donnant sur le chemin de nos aspirations : c’était un colloque explicatif réservé aux aspirants- immigrants pour Cacagne…, et pour nous…, un « genre» d’invitation pour une future résidence dans notre pays de prédilection, vers et pour nos prochains lendemains…. Nous décidâmes de participer à cette réunion… Pendant la conférence informative donnée par les représentants du pays invitant, les membres de notre famille, très attentifs et forts intéressés, ont bien engrangé toutes les données de ces messagers... Après avoir posé, à ces ambassadeurs, toutes les questions qui nous venaient à l’esprit; après avoir fait mûrir dans notre tête, tous les commentaires explicités par ceux-ci, nous, les membres de la famille, ensembles, nous accumulâmes et enfermâmes toutes nos énergies d’espoir, dans ce projet et dans notre envie commune de départ et de déprogrammation étatique natale, afin de finaliser nos désirs et d’avoir la capacité de s’’amalgamer, et de s’engluer dans cette nouvelle matière nationale. C’est à partir de cette « détermination » commune, qu’allait commencer notre périple insensé…! Comme nous étions tous d’accord de partir pour l’étranger, nous décidâmes de réaliser nos biens… Nous avons donc vendu nos terrains et mis en vente 15 notre entreprise et notre maison, car nous ne voulions pas arriver les mains vides dans notre nouveau pays. Nous ne voulions pas y être accueillis comme de vulgaires assistés miséreux… Nous désirions arriver, là-bas, fiers de notre personne et la tête haute… De toute façon, je suis sûre que leur gouvernement ne nous aurait pas accueillis…, si nous n’avions été que de pauvres nécessiteux. Je pense que chaque pays a son lot de démunis, et emmagasine assez de tracas avec ceux-ci…! Un beau matin, nous reçûmes des formulaires, envoyés par nos invitants. Il nous était demandé de les remplir et de les renvoyer le plus tôt possible. Ces documents nous ouvraient le droit de résider et de vivre chez eux… Nous nous mîmes à cette tâche sur le champ…! Nous dûmes remplir et poster des tonnes de paperasses… Quand la délégation du pays de notre rêve reçut les documents, elle nous invita à venir les rejoindre dans leur consulat, qui se situait dans la capitale de notre pays…, afin de rencontrer leurs délégués, et de faire plus ample connaissance… (Notre pays natal sera désormais surnommé « Jiquel ») Tout comme on n’achète pas un chat dans un sac, nos futurs hôtes, nous suggérèrent d’aller rendre visite à leurs beaux coins de pays, avant de prendre une décision finale.
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