L\'ombre des anges, Episode 2 - Page 2 - test Vincent Deunette L’ombre des anges Episode 2 : Résurrection Roman Science-fiction Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-35607-825-4 Dépôt légal : Mai 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 A mon père qui m’encourage du haut des cieux, A ma famille, A mes amis, A ceux qui croient en moi… 7 PROLOGUE La ravissante Ophélie referma les robinets. Elle attrapa une grande serviette blanche qu’elle enroula autour d’elle, puis, à l’aide d’une autre plus petite, elle sécha sa longue chevelure brune à moitié composée d’extensions. Ophélie faisait partie de ce genre de filles qu’on remarque au lycée. Le genre de filles superficielles, pleines d’artifices et de préjugés. Ses régimes assidus lui avaient constitué un corps de rêve. Une seule règle était indispensable pour elle : « La perfection du corps ! » Elle était toujours belle, bien apprêtée, à la mode. Pour elle comme pour ses copines, l’apparence physique déterminait la réussite, la popularité, le respect des autres. Ophélie sortit de la salle de bain, les mollets perlant de gouttes d’eau encore tièdes qui imbibaient la moquette une à une. Elle arriva dans sa chambre et frissonna en apercevant sa fenêtre grande ouverte. Elle la referma promptement, puis, en baissant les yeux, elle remarqua les tâches sur le sol… Des tâches de boue… Des traces de pas… Intriguée, elle fixa la porte coulissante de sa garde robe. Les empreintes semblaient s’arrêter juste devant… D’une main 9 tremblante, Ophélie débrancha sa lampe de chevet. Elle enroula le câble autour du pied et tint l’objet de manière à être prête à frapper l’intrus qui s’était introduit chez elle. Elle avança lentement et arriva bientôt devant la porte de l’armoire. Ophélie prit une profonde inspiration, puis fit coulisser la porte rapidement. Elle afficha une moue d’étonnement lorsqu’elle réalisa qu’il n’y avait là qu’une rangée de superbes robes pendues proprement sur des cintres. C’est alors qu’une main gantée de noir, empoignant fermement un couteau de chasse, émergea d’entre les vêtements. A peine Ophélie eut-elle le temps de réagir qu’une sensation de brûlure vint s’installer dans sa poitrine. Elle baissa les yeux et vit la lame crantée et acérée ressortir lentement de son buste. C’était comme si, tout à coup, son souffle venait de se couper. Un visage recouvert par un masque représentant un crâne, jaillit ensuite de l’armoire pour assaillir Ophélie de plusieurs coups de couteau. Celleci trébucha et l’agresseur s’acharna sur elle de plus en plus violemment. Dans un élan de survie, Ophélie attrapa la lampe de chevet qu’elle avait laissée tomber et porta un coup au visage squelettique, suivi d’un coup de genoux dans l’entrejambe. L’inconnu se recroquevilla, légèrement sonné. Ophélie se redressa le plus rapidement possible et regagna la salle de bain en boitant. Elle s’y enferma à double tour. Sa serviette blanche était maculée de rouge et perforée par endroits. Ophélie se vidait de son sang. Elle commençait à se sentir faible et de puissants vertiges s’emparaient d’elle. Elle savait qu’elle allait mourir, mais elle ne le voulait pas ! Une fille aussi belle et ambitieuse ne pouvait pas mourir comme ça, pas comme une victime ! Ophélie décida qu’elle 10 résisterait au sort et qu’elle survivrait grâce à la force de caractère qu’elle possédait depuis toujours. C’était une gagnante ! C’est donc rapidement qu’elle reprit ses esprits et se précipita vers la fenêtre. De l’autre côté de la porte, son assaillant tambourinait de toutes ses forces, tentant de la défoncer. Ophélie ouvrit la fenêtre qui donnait sur un jardin très bien entretenu. A peine eut-elle le temps de l’enjamber qu’un autre personnage encapuchonné, vêtu d’une aube noire, et masqué de la même façon que le premier, apparut à quelques mètres de là. Ophélie, le corps tremblant, s’empressa de faire demi tour pour se cloîtrer dans cette salle de bain qui serait sans nul doute son tombeau. Elle était coincée, aucune issue possible. Le premier intrus avait cessé de s’acharner sur la porte, comme s’il attendait patiemment que sa victime sorte d’elle-même pour mettre fin à ce supplice. Ophélie se laissa tomber sur les genoux et se contenta de pleurer. Tout à coup, un liquide froid et visqueux vint s’écraser sur son épaule nue, pour dégouliner ensuite le long de son bras. Abasourdie, elle leva ses yeux rougis par les larmes et scruta le plafond. Elle y distingua une forme translucide qui remuait légèrement. Comme une créature presque invisible. Ce monstre surgit d’une autre dimension poussa alors un grognement terrible, puis se détacha du plafond pour achever Ophélie dans de terrifiants hurlements. 11 CHAPITRE 1 Les rideaux de la chambre filtraient délicatement les rayons matinaux qui caressaient, d’une douce sensation de chaleur, la joue de Vincent qui se réveillait peu à peu. Le réveil posé sur son chevet affichait en chiffres rouges : 08h24. Vincent s’étira tout en gémissant de fatigue, puis se leva du lit. Il tira les rideaux pour faire entrer la chaleureuse lumière de cette matinée de mars. Black, le labrador noir, poussa sur ses pattes antérieures pour émerger de son sommeil tout en tirant la langue. Vincent quitta la chambre pour rejoindre la cuisine dans laquelle se trouvait Jacques, attablé devant un bon café : « – Alors le héros ? Bien dormi ? – Arrête Papa, répondit Vincent d’une voix fatiguée. Tu vas pas t’y mettre aussi ? – Désolé, reprit le père. Il n’y avait aucun sarcasme ! Je suis sincère ! Pour moi, t’es un héros que tu le veuilles ou non. – Ouais, ok, abrégea Vincent en ouvrant le réfrigérateur. Tiens, t’as fais les courses ? – Oui, ce matin. 12 – T’es de plus en plus matinal à ce que je vois. – Tu sais, depuis que j’ai arrêté l’alcool, je change mes habitudes c’est tout, répondit le père sur un sourire satisfait. – Je suis fier de toi Papa. C’est toi le vrai héros de l’histoire. – Merci, s’enquit Jacques, ému. C’est la plus belle des choses que tu puisses me dire. Au fait, devines qui vient nous rendre visite aujourd’hui ? – Qui ? Interrogea Vincent. – Ma mère. – Ta mère ? ! Ça fait au moins dix ans qu’on ne l’a pas vu ! S’indigna Vincent tout en donnant un morceau de sucre au chien. – Elle vient pour m’aider, répliqua Jacques en lui tendant une lettre. – Ah ! S’exclama Vincent. Un avis de coupure de courant ? Ça change ! D’habitude on reçoit des avis de saisie. – Mais là c’est plus sérieux, marmonna Jacques. Ils sont déjà passés hier matin. J’ai réussi à obtenir un délai de trois jours. Ta grand-mère m’a téléphoné, je lui ai raconté par hasard et elle a insisté pour venir très tôt ce matin et me prêter l’argent. – Tu vas pouvoir la rembourser ? Demanda Vincent tout en buvant un verre de jus d’orange. – Oui, en tout cas j’espère ! Mais bon, arrêtons de parler de ça s’il te plaît. J’ai envie de passer une bonne journée. – Comme tu veux papa ! » Vincent termina son verre, puis se leva de table : 13 « – Je prends une douche et je sors le chien, conclut-il. » Jacques hocha légèrement la tête pour acquiescer, et Vincent s’engouffra dans la salle de bain située à gauche de la cuisine. * * * Les arbres commençaient à bourgeonner sous les caresses d’un soleil plutôt généreux en ce début de printemps. Vincent avait pour habitude d’emmener Black, tous les matins, dans un endroit particulier. En effet, il avait découvert un coin de nature reculé de la ville. Il y coulait une rivière bordée de diverses variétés d’arbres et de fleurs, et à côté de celle-ci se dressait un petit terril, sorte de montagne de charbon d’une trentaine de mètres de hauteur, dévoré par les hautes herbes. Black prenait un malin plaisir à escalader la roche noire pour ensuite aller patauger dans l’eau fraîche de la rivière, effrayant les quelques poissons qui s’y trouvaient. Après une bonne heure de promenade, ils reprirent tous deux le chemin de la maison. Black courait comme un fou en remuant la queue tandis que Vincent le suivait en marchant tranquillement. Du bout de la rue, il aperçut une grosse voiture verte garée devant chez lui. Il pressa alors le pas en fronçant les sourcils, intrigué par ce qu’allaient donner ces étranges retrouvailles. La porte s’ouvrit et une femme gloussa en voyant Black entrer dans la maison. C’était la grand-mère paternelle de Vincent. 14 « – Oh ! Mon dieu ce qu’il a grandi ! S’exclama-telle lorsque Vincent entra à son tour. Il te ressemble de plus en plus Jacques. – Et ouais ! Railla Vincent. Ça fait dix ans ! J’ai eu le temps de grandir ! » La grand-mère ravala une épaisse salive et Jacques afficha un léger sourire en biais, avant de se pincer les lèvres pour ne pas blesser sa mère. Vincent n’avait jamais pardonné la famille de son père. En effet, pour lui, l’alcoolisme de son père et sa prédominance dépressive étaient liés au manque de sa famille. A qui la faute ? Vincent ne pouvait pas trouver le coupable. Peut-être le destin ? La fatalité ? Tout ce qu’il savait de la jeunesse de son père, c’était que ce dernier, ainsi que ses frères et sœurs, avaient été retirés de force à leur mère par une loi mal conçue. Le père de Jacques buvait et battait sa mère. Il buvait tant que tout l’argent y passait. Les voisins, lassés de devoir leur donner de quoi manger, avaient fini par demander une enquête… C’est ainsi que Jacques fut séparé de sa sœur jumelle pour être recueilli par sa tante. D’autres atterrirent également chez la famille proche, et les moins chanceux furent placés à la DASS… Certes, personne n’était vraiment coupable, d’autant plus que le grand-père de Vincent était décédé, à quoi bon lui en vouloir ? Pourtant, Vincent en voulait quand même à la famille. Pourquoi personne à part Marylise, la sœur jumelle de Jacques, n’avait repris contact avec lui ? Pourquoi Jacques avait-il connu le froid et la faim à l’époque où Vincent vivait avec sa mère ? Vincent ne savait plus quoi penser. Il se sentait tout aussi coupable dans cette affaire. Après tout, il avait détesté son père pendant des années lorsque celui-ci était un 15
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