Lisez un enfoiré et vous verrez ! - Page 1 - Adrien POUSSOU Lisez un enfoiré et vous verrez ! Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 5 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0587-6 Dépôt légal : Janvier 2009 © Adrien POUSSOU L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit l’ouvrage. 6 1 Le cocorico de Zonga Zoni déchira l’épais silence de ce quartier coincé et dit sensible de Nantes, qu’est Bellevue, et fit réveiller Sergio de son sommeil inconfortable. Même Zonga Zoni d’ordinaire peu chanteur, comme par hasard ce matin, s’est mis à s’époumoner et réveilla tout le quartier. La chambre que Sergio louait à prix d’or chez une prostituée à Bellevue avait comme tout meuble un petit lit à une place qui occupe toute la pièce. Sergio balança ses longues jambes pardessus le bord du lit et se mit lentement debout. Il lança toute sorte de jurons et de malédictions en direction de ce coq aussi mal élevé que son propriétaire. Levant les bras au-dessus de la tête, il 11 s’étira, tendit sa main sur la table et s’empara de ses lunettes, puis passa ses mains dans ses cheveux crépus noirs. Il tituba jusqu’au lavabo commune et fit couler l’eau qu’il versa sur son visage pour chasser sa torpeur. Le regard vif, derrière des lunettes d’intello, Sergio jeta pour la millième fois un coup d’œil à sa chambre minable et poussa un sourire triste. Eh bien, mon petit gars, songea-t-il, avec un humour glacé et amer, tu ne connaitras jamais des jours meilleurs sur cette terre de malheurs. Tout à coup, des souvenirs cauchemardesques survinrent dans sa mémoire tel un film d’horreur au cinéma. Sergio se souvint qu’il a toujours été un enfant mal aimé. Que son beau-père le battait matin, midi, et soir. Il constata que même sa mère gagnée par le démon de l’alcoolisme et de la drogue ne lui a jamais fait cadeau. Il cria pour luimême, « imaginez que vous êtes torse nu et que vous ne portez qu’une petite culotte, vous êtes pâles et enflés comme un grabataire, vous n’avez droit qu’à un quart-heure pour partager un petit repas que vous ignorer la provenance avec 12 une cinquantaine d’individus dans un espace confiné de trois mètres sur quatre, sans même vous lavez les mains et qu’à côté, il y’a vos besoins dans un seau d’eau. Imaginez ce que c’est que vivre parmi les gaillards qui n’ont pas votre âge et qui ne sont pas forcement des saints, à dormir à même le sol sur du béton, demeure des morpions, punaises et autres insectes. Fermez les yeux et imaginez enfin, que vous passiez la journée dans un local dont la température n’a rien à envier avec celle du désert de Sahara, vous n’avez droit par jour qu’à environ cinq litres d’eau de robinet que vous devriez partagez pour la douche avec la cinquantaine d’êtres, qu’il vous faut payez le geôlier, parce que ce privilège ne vous ai pas réservé. » Après avoir péroré, il marcha jusqu’à un sac qui contient s’est quelques vêtements, l’ouvrit et en sortit un petit carnet dont il s’empressa d’ouvrir avec délicatesse. Il avait commencé à rédiger sa biographie dans ce petit carnet. Quand il ouvrit le carnet, on découvrit une prose écrite à 13 la troisième personne et débutait par ceci : – Sergio naquit le 21 décembre de la dernière année de surproduction du café à Tokoyoville, c’est la capitale de la République Socialiste Kpalé* (RSK). Il est le premier fils du feu Jacob Gbia, ancien instituteur, ancien conseillé pédagogique national à Kpalé, pays situé au cœur d’Afrique, et de Jo Wa Pendèrè, sans profession. Il y a très peu de temps encore, il ne se prenait ni pour un voyant, ni pour un medium, encore moins un gourou. D’ailleurs, il ne connaissait pas Dieu. A dire vrai, sa seule connaissance de ces domaines, qui ne l’attiraient pas spécialement, était égal à celle d’un américain sur cet endroit maudit de la terre d’où provient-il : hélas, ce n’est pas demain que l’américain réussirait à se retrouver sur la mappemonde. Le seul contact qu’il avait avec le monde de l’ésotérisme, c’est lire son horoscope dans le journal du matin. Même là encore, il aurait fallu qu’il n’arrive en France. S’il ne se serait pas retrouver dans ce pays où l’individualisme est l’humanisme, il ne 14 se serait pas non plus intéresser aux horoscopes. Quant à savoir s’il était devenu à la foi, medium, voyant ou Jésus Christ, c’était une autre affaire. Il ne voyait pas comment l’une de ces trois entités, parviendrait à lui causer des ennuis qu’il ne pourrait pas maitriser. A dire vrai, il haïssait les religions, et méprisait par-dessus tout l’ésotérisme mercantile. En revanche, il se disait mystique. Non pas dans le sens péjoratif et sorcier, mais dans celui qui sous-entendant la recherche des connaissances d’un monde supérieur, appartenant aux dieux. Sa vie n’a été qu’une succession de mélodrames, surtout une avalanche d’évènements malheureux dont certains ont surgi là où ils étaient les moins attendus. Toutes les forces d’ordre inférieur, étaient certainement à ses trousses. Elles s’abattirent sur lui avec le poids écrasant d’un mur de briques. En tout cas, il ne pouvait pas s’empêcher d’avoir cette idée. Il l’avait déjà en tête, il y’a 20 ans, quand le procureur près le tribunal de grande instance de Tokoyoville, Zogui Chô Zo, le condamna pour la première fois à 15
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